jeudi 25 août 2011

Avec Claude Belot
en janvier 1993 :
J’exclurai tout ce qui peut diviser


La communauté de communes de Haute saintonge est vraiment officielle puisque le Préfet Yves Mansillon a signé l’arrêté de sa création le 29  décembre 1992. C’est donc une action menée rapidement, en moins d’un trimestre et dans laquelle Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, s’est largement impliqué. Il nous livre son sentiment sur ce que l’on peut considérer comme un événement important pour la région.

On reconnait Pierre Jean Daviaud (Saint Aigulin), Jacques Rapp (Saint Genis), Claude Belot (Jonzac), René Monory, Marie-Claude Drouet (canton de Pons) et d'autres élus de Haute Saintonge lors de la création de la CDCHS

• Deux mois de campagne ont été nécessaires - et suffisants - pour la création de cette Communauté de Communes de Haute Saintonge. Quel est votre sentiment aujourd’hui ?

Claude Belot : La campagne vient de se terminer. Le Préfet a signé, le 26 décembre, l’arrêté créant cette CDCHS entre toutes les communes inscrites dans le périmètre du Contrat de Pays. Il a donc pris cette décision en son âme et conscience en constatant que 106 conseils
municipaux, représentant plus de 80 % des communes de Haute Saintonge avaient délibéré favorablement, 22 se sont prononcées contre, et 4 n’ayant pas délibéré. Cela constituait une large majorité. Ceci à la suite d’un débat où l’on a entendu beaucoup d’avis divergents sur
l’intérêt de cette communauté.

• Très schématiquement, quel est l’enjeu réel de cette nouvelle CDCHS ?

Une large majorité de conseillers municipaux, près de 1500, après un débat intéressé et parfois passionnant, ont bien compris quel était l’enjeu. L’enjeu, c’est de forger un outil capable de donner à la Haute Saintonge un développement local indispensable dans cette
période fragile et d’accélération de la difficulté dans le secteur agricole et viticole qui représente l’essentiel de notre richesse locale. Il fallait donc faire ce que nous avons fait et une très large majorité l’a reconnu.

• Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

Les 22 communes qui se sont positionnées contre ainsi que les deux autres qui n’ont pas encore délibéré vont être invitées par le Préfet à dire si elles souhaitent maintenir leur position où si elles préfèrent se ranger aux côtés d’une très large majorité, c’est-à-dire rester dans la nouvelle unité. Je tiens à dire que, dans ce cas, elles seront les bienvenues et que nous participerons ainsi à une action collective de développement qui va être amplifiée dès le début de l’année 93 et dont elles bénéficieront. Pour celles d’entre elles qui ne souhaitent pas participer à cette communauté, les choses sont claires : une loi sur l’intercommunalité prévoit les conditions de retrait des communes. Il faudra donc qu’une majorité du Conseil de Communauté se prononce pour délibérer et qu’un tiers des conseils municipaux ne s’y oppose pas. Je pense que c’est un cas de figure assez facile à réaliser. Ce qui est certain, c’est que la vie effective de la communauté de communes ne pourra commencer que le jour où l’on connaîtra la volonté définitive des communes qui ont souhaité, jusqu’à maintenant, se retirer. Je pense que cela devrait intervenir dans les prochaines semaines.
• Difficile de ne pas aborder le cas particulier de Pons  ?

Dans ce cas, les choses sont simples. Le Sivom de Pons, du moins une partie des communes membres, avait souhaité se transformer en une communauté de communes. Le Préfet leur a clairement signifié que la majorité qualifiée renforcée, nécessaire pour fonctionner, n’étant pas réunie, il n’était pas question de la créer. Cela veut dire qu’en l’état actuel des choses, les Pontois n’ont qu’une alternative : soit se retirer mais pour aller où ? On ne voit pas très bien ; soit continuer à faire partie du Contrat de Pays transformé en CDC qu’ils avaient rejoint de leur plein gré il y a 17 ans et dont, jusqu’à présent, ils n’avaient tiré que des avantages. Mais ce sont eux qui exprimeront clairement leur souhait.
Ce que je leur dis, c’est que les vieilles lunes de la rivalité entre Pons et Jonzac n’ont strictement aucun sens à mes yeux. J’ai toujours œuvré, avec le maximum de mes forces, lorsqu’un dossier m’était soumis, pour la réussite des affaires pontoises. Ce que j’observe, c’est qu’une bonne partie des communes de ce canton a choisi d’appartenir à la CDCHS. Cela me semble un choix qui les engage définitivement.

• Parlons d’avenir. Quelles seront les grandes lignes de cette nouvelle intercommunalité ?
La première mission sera d’abord de rassembler tous ceux qui veulent contribuer à la réussite de notre région et chacun pourra trouver sa place dans ce dispositif. Tout le monde sera intégré à un travail de commission important. Ensuite, si l’on aborde l’action effective, il faudra d’abord connaître notre budget exact afin de fixer plus précisément ce que nous pourrons faire. Les moyens dont disposera la CDCHS seront beaucoup plus importants que ceux du Contrat de Pays, avec un contrôle démocratique beaucoup plus évident.

• On peut les chiffrer approximativement ?

Pour une population identique, je pense que l’on devrait atteindre le doublement des moyens. Cela va permettre d’amplifier l’action de développement local en matière artisanale, touristique, industrielle, telle que la conduisait le Contrat de Pays, mais avec plus de force.

L’année 93 va être celle du rodage et de la mise en orbite de ce dispositif. En ce qui me concerne, j’exclurai tout ce qui peut diviser, notamment en matière de politique. Même si pour d’autres enjeux, elle peut être importante. Nous avons le devoir, devant l’opinion qui vient de nous faire confiance, de réussir cette affaire. C’est une priorité.

• Cette nouvelle Communauté de Communes a eu les honneurs de la presse nationale, lundi dernier. Cela signifie quoi pour vous ?

C’est vrai, la presse nationale comme Le Monde et d’autres journaux dont certains plus spécialisés comme la Gazette des Communes, et même une radio parisienne, s’intéressent beaucoup à ce qui se passe chez nous en ce moment. On a le sentiment qu’on est tout à fait pionnier.
On peut aussi noter que cette communauté de communes sera mise en place officiellement, en mars prochain, par le Président du Sénat René Monory, qui m’a fait l’amitié d’accepter l’invitation. Il l’a fait d’autant plus volontiers qu’il conduit chez lui, à Loudun, la même démarche que nous.

• Un vœu pour 1993 ?

Que l’ensemble des ceux qui auront la responsabilité de faire marcher cette maison se réunissent dans l’esprit constructif et novateur qui a toujours animé le Contrat de Pays. Je sais que nous y parviendrons.

Clôture des Eurochestries :
Le feu et la puissance !


Il y avait foule, l’autre samedi, au concert de clôture des Eurochestries. Il faut dire que les jeunes musiciens et les chefs d’orchestre ont déployé sur scène une belle énergie !

Claude Révolte, président des Eurochestries, peut avoir le sourire aux lèvres : la cuvée 2 011 a été ensoleillée à souhait. Prometteuse, elle n’a pas trahi les espérances que les responsables avaient placées en elle.

Ce fut un grand cru et toutes les grappes, autrement dit les formations, ont apporté leurs particularités et leurs talents respectifs. Venant du Mexique, Brésil, Espagne, Pologne, Ukraine, Russie ou France, les jeunes musiciens ont vécu une aventure extraordinaire dont ils se souviendront longtemps.


Pour le concert final, ils ont l’habitude de se réunir, tous ensemble, sous la baguette des chefs d’orchestre. Et samedi soir, ce fut un véritable feu d‘artifice ! Au programme, Wagner, Moussorgski, Luna, Manuel de Falla, S. Moniuszko, Bizet, Ary Barroso, Arturo Marquez et Tchaïkovsky. Qu’ils s’appellent Boris Spassov, Angel Luis Perez Garrido, Mickaël Thomas, Ewelin Rozek, Lucile Horn, Tomas Palacios, chaque chef a étonné le public, conduisant cet ensemble, qui envahissait tout le chœur de l’église, dans d’intimes subtilités musicales.



Si tous les morceaux sont à saluer, la Symphonie 1 812 de Tchaïkovsky a été magistralement interprétée. Comme un tonnerre entrecoupé d’éclaircies et de passages de la Marseillaise ! L’hymne des Eurochestries, dirigé par Claude Révolte, a clôturé ces rencontres qui s’articulent autour du langage universel qu’est la musique.


Un beau spectacle en conclusion et selon la formule, les absents ont eu tort ! Il est vrai que face à l’affluence, la construction d’une vraie salle de spectacle se pose désormais à Jonzac…

Tous les chefs d'orchestre à l'honneur

L’Ukraine en Saintonge !


Rencontre avec Svetlana Ostapenko

Lors du concert d’ouverture des Eurochestries, le public a remarqué les seize violonistes ukrainiens de Violino, ensemble dirigé par une femme remarquable, Svetlana Ostapenko. Comment parvient-on à cette qualité d’interprétation ? Nous lui avons posé la question.

Tout d’abord, d’où viennent-ils, ces jeunes violonistes dirigés par une femme déterminée ? Dès qu’on parle de l’Ukraine, le regard clair de Svetlana Ostapenko s’éclaire. « Venez, on va regarder sur internet » ! Sur la carte, apparaissent la Crimée et Sébastopol. En remontant vers l’Ouest, on aperçoit la ville d’Eupatoria. « C’est là » dit-elle joyeusement.

Depuis son plus jeune âge, elle a dédié sa vie à la musique. Fille d’un officier et d’une infirmière, elle a choisi le difficile apprentissage du violon, cet instrument qui traduit si bien l’âme slave.

C’est la seconde fois qu’elle répond à l’invitation des Eurochestries. En 2007, elle est déjà venue en Haute-Saintonge, accompagnée de jeunes virtuoses. Elle évoque sa rencontre avec Claude Révolte à Moscou, lors du festival Rosa Vetrov où des orchestres de différents pays rivalisent de talent : « C’était en novembre 2006. Claude Révolte, qui était l’un des membres du jury, nous a remarqués. Il était enthousiasmé et nous a proposé de venir jouer à Jonzac. Les enfants ont trouvé cette proposition intéressante. C’est ainsi que nous sommes arrivés chez vous ». Ce n’était pas la première fois qu’ils voyageaient en Europe, Eupatoria étant jumelée à une ville allemande.

« En Ukraine, chaque ville possède une école de musique » enchaîne Svetlana. Tous les instruments y sont généralement enseignés, y compris les plus populaires comme la balalaïka : « A Eupatoria, notre objectif est de développer toutes sortes de musiques ». Enfant, Sveltana a suivi les cours de cette structure qui a fêté son demi-siècle en 2007.
Au sein de la classe « Violino » créée en 1984, chaque élève est invité à donner le meilleur de lui-même. En complétant leur formation, toutes les expériences sont les bienvenues ! En 2007, les Eurochestries ont fait « beaucoup d’impression » aux jeunes Ukrainiens qui les ont vécues sans modération. « Le fait de participer à un grand orchestre symphonique était nouveau pour eux. D’autre part, ils ont découvert la France et la Charente-Maritime. Attentifs à l’architecture, ils ont été sensibles au chaleureux accueil qu’ils ont reçu. Ce mélange de cultures et rencontres a constitué une ouverture très positive ». Un détail les a toutefois surpris : l’organisation de concerts dans les églises. En effet, dans les Pays de l’Est orthodoxes, seuls les chants religieux y sont autorisés. Pas question de jouer du jazz, par exemple, devant un autel… Chez nous, c’est un peu différent puisque les manifestations offertes par les municipalités donnent un regain d‘existence à certains édifices fermés la plupart du temps. Le manque de prêtres et l’affaiblissement des pratiques cultuelles expliquent cette situation.

La pianiste Irina Kolbina apporte une touche supplémentaire dans la direction de l'orchestre

Des Eurochestries en Ukraine ?

Que Violino participe aux Eurochestries 2 011 est une suite logique. Certains musiciens avaient 15 ans quand ils sont venus pour la première fois ! C’est avec plaisir qu’ils ont retrouvé l’église de Jonzac pour le concert inaugural.

Sur scène, rigueur et qualité d’interprétation sont restées identiques. Quels sont les critères de sélection ? « Je les écoute et je choisis ceux qui ont le sens de la musique et maîtrisent la technique » explique Svetlana. Toutefois, si un jeune présente des défauts dans son jeu, elle le recrute s’il est suffisamment motivé et fait des efforts pour progresser.

Au sein de l’orchestre - d’un collectif en conséquence - chacun développe son sens des responsabilités. Les plus doués entrent généralement au Conservatoire et deviennent des professionnels : « Il est plus difficile de vivre correctement de la musique aujourd’hui que par le passé. Avec un peu de chance, ils auront la possibilité de rejoindre de grands orchestres » estime leur professeur. Chaque semaine, les répétitions ont lieu le samedi après-midi. Les élèves ont également la possibilité d’étudier chez eux, à leur convenance. Les plus assidus travaillent tous les jours.

Sur scène, les résultats sont visibles. Jeudi soir, le public est tombé sous le charme de ces violonistes dont la valeur n’a pas attendu le nombre des années.
Heureux d’être en France, ils apprécient ces moments de bonheur et de partage sous la direction de chefs d’orchestres différents. Cependant, ils regrettent de ne pas avoir la possibilité d’écouter les autres groupes par manque de temps. Pour le concert d’ouverture, ils auraient aimé suivre les prestations de leurs camarades. L’an prochain, peut-être faudrait-il installer un écran extérieur où le concert serait retransmis ?

Sveltana Ostapenko a pris la direction de la classe Violino à l'âge de 28 ans. Le groupe comprend seize violonistes, de plus jeune (14 ans) à Christina (22 ans). Sur cette photo, on reconnaît la concertiste Lilya-Fruz Abibullayeva.

Quand ils seront de retour à la maison, après trois jours de car (eh oui !), les membres de Violino continueront à étudier pour perfectionner leur art. Un projet trotte dans la tête de Svetlana : créer à Eupatoria un festival des Eurochestries. Afin de poser des jalons, Anne Bernard et Claude Révolte iront dans cette ville en discuter avec les responsables.

Les Eurochestries croissent et se multiplient. Vive les Eurochestries !

Jonzac : La messe animée
par le chœur brésilien


Dimanche matin, les paroissiens réunis en l’église de Jonzac ont poursuivi la soirée inaugurale des Eurochestries.

En effet, le Père Braud avait le plaisir d’accueillir le chœur de l’Institut Fédéral d’Education, Science et Technologie de Ceará (IFCE) de Fortaleza. Reconnu pour son caractère innovant, « il est composé majoritairement de jeunes élèves, âgés de 15 à 25 ans, mais il ouvre également ses portes à la population de Fortaleza, en raison du manque latent d’écoles de musique gratuites. Son répertoire est varié, avec une importante influence de la musique populaire brésilienne, et il participe activement au mouvement des chœurs de la Région de Ceará » souligne leur responsable, Lucile Horn.

Créée dans les années 1970 par Paulo Abel do Nascimento, cette formation a accompagné la célébration de la messe par des chants de bonheur et de paix, moments privilégiés entre peuples qui se découvrent. Etait-ce un clin d’œil à l’évangile selon Saint Matthieu où Jésus encourage Pierre, saisi par le doute, à marcher sur les eaux ? Pourquoi pas ! N’ayons pas peur, nous aussi, de marcher vers les autres en partageant leurs cultures respectives. Ainsi, le monde agité qui est le nôtre actuellement trouvera-t-il, par l’échange et le dialogue, un moyen de mieux se comprendre.




Lucile Horn est musicothérapeute, diplômée du Conservatoire brésilien de musique de Rio de Janeiro et en Master of Arts in Music de l’Université de Campbellsville aux Etats-Unis. Depuis 1994, elle enseigne la musique. Elle est le chef du chœur de l’Institut Fédéral d’Education, Science et Technologie de Ceará. Elle prépare une thèse de doctorat à l’Université Fédérale de Minas Gerais.


Eurochestries : vive la jeunesse !


Jeudi, le cœur de Claude Révolte battait la chamade. Ce soir-là, en effet, était inauguré le festival des Eurochestries 2011. Un rendez-vous qui tient ses promesses !


A chaque fois, c’est la même chose. L’église est pleine est craquer. Claude Révolte et sa compagne Anne Bernard, "piliers" des Eurochestries, n’en reviennent pas. Bien sûr, ils espèrent que ces rencontres annuelles auront du succès, mais l’affluence les rassure. C’est une façon de leur dire : « vous êtes sur le bon chemin en permettant à de jeunes musiciens de mieux se connaître et de travailler ensemble ». Une chose est sûre : que Jonzac, ville de 4 000 habitants, soit le centre d’un festival international n’était pas inscrit dans les astres ! Courage et opiniâtreté ont été nécessaires.


Donné jeudi soir en l’église Saint-Gervais, le concert inaugural a été à la hauteur des espérances. Tous les groupes sont à saluer, la diversité proposée constituant la « richesse » de ce rendez-vous estival. Quant aux chefs d’orchestre, le public a découvert des personnalités qu’il n’est pas près d’oublier !


Le groupe brésilien IFCE



La soirée a été « inaugurée » par le groupe brésilien IFCE que conduit Lucile Horn, bachelor en piano. Le portugais, par la douceur de ses intonations, se prête merveilleusement au chant.

Suivirent, dans la joie et la bonne humeur, l’ensemble de musique de chambre de l’Académie Gnessine de Moscou ; le quatuor espagnol de clarinettes « Llevant » ; Violino et les beautés ukrainiennes de l’âme slave ; l’orchestre symphonique des jeunes de Tepoztlan au Mexique et son dynamique chef d’orchestre Tomas Palacios ; l’orchestre symphonique de l’école de musique Stanislas Moniusko de Jelenia Gora en Pologne et son dynamique chef d’orchestre, la talentueuse Ewelina Rozek ; l’orchestre symphonique des jeunes d’Almeria en Espagne et son chef d’orchestre, l’incontournable Michaël Thomas et enfin l’orchestre symphonique des jeunes de la province de Malaga Jopma en Espagne et son chef, l’inoubliable Angel Luis Perez Garrido. Difficile à croire, mais il donne une telle intensité à sa direction que son orchestre semble voguer sur des flots musicaux !




Du « caprice » espagnol au « perpétuel mouvement », les morceaux s’enchaînèrent pour se conclure par une œuvre commune, l’hymne des Eurochestries, que dirigea Claude Révolte sous les applaudissements.

Vive les orchestres de jeunes !