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vendredi 6 mai 2011
Prison de Fontenet :
« les propos de Jean Rouger
sont pour le moins curieux »
• Réaction de Bruno Drapron, conseiller régional de Poitou-Charentes et municipal de Saintes, suite au choix de l'implantation de la nouvelle prison départementale :
Jean Rouger a tenu des propos pour le moins curieux suite à la décision par la Chancellerie de construire la nouvelle prison départementale à Fontenet.
Comment peut-il parler de désinvolture et de mascarade ? Si la prison n'est pas à Saintes, c'est uniquement de sa faute. J'aimerais refaire l'historique de la position plus qu'hasardeuse du Maire de Saintes. En juillet dernier, on lisait dans la presse que Jean Rouger voyait d'un bon œil le projet de construction du futur pénitencier sur le site de Fontenet et que le personnel de la prison de Saintes devrait s'adapter, ce qui a pour le moins choqué les personnels de la prison saintaise.
Le 25 septembre, c'est au tour de Christophe Dourthe, conseiller général de Saintes, de dire que le principal, c'est que la prison reste en Saintonge. Ce n'est que le 8 novembre dernier, répondant aux revendications des uns et des autres, dont celles des membres de l'opposition municipale que le Maire et Christophe Dourthe se penchent enfin sur le dossier de candidature et le déposent bien après tous les autres sites concurrents. Une faute politique digne de débutants si réellement leur volonté était que la prison reste à Saintes ! Tout cela avec le soutien de la députée Quéré qui, justement, soutient aussi le projet de Fontenet. Comprenne qui pourra !
Il est navrant de voir aujourd'hui que le Maire n'assume rien de ses fautes et reproche aux autres d'avoir bien défendu leurs dossiers. Pire, il dit être traité avec une désinvolture digne d'une république bananière ! Au contraire, le choix du Ministère de la Justice est juste et l'on peut faire confiance au ministre centriste Michel Mercier pour avoir fait un choix sans complaisance partisane.
Nouvelle prison à Fontenet
(Charente-Maritime) :
Le maire de Saintes déplore
« ce choix inique et partial »
• Communiqué du cabinet de Jean Rouger, maire de Saintes et président de la CDC :
Un choix politicien à durée déterminée
Jean Rouger, président de la Communauté de Communes du Pays Santon et maire de Saintes (Charente-Maritime), a appris par voie de presse que le Gouvernement avait choisi le site de Fontenet, près de Saint-Jean d’Angély, pour y construire une future prison de 366 places, et la fermeture en 2016 des maisons d’arrêt de Saintes et de Rochefort.
Au nom de tous les élus du Pays Santon, Jean Roubger ne peut que déplorer ce choix inique, coûteux et avant tout guidé par des considérations politiciennes.
Un choix partial. Les élus du Pays santon restent abasourdis par la manière dont le Ministère de la Justice a effectué son choix. Les services pénitentiaires n’ont en effet jamais pris la peine de venir à Saintes visiter le terrain mis à leur disposition pour la construction de la future prison départementale. Ils n’ont même jamais pris contact avec les services de la Communauté de Communes, ce qui laisse planer un doute sur le sérieux avec lequel a pu être examinée la candidature saintaise : celle d’une prison implantée au cœur du département et à proximité immédiate du centre-ville de Saintes, de son tribunal, de son hôpital, de ses associations d’aide aux détenus, de tous ses réseaux de communication et de ses nombreux transports en commun.
Un choix coûteux et aberrant. En retenant la candidature de Fontenet, le Garde des Sceaux a choisi d’implanter la future prison départementale sur une friche militaire du Conseil Général présidé par Dominique Bussereau, située à 25 kilomètres de Saintes, à 75 kilomètres de La Rochelle, et à 8 kilomètres de Saint-Jean d’Angély. Il a ainsi validé un site aussi contestable d’un point de vue fonctionnel (déplacements des avocats, des familles et des bénévoles associatifs), économique (nécessité de créer de nouvelles infrastructures actuellement inexistantes, dépollution du site), sociale (accompagnement des détenus) qu’écologique (multiplication des déplacements, absence de transports en commun). Ces coûts vont être exorbitants. Une évaluation financière préalable aurait démontré l’aberration de ce choix très éloigné des impératifs de gestion publique prônés par le gouvernement.
Un choix politicien à durée déterminée. Jean Rouger et les élus du Pays Santon ressentent dans cette décision le résultat d’une manœuvre politicienne menée dans les coulisses du pouvoir, appuyée par le président UMP du Conseil général, au bénéfice de la mairie UMP de Saint-Jean d’Angély.
Des échéances nationales auront toutefois lieu en 2012. Jean Rouger veut voir dans cette possible alternance l’espoir que ce soit enfin un choix éclairé et rationnel qui guide l’investissement de fonds publics et l’implantation de la future prison départementale, et non le fruit amer d’une quelconque connivence politicienne.
Nouveau centre pénitentiaire :
il sera à Fontenet,
près de Saint Jean d'Angély
Michel Mercier, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés, est venu en Charente Maritime jeudi pour annoncer la grande nouvelle : le futur établissement pénitentiaire sera bâti sur l’ancien camp de Fontenet, près de Saint Jean d’Angély.
Pourquoi cet emplacement ? Parce que cette structure aidera économiquement l’un des secteurs les plus fragiles du département. Cette nouvelle n’a rien d’étonnant. En effet, dès son arrivée au ministère de la Justice et des Libertés, Michel Mercier a choisi de mener une concertation sur le programme immobilier pénitentiaire avec les organisations syndicales et les élus locaux avant d’en définir les grandes lignes.
Après la présentation du projet à la mairie de Saint-Jean d’Angély, le Ministre a rejoint la Maison Centrale de Saint-Martin-de-Ré où une rencontre avec les personnels a eu lieu. La journée s’est achevée au Tribunal de Grande Instance de la Rochelle où une réunion sur l’immobilier de la Justice s’est tenue.
La nouvelle de Fontenet a provoqué certains remous parmi les élus saintongeais. Jean Rouger, en particulier, souhaitait une implantation dans la région saintaise. Catherine Quéré, député, était, quant à elle, partagée entre Saintes et Saint-Jean. En effet, sa circonscription chapeaute les deux secteurs. On ne peut pas plaire à tout le monde !
mardi 3 mai 2011
Nicolas Belot entre au Conseil régional Poitou-Charentes
Voilà une nouvelle qui ne passera pas inaperçue dans le monde politique de la Charente-Maritime.
En effet, Sylvie Marcilly, maire et conseiller général de Fouras, venant de démissionner de ses fonctions au Conseil régional, ce n’est pas Corinne Gacel qui, théoriquement, devait lui succéder, mais Nicolas Belot qui prendra sa place.
En effet, lors de la session de lundi dernier, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, a annoncé à l’assemblée que Corinne Gacel, ex maire adjoint de Bernadette Schmitt, a refusé la place laissée par Sylvie Marcilly. Sans doute préfère-t-elle se représenter aux municipales de Saintes ?
Nicolas Belot, qui n’est autre que le second fils de Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, met donc un pied sur l’échiquier. Suivra-t-il les traces de son père ? L’avenir nous le dira.
lundi 2 mai 2011
Traite négrière et esclavage
Le colloque organisé récemment sous l’égide du Ministère de la Culture et de la Communication et du Conseil général de Charente-Maritime, à l’Université de la Rochelle, avait pour thème "Les patrimoines de la traite négrière et de l’esclavage".

• Intervention de Jean-Claude Beaulieu, vice-président du Conseil général :
Bernanos nous avait prévenus : « Ne pas revenir sur le passé, c’est la meilleure façon que ce passé revienne vers nous ». Hélas, la société moderne nous amène à vivre dans un temps fracassé, qui nous égare à tout moment, ayant depuis plusieurs décennies cassé tous ses codes.
« Dans quelques points, nos yeux sont frappés d’une lumière éclatante, mais d’épaisses ténèbres couvrent encore un immense horizon » écrivait Condorcet en 1791.
Et si d’épaisses ténèbres ne couvrent plus un immense horizon, on peut encore dire que la traite négrière et le problème de l’esclavage restent marginalisés dans l’imaginaire sociétal et le récit national français. C’est dire l’intérêt de ce colloque international organisé à La Rochelle, sous l’égide du Ministère de la Culture et de la Direction du Patrimoine.
La valorisation des patrimoines liés à la traite négrière prend aujourd’hui de multiples chemins correspondant à une triple fonction : permettre d’atteindre un public nombreux et divers de tous âges et de toutes origines ; montrer que cette histoire est faite de réflexions historiques, de mise en perspective et d’analyse des sources ; d’offrir à chacun la possibilité d’en extraire "la substantifique moelle" comme disait Rabelais.
Ce colloque s’inscrit dans une politique menée depuis de nombreuses années avec François Blaizot, Claude Belot et maintenant Dominique Bussereau : politique de recherches et d’opérations patrimoniales permettant aux professionnels concernés de pouvoir, en explorant des perspectives trop souvent délaissées, collaborer sur une thématique nouvelle et contribuer ainsi à améliorer des connaissances dans des domaines aussi sensibles pour la mémoire collective que celui qui nous réunit aujourd’hui. Par ce double travail d’analyse et de transmission, on pourra ainsi contribuer à faire reculer les non-dit et les a priori. C’est le sens des recommandations faites en 2005 par le Comité pour la Mémoire de l’Esclavage voulu par la loi mémorielle Taubira du 10 mai 2001 dont on célèbre aujourd’hui l’anniversaire.
Je forme le vœu que la qualité et la richesse de ces travaux permettent de faire évoluer de façon objective la perception que nous avons de ce sujet sensible et controversé, ouvert aux polémiques et trop souvent instrumentalisé à de basses fins politiciennes.
Il est utile de rappeler que l’esclavage et la traite négrière n’ont été inventés ni par la Monarchie, ni par la République française. Le trafic des enchaînés, la dialectique du maître et de l’esclave, la sujétion des vies humaines remontent à des temps plus anciens où les hommes ont compris l’intérêt de transformer en « travailleurs auxiliaires », dont le niveau de vie réduit lui permettait d’améliorer le leur, l’ennemi vaincu ou le débiteur.
Dans l’Europe coloniale du lendemain des grandes découvertes, les Portugais, les Espagnols, les Néerlandais, les Britanniques ont rivalisé avec la France dans le système d’exploitation des Noirs d’Afrique … dont il faut d’ailleurs rappeler qu’ils étaient eux-mêmes objets de commerce de la part de leurs potentats locaux où, dans une savane livrée à l’anarchie et aux brigandages, les rivalités entre ethnies débouchaient sur des conflits sanglants, dont les prisonniers étaient alors transformés en « marchandises » destinées à l’exportation.
Il est intéressant de rappeler un point d’histoire. Le 3 juillet 1315, le roi de France, Louis X, publie un édit selon lequel le sol de France affranchit l’esclave. Aussi, la traite, initiée par les Portugais en 1441, n’est-elle pas pratiquée en France et il faudra attendre 1594 pour voir une expédition négrière française.
Tout bascula en 1674, date à laquelle les colons de Martinique, suite à une chute du cours du tabac, se tournèrent vers la culture de la canne à sucre, nécessiteuse d'une très importante main d’œuvre. A la veille de la Révolution, plus de 600.000 esclaves travaillaient dans les plantations sucrières des Antilles.
Des études nouvelles ont permis d’avoir une vue moins réductrice, en montrant que le trafic des esclaves est un fait auquel toutes les civilisations et les nations ont adhéré, depuis le temps des fils d’Adam jusqu’à aujourd’hui.
Le monde musulman reste, à côté du monde chrétien, très attaché à une tradition que le Coran légitime, en préconisant cependant de ne pas maltraiter les esclaves, et tout particulièrement l’esclave croyant.
Le peuple d’Israël admettait aussi l’esclavage, en adoucissant la pratique par rapport aux peuples alentours, ayant été marqué par la libération du joug égyptien et la captivité à Babylone.
Enfin, gardons toujours en mémoire que pendant plus de mille ans, les califes orientaux ont dépensé des fortunes, pour se procurer sur les marchés aux esclaves, les plus beaux « articles », hommes, femmes et enfants en provenance des pays occidentaux.
Jusqu’au XVIème siècle, la traite négrière fut ainsi le quasi monopole du monde musulman, qui poussait même jusqu’aux rivages chinois, à Canton, le développement de ce commerce.
Dès lors, on comprend la complexité du sujet et la nécessité d’analyser le problème pour en tirer des enseignements pour l’avenir humaniste de notre société et comprendre comment a émergé l’idée que l’esclavage est une insulte à l’humanité.
Le mouvement abolitionniste ne se cristallisa qu’à la fin du XVIIIème siècle de part et d’autre de l’Atlantique. Pour la première fois dans l’histoire du monde, l’objectif était de mettre un terme total et définitif à la traite et à l’esclavage comme institution.

Sans doute la France ne fut-elle pas la dernière à abolir l’esclavage. Ce n’est qu’après un siècle d’effort, de combats et d’oppositions qu’en 1888, le Brésil devient le dernier pays d’Amérique à abolir l’esclavage. Mais, dans ce véritable combat international en faveur des droits de l’homme, la France a joué une partition dont elle n’a pas à rougir, ayant su s’appuyer sur les valeurs désintéressées et universelles de Condorcet et de Montesquieu.
Finalement, après un échec en 1794, l’esclavage fut définitivement aboli par la deuxième République en 1848, avant donc les Etats-Unis en 1865 et le Brésil en 1888.
A la suite de Gilles Deleuze et d’Albert Jacquard notamment, après le siècle des Lumières et celui des révolutions scientifiques, vient celui de l’éthique, du respect de la personne humaine dans sa diversité et sa complexité de pensée.
On voit bien l’importance des travaux entrepris depuis quelques années. Ils témoignent d’un changement de problématique, d’un décentrement du regard, d’une recherche plus ouverte, de la multiplicité des phénomènes de la traite négrière, de l’esclavage colonial et de leur abolition. C’est un enjeu majeur dans notre société, car on sent bien qu’il en reste de nombreuses cicatrices dans les mémoires qui peuvent faire le lit des exploitations les plus partisanes. Nous vivons dans un monde en perpétuelle évolution, en perpétuel devenir. La décolonisation, la mondialisation des échanges expliquent cette demande et ce besoin d’une lecture claire et non partisane de l’histoire.
Il est ainsi de notre devoir, mais aussi de notre dignité de répondre à cette attente et n’oublions jamais comme l’écrivait Hegel : « Il n’y a d’histoire que là où il y a la liberté ».
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