lundi 11 mai 2026

Jonzac/Cérémonie du 8 mai : « Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai à Reims, était signée la capitulation sans condition de l'Allemagne »

Vendredi, la ville de Jonzac a célébré l'anniversaire de l'armistice de la Seconde Guerre mondiale en présence des autorités civiles et militaires. Un moment émouvant où chacun s'est rappelé les événements qui ont marqué ce terrible conflit. Les enfants (CE/CM) de l'école André Malraux, encadrés par leur directeur Fabrice Puythorac, ont dédié à ce rassemblent du souvenir un poème émouvant sur la paix. A une époque où la guerre frappe encore, une prise de conscience sur les équilibres fragiles du monde est plus que jamais nécessaire 

Poème dédiée à la paix lu par les élèves de l'école primaire
Lecture du message de Catherine Vautrin par Hélène Lemsele, sous-préfète

• Message officiel de Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, et d'Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, 
lu par Hélène Demesle, sous-préfète :

« Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai, à Reims, était signée la capitulation sans condition de l'Allemagne. Le 8 mai 1945, enfin, après des années d'épreuves, d'horreurs et de combats, l'Europe était libérée de l'emprise totalitaire et génocidaire nazie. Libérée par tous les Alliés. Libérée avec le concours des armées de la France, « la seule France, [celle] qui se bat » et ne se rend pas. Ne l'oublions jamais : avant d'être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d'abord une défaite de l'esprit. Marc Bloch - historien, combattant de 14, volontaire à nouveau en 39, fusillé en juin 1944 - avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient « estimé très tôt naturel d'être battus ». Ceux qui continuèrent de croire à la France n'étaient pas des surhommes. Ce furent les cent trente-trois pêcheurs de l'île de Sein, les cinquante-deux premières engagées volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce fut Jacques Lusseyran, lycéen non-voyant de 16 ans qui rassembla autour de lui les Volontaires de la liberté, avant d'être déporté à Buchenwald. Ce furent des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes convictions, avec leurs peurs et leurs doutes, mais unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder. Cette résolution était d'abord celle de résister au déni du droit et de la justice. « Dès le 3 septembre 1939 », rappelle le général de Gaulle, « nous avons tiré l'épée, seuls avec l'Angleterre, pour défendre le droit violé sous les espèces de la Pologne. »

À Londres, sous les bombes du Blitz, à Brazzaville, où l'Ordre de la Libération est créé, se poursuivit la lutte de ceux qui pressentaient que cet affrontement était une guerre contre l'humanité. Alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale, souvenons-nous de l'amiral Muselier, rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine. Souvenons-nous des sous-mariniers du Casabianca, déjouant la vigilance ennemie pour armer la Résistance en Corse. Et derrière eux, toutes les générations de marins qui perpétuent aujourd'hui notre puissance navale avec le porte-avions France Libre. Souvenons-nous des commandos Kieffer, débarqués à l'aube du 6 juin 1944. Honorons, sur les plages de Provence, les soldats venus d'Afrique, d'Asie et du Pacifique — tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, remontant jusqu'à Berlin. De Lattre qui, face à ce qu'il appelait « les puissances multiples du mensonge », dira : « nous avons découvert tout le prix de notre civilisation en éprouvant sa fragilité. »

Rappelons-nous Simone Veil, rescapée d’Auschwitz, qui fit de sa vie une œuvre de réconciliation et de paix : l'idéal européen qu'elle nous lègue fut la réponse à la haine par la force du droit. Cette victoire était celle du respect de la souveraineté de chaque peuple et de la dignité de chaque personne, contre ceux qui voulurent réduire notre continent à un empire de maîtres et d'esclaves. Aujourd'hui, pour que plus jamais le pire ne redevienne possible, il nous revient de transmettre aux jeunes qui s'avancent dans la vie - alors que les derniers témoins nous quittent - le « patriotisme agissant » que le général Leclerc confiait aux hommes de la 2e DB en leur faisant ses adieux. Transmettre cette force morale, la première arme d'un peuple qui sut, au bord de l'abîme, se redresser. Un peuple, le nôtre, que « ni le malheur militaire, ni la faillite des institutions, ni le mensonge, ni la violence n'ont pu détourner de son éternelle vocation » (Charles de Gaulle, discours devant l’Assemblée nationale, 15 mai 1945). Vive l'Europe libre. Vive la République. Et vive la France ! ».

Hommage aux porte-drapeaux

Charles-Aurélien Ailleaume, 15 ans, plus jeune porte-drapeau

Cérémonie animée par la fanfare de l'Ecole des Arts de Haute-Saintonge

Michel Heuvelmans, porte-drapeau, a reçu l'insigne des porte-drapeaux (3 ans) tandis que Cyprien Rousseau porte désormais le le drapeau  de Saint-Hilaire du bois
L'hommage des personnalités aux porte-drapeaux. Sur cette photo, Hélène Lemesle, sous-préfète, Christophe Cabri, maire, Delphine Matteï Péteau, première adjointe

Aucun commentaire: