L'APREVICA (Association "Préservons la vie de notre campagne") a tenu son assemblée générale jeudi dernier dans la salle municipale de Tugéras. Cette association a vu le jour en réaction à l'implantation d'éoliennes à Coux, projet qui a finalement échoué. Mais les promoteurs poursuivent leurs prospections dans le secteur. Ainsi le témoignage du maire de Chevanceaux, Emmanuel Festal, qui s'interroge sur le développement de l'éolien dans les circonstances actuelles (la France est largement exportatrice d'électricité). Seul hic, si l'électricité est abondante, pourquoi les factures des consommateurs sont-elles toujours aussi élevées ?
| Le bureau présidé par Bernard Largeau |
Pour certains propriétaires, l'éolien est synonyme de revenus : « L'installation d'une éolienne rapporte un loyer annuel de 10 000 € à 20 000 € par an en moyenne ». Seul hic, sa durée de vie est de 20/25 ans et son démantèlement « peut coûter entre 30 000 et 120 000 euros par unité, selon la taille ». « Un cadeau empoisonné légué à vos héritiers ! » souligne un participant. Dans la salle, on s'interroge sur les intentions politiques des dirigeants : « On doit passer de 10.000 à 20.000 éoliennes, multiplier le photovoltaïque par 5, mettre une cinquantaine de parcs off shore, soit 300 milliards auxquels il faut ajouter 100 milliards pour RTE (Réseau Transport Electricité) et 100 milliards pour Enedis. Les énergies renouvelables seraient nécessaires au fonctionnement des data centers (stockage des données). Je crois qu'on nous raconte tout et n'importe quoi » déplore Bernard Largeau. « Le problème, c'est qu'on fragilise les centrales nucléaires. Il nous faudrait des techniciens réalistes qui agiraient pour le bien-être de la population et non pour les intérêts des entreprises privées ».
Emmanuel Festal, maire de Chevanceaux : « J'ai reçu le promoteur QEnergy »
Dans les rangs, Emmanuel Festal, maire de Chevanceaux, fait part de ses observations et des démarches dans sa commune : « En septembre dernier, nous avons reçu le promoteur QEnergy qui a réalisé Baignes-Chantillac. Nous avons visité le parc avec le conseil municipal. J'ai pris les devants en convoquant les deux plus gros propriétaires fonciers de Chevanceaux qui possèdent environ 60 à 70% des terres. Elles sont situées dans la partie de la commune la moins peuplée et sur le deuxième point le plus haut du département. Il m'ont répondu être opposés à l'implantation d'éoliennes sur leurs parcelles. A Chevanceaux, existent deux zones Natura 2000, la Vallée du Lary et les landes de Touvérac Saint-Vallier. En conséquence, j'ai dit au promoteur que toute implantation paraissait compliquée. Toutefois, je n'empêche personne de travailler. Je l'ai donc autorisé à prospecter les autres propriétaires afin d'estimer s'il y a un réel potentiel éolien sur la commune. En réalité, je n'ai pas envie de recevoir des promoteurs tous les trois mois et recommencer mes explications. J'aimerais être fixé une bonne fois pour toute ! Finalement, le promoteur a trouvé des terrains, soit 25 propriétaires. Il m'a présenté un scénario d'implantation, quatre à cinq mâts de 180 mètres de hauteur, comme à Chantillac. J'ai contacté les propriétaires fonciers intéressés. Ils ont visité des sites et vu la réalité des choses. S'est ensuite posée la question : avis favorable ou défavorable ? Les études peuvent-elles être poussées plus loin ? J'en ai parlé en Conseil Communautaire et le président Claude Belot m'a répondu : Débrouillez-vous ! De ce fait, j'ai invité mes maires voisins pour les informer. Plusieurs communes de Charente ont des projets éoliens, Brossac, Guizengeard, etc. Le promoteur m'a relancé : "Que faites-vous ?". J'attends de voir la réaction des habitants qui vivent près de ces structures à Chantillac et Baignes. Pour l'instant, ma position personnelle est la suivante : il faut faire des constats. S'il n'y a pas d'acheteur d'électricité en face, cela ne sert à rien de développer des projets photovoltaïques ou éoliens. Si on regarde le marché spot européen, durant l'année et de plus en plus fréquemment chaque mois, on a des prix négatifs entre 11 h et 16 h où personne ne veut d'électricité. S'il y a surproduction en France, pourquoi ajouter des éoliennes et du photovoltaïque ? Je suis plutôt d'un avis défavorable, je ne crois pas à la réalité économique du projet selon le marché actuel ».
| Des avis opposés... |
S'y ajouteraient des informations discutables : « En Nord Gironde, on a annoncé voici quelques années que les éoliennes feraient baisser le taux de CO2 et remplaceraient les centrales nucléaires. Où est la vérité ? ». Par contre, leur présence fait baisser le prix de l'immobilier.
Bref, le sujet est inépuisable tant les anti et les pro-éoliens ont des arguments. Une chose est sûre toutefois : la facture d'électricité des consommateurs ne baisse pas ou si peu qu'on préfère en rire de crainte d'avoir à en pleurer....
• Emmanuel Festal : « Plus généralement, le danger est d'atteindre un taux visuel de saturation en éoliennes comme dans le Pays Mellois. D'où la nécessité d'établir un plan éolien. Or, en Haute-Saintonge, on ne veut pas en parler ! C'est ainsi que pourraient sortir des projets anarchiques »...
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