Le moustique tigre est présent dans tous les départements de Nouvelle-Aquitaine, sauf la Creuse. En 2025, les premiers cas autochtones de chikungunya et de dengue ont été détectés, démontrant ainsi les risques réels liés à sa prolifération et la nécessité de renforcer la surveillance et la prévention en éliminant les gîtes larvaires
Depuis 6 ans, la prévention contre les maladies transmises par le moustique tigre est confiée à l’ARS et à Santé publique France. Chaque année, une surveillance épidémiologique renforcée est assurée entre le 1er mai et le 30 novembre. Les opérateurs mandatés par l’ARS Nouvelle-Aquitaine assurent également des actions de sensibilisation à la prévention en formant des agents des collectivités territoriales pour qu’ils deviennent de véritables ambassadeurs auprès de la population. Ces agents conseillent les habitants sur les gestes à adopter et les aident à repérer et à supprimer les gîtes larvaires car même si la commune est déjà colonisée par le moustique tigre depuis plusieurs années, ces gestes restent indispensables pour limiter efficacement le risque de transmission épidémique. Ces opérateurs installent aussi des pièges pondoirs dans les territoires pour surveiller l’apparition du moustique dans les secteurs encore épargnés et sur les sites à risques (945 pièges installés en 2025).
Ils recensent les signalements des citoyens (397 signalements en 2025) via le site : https://signalement moustique.anses.fr/signalement_albopictus/
• Une priorité : l’élimination des gîtes larvaires au moment de la période de ponte
L’élimination des gîtes larvaires est très efficace pour lutter contre le moustique tigre. La femelle pond ses œufs dans de très petites quantités d’eau. Un simple bouchon retourné peut suffire ! Elle privilégie les contenants artificiels (soucoupes, pots, seaux, jouets).
Limiter les zones de ponte est donc bien plus efficace que d’éliminer les moustiques adultes ! Le moustique tigre, ou Aedes albopictus, est un moustique urbain qui se déplace très peu. Il vit dans un rayon d’environ 150 mètres. Autrement dit, le moustique qui vous pique est probablement né dans votre quartier !
• Quelle efficacité pour les dispositifs bornes/pièges anti-moustiques, lâcher de moustiques mâles stériles, etc. ?
Concernant les pièges, l’efficacité de ceux qui sont commercialisés n’est pas démontrée alors même qu’ils sont parfois très coûteux (ex : bornes électriques). Le piégeage n’est pas la solution miracle. Il doit impérativement être associé à des actions de prévention menées dans les quartiers afin que chacun adopte les bons gestes pour supprimer les gîtes larvaires. Sans cela, le piégeage sera peu, voire pas efficace du tout.
Concernant la Technique de l’Insecte Stérile (TIS), les résultats des expérimentations sont très attendus, notamment pour celle menée à Brive-la-Gaillarde qui n’a pas encore fait l’objet d’une communication. Cette expérimentation TIS a été menée en complément d’actions préventives menées dans une zone très impactée par les nuisances liées au moustique tigre.
• Focus sur les maladies chikungunya, dengue, zika transmises par le moustique tigre
L’année 2025 a été une année inédite en Nouvelle-Aquitaine avec l’apparition des premiers cas autochtones : 160 cas autochtones de chikungunya, 3 cas autochtones de dengue. De plus, 138 cas de dengue et 156 cas de chikungunya importés ont été identifiés en 2025.
Si un cas de dengue, chikungunya ou Zika est diagnostiqué, le médecin ou le biologiste doit le déclarer immédiatement à l’ARS pour qu’elle puisse lancer rapidement une enquête pour vérifier si le moustique tigre est présent autour du domicile de la personne malade.
NB : On parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé en zone de circulation habituelle (zone intertropicale) dans les 15 jours précédant l’apparition des symptômes. On parle de cas importésà la suite d’un séjour dans une zone de circulation habituelle de ces maladies.
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