samedi 22 octobre 2011

Sophie Denis : 

De Jarnac-Champagne

à Port Louis !


Pour la seconde fois, Sophie Denis, demeurant à Jarnac-Champagne en Charente-Maritime, participe au Raid Latécoère dont le départ a été donné de Lézignan samedi 8  octobre. Une aventure haute en couleurs que compte vivre à fond cette Saintongeaise passionnée d’aviation !

L’an passé, en 2010, la ville de Jonzac a organisé plusieurs manifestations en l’honneur de Saint-Exupéry, pilote et écrivain renommé. Lors du vernissage de l’exposition, en présence de personnalités, Sophie Denis, pilote de ligne demeurant à Jarnac-Champagne, annonça son proche départ pour le rallye Latécoère, une aventure soutenue par la Communauté de Communes de Haute Saintonge et des entreprises du secteur.

Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, présente Sophie Denis (2010)

Ce raid est un hommage aux pionniers de l’Aéropostale. « En avril 1930, Mermoz battit le record mondial en circuit fermé et parcourut 4 308 km en trente heures et vingt-cinq minutes avec un Latécoère Laté-28, ce qui lui laissait 1 200 km de marge pour la traversée de l’Atlantique. La première traversée Sénégal/Brésil fut tentée le 12 mai 1930 avec un prototype baptisé Comte de La Vaulx. Le voyage fut délicat, particulièrement dans la zone du Pot-au-noir, un secteur de vents variables autour de l’équateur. Mermoz eut l’obligation de voler entre 30 et 200 m d’altitude sans relâchement, pendant toute la durée du parcours Dakar-Natal. Il parcourut 3 200 km en 21 heures et 30 minutes. Cette réussite eut un retentissement mondial » rapportent les historiens.

Avec un second pilote, Antoine Rateau et un médecin, Bruno Huguena, la jeune femme s’envole donc de Lézignan, dans l’Aude, pour rallier l’Afrique. Motivée, elle espère conduire à bien cette mission… et même plus ! Malheureusement, dans les Pyrénées, l’un des équipages trouve une issue funeste, l’accident provoquant la mort de ses trois occupants. Bouleversés, les responsables annulent purement et simplement l’épreuve.
« Après une météo proche du déluge, le drame qui a suivi a sapé le moral des participants » avoue-t-elle.

Sophie revient en Saintonge où la vie reprend un cours normal. Elle cherche du travail et regarde du côté d’Air France où elle guette des ouvertures de postes. Or, depuis sa sortie de l’ENAC (École Nationale de l’Aviation Civile) il y a deux ans, la célèbre compagnie n’a opéré aucun recrutement. « Quand ils terminent leurs études, la plupart des diplômés espèrent travailler pour elle ». En l’attente d’une meilleure conjoncture, la jeune femme fait de l’aviation d‘affaires sur Limoges, sa région d’origine. Elle assume aussi des fonctions d’instructeur.

Le rallye, seconde édition

Samedi 8  octobre, Sophie Denis a changé d’horizon. Et pour cause, elle participe pour la seconde fois au rallye Latécoère qu’organise l’association du même nom. Son regard en pétille ! Elle se trouve aux côtés d’Antoine Rateau et d‘un passager qui a financé sa place. Dans le sillage des pionniers, ce raid a une vocation humanitaire, des fournitures scolaires (manuels, matériels divers, etc) étant remises à des écoles du Sénégal, Maroc et Gambie. Pour des raisons de sécurité, une seule escale est prévue en Mauritanie.
Le trajet reste le même : départ de Lézignan à destination de Port Louis, via l’Espagne, Gibraltar, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal. Le soutien des entrepreneurs de la région est à souligner : « Je les remercie de m’avoir subventionnée » dit-elle.

Sophie Denis et ses sponsors de Haute-Saintonge

Ce vol mythique sur les traces des grands de l’aviation, Mermoz, Saint-Exupéry, lui donne carrément des ailes ! « Il ne faut pas oublier qu’ils risquaient leur vie. Ils m’ont fait rêver. Par ailleurs, j’ai envie de découvrir l’Afrique que je ne connais pas. Refaire une ligne historique est enthousiasmant ». Sophie Denis va effectuer une sorte de pèlerinage !

Le retour est prévu le 25  octobre. Inutile de vous dire que l’émotion sera au rendez-vous. Et par la suite ? Elle pourrait être appelée à faire de la photo aérienne pour une société. Un projet dont nous reparlerons.

• La charte éthique du raid Latécoère

À l’origine de la création du Raid Latécoère, une idée-force, résumée par Pierre-Georges Latécoère, fondateur des lignes Latécoère : « Utiliser l’avion pour relier les hommes ».
Quelques années plus tard, les hommes de l’Aéropostale traduiront cette phrase dans une devise inlassablement répétée, au milieu des pires difficultés, des prises d’otages du désert de Mauritanie aux invraisemblables dangers de la Cordillère des Andes : « Le courrier doit passer ! ».
Quelle en est la signification ? Surtout pas le simple aspect utilitaire ; ce n’est pas pour le contenu de courriers de marchands ou d’échanges de banalités domestiques que les hommes de la Ligne risquaient chaque jour leur vie…
Bien au-delà, dans ce symbole de l’avion qui transporte le courrier, c’est bien une part d’humanité qui s’incarne, idéal d’une main tendue entre les hommes au-dessus des continents, quête sans fin d’une fraternité collective, victoire sans cesse renouvelée sur l’espace et le temps qui séparent les hommes.
Les actions humanitaires du Raid Latécoère, dans leur modeste mesure, ont pour objectif de traduire la philosophie de ces pionniers dans le contexte du XXIe siècle.

La ligne aérienne que tracent chaque année les équipages du Raid est ainsi, également, une ligne de solidarité : reprendre l’itinéraire de la première ligne aéropostale et apporter sur le parcours du soutien à des écoles.

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