mardi 10 juillet 2012

Conseil général :
Une ouverture de session
calme à peu agitée


Est-ce pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu que la session du Conseil général, qui s‘est ouverte vendredi matin, s’est déroulée dans un calme quasi olympien ? Malgré la victoire des Socialistes aux Présidentielles et Législatives, la Gauche est restée discrète, parlant à mots couverts. Le duel qui vient d’opposer à La Rochelle Ségolène Royal à Olivier Falorni a laissé des traces…

Dominique Bussereau est détendu. Réélu député, il a effectué un parcours politique sans faute. Ses onze ans au Gouvernement lui ont donné une solide expérience et le voici fin prêt à assumer son sixième mandat au Parlement. Après, « il tournera la page » dit-il. Pour l’heure, il préside le Conseil général.

En ce premier jour de session, les édiles affichent une attitude plutôt réservée. Rien à voir avec certaines périodes ! Le parti socialiste est encore dans le psychodrame où Olivier Falorni a battu la royale présidente de Région aux Législatives. Partagée entre les deux camps, la Gauche a subi des craquements. Il est des silences qui ressemblent à des embarras…

Le bureau présidé par Dominique Bussereau. A ses côtés, Béatrice Abollivier, préfet

Dominique Bussereau complimente les candidats victorieux dont Mmes Tallard, Quéré, Didier Quentin, Olivier Falorini. Dans le cas présent, « je ne saluerai que sa suppléante, Patricia Friou ». La conseillère générale de La Rochelle siège en effet dans l’hémicycle. aucun applaudissement ne fuse… ni pour les uns, ni pour les autres.

Le président détaille ensuite les principaux dossiers qui seront traités. Si la loi Peillon est appliquée (cinq jours d’école au lieu de quatre), des bus supplémentaires seront nécessaires et il faudra augmenter la fiscalité de 2 points pour honorer la charge. Et de regretter le manque de concertation.
D’ailleurs, Dominique Bussereau ne s’en cache pas. Maintenant qu’il est dans l’opposition au Gouvernement, « on va l’entendre sur d’autres sujets » comme le faisaient précédemment ses collègues de gauche quand Sarkozy était à l’Élysée. Voilà qui nous promet de l’animation dans les années qui viennent.

La fiscalité a augmenté de 35 points

Le groupe de gauche est à nouveau représenté par Bernard Lalande, David Baudon ayant été, comme Olivier Falorni, exclu du parti socialiste lors des Législatives. Il félicite le président Hollande pour son élection et assure de « sa fidélité en amitié » au-delà des clivages politiques. Malgré les péripéties qu’ils ont vécues à La Rochelle, « les Socialistes ont capacité à se rassembler » et sont prêts à combattre les effets mortifères qu’une crise économique pourrait entraîner. Bernard Lalande sera attentif au travail de Dominique Bussereau et du Conseil général dont il attend « une large implication sur le terrain ».

David Baudon, conseiller général de La Jarrie

David Baudon, qui a certes perdu le leadership du PS mais pas la parole, embraye sur le compte administratif. « Je ne partage pas votre optimisme » lance-t-il au président. En effet, depuis dix ans, la fiscalité a augmenté de 35 points. « Grâce au nouveau gouvernement, ça va changer » ironise Dominique Bussereau. David Baudon argumente : la manne du département, ce sont les droits de mutation. Bien malin qui peut savoir quel sera leur montant en 2012, leur rapport variant d’une année sur l’autre. « Nous avons perdu notre autonomie financière. L’autofinancement net, qui était de 86 millions d’euros en 2006, n’est plus que de 70. Quant à la dette, de 215 millions d’euros en 2006, elle atteint 399 millions ».

Jean-Louis Frot, bras droit de Dominique Bussereau, admet que les propos de David Baudon ne sont « ni faux, ni justes ». Les variations des droits de mutation entraînent des incertitudes : « Que va-t-il se passer ? Nous n’en savons rien, nous n’avons aucun pouvoir sur ces fluctuations ». D’autant que les dépenses sociales ne cessent d’augmenter. « Il faut donc rester vigilants, 2011 étant convenable malgré la charge de la dette ».


La séance est rondement menée. Elle s’achève sur le schéma départemental des déchets qui n’a jamais été élaboré. Il y a donc urgence ! Deux usines vont fermer, celles de Paillé et Surgères, propriétés du SMICTOM. Une demande d’extension du centre de Clérac a été déposée. « L’affaire sera instruite dans les règles habituelles » déclare Béatrice Abollivier, préfet. Reste à poursuivre la valorisation des déchets. Sur le chapitre, il y a du travail sur la planche…

• Trains : Des passages à niveau seront supprimés dans la perspective du TGV Tours-Bordeaux. Il traversera la Charente-Maritime sur 22 km et une base travaux sera installée à Clérac. La liaison Saintes-Angoulême sera améliorée si Ségolène Royal participe à l’électrification de Niort-Royan : « Le département de la Charente-Maritime ne sera pas la pompe à fric de la Charente sans intervention de la Région » déclare Dominique Bussereau.

• Internet : Toujours des problèmes à Thénac, question soulevée par Isabelle Pichard. Il reste encore des zones blanches dans le département. Des solutions alternatives existent, dont Wimax. Certains en seraient contents.

• Découverte au Fâ : La ville antique, située près de Talmont, livre ses secrets. Tout un réseau de collecte des eaux a été mis à jour par l’équipe de Laurence Trannoy, archéologue. « Ça vaut le détour » estime Jacky Quesson qui verrait d’un bon œil la rénovation du théâtre. Magnifique idée face à l’estuaire !

Jacky Quesson, conseiller général de Saint-Genis

• Agence départementale d‘insertion : Jean-Pierre Maindroux, conseiller général de La Rochelle, se demande pourquoi le département veut « dézinguer » l’ADI en lui supprimant sa subvention de 40 000 euros. Cette association permet à des porteurs de projets, issus pour la plupart du RSA, de concrétiser leurs objectifs. « La raison, c’est que l’association a des fonds privés énormes. Nous interviendrons lorsqu’elle les aura consommés » rétorque Dominique Bussereau. En effet, pourquoi, en période de vaches maigres, attribuer de l’argent public si l’association dispose de fonds suffisants à son fonctionnement ? « Le jour où l’Adi sera dans le besoin, nous serons là » ajoute Jacky Quesson, conseiller général de Saint-Genis.

• L’Hermione se jette à l’eau !
Nombreux ont assisté à sa mise à l’eau sur la Charente, vendredi 6 juillet, avant qu'elle ne rejoigne sa nouvelle cale de construction Napoléon III. Ce fut une belle fête suivie à Rochefort par des milliers de spectateurs et de plaisanciers.
Au programme des prochains travaux, la poursuite de l’ensemble de la mature nécessaire pour permettre la navigation de l'Hermione vers les États-Unis, prévue en 2015.
Le Département a participé à sa construction à hauteur de 4 400 000 euros. S’y ajoute un million pour la forme de radoub.

• Feux de forêt : Un système de détection (caméras) des feux de forêt sera installé prochainement dans les tours de gué du Sud Saintonge. Il fonctionnera 24 h sur 24 h et permettra ainsi de repérer toutes les fumées suspectes. L’an dernier, en raison de la forte chaleur, de nombreux incendies se sont déclarés dont l’un près de Montendre, le soir du festival Free Music.

• Réserves de substitution : Le syndicat mixte sera bientôt opérationnel, mais il ne peut accueillir que des établissements publics (Conseil général, ASA autorisées et Chambre d’Agriculture). En conséquence, la section ostréicole n’en fera pas partie. Le sujet est largement débattu. Pourquoi l’eau ne serait-elle vendue qu’aux ASA et à des tiers en cas de surplus ? « Toujours pour les mêmes raisons, parce qu’il s’agit d‘un établissement public ». Ceci dit, « tout le monde doit être dans le coup » estime Dominique Bussereau. Et pas seulement le monde agricole.

• Le sénateur Doublet, grand chasseur de reines
Dans le cadre de la lutte contre le frelon asiatique, le Cœur de Saintonge a déployé les grands moyens : 141 reines ont été détruites soit une descendance potentielle, pour chacune d’elles, de 2500 à 3000 frelons. Dans cette affaire, le sénateur-maire de Trizay a été un ardent guerrier contre l’envahisseur.

Le sénateur Doublet

• Finances : À partir de novembre, la Banque Postale disposera d’une somme de 2 millions d’euros qu’elle prêtera à court terme aux collectivités.

• Compte administratif : il dégage un excédent de 12,2 millions d’euros en 2011.
Dominique Bussereau président, Michel Doublet, sénateur maire de Trizay, Jacky Quesson, conseiller général de St-Genis et David Beaudon, conseiller général de la Jarrie.

• Des aires de covoiturage au logement en milieu rural
Les 5 premières aires de covoiturage mises en service en juillet
Ont été approuvées les conventions relatives à la mise en service, dès le mois de juillet 2012, de 5 aires de covoiturage à Saint-Agnant, Surgères (2), Gémozac et Saint-Aigulin. Ce sont les cinq premières aires réalisées dans le cadre du schéma départemental prévoyant l’aménagement, de 2012 à 2014, de 65 aires de covoiturage en Charente-Maritime.

• Les aides à l’habitat social
Le Département subventionne la réalisation de 168 logements locatifs adaptés, répartis sur 8 programmes différents, pour un montant total de 881.578€.
La revitalisation des Communes
64 dossiers, concernant 59 Communes de moins de 5 000 habitants, ont été adoptés pour un montant total de subventions de 776.347€.

• L’aide aux communes pour les écoles primaires et maternelles
Des subventions, pour un montant total de 502.005€, sont accordées aux Communes d’Arvert, Bédenac, Brie-sous-Archiac, Champagne, Clam, Cozes, Geay, La Brousse, La Gripperie-Saint-Symphorien, Léoville, Les Mathes, Marans, Mirambeau, Orignolles, Pessines, Plassac, Saint-Crépin, Sainte-Gemme, Saint-Germain de Lusignan, Saint- Nazaire-sur-Charente, Saint-Rogatien, Saint-Sauvant, Saint-Sever-de-Saintonge.

• L’équipement touristique des Communes
Des travaux sont subventionnés dans les Communes de Haimps, Jonzac, La Croix- Comtesse, La Flotte, Saint-Denis d’Oléron, Saint-Germain-de-Marencennes, Saint- Savinien-sur-Charente, Sainte-Même, Trizay et Villexavier. Le montant des subventions s’élève à 125 092€.

• La restauration du patrimoine documentaire historique
Subvention à la Commune de Cozes pour la restauration de registres d’état-civil.

• Lutte contre l’incendie
Subvention à la Commune de Sainte-Eugène pour l’installation de 3 citernes-incendie.

• L’aide au logement en milieu rural
Subventions aux Communes de Bords, Fontaines d’Ozillac, La Flotte, Loiré-sur-Nie, Saint-Georges de Longuepierre, Saint-Mandé-sur-Brédoire et Thézac pour un montant total de 46 767€.

• Le Syndicat mixte pour le Développement Durable de l’Estuaire de la Gironde (SMIDDEST) La Commission permanente donne un avis favorable à l’adhésion de la Communauté d’agglomération Royan-Atlantique (Cara).

• La restauration des paysages ruraux
Les Communes de Migré et de Montils sont aidées à acquérir des plants.

• L’aide aux organismes agricoles
Le Département subventionne : Les Estivales de Bignay ; l’association pour la sauvegarde du Baudet du Poitou ; le Conservatoire des ressources génétiques ; les Jeunes agriculteurs de Charente-Maritime ; le Cercle d’échanges ; les Moutonniers de l’Estuaire.

Expiremont :
La diva et le pianiste


Grand moment à l'église d'Expiremont, samedi 9 juin, avec le récital de Chrystelle di Marco et Hervé N'Kaoua.

Organisé par l'association "Culture et Loisirs à Expiremont" et financé par la Communauté de Communes de la Haute-Saintonge, ce concert a ravi les nombreux spectateurs qui avaient choisi la grande musique en direct plutôt que le football à la télévision !

Le grand talent de Chrystelle di Marco a éclaté sous la belle voûte en bois de l'église du village. Sa voix magnifique, aussi bien dans les passages puissants que dans les pièces plus intimistes, a ébloui les spectateurs, pourtant souvent amateurs avertis.
Hervé N'Kaoua a également montré ses exceptionnelles qualités, aussi bien en accompagnant la cantatrice que dans ses prestations en soliste.
Les deux artistes, à côté des grands classiques (Gounod, Mozart), ont fait découvrir à l'auditoire un compositeur peu connu, l'italien Luzzi. L'interprétation de sa "Marche funèbre" par Hervé N'Kaoua fut un moment de grande émotion musicale.

Neuvicq-le-Château :
Au nom de la République
et du marquis de Montespan !


Orné de fleurs qui embellissent l’avenue principale en signe de bienvenue, le village de Neuvicq-le-Château (17) est accueillant. Dans l’air, flotte une ambiance estivale qu’honore le soleil de ses rayons. Voyons, où se trouve la mairie ?


Il suffit le suivre le panneau “château“. Eh oui, la municipalité a installé ses bureaux dans un castel et pas n’importe lequel. Il s‘agit de l’ancienne demeure de M. de Montespan dont la femme était la maîtresse de Louis XIV. Le maire, Pierre Denéchère, n’est pas peu fier de cette illustre occupation ! Bien qu’ardent républicain, la présence d‘un hôte aussi célèbre - et que dire de son épouse - donne à la commune une aura particulière. Si précieuse que le château figure désormais sur la route des Trésors de Saintonge. « Administration et conseil ont élu domicile dans le château. Je partage cette particularité avec Claude Belot » dit-il en riant.


Pour lui, le château représente bien plus qu’un site majestueux dont on admire les détails Renaissance : il est l’une de ses passions pour d’évidentes raisons patrimoniales. « J’aime l’histoire et j’ai animé des associations culturelles » avoue-t-il. Et s‘il est un autre personnage qu’il apprécie, c’est François de La Laurencie, marquis de Neuvicq et Charras, un homme qui avait compris les enjeux de la Révolution. C’est pourquoi, commissaire de la noblesse aux assemblées de février, il fut élu député suppléant aux États Généraux en mars 1789.
Le maire conserve son portrait sur une étagère. Glorieux personnage de cape et d’épée. « Il a su s’adapter aux réalités de son époque. Il avait des idées avancées et entretenait des relations avec la population. J’ai travaillé en fermage sur des terres lui appartenant autrefois. C’est sans doute un signe ! ».
Il est, en quelque sorte, le gardien du château qui a échappé, il est vrai, à bien pillages et saccages. Une sorte de miracle quand on sait combien sont nombreux les trafics d’objets et de mobilier anciens…

Superbe charpente

Sauvé par Alphonse Porchaire

Pierre Denéchère commence la visite guidée du château par l’extérieur. L’endroit est habité de longue date, comme en attestent des tombes anciennes, trouvées à proximité, ainsi qu’une hache préhistorique. Le château était protégé par les maisons qui formaient un alignement compact. L’ancienne porte voûtée rappelle qu’à une heure avancée, mieux valait ne pas trop s’éloigner sous peine de tomber sur des « voleurs de poules ».

L'une des entrées anciennes de Neuvicq

Dans les combles, la présence de machicoulis

Sur ce site privilégié, les témoignages des siècles se succèdent. Le château Renaissance a été modifié au XVIIe siècle par le marquis de Montespan. Pour des raisons de commodité, une aile a été ajoutée. Après la Révolution, les terres du domaine ont été acquises par des agriculteurs. L’édifice, quant à lui, a été vendu comme bien national.
« En 1904, la famille Martel voulait se défaire des plus beaux éléments, dont les cheminées »
souligne le maire. Une large partie des bâtiments, situés sur le devant, a été détruite. Le premier magistrat de l’époque, Alphonse Porchaire, s‘émut de la situation. Après avoir sensibilisé les habitants, ce médecin organisa une collecte et parvint à faire racheter le château par la commune. Les actes furent établis par Me Clais, notaire à Saint-Jean d’Angély.

Cette histoire démontre l’attachement qu’ont les habitants pour leur « bastion », même si certains n’y voient que le témoignage d’un passé révolu.

Pierre Denéchère présente François de La Laurencie qui appartenait au Régiment d’Infanterie du Roi en août 1764.

Exploitant agricole, Pierre Denéchère appartient à une vieille famille de la région. Son grand-père, André Debord, était adjoint au maire de Neuvicq. Lui-même est entré dans la vie publique en 1995. Depuis, il s’active à donner à sa commune une véritable authenticité. Le château, en mauvais état, a été l’une de ses préoccupations. Si les maires successifs ont entretenu la toiture (pour mettre l’ensemble hors d‘eau), plusieurs tranches de restauration s’avéraient indispensables (restauration des escaliers, sculptures, façades, etc). Elles ont été réalisées par des compagnons, sous le regard attentif de l’architecte des Bâtiments de France, M. Boisrobert. « Nous intervenons en fonction des urgences ; certaines pièces étaient inutilisables, il fallait les rendre fonctionnelles » remarque l’élu.

Du vendeur à l’acquéreur… avec la télé !

De mi-juin aux journées du patrimoine, en septembre, le château accueille moult visiteurs. Cette année, outre l’exposition artisanale proposée à l’étage, la municipalité met en place un centre d‘interprétation de l’architecture qui montrera l’évolution des châteaux-forts depuis la motte féodale. Le maire n’a pas hésité à aller chercher une maquette “représentative“ dans le Pas-de-Calais afin de compléter cette présentation.

Restauration de sculptures par des Compagnons

L’action de Pierre Denéchère ne s’arrête pas là. En 2011, ayant constaté que plusieurs maisons de son village de 440 habitants étaient inoccupées, il a relevé ses manches ! Il fit d’abord un recensement pour savoir qui était vendeur. Il s’aperçut que certaines belles demeures restaient en l’état car leur entretien était trop onéreux. S’étant assuré que les agents immobiliers ne prendraient pas mal son initiative, il a contacté la presse afin d’organiser une grande journée où propriétaires et futurs acheteurs se contacteraient directement. Le tout bénévolement. « Une vingtaine d’habitations étaient disponibles. J’ai également sollicité le CAUE, l’Agence d’information sur le logement ainsi qu’un organisme de prêt ».

La télé s’en est mêlée et le jour J, le maire était bien affairé. Quatre maisons ont finalement trouvé preneurs. « Ça fait un peu club de rencontres, mais l’objectif est de redonner vie au bourg ». Le 25 août prochain, il revivra la même expérience avec M6, la presse écrite et les radios. Plus d’une dizaine de maisons cherche un nouveau départ : qu’on se le dise ! Et pendant qu’on y est, un boulanger serait le bienvenu dans le bourg de Neuvicq, un local flambant neuf venant d’être aménagé !

Bref, si vous rêvez d’une agréable escapade, n’hésitez pas à vous rendre à Neuvicq-le-Château, commune célèbre pour ses vignobles et son château. On peut même pique-niquer dans les douves !

• Un peu d’histoire :
Né en 1741, François de la Laurencie, marquis de Charras et de Neuvicq après la mort de son frère, fut Chevalier de Saint-Louis. Ancien Inspecteur général de la Maréchaussée, il reçut une pension de 5 000 livres pour ses bons et loyaux services en 1783. Sa femme eut moins de chance que lui : Anne Jeanne Roettiers de La Chauvinerie, qu’il avait épousée à Paris en mai 1772, fut guillotinée le 11 pluviôse an II (20 janvier 1794)…

• Pour se rendre à Neuvicq :
À partir de Jonzac, prendre Archiac, puis Saint-Fort sur le Né, Segonzac, Jarnac. Neuvicq est à quelques kilomètres en Charente-Maritime. Château ouvert tous les jours sauf le mardi de 14 h 30 à 18 h 30. Renseignement au 06 83 28 94 47.

Le château avant son extension (archives)

Les Antilles de Jonzac :
L’histoire d’un beau projet
qui semblait un peu fou !


En 2002, il était arrivé en hélicoptère. Cette fois-ci, Jean-Pierre Raffarin a choisi la voie terrestre pour fêter les dix ans des Antilles. Un grand absent toutefois, l’architecte Roelof Hendriks n’est plus de ce monde pour saluer le complexe aquatique de Jonzac qu’il a conçu avec son épouse Nannie.

9 juillet 2012 : Claude Belot, M. et Mme Guérard (fille d'Adrien Barthelémy), Jean-Pierre Raffarin, Daniel Laurent et Dominique Bussereau

Lundi matin, les Antilles de Jonzac ont célébré leurs dix ans. Elles n’ont pas pris une ride et l’on peut même dire qu’elles vieillissent bien !

Les Antilles de Jonzac : une architecture originale

Les plans de ce havre dédié à la détente et aux plaisirs de l’eau, on les doit à un couple d’architectes hollandais qui a imaginé un concept original pour la Haute Saintonge. Installés dans l’Oise, à Lamorlaye, Nannie et Roelof Hendriks avaient rencontré par hasard Claude Belot, alors président du Conseil Général de Charente-Maritime. A leur première entrevue, Nannie ne savait rien de Jonzac : « Nous n’avions pas osé avouer notre ignorance géographique. Dès notre retour à la maison, nous avons cherché sur une carte de quelle ville il pouvait s’agir ! » avait-elle confié. Une lacune rapidement comblée !

C’est ainsi qu’ils imaginèrent, entre champs et vestiges d’une villa gallo-romaine, une vaste structure de 7300 m3 baptisée « Les Antilles ».
Le chantier fut suivi avec attention par les habitants. Jonzac était en pleine expansion ! Depuis 1986, la ville possédait des thermes exploités par la Chaîne Thermale du Soleil, chère à Adrien Barthélemy. Nichés au cœur des anciennes carrières d’Heurtebise, ils avaient accueilli 186 curistes la première année. Perplexes, l’opposition à Claude Belot ironisait : « grâce à son forage géothermique, le maire a inventé l’eau chaude et il prend des risques avec l’argent public ». Aujourd’hui, ils sont 950 patients par jour à y recevoir des soins. D’importants travaux viennent d’ailleurs d‘y être réalisés. Les commentaires désagréables ont cessé !

Les Antilles en travaux (archives)

Nannie Hendriks, le responsable de la SEMDAS, Roelof Hendriks et Claude Belot (archives)

Quand les Antilles sortirent de terre, elles intriguèrent. Ce grand velum blanc, qui leur donnait une allure scandinave, ne faisait pas couleur locale ! Les questions étaient multiples, à commencer par les perspectives de fréquentation : n’étaient-elles pas un peu prétentieuses ? Rapidement, le centre attira une clientèle variée, souvent familiale. Le gestionnaire privé, Gesclub, qui en avait la charge, rencontra néanmoins des difficultés. Faisant face à l‘adversité, la Communauté de Communes de Haute-Saintonge réagit en créant une régie. Les résultats obtenus démontrent que « le public peut faire aussi bien que le privé » assure Claude Belot.
Durant l’été 2002, l’inauguration en grande pompe des Antilles reçut un honorable visiteur, Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac. Il faisait chaud et sans doute rêvait-il de se rafraîchir dans cette immensité bleutée, animée de vagues artificielles...

Les élus, après avoir coupé le ruban tricolore (2012)

Dans un discours tonique, devant quelque 1000 personnes, il déclara que cette réalisation n’était ni de droite, ni de gauche ! «Je suis admiratif du travail que vous faites en Charente-Maritime. L’activité touristique ne cesse de croître et vous êtes dans le peloton de tête. Ici, je trouve des leçons pour la France. Vous travaillez dans un esprit d’équipe ».

« Un concept gonflé » !

Dix ans plus tard, lundi matin, Jean-Pierre Raffarin était à nouveau l’invité d’honneur des Antilles. Le public était plus nombreux qu’en 2002 et le soleil était absent. L’ambiance, elle, était au rendez-vous avec un groupe de vahinés, Maeva Océanie, qui dansèrent le tamouré en signe de bienvenue. Un peu inattendu mais original, même si la Polynésie n’est pas dans les Caraïbes !

Maeva Océanie, groupe basé à Pons

Les élus, sensibles à la danse polynésienne !

Depuis décembre 2005, moment où la CDCHS a repris les Antilles en main, Claude Belot y commence sa journée. Disons qu’il est très attentif à leur fonctionnement. En 2011, le site a totalisé 400.000 entrées. Fin juin 2012, la progression serait de 15,96% par rapport à l’an dernier : « nous sommes bien partis pour atteindre les 500.000 » dit-il.

Les joies du lagon

Danse de Maeva Océanie dans le hall des Antilles. Le public est ravi !

En plus du casino et des résidences hôtelières, la future salle de congrès (baptisée « temple du soleil ou agora » ?), qui sera construite dans les parages, a retenu l’attention de 145 architectes. Les travaux devraient démarrer en 2013.

La serre des Antilles abrite une végétation luxuriante : elle a inspiré à Monique Doucet son chapeau !

Dans son allocution, Dominique Bussereau, président du Conseil Général, se réjouit de la bonne forme des Antilles, un projet « qui paraissait un peu fou au départ ». On connaissait l’Aquaboulevard à Paris et les Center Parcs (dont un nouveau centre construit prochainement dans le Nord de la Vienne) : « à Jonzac, le concept était gonflé ». Il y avait un précédent : aux environs de Poitiers, le Futuroscope n’a-t-il pas éclos en pleine campagne, au milieu d’un champ de patates ? On appelle ça « l’aménagement du territoire ». Et de souhaiter longue vie au centre aquatique de Jonzac « qui vide un peu sa plage de Saint-Georges de Didonne » où l’eau est assez fraîche actuellement. Sans rancune…


Débarrassé de certaines lourdeurs dues à ses anciennes responsabilités au Gouvernement, Jean-Pierre Raffarin félicita les édiles du secteur pour la concrétisation de projets ambitieux et humanistes. « Quand on regarde une carte de Poitou-Charentes, on repère tout de suite les zones où les élus sont entreprenants ».

Jean-Pierre Raffarin, un vrai tribun !

« Bonheur, budget, Belot » sont, pour lui, les maîtres mots de la Haute Saintonge. « Claude Belot peut être un peu raide et quand il a un dossier à défendre, il veut faire payer tout le monde ! » déclara-t-il. Cette familiarité n’est pas étonnante : les deux hommes « qui ont du vécu » siègent ensemble au Palais du Luxembourg.
Se battre pour le développement d’un bassin de vie entre de plain-pied dans la décentralisation. « Des décisions au plus près du terrain doivent être prises pour que les territoires puissent poursuivre leurs actions. Notre devoir est d’innover en matière d’attractivité et de proposer un haut niveau de qualité ». Le vice-président du Sénat estime que Paris ne peut détenir tous les pouvoirs sous peine de commotion cérébrale.

Le vice-président du Sénat est un ardent défenseur de la décentralisation

« Les projets sont le cœur de la politique » conclut-il. Père de l’acte II de la décentralisation, l’engagement de Jean-Pierre Raffarin dans ce domaine est resté intact !

Un public nombreux (mais moins qu'en 2002 !) pour saluer les dix ans des Antilles


Christian Bardet et Laurent Neau

Parmi les invités, Pierre Babin et Bernard Lévêque


Reportage et photos Nicole Bertin

vendredi 6 juillet 2012

6 juillet 2012 :
Une étape majeure
dans l'aventure du chantier
de l'Hermione


Vendredi 6 juillet 2012, 65000 personnes ont fêté, à Rochefort (Charente-Maritime), la sortie de l'Hermione de la cale de construction, la double forme de radoub de l'arsenal de Louis XIV où la coque était en chantier depuis 15 ans.

Je vous salue, Hermione !


Parmi elles, de nombreuses personnalités ont répondu à l'invitation de Bernard Grasset, maire de Rochefort et de Benedict Donnelly, président de l'association Hermione-La Fayette, co-organisateurs de l'événement, Frédéric Cuvillier, ministre des Transports et de l'Économie Maritime, Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, Dominique Bussereau, Président du Conseil Général de Charente-Maritime, l'Amiral Edouard Guillaud, Chef d'Etat Major des Armées, l'Amiral Bernard Rogel, Chef d'Etat Major de la Marine, Eric Orsenna, de l'Académie Française, Président d'honneur de l'Association Hermione-La Fayette, Howard Leach, ancien ambassadeur des US en France et président de l'association américaine Friends of Hermione in America.

La sortie de l'Hermione a été précédée par un défilé de 50 vieux gréements, voiliers et canots traditionnels auxquels s'étaient joints le Belem et le Mutin.

L'Hermione a largué symboliquement ses amarres, après que deux enfants, une jeune française de 11 ans élève au Collège La Fayette de Rochefort, et un jeune américain de 10 ans se soient élevés dans les airs pour lancer les drapeaux des deux pays. Le largage a été accompagné par un lâcher de feuilles de chêne pour s'inscrire dans la continuité du cérémonial des lancements de navires de la Marine Royale au XVIIIème siècle et d'une salve de 21 coups de canon.

Dans sa cale... et après sur la Charente


Tirée par quatre vedettes de remorquage du service des lamaneurs de l'Atlantique, la coque de l'Hermione, non mâtée, est sortie à 19h30 de la double forme de radoub ouverte pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale à la navigation grâce à la réalisation à l'initiative de la ville de Rochefort d'un tout nouveau bateau-porte pour remplacer celui détruit en 1944 par les troupes d'occupation.

Puis l'Hermione a salué, sur deux kilomètres, le public regroupé sur la rive droite de la Charente. Une équipe de danseurs, de musiciens, d'acteurs s'était jointe à l'équipage de l'Hermione pour cette parade en Charente, imaginée par Eric Le Collen, pour rendre hommage à tous ceux qui, bénévoles et professionnels, ont contribué depuis 15 ans à la réalisation de la coque de cette véritable cathédrale de chêne. Une cathédrale de 45 m de long, 65 mètres hors tout, dont la construction a mobilisé plus d'une centaine d'artisans (charpentiers, calfateurs, forgerons, menuisiers, ébénistes, sculpteurs, voiliers)

Mais oui, c'est elle !

A 21 h, au terme de cette parade qui s'est achevée par un embrasement de la rive gauche de la Charente, l'Hermione a rejoint son mouillage d'une nuit sur la Charente face à la Corderie Royale. Et la fête s'est prolongée une bonne partie de la nuit grâce aux spectacles de rue de l'opération Rochefort en fête.

Samedi matin 7 juillet à 6h 30 heures du matin, l'Hermione va rejoindre sa nouvelle cale de construction, la forme dite Napoléon III de l'ancien arsenal de Rochefort dont l'accès est facilité par une plus grande profondeur d'eau que la forme double, elle aussi équipée d'un tout nouveau bateau-porte réalisé dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons que celui de la double forme. Plusieurs milliers de membres de l'association Hermione seront présents au bord du bassin pour accueillir l'Hermione dans la nouvelle cale de construction où se poursuivront, dès le 9 juillet, les travaux de réalisation de la mature, du gréement, des voiles, toujours sous le regard du public qui pourra aussi monter sur le navire et en visiter l'intérieur.

Le chantier se poursuivra encore deux ans avant les premiers essais en mer programmés pour l'été 2014, avant la traversée exceptionnelle de l'Atlantique prévue pour le printemps 2015. Un projet qui sera présenté officiellement le 6 juillet à New York au cours d'une manifestation organisée dans les salons du consulat de France à New York à l'occasion de la mise à flot de l'Hermione dont les images seront retransmises en direct aux États-Unis. Cette manifestation donnera le coup d'envoi de l'aventure américaine de l'Hermione et de l'appel à la mobilisation des Américains pour en permettre la réalisation.

L'Hermione telle qu'elle sera quand elle prendre la mer

Enorme foule pour saluer la sortie de l'Hermione !

Rensiegnements : www.hermione.com

Photos sortie Hermione : Département de la Charente-Maritime