dimanche 11 avril 2010

Expo : Paolo Dalponte
à la Bribaudonnière


La galerie d’art à la campagne de la Bribaudonnière, à Saint-Palais-de-Phiolin, reçoit l’artiste italien Paolo Dalponte pour quelques semaines. A ne pas manquer …

Anna Vedena, Renata Vedena, Paolo Dalponte et son épouse, Giancarlo Vedana et Stéphane Felici, vice consul d'Italie à Bordeaux

On ne se lasse jamais de ses dessins. Une imagination fertile, un cerveau fourre-tout d’où il extrait ce qu’il y a de plus secret. Dalponte est un pirate : en sa caverne, il garde le beau et le cocasse. Ce qu’il a grappillé en savourant la vie.
Une vérité qui se contorsionne au rythme des traits. La magie du crayon. Ses sujets se retrouvent dans des situations incroyables. Science fiction, fiction de la raison, raison ne pas trop de se poser de questions.

Paolo Dalponte ose imaginer des scènes où l’inconscient de l’audace, et donc le talent, l’emportent sur le politiquement correct incarné. Il ne veut pas séduire, il cherche à interpeller, à faire rire, lui l’honorable artiste qui cache bien des malices derrière son regard brun.
Giancarlo et Renata Vedana l’accueillent en leur galerie de la Bribaudonnière avec un plaisir infini. Ne manquez pas ce rendez-vous, clin d’œil à la dérision : une journée où l’on n’a pas ri est une journée perdue !

Jean Glénisson, admirateur de Paolo Dalponte


Les dessins de Paolo Dalponte sont exposés à la Bribaudonnière, la galerie d’art à la campagne de Saint Palais de Phiolin (près de Saint-Genis) où Anna se fera un plaisir de vous accueillir. Ouvert jusqu’au 30 mai de 10 h à 12 h 30 et de 16 h à 19 h. Entrée libre.

Quelques dessins pleins d'humour


Paolo Dalponte vit en Italie où il se consacre à son art. Peintre, dessinateur, il fait de nombreuses expositions tant dans son pays qu’à l’étranger (Europe, Pays de l’Est, Iran).

• Selon la tradition, Renata Vedana, de l’Académie italienne de cuisine, avait invité ses amis présents à l’exposition, à un dîner composé de spécialités italiennes. Bravo à ce cordon bleu pour la qualité de ses mets !




Christian Clochon et ses dames !

Rochefort : L’académie de Saintonge à la Maison Pierre Loti


Samedi dernier, les membres de l’académie de Saintonge, guidés par leur directrice Marie Dominique Montel et l’écrivain Alain Quella Villéger, ont visité la maison Pierre Loti. Rencontre avec l’esprit de cet écrivain voyageur qui a laissé sur Rochefort une patine intemporelle...

L'Académie de Saintonge, fascinée par cette maison d'écrivain...


A Rochefort, la maison qu’habita Pierre Loti est un lieu étrange qui retient l’attention par la variété et l’originalité de ses aménagements. En effet, elle reflète la personnalité de l’écrivain dont la particularité était de rapporter des témoignages (objets, mobilier, détails architecturaux) de ses lointains voyages.
Officier de Marine, il n’avait aucune difficulté à ramener par bateau ces "trésors" pris dans des pays dont la culture n'avait rien de charentais !


Les salles de la vaste demeure se succèdent à un rythme dépaysant, loin de l’ennui qui serait source d’uniformité. Chaque partie est une porte ouverte sur l’évasion et le souvenir. Ainsi, le visiteur passe allégrement de la mosquée (avec minaret) à la salle à manger gothique, des tombeaux d’Aziyadé aux vestiges chinois, des momies égyptiennes aux immenses cheminées, découvrant ambiances feutrées et détails orignaux. On s’y croirait puisque les décors sont authentiques…


Au temps de sa splendeur, Pierre Loti - qui d’ailleurs sauva le château de la Roche Courbon en lançant un appel fameux dans la presse – y donnait de grandes réceptions sur des thèmes variés. Il n’avait que l’embarras du choix et ses amis, célèbres pour la plupart, prisaient fort ses soirées costumées. A l’époque, les civilisations orientales et asiatiques suscitaient la curiosité...

Ambiance étrange qui pourrait inspirer un cinéaste !


La maison de Pierre Loti, site incontournable de Rochefort avec le chantier de l’Hermione, ne laisse personne indifférent. Atmosphère bizarre, agencement insolite, humeur du jour et de la vie : Pierre Loti, qui possédait multiples facettes, a réussi son pari ! Après sa mort, ce palais des mille et une nuits lui survit et ses mânes avec elle. N’est-ce pas là le défi qu’il avait lancé aux générations futures ?

• La salle chinoise



Pierre Loti avait rapporté objets et mobilier à Rochefort grâce aux bateaux qui pouvaient accueillir toutes sortes de « marchandises » en leurs cales (800 kg d’objets pillés à Pékin dans les années 1900, sans états d’âme). La pratique était "courante". Dans une lettre, il raconte d’ailleurs l’épisode à sa femme.

De retour en Charente-Maritime, il avait aménagé dans le jardin d’hiver une salle où l’on pouvait voir le trône d’une impératrice - aïeule du dernier empereur, Puyi - et ses fameux chaussons. Par la suite, son fils Samuel a vendu à l’hôtel Drouot une partie de la collection, dont une célèbre pagode japonaise.

Aujourd’hui, la Maison Pierre Loti possède encore de nombreux éléments : vêtements en soie d’apparat, mobilier, statuettes de Confucius. Ils figurent dans l’exposition sur l’Asie du Sud Ouest qui est ouverte aux public lors de "visites passions". Elles coïncident généralement avec l’organisation de conférences.

A la question : « si les Chinois vous demandent de récupérer ces objets appartenant à leur civilisation, quelle sera votre réaction ? », Bernard Grasset, maire de Rochefort, est compréhensif. Si le cas venait à se poser, il privilégierait la voie de la diplomatie : « A Rochefort, ces objets sont en dépôt. Nous les protégeons et les mettons en valeur. Ils contribuent aussi à la connaissance. Je suis favorable à la concertation ».


• La maison Pierre Loti s’enfonce : Elle a été construite sur des marais asséchés. Conséquence, elle s’enfonce et l’on constate déjà des désordres qui entraîneront tôt ou tard des travaux importants avec, cerise sur le gâteau, la nécessité de vider les pièces et d’entreposer - dans un lieu sûr - mobilier et objets. La salle, dite de la mosquée, pèse un poids très lourd et repose sur la grande salle gothique d’apparat. Des travaux importants sont à réaliser…

La salle de la mosquée.
Le plafond, magnifique, viendrait d'une maison de Damas victime d'un incendie.


• Une vie sentimentale agitée : En 1885, à son arrivée à Nagasaki, Pierre Loti épouse par contrat d’un mois renouvelable, Kikou-San, une jeune Japonaise de 18 ans. Ce mariage ne dure que le temps du séjour et la jeune fille pourra par la suite se marier avec un Japonais. Cette pratique est alors courante au Japon. Le 21 octobre 1886, en France, il convole en justes noces avec Jeanne Amélie Blanche Franc de Ferrière qui appartient à une famille de notables bordelais. Bien qu’attiré par les personnes de son sexe, il a un fils légitime, Samuel, et des enfants nés hors mariage d’une jeune fille basque appelée Crucita. Pierre Loti les installe à Rochefort. On prétend qu’il voulait assurer une solide lignée…

Portrait de Pierre Loti. Son goût pour l'exotisme est à l'origine de grande fêtes costumées organisées à Rochefort

Pierre Loti (Julien Viaud) est né en janvier 1850 à Rochefort. Officier de marine, il a écrit de nombreux ouvrages dont Rarahu (1882), Le Roman d’un spahi (1881), Madame Chrysanthème (1887), Aziyadé et Fantôme d’Orient. Il est également l’auteur de Mon frère Yves (1883), Pêcheur d’Islande, la Galilée, l’Inde sans les Anglais et Ramuntcho (1897). Il est mort en juin 1923 à Hendaye. Il repose dans l’Ile d’Oléron.

Alain Quella Villeger commente la visite sous le regard des frères Loti...

La salle saintongeaise ne se visite pas. Restaurée, elle serait intéressante à découvrir.

Photos collection privée

lundi 5 avril 2010

Xynthia : Vent de panique
sur les impôts
de Charente-Maritime
Le projet de Dominique Bussereau contesté…


Après la tempête Xynthia, un nouveau "grain" s’annonce à l’horizon avec le vote d’un impôt supplémentaire de 6%, annoncé par Dominique Bussereau, que devraient payer les Charentais-Maritimes à l’automne 2010…

Par les temps qui courent, la solidarité obligée ne fait plus l’unanimité si l’on en croit les vives réactions qui ont suivi, jeudi dernier, l’annonce du président du Conseil Général Dominique Bussereau.
En effet, lors d’une conférence de presse qui n’a pas duré dix minutes, il a expliqué qu’il devait lever un impôt supplémentaire, de l’ordre de 6%, pour payer la facture des dégâts provoqués par Xynthia. Après une augmentation de la fiscalité de 5,5% votée en décembre dernier « afin d’équilibrer le budget 2010, tout en préservant l’investissement », la nouvelle, tombée comme un couperet, a fait déborder le vase. De nombreux Charentais Maritimes sont en colère et le disent fort.
Dominique Bussereau, qui vient de perdre les Régionales face à Ségolène Royal, traverserait-il une mauvaise passe ? En attendant la session qui aura lieu lundi prochain (et qui devrait être animée, la Gauche ne manquant pas de l’attaquer), nous vous proposons de lire des réactions publiées sur le site de Jacky Paillé.

Deux questions se posent aujourd’hui : Dominique Bussereau va-t-il faire endosser à son prédécesseur, Claude Belot, le mauvais état des digues (en certains endroits, des travaux s’imposaient depuis au moins dix ans ») et Claude Belot, s’il était toujours président du Conseil général de Charente Maritime, ferait-il appel à l’impôt en pareille circonstance ?
Les observateurs estiment que Dominique Bussereau, accaparé par ses multiples mandats, a laissé le champ libre à ses fonctionnaires qui lui ont conseillé de prendre cette option impopulaire… en pleine période de crise.
Si l’impôt est voté, il pourrait faire basculer à gauche de nombreux cantons que détient actuellement l’UMP. En effet, les prochaines cantonales auront lieu en mars 2011. Que feront les conseillers généraux UMP, dont le poste est en jeu, lundi 12 avril prochain ? Suivront-ils les consignes de leur président ou une partie montera-t-elle courageusement au créneau pour exprimer son opinion ? Affaire à suivre.

Dominique Bussereau parviendra-t-il à convaincre sa majorité du bien fondé de sa décision ? Par ailleurs, un autre sujet agite l’opinion : la démolition des habitations construites dans les « cuvettes de la mort ». Toute maison, inondée par un mètre d’eau, est concernée et pourrait être démolie. Certains propriétaires voient cette perspective d’un mauvais œil. Ils ne veulent pas s’en aller… pour être logés dans un nouveau lotissement.

Témoignages :


• Je ne suis pas contre une participation à la mise en sécurité des digues, mais de là à créer un impôt ! Il faut savoir que depuis la tempête de 1999, peu de choses ont été mises en place pour la prévention des tempêtes. Plusieurs exemples : Le PPRN (Plan de Prévention des Risques Naturels) pour la commune de Fouras n'est toujours pas validé par les différents services de l'Etat. Dix ans déjà ! Par ailleurs, la digue de la baie d'Yves était endommagée depuis plusieurs mois (voire un an), mais aucune réparation n’y a été faite !
Donc refaire ou créer des digues, des enrochements ou autres sont nécessaires à l'activité économique de notre région, mais les services de l'Etat doivent assumer leurs responsabilités pour ces travaux. Et si les assurances investissaient dans de la prévention ? Les factures seraient moins "salées"!...

• Infos pour les sinistrés : Nous avons pu faire suspendre (pour une période de 6 mois) les traites de notre prêt immobilier, étant sinistrés de la commune de Charron. Il existe des accords pour la tempête Xynthia. Cela pourra sans doute soulager certains victimes financièrement. Le temps de savoir, individuellement, comment nous serons indemnisés.

• Si je comprends bien, avec cette nouvelle taxe, nous allons payer l'irresponsabilité d’élus et de promoteurs peu scrupuleux ? Des « requins » se sont enrichis sur le dos de la population en vendant des terrains inondables. Il faut faire payer ces requins et non pas ceux qui ont subi cette tempête de plein fouet.
C'est la mode de tout faire à l'envers de nos jours ! Faut pas oublier (+ de 50 décès et des traumatismes sur des milliers de personnes), c'est à nous, les victimes, de recevoir des dédommagements de la part de l'Etat, et non à nous de dédommager…

• Concernant la solidarité, vous nous faites rire : qu’a fait l'Etat? (pour notre part, nous avons eu du renfort cinq jours après la bataille dans l’Ile de Ré). Nous, civils, nous avons subi dès les premières secondes cette tempête. Nous avons fait front pour évacuer les gens dans le calme alors qu'on risquait nos vies. On était présent pour nettoyer, soutenir les plus faibles, etc...

• Ce n'est pas aux particuliers de payer des « conneries » approuvées par leurs élus et j'invite toutes les victimes de cette incurie à se porter partie civile !

• La Maison du Département, construite en dépit de toute logique et contrevenant à la loi Littoral car construite dans la bande des 100 mètres du bord de mer (eh oui, les élus donnent l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire) a été endommagée par la tempête (quelle idée géniale de loger les archives et les voitures en sous-sol !). Certes, on a payé des gens qui réfléchissent pour pondre de tels projets. Alors, non seulement on est obligé de respirer une odeur pestilentielle, mais il va falloir payer toute cette gabegie ! Et il faudra repayer à la prochaine tempête car il semblerait que le rythme s'accélère ! Pourquoi voulez-vous que nous votions ? Nos gouvernants ne mesurent pas le degré exact d'exaspération des concitoyens qui ne sont pas encore lobotomisés par la ferme des célébrités. Tristes tropiques !

• Attendez, pas de panique , je sais où il y a de l'argent ! Dans un numéro de décembre du Point, j’ai lu que la caisse de retraite du Sénat disposait de plus d'un milliard et qu'elle ne savait pas quoi en faire. La preuve, elle boursicoterait ! Faut arrêter, ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Les assurances , elles remboursent quoi ?

• Je partage l'avis des autres commentaires, surtout le manque de solidarité des artistes qui savent pourtant venir sur l'île de Ré se prélasser.
Je rajouterai que la Région aurait pu faire un geste : 5 millions d'euros sont engagés pour sauver une entreprise privée, 400 000 euros ont été dépensés pour le pass contraception, combien va-t-on dépenser pour les Francofolies ?
Les installations touchées sont surtout que fréquentent les touristes. Il serait grand temps de taper là où il y a de l'argent : la poche du touriste via les gîtes, les hôtels , les plages, les restaurants et enfin les camping cars, en faisant payer pour ces derniers le stationnement, l'eau, le ramassage des déchets, l'électricité. Ainsi chacun aura fait un effort.

• Un impôt tempête de 6% + 5,5% d'augmentation dite normale = 11,50 % de plus pour la part du Département sur les taxes foncières et d'habitation. Merci, D. Bussereau qui se déplace, comme le Président de la République et moult ministres, en avion et hélicoptère.
M. Bussereau devrait savoir que, dans le logement social, les locataires se voient réclamer 600 € pour un T 4 construit en 1963. Une pression fiscale supplémentaire est inadmissible sur les locataires logés dans le social.

• Ne serait-il pas logique, par exemple, que ce soit les décideurs de la construction de la Maison de la Charente Maritime, en bord de mer, qui soient mis à contribution pour la remise en état, voire le déménagement sur un autre site, de ce bâtiment. Et ceci est aussi valable pour d'autres constructions privées ou publiques.
N'oublions pas que rapidement, nous allons voir les assureurs augmenter les tarifs des assurances.
M. Bussereau, soyez un peu sérieux, vous qui promettiez, il y a quelques jours, de ne pas augmenter les impôts de la Région au cas (peu probable) ou vous auriez eu la majorité en Poitou-Charentes…

• A quand la participation des Ministères ? Il suffirait qu'ils baissent leur train de vie de 10% et c'est facilement réalisable (moins de bouffe, de voyages, etc) et le premier d'entre eux devrait donner l'exemple. Je les mets tous dans le même panier car lorsque la Gauche était au pouvoir, son train de vie était le même. La France d'en bas commence à se lasser sérieusement, et particulièrement les revenus moyens, car ce sont souvent eux qui trinquent en premier.

vendredi 2 avril 2010

Cinéma avec Gérard Depardieu
et Isabelle Adjani :


Mammuth :
Serge Pilardos vous salue bien !


Depardieu, alais Serge Pilardos, sur sa Münch Mammut (photo René Martron)

Le héros de Mammuth s’appelle Serge Pilardos. Objectif : retrouver ses anciens employeurs pour prendre « une retraite méritée ». Remonté au "grog land", la nouvelle boisson énergétique, il s’élance sur sa Münch Mammut, une moto allemande mythique (à savoir démarrer en côte !) et déglace la galerie. Cette quête de bons points le conduit sur la route d‘un pèlerinage personnel où il croise femme chère et femmes en chair.
Vendredi matin à Royan, Benoit Delépine a présenté son nouveau film dont le personnage principal est Gérard Dépardieu, alias Serge Pilardos. « Un film d‘amour », comme l’a souligné le réalisateur, évoluant au cœur d’une société pas forcément tendre, mais souvent émouvante…


Benoit Delépine au palais des congrès de Royan

Quand on est citoyen de Groland, dont le point central est à Montembœuf en Charente, on porte forcément un regard critique sur l’environnement. Original aussi. La fourmilière, la France d’en bas, le pays du côté, le haut les mains. Benoît Delépine et Gustave Kervern n’ont pas besoin qu’on les pousse pour imaginer des aventures dont les personnages, un peu largués, inventeront une nouvelle écriture de vie. C’est ça, l’égalité des chances !
Parce que de nombreuses scènes de Mammuth ont été tournées dans la région et que le Surf, cinéma fameux de Saint-Palais, valait bien une première, Benoit Delépine est venu vendredi dernier à Royan présenter son film. Du Palais des Congrès et non pas du casino de Pontillac où il s’était initialement rendu, il avait une vue sur la mer. Les vagues lui rappelaient l’été dernier…

« Depardieu nous a testés »

Mammuth, c’est l’histoire d’un mec qui cherche ses anciens employeurs pour réunir un nombre suffisant de points retraite. A 60 ans, il a toujours été réglo. Or, dans sa jeunesse, il n’était pas forcément déclaré. Dans la série « qui veut acheter des trimestres », il part sur les routes du temps d‘avant, à la recherche de ses ex-patrons qui l’ont placé dans cette bouillasse administrative. Night-club, distillerie, affaires ignorant la législation : il n’a rien oublié, mémoire de mammouth, défenses d’éléphant !

Les rencontres ont une vertu : elles ouvrent la porte aux souvenirs. « Nous voulions faire un film de société. Finalement, c’est un film d’amour » remarque Benoît Delépine. En effet, les deux comédiens que sont Gérard Depardieu et Isabelle Adjani se sont naturellement imposés en forgeant un lien perceptible. S’écartant de la comédie initiale, le scénario met en évidence la complexité des rapports humains et quelques scènes, qui semblaient trop burlesques, ont été supprimées au montage.

Figure de proue, Gérard Depardieu peut endosser n’importe quel personnage et ce rôle lui va comme un gant. Côté look, il a fait dans le cheveu long en acceptant les extensions posées par la coiffeuse. « Il s’est défendu, mais en vraie Grolandaise, Cécile a accompli cette mission impossible ». Les tifs dépassant du casque, il ressemble à un biker ! Et quand il manie le caddy, il a tout du caterpilar(dos).

Comment ça s’est passé avec lui ? « Très bien ! C’est comme un premier jour de classe avec l’instituteur, la première impression est la bonne. Il a une forte personnalité et nous a testés. Nous étions une petite équipe. Avec lui, tu n’as pas intérêt à la moindre faiblesse. Il nous a offert des choses inouïes » admet le réalisateur. Conquis, « Gérard » a apporté sa patine à la mise en scène. Idem avec Isabelle Adjani qui a formulé de nombreuses suggestions. « Ses apparitions sont fantasmagoriques et nous avions peur qu’elle s‘ennuie. Au contraire, elle nous a donné des idées et elle a même tenu la caméra ! Je pense qu’elle ferait une super réalisatrice. Elle est sensible, sensée». Et si Benoît Delépine lui écrivait un scénario ?

Benoit Delépine et René Martron durant la conférence de presse

Le film a failli ne pas voir le jour…

Bref, face à des acteurs de cette trempe, l’adrénaline monte. Durant le tournage, un deuxième cadreur a pris des plans. D’où des passages où les comédiens, très naturels, n’avaient pas l’impression d’être mis en boîte ! « Généralement, nous aimons faire appel à des gens qui ne sont pas forcément des professionnels. Pour Mammuth, nous savions que le plateau serait à la hauteur ».
Au fur et à mesure, Serge Pilardos se découvre, évolue et va jusqu’à passer son bac. Lui, le charcutier marié à Catherine (Yolande Moreau), employée dans un supermarché. Certains moments sont émouvants quand il se baigne dans la Charente, tel un rituel de purification, ou porte des fleurs à son amour, morte dans un accident. D’autres, plus terre-à-terre, sont revigorants de franchise…
Et dire que Mammuth a failli ne pas voir le jour, gelé dans un permafrost financier ! En effet, début juillet, deux actionnaires, qui devaient contribuer à hauteur de 40% - le projet est de deux millions d’euros - se sont retirés. Benoît Delépine et Gustave Kervern avaient le moral en jachère quand Gérard Depardieu a relevé le défi. « On le fait » a-t-il dit.
Outre la participation de la région Poitou-Charentes, une nouvelle société de production a été trouvée, sans compter la Poste. Ce fut « la surprise du chef », rendant ce film « timbré » dans le bon sens du terme.

Le financement bouclé, le tournage a commencé en Charente-Maritime et Charente, « des endroits qu’on apprécie ». Et puis, c’est beau, Angoulême le soir à la veillée !!! Vous connaissez la suite. Que vous conseiller, sinon d’aller voir Mammuth qui sortira en salle le 21 avril prochain, en grolandant si le cœur vous en dit. Il précède un autre film que les Saintongeais attendent avec impatience, « La tête en friche » de Jean Becker, dont l’action se situe à Pons.

• L'info en plus

Elle est pas belle, l'affiche ! Les feuilles de paie se ramassent à la pelle...

Le regard de Gérard Martron :
Photographe dans la pub, Gérard Martron, ami des Grolandais, a suivi le tournage du film dont il a fait les photos. Nous lui devons celle de l’affiche où Gérard Depardieu chevauche la Münch Mammut. « C’est un milieu que j’ai découvert avec plaisir » déclare-t-il. Certains acteurs l’ont peu intimidé au départ. Isabelle Adjani lui a fait totalement confiance. Et pour cause, l’homme, qui a du talent, a su préserver la part de mystère de cette icône du cinéma. « Ce fut une belle expérience » avoue-t-il.
Exposition des photos de Mammuth à la Rotonde, à l’entrée de Royan, jusqu’à la fin avril.


• Les 150 exploitants qui ont visionné le film l’ont apprécié. Il sortira en salle le 21 avril prochain. On le verra en avant première le 10 avril (horaire à préciser) au Gallia de Saintes, en présence de Benoit Delépine et le 12 avril à 20 heures 30 à l’Utopia de Bordeaux. Il a été projeté récemment à Berlin.

• Benoit Delépine remercie Christian Bourroux, patron du Surf, le cinéma de Saint Palais. Grâce à lui, l’équipe pouvait visionner les rushes sur grand écran. Il salue les petits exploitants qui continuent à promouvoir la production cinématographique en gardant leur indépendance. « Pour Mammuth, c’est la première fois qu’on a utilisé le super 16 inversible » souligne le réalisateur.

• Kitsch ! Benoît Delépine qui possède une maison sur la côte n’a pas hésité à faire peindre les volets en rose pour les besoins du film. C’est sa femme qui doit être contente !

• La région se retrouve dans ce film : Royan, le New Rancho, l’entreprise Sodiporc, les vignes de Segonzac, Super U de Rouillac, etc

Messe chrismale à Saintes
La consécration du Saint Chrême


Lundi dernier, Monseigneur Housset se trouvait à Saintes où il a célébré la messe chrismale en présence des prêtres du diocèse.


De nombreux paroissiens réunis dans la cathédrale Saint Pierre


Cérémonie célébrée par Mgr Housset

L’église catholique évolue et une nouvelle collaboration entre prêtres, diacres et laïcs se met en place. Ces implications, il en a été question lundi dernier lors d’une réunion organisée à Saintes, dont l’intervenant était le père Laurent Maurin, du diocèse d’Angoulême.

A cette assemblée, succédait la messe chrismale suivie par de nombreux fidèles en la cathédrale Saint-Pierre. Chaque année, en effet, dans tous les diocèses du monde, prêtres et fidèles attendent le moment où le Saint Chrême est consacré. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques et tout au long de l’année pour les sacrements.


La cérémonie était célébrée par Monseigneur Housset. Dans son homélie, l’Evêque a prêché l’alliance et la fraternité, ciments d’une communauté forte. Plusieurs prêtres ont ensuite apporté leurs témoignages, fruits d’un long chemin et d’un engagement sincère. L’un deux, par exemple, a vécu une vie de couple avant d’entendre l’appel qu’il avait reçu : « A trente ans, je suis entré au Séminaire ». Une autre expérience, celle du père Robert du Lattay, fils de la Charité, missionnaire au Brésil et en Afrique, a été vivement applaudie.


L’instant le plus émouvant a été la consécration de l’huile contenue dans trois amphores déposées devant l’autel par les équipes pastorales. La première est destinée aux catéchumènes pour les affermir dans leur quête de Dieu ; la seconde est utilisée pour l’onction aux malades. Enfin, la dernière, sur laquelle l’Evêque apporte le souffle, est celle du Saint-Chrême. Elle est destinée à chaque baptisé « pour qu'il soit configuré au Christ » ainsi qu’à marquer les mains des futurs prêtres lors de leur ordination presbytérale.


La messe chrismale était célébrée par Mgr Housset. le chrême est composé d’huile d’olive et de baume, sorte de résine très odorante qu’on retire d’un arbre qui croît en Arabie et Judée.


Cette messe, dont il faut souligner la parfaite organisation, s’est déroulée dans une atmosphère d’unité et le talent de la chorale n’est plus à démontrer. Avant de se séparer, chaque prêtre a été invité à renouveler son engagement au service de la parole de Dieu.


• Petite remarque de Monseigneur Housset : Pourquoi certains fidèles changent-ils de file quand la communion est donnée par un prêtre de couleur ? A méditer…

• Des questions dont il faut parler

• Scandales de la pédophilie : L’Evêque aborde le sujet


Les paroissiens ont apprécié l’intervention franche et spontanée de Monseigneur Housset au sujet des scandales de pédophilie qui éclaboussent certains membres de l’Église de par le monde. En effet, de nombreuses personnes s’interrogent et cette prise de position sur des « faits abominables » avait le mérite de la clarté. Les Évêques de France ont d’ailleurs adressé une lettre au Pape, dont le contenu est publié ci-dessous.


• Conclusion de l’Assemblée plénière de mars 2010 par le Cardinal André Vingt-Trois :

« Cette année, notre Église catholique célèbre Pâques dans un climat de suspicion et de tristesse. Les cas de pédophilie révélés dans certains pays d’Europe sont une cause de scandale pour beaucoup de nos contemporains et plongent les catholiques dans la honte et le désarroi. La lettre du Pape aux catholiques irlandais exprime la compassion pour les victimes, reconnaît courageusement les erreurs et les fautes passées et appelle à des mesures strictes pour éviter que de pareilles abominations se reproduisent. Naguère, nous avions nous-mêmes engagé un long travail sur ce sujet qui a abouti en 2002 à la publication d’un ouvrage à destination des éducateurs : Lutter contre la pédophilie. Les mesures que nous avions alors préconisées demeurent pertinentes et nous appelons tous les éducateurs à les travailler et à les appliquer. Nous sommes confrontés à un problème qui concerne toute notre société, et pas seulement l’Église. Nous aurions été intéressés de voir d’autres institutions faire un travail équivalent au nôtre.
Devant la campagne de dénigrement et de calomnies qui s’organise pour salir la figure du Pape, nous avons voulu lui adresser un message de solidarité et de communion. Nous savons tous avec quelle vigueur il a agi, d’abord comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, puis comme Souverain Pontife, pour mettre à la disposition des évêques des moyens de gérer énergiquement et clairement les situations délictueuses.
Cette épreuve que nous traversons doit renouveler notre vigilance. Elle ne doit pas cependant occulter les autres réalités de notre vie ecclésiale. L’immense majorité des prêtres de nos diocèses vivent leur engagement dans la fidélité et la joie du service pour lequel ils donnent leur vie. Les milliers de catéchumènes qui vont recevoir les sacrements de l’initiation à Pâques manifestent que la foi continue de porter ses fruits ».

• Lettre des évêques de France au Pape Benoît XVI

« Réunis à Lourdes pour notre Assemblée plénière de printemps, nous vous adressons un cordial message de soutien dans la période difficile que traverse notre Église. Nous avons pris connaissance de votre lettre aux catholiques irlandais et nous comprenons qu’elle est aussi porteuse d’un appel aux autres pays. Nous avons confirmé les dispositions prises par notre Conférence, il y a maintenant dix ans et nous continuons d’exercer notre vigilance.
Nous éprouvons tous honte et regrets devant les actes abominables perpétrés par certains prêtres et religieux. Nous nous associons à vos paroles fortes destinées aux victimes de ces crimes. Ceux qui ont commis ces actes défigurent notre Église, blessent les communautés chrétiennes et étendent la suspicion sur tous les membres du clergé. Même si ces actes ne sont le fait que d’un très petit nombre de prêtres - et c’est déjà trop - ceux qui vivent avec joie et fidélité leur engagement au service de l’Église sont aussi atteints dans la communion du presbyterium.
Nous constatons aussi que ces faits inadmissibles sont utilisés dans une campagne pour s’attaquer à votre personne et à votre mission au service du corps ecclésial. Nous souffrons tous de ces procédés indignes et nous tenons à vous dire que nous portons avec vous la peine que provoquent les calomnies qui vous visent et nous vous renouvelons l’expression de notre communion et de notre soutien.
En cette année du Sacerdoce et au moment où nous allons entrer dans la Semaine Sainte et célébrer la messe chrismale, nous voulons renouveler notre confiance à nos prêtres. Nous les encourageons dans leur fidélité au don qu’ils ont reçu et à la mission que leur a confiée le Christ dans son Église.
Fidèles à l’engagement de notre consécration épiscopale, nous vous disons encore notre respectueux et fraternel attachement ainsi que notre prière constante pour vous et nous demandons pour nous, les prêtres, les diacres et les fidèles, votre bénédiction».