mercredi 4 mai 2022

Jonzac/Restauration du château : Un chantier unique dans la région et pourquoi pas un futur musée de la Guerre de Cent Ans dans le châtelet ?

Le châtelet entouré d'échafaudages (© Bertin/Perrier)
Un important assemblage réalisé par Europe Echafaudages
On ne peut pas les manquer ! Les échafaudages qui enveloppent le châtelet de Jonzac ne passent pas inaperçus. En effet, ils sont indispensables pour assurer sa restauration (ardoises) et le nettoyage des pierres. 

Vendredi dernier, Patrick Carré, maire adjoint, avait organisé une visite de cet édifice inconnu du plus grand nombre puisqu’il est rarement ouvert, parfois pour les journées du patrimoine. Les lieux expliquent cette situation : ils sont en l’état et le chemin de ronde (pour lequel une seconde issue sera créée) semble ne pas avoir évolué depuis que les sentinelles guettaient d’éventuels assaillants. Seule fréquentation, les pigeons adorent l’endroit et il a fallu repousser leurs ardeurs avec des grillages.

Dispositif défensif, ce chemin étroit et dont les petites ouvertures permettent de voir les mouvements extérieurs est un parfait exemple de la défense militaire telle que la concevaient les bâtisseurs du XVème siècle. 

Durant la période contemporaine, le rez-de-chaussée a longtemps été occupé par les concierges de la mairie. On découvre des murs très épais, des pièces peu spacieuses et de nombreux escaliers à gravir. L’ensemble a été modifié au cours des siècles. Quel était son agencement sous les Sainte-Maure ? On l'ignore. L’un des étages abrite le mécanisme de l’horloge et le dernier arbore une superbe charpente ainsi que le balancier de ladite horloge, laquelle était à remonter tous les jours. 

L’objectif de la municipalité est d’ouvrir le châtelet au public. On parle d’un musée de la Guerre de Cent ans et d’un éclairage sur les occupants du château dont Pierre Bouchard d’Esparbès de Lussan d’Aubeterre. Un tableau, peint par J.P. Lescrimier en 1727 et exposé à la mairie, est dédié à ses enfants à travers les cinq sens. Louis XIII, Louis XIV, Charles de Gaulle et d’autres personnages sont également venus au château de Jonzac. Sans doute seront-ils mentionnés (Charles de Gaulle l’est déjà à l’entrée). 

Vue sur la place du château
Le chemin de ronde en contrebas à partir du dernier étage
Le chemin de ronde, exemple d'architecture militaire

Trois ans de travaux 

A découvrir cette belle charpente

16 lots ont été définis, soumis à appels d’offres. Répartis sur trois ans, ils s'établissent en trois tranches : restauration, aménagements intérieurs et scénographie. Le coût global de la phase 1, suivie par Philippe Villeneuve, architecte des Monuments Historiques, est de 1 175 154,00 € HT dont subventions : Direction Régionale de l’Action Culturelle (40 %) 470 061,60 €, Région Nouvelle-Aquitaine (5 %) 60 000,00 €, Département de la Charente-Maritime (20 %) 235 030,80 €. La DRAC a adressé des consignes correspondant à la mission du suivi archéologique. 

Après la pose des échafaudages qui représentent des tonnes d’acier minutieusement assemblées, la toiture sera en premier lieu concernée. Le parapluie qui les recouvre permettra de travailler dans de bonnes conditions. 

Ce « chantier à ciel ouvert » (à l’exemple de l’Hermione) est à découvrir car il est unique dans la région. Après la tour et le clocheton, voici donc le châtelet s’apprêtant à retrouver une seconde jeunesse. On peut seulement regretter que la partie sous-préfecture (Etat) ne soit pas comprise dans le programme de travaux. L’harmonie totale de la façade aurait été ainsi réalisée.

Visite du châtelet en présence de Patrick Carré, maire adjoint chargé des travaux et du capitaine Nicolas Ruiz, responsable des sapeurs-pompiers de Jonzac

• Propriété des Sainte-Maure, des Bouchard d’Esparbès de Lussan d’Aubeterre, le château est cédé au marquis de Maleyssie, maire de Jonzac au début du XIXe siècle. La famille Gautret en fait l'acquisition par la suite. En 1841, la partie du château allant du châtelet à la tour ouest est vendue à la ville de Jonzac. L’édifice est classé en 1843 au titre des Monuments historiques. Aujourd’hui, le château est occupé par la sous-préfecture, l’hôtel de ville, les services administratifs et un privé, Philippe Gautret.

• Lauréate de l'un des 10 prix "engagés pour le patrimoine" attribués par le ministère de la Cohésion des territoires et la Fondation du Patrimoine, Jonzac a reçu 100 000 euros dans le cadre des travaux du châtelet. 800 000 euros supplémentaires seront alloués pour l’aménagement et la création d’un musée. 

Jugez de l'épaisseur des murs (à proximité, cheminée ancienne remaniée)
En 2023, Jonzac retrouvera la façade de son châtelet restaurée ! Les travaux sont suivis par le cabinet de Philippe Villeneuve, architecte en chef  des Monuments Historiques (qui supervise les travaux de Notre-Dame à Paris)

Reportage/Photos Nicole Bertin 

Patrimoine : l'histoire des deux châteaux de Jonzac

Le château de Jonzac, qui trône fièrement sur son roc et dont le châtelet est en cours de restauration, n'est pas le premier édifié dans la ville. L'historien Marc Seguin a fait avancer la connaissance sur le sujet. A proximité de l'actuel "chemin de ronde", un château-fort, appartenant à Arnaud de Sainte Maure, s’élevait non loin de la Seugne. Il a été ruiné par la Guerre de Cent Ans. 


C’est aux Archives que Marc Seguin, spécialiste des XVe et XVIe siècles, a fait une découverte qui a bouleversé les historiques habituels de la ville de Jonzac. En effet, dans tout livre qui se respecte, à commencer par Rainguet, on peut y lire que le château actuel est planté sur son rocher depuis des temps immémoriaux. En fait, il avait un prédécesseur situé en contrebas ! Une faible distance sépare les deux emplacements.

Vers ce que l’on appelle "le chemin de ronde", une étude des lieux conforte cette hypothèse. Dans un acte établi entre les frères Pineau en février 1559, une mention a suscité l’intérêt de l'historien Marc Seguin. Une maison, sise dans le bourg de Jonzac, près de la halle (là où se trouvent les tilleuls d’Italie), aurait été proche du « vieux château de Jonzac », autrement dit d’un édifice médiéval qui devait être en piteux état.

Qu’un ancien château ait existé à cet endroit semble une évidence ! Il subsiste des témoignages dans la pierre (base de tour, meurtrières, archères dans les galeries noires) et que dire des corbeaux qui soutenaient le chemin de ronde situé face à la Seugne. Rivière d’où pouvaient surgir des assaillants. A cette époque, les maisons compactes devaient constituer une sorte de muraille. Quant au « promontoire » où se trouve le château actuel, peut-être y avait-on installé une tour de guet pour observer la plaine ? 

L’acte des frères Pineau, dont l’un est « un notaire royal dans le bourg de Jonzac » et l’autre « bourgeois et marchand de Bordeaux » est révélateur. Jean cède à Guillaume une habitation sise dans le bourg, « confrontant d’un côté la maison de Sébastien Grollon, marchand, de l’autre la maison de Françoise de la Couture, veuve de feu Jehan Le Blanc, et d’un bout à la grande halle, le chemin d’entre deux, et de l’autre bout aux douves du vieux château de Jonzac ». Une partie du castel se trouvait probablement vers la maison de la famille Dufour, dont l'habitation possède les bases d’un tour, des caves et des souterrains.

Sur les façades des maisons environnantes, on remarque la présence de corbeaux qui devaient soutenir l’ancien chemin de ronde. Situé au sol, l’actuel chemin de ronde n’aurait pas eu un rôle défensif. Dans tout ce périmètre, les caves laissent apparaître de nombreux témoignages du passé, ouvertures, portes cloutées, silos. « Au XVIe siècle, si l’on éprouve le besoin d’évoquer le vieux château, c’est par opposition à un nouveau, celui que nous avons sous les yeux » souligne Marc Seguin. « La maison dont il est question, comme ses voisines, était vraisemblablement construites sur les fondations et les caves de vieux château. Il devait occuper l’espace aujourd’hui couvert par les immeubles du n° 26 au n° 37 ». 

On peut en conclure que dans la seconde moitié du XVIe, les habitants apercevaient encore les vestiges d’une forteresse qui devait leur servir de... carrière et dont ils utilisaient les pierres pour leurs constructions.

L'actuel chemin de ronde constitue une visite très pittoresque dans le vieux Jonzac (à voir le jardin médiéval à proximité)
Arnaud de Sainte-Maure, dix ans captif des Anglais

Dans quel état se trouvait Jonzac un siècle plus tôt ? Dans « ses études historiques sur l’arrondissement de Jonzac » parues en 1864, Pierre Damien Rainguet prétend qu’au XVème, Jonzac était « un poste militaire rendu fameux par la nature et par l’art ». Marc Seguin ne partage pas cette analyse : « au contraire, démoli et ruiné, le village ne présentait aucun intérêt stratégique ». D’ailleurs, le lieu aurait été à peu près désert à la fin de la Guerre de Cent Ans…

Pour arriver à cette conclusion, il se base sur des documents. Dans la première moitié du XVe siècle, l’ancien château dont il est question appartient à Arnaud de Sainte Maure, seigneur de Jonzac, Montauzier et Chaux. Courageux, il combat l’Anglais qu’il faut bouter hors de France.

Mal lui en prend : les soldats du roi d'Angleterre - duc de Guyenne - le capturent et lui confisquent ses biens. Fait deux fois prisonnier, il passe plus de dix ans en captivité.

Enfin libre, il préfère se réfugier derrière les solides murailles de la ville de Pons. Dans ces conditions, privé de propriétaire, le château-fort de Jonzac est abandonné. Interrogés en 1460, lors d’un procès qui oppose le puissant seigneur d’Archiac à celui de Jonzac, des paysans reconnaissent, comme le laboureur Penot Seguin de Neulles ou Marion Delagarde de Réaux, que la châtellenie de Jonzac est déserte et inhabitée. « Si l’on récapitule, le château-fort a donc été détruit une première fois, réparé, repris et occupé par une garnison anglaise, puis démoli par ces derniers » explique M. Seguin.

Autre épreuve pour Arnaud de Sainte Maure, le seigneur d’Archiac a profité de son absence pour s’approprier ses terres, à Neulles notamment. Les habitants, qui n’apprécient guère, demandent l’intervention de leur protecteur. Malheureusement, il est mal placé pour leur porter secours…

Plus on descend vers le Sud Saintonge, plus les paroisses sont vides. Ainsi, à Mérignac, « il n’y a aucun labourage, seulement des bois et des buissons ». En remontant vers le Nord, par contre, l’activité est plus dense. Toutefois, il ne faut pas être défaitiste. « Une ou deux générations ont su s’adapter, les laboureurs disposent de nombreuses terres à cultiver, moyennant redevance » déclare l'historien. Avec le temps, l’élevage se porte bien, cochons, vaches dans les landes. La vie reprend. Les hommes, arbalète à la main, passent leur temps à chasser. Le seigneur fait alors valoir son droit de quartier, c’est-à-dire qu’on lui remet un quartier arrière du cerf qui a été abattu.

Le château que nous connaissons, qui abrite mairie et sous-préfecture, a été construit vers 1470 par Renaud de Sainte-Maure, fils d’Arnaud. « Le nouveau château de Jonzac est le résultat d’une véritable résurrection » estime Marc Seguin. En effet, après la guerre interminable qui opposa les Français aux Anglais (1337-1453), les territoires reprennent de la vigueur. A Jonzac, les Sainte Maure et leurs officiers réussissent un exploit, celui d’attirer du sang neuf entre leurs murs. Au XVIe siècle en effet, Jonzac est devenu « un bourg populeux ». 

CARA/Région Royan : Ouverture de la billetterie pour les premiers concerts des Jeudis Musicaux

La 34ème édition des Jeudis Musicaux aura lieu du 2 juin au 15 septembre avec 33 concerts organisés par la Communauté d'agglomération Royan Atlantique dans les communes du territoire

Avec en moyenne deux rendez-vous par semaine pendant quatre mois, les Jeudis Musicaux permettent de faire découvrir et de mettre en valeur le patrimoine local, magnifié par plusieurs grands noms de la musique classique et du jazz. 

Renaud et Gautier Capuçon, deux des artistes les plus connus dans le domaine de la musique classique, font partie de la programmation de cette nouvelle saison musicale, avec le célèbre contre-ténor Philippe Jaroussky, le violoncelliste Gary Hoffman, le pianiste Franck Braley, le ténor vénézuélien Emiliano Gonzales-Toro ou encore l'éblouissante étoile montante de la flûte à bec, la néerlandaise Lucie Horsch. Quatre cartes blanches seront laissées à la violoncelliste Astrig Siranossian, à la pianiste Claire désert, au violoncelliste Gilles Apap et au Trio Goldberg, qui offriront chacun deux concerts au public avec des invités de leur choix. En août, place au jazz, avec le pianiste grec Dimitris Saroglou, le trio Loco Cello ou encore la violoniste Fiona Monbet (disciple de Didier Lockwood) et Pierre Cussac à l'accordéon. 

Au total, près de 120 jeunes talents et musiciens de renommée nationale ou internationale sont attendus au fil de ces concerts donnés tout au long de l'été, dans les églises et les temples des communes. 

Après deux années délicates, cette 34e édition verra également le retour des moments conviviaux partagés avec les artistes à l'issue de chaque concert, marque de fabrique de ces Jeudis Musicaux, grâce à l'implication du tissu associatif local.

Pour assurer les meilleurs conditions d’accueil, les billets seront mis en vente, jusqu’à 24 heures avant le concert, dans l’un des 17 bureaux d’informations touristiques de l’Office de Tourisme Communautaire Royan Atlantique, et sur le site internet de l'OTC : www.royanatlantique.fr. Le tarif unique reste inchangé : 16 euros, et toujours gratuit pour les moins de 16 ans.

De nouvelles modalités de vente de billets sont mis en oeuvre cette année, afin de permettre aux habitants de chaque commune de pouvoir assister aux concerts, parfois complets bien avant leur date prévue.

L'ouverture de la billetterie sera ainsi échelonnée dans le temps et aura lieu uniquement pour les concerts du mois suivant :

- à partir du jeudi 5 mai pour l'achat des places des huit concerts du mois de juin ;

- à partir du vendredi 3 juin pour les neuf concerts du mois de juillet ;

- à partir du jeudi 7 juillet pour les douze concerts du mois d'août

- à partir du jeudi 4 août pour les quatre concerts du mois de septembre. 

Programme complet à partir de ce lien : https://www.agglo-royan.fr/agenda#jeudis 



mardi 3 mai 2022

Attribution de 13 emplacements pour l'exploitation de pontons de pêche au carrelet existants et à reconstruire



Nicolas Basselier, préfet de la Charente-Maritime, annonce l'attribution prochaine de 13 emplacements en vue de l'exploitation de pontons de pêche au carrelet, répartis sur les communes de Fouras, Esnandes, Yves, Port des Barques, Saint-Laurent-de-la-Prée, Saint-Nazaire-sur-Charente et Saint Georges d'Oléron.

Les fiches descriptives des emplacements et la procédure relative aux modalités de candidature seront affichées pendant un mois jusqu'au lundi 30 mai 2022 inclus dans les mairies concernées.

Elles sont téléchargeables sur le site internet des services de l'État en Charente-Maritime :

http://www.charente-maritime.gouv.fr/Politiques-publiques/Mer-littoral-et-securite-maritime/Peche-de-loisir/Peche-aux-carrelets/Peche-aux-carrelets-Avis-de-vacance-d-emplacements-de-ponton-de-peche-et-modalites-d-attribution

Saint Georges de Didonne : animations en mai, concerts du samedi, fête des voisins, théâtre, conférence, exposition

A noter sur vos tablettes :


• Au Relais de la Côte de Beauté