mardi 7 décembre 2010

Quand Royan donne des envies !


Vendredi soir, au Palais des Congrès, l’Office de Tourisme et la Ville ont présenté le bilan de la saison touristique et dressé les grandes lignes de l’action 2011. Elle gravite autour des nouveaux vecteurs de communication.

Donner une image dynamique et renouvelée de la ville de Royan est l’objectif que poursuivent les municipalités depuis de nombreuses années. « La vie, c’est comme la mer, elle ne porte que ceux qui bougent » aime à rappeler Didier Quentin. À lui seul, le pays royannais représente 40 % de la fréquentation touristique du département des mouettes.

La nouvelle campagne de promotion, dont le slogan est "envies de Royan", comprend un large éventail de manifestations, dont les 400 ans du phare de Cordouan. Bien que rattaché à la Gironde, cette construction mythique est considérée comme la sentinelle de l’estuaire.
Devant un large public réuni au Palais des Congrès, le député maire insiste sur un point : « Tordons le cou à une rumeur malveillante qui annonce la fin du site en scène “un violon sur le sable“. Au contraire, cette manifestation, qui remporte un énorme succès, continuera et une soirée supplémentaire sera ajoutée ».

Réunion en présence du député maire Didier Quentin, M. Filoche, Laurent Giraud, etc

Royan, qui vient d’obtenir le label “ville d’art et d’histoire“, a le vent en poupe : « nous sommes la troisième ville de la reconstruction à l’obtenir après Le Havre et Lorient ». En 2012, devrait suivre le classement de l’aire marine protégée, perspective qui a permis d’écarter l’installation d’un port méthanier au Verdon. « Nous devons être les acteurs de notre tourisme » estime Didier Quentin. Il veut chasser l’image vieillotte qu’on attribue parfois à la station balnéaire. Il est vrai que 60 % de la population y a plus de 60 ans et même plus. On compte 22 centenaires, 18 femmes et deux hommes. « Aux côtés de nos aînés, il faut qu’il y ait de la vie, des enfants, des petits-enfants ». C’est pourquoi un couvre-feu qui aurait lieu à 22 h en période de vacances et de festivités serait inopportun : « nous avons de nombreux défis à relever ! ».

Surfez sur la vague


La balle est dans le camp de Laurent Giraud, directeur de l’Office de Tourisme et son équipe, chargée des publications. Malgré les dégâts occasionnés par Xynthia et les retombées négatives que cette tempête aurait pu avoir sur les esprits, « la saison touristique a été à la hauteur du cru 2009 ». Les mois d’avril et mai ont connu une bonne fréquentation ainsi que juillet (à partir de la deuxième quinzaine), août, septembre et octobre. Le soleil a été de la partie avec une fin d’été très agréable. « Globalement, la fréquentation a été correcte avec des périodes plus difficiles en juin et début juillet » souligne le responsable.


Les coutumes et usages des estivants ont changé ou plutôt évolué : les familles privilégient « les weekends en tribu » avec des réservations à la dernière minute ; les demandes de séjours, tout compris, sont recherchées avec une attention particulière au rapport qualité/prix. Enfin, on ne prépare plus son « expédition ou son séjour » à partir d’une brochure ou dans une agence, mais en visitant les différents sites que propose internet, en comparant, en échangeant des conseils (Web2.0) et en regardant rubriques et services sur son smartphone. Sans oublier Facebook où l’on peut faire état de ses vacances et ses humeurs en direct ! Bref, tout un attirail d’informations qui crée une concurrence de plus en plus vive. En effet, les clients choisissent les prestations qui semblent être les plus sympathiques et accessibles financièrement.


Pour être attrayant, l’essentiel est de proposer un site clair et bien agencé. C’est l’objectif que s’est fixé l’Office de Tourisme. Une estimation des forces et des faiblesses royannaises a été demandée à un cabinet spécialisé, Montgomery Ouest.
Royan, c’est bien sûr la plage, les joies de la baignade et du nautisme. N’étant pas une station de jet-setters (elle l’a été au moment des Années Folles avec la présence de célébrités), elle a le charme de son patrimoine et de ses paysages. Ses nombreuses résidences secondaires (7 000) en font un lieu prisé de villégiature. Parmi les domaines qu’elle pourrait améliorer, figurent une bonne desserte routière et ferroviaire (à terminer), la dynamisation du tissu industriel, une restauration qui veille à la qualité (certains établissements ne seraient pas au top, neuf hôtels sont en vente) et une valorisation de l’environnement car Royan est ouverte sur la mer ! « Nous allons tout faire pour renforcer les vacances de proximité » assurent élus et professionnels. Ils comptent sur les retombées du web et la mise en réseau des informations. Toutes ces “googleries“ peuvent faire sourire les inconditionnels du passé, mais elles correspondent à une réalité, d’autant que la création d’une télé Royan sur le net est à l’étude…

Tous et toutes apportent leur pierre à l'édifice du tourisme !

L’Office de Tourisme reçoit 150.000 visiteurs par an. Des aménagements y ont été apportés (bornes signalétiques). Pour attirer la clientèle sur la côte atlantique, des brochures seront remises aux péages de Saint-Arnoult (Yvelines) ainsi que dans les TGV (régions de Lille, Amiens), avec affichage dans les gares. Des pubs sur les sachets de pain sont à l’étude.

750.000 estivants : Le nombre d’estivants accueillis sur Royan est de 750 000 par an. Le tourisme dégage un chiffre d‘affaires de 172 millions d’euros.

• Ça balance pas mal à Royan !

Eh oui, en dehors de la plage, des bateaux et des promenades en bord de mer, la vie locale est pleine de surprises avec des visites guidées hebdomadaires de la ville, tous les jours sauf le samedi (soit 8 circuits différents commentés par Frédéric Chassebœuf) et des nocturnes. Le secteur du Parc, avec ses villas typiques épargnées par les bombardements, attire de nombreux visiteurs ainsi que la criée.
S’y ajoutent des manifestations variées allant des animations culturelles (dont des séances de cinéma en plein air) aux sports (boxe), en passant par les plaisirs de la navigation, environnementaux (Jardins du monde), une patinoire installée l’hiver devant la mer, un futur skate parc, un marché de Noël, etc.

• A partir du 15 décembre à 15 H 15 : Mise en ligne de Royan Tour

L’Office de Tourisme de Royan vous accompagne dans tous vos déplacements avec Royan Tour, application qui diffuse gratuitement et en temps réel toutes les informations de la station. Découvrez les lieux de visites et activités à proximité du site où vous vous trouvez.
Restez informé sur toutes les manifestations pendant la durée de votre séjour. Vous cherchez un restaurant gastronomique, un plateau de fruits de mer, des plats à emporter, laissez-vous guider.
Hôtels, campings, chambres d’hôtes, locations de vacances. Programmez votre séjour ou vos escapades week-ends.
D’un seul clic, appelez l’établissement, envoyez-lui un mail ou un texto, ou demandez à Google maps de vous y accompagner ! Partagez votre avis en quelques clics. Il sera publié immédiatement et accessible pour tous les autres utilisateurs de l’application.
Téléchargez gratuitement l’application sur votre Iphone ou connectez-vous sur www.royan.mobi pour les autres smartphones !


• Une grande roue à Royan : Nouvelle annoncée par André Mongrand, président de Royan shopping, une grande roue, haute de 38 mètres, pourrait être installée dans la ville. Reste à trouver le bon emplacement.

• Des kakemonos, grandes bandes de papier (2,50 m sur 70) à dérouler, seront disposés dans la ville pour annoncer les principales manifestations.

Montendre : Si vous appreniez
les gestes qui sauvent ?


Organisée par la Caisse locale de Crédit Agricole et l’Union départementale des sapeurs-pompiers, une formation aux premiers gestes qui sauvent a été organisée récemment. Les sessions ont lieu à la caserne de Montendre.

Il y a quelques semaines, la Caisse locale du Crédit Agricole de Montendre et les Sapeurs-Pompiers ont organisé plusieurs réunions dans le canton, à Pommiers-Moulons, Rouffignac, Vanzac, Chardes et Chartuzac. L’objectif était de sensibiliser la population à ce que les secouristes appellent "les gestes qui sauvent".
Les problèmes domestiques sont malheureusement courants, sans compter les malaises et autres difficultés de santé qui surviennent au moment où l’on s’y attend le moins.
En attendant les secours, que faire si l’on est témoin d’un accident ? Rester les bras ballants, sûrement pas ! C’est pourquoi, en partant du principe que nous sommes tous responsables et solidaires, le Crédit Agricole et les Sapeurs-Pompiers ont mis en place des sessions de formation à la caserne de Montendre. L’appel a été entendu puisque 127 personnes se sont inscrites.

Les cours du Sergent Freuchet

Massage cardiaque sur un mannequin

La première promotion, à laquelle participaient Luc Depré, directeur du Crédit Agricole de Montendre et ses collègues, a suivi les cours prodigués par le Sergent Freuchet. Divers thèmes ont été abordés : que faire en cas d’accident de la route, d’étouffement, de perte de conscience, d’un arrêt cardiaque, qu’est-ce qu’un défibrillateur, comment l’utiliser, comment arrêter une plaie qui saigne abondamment, soigner une brûlure ? En y regardant de plus près, nous avons tous été confrontés à une situation délicate. Le groupe a écouté avec attention les recommandations du Sergent Freuchet qui s’est avéré être un excellent pédagogue. À la théorie, se sont ajoutées les épreuves pratiques.
D’autres groupes vont suivre. Certains seront encadrés par le Lieutenant Tessonneau. À la fin du printemps prochain, les cours seront terminés.

Le premier groupe

Les premiers diplômes devraient être remis lors de l’assemblée générale du C.A. qui se déroulera dans la salle municipale de Montendre le 18 février, en présence du conseil d‘administration que préside Serge Piéfort. Une autre manifestation réunira l’ensemble des participants.
Les frais d‘inscription sont financés pour moitié par le Crédit Agricole qui soutient « cette action citoyenne, utile pour chacun d’entre nous ».
Exercice pratique : cette jeune femme vient de se faire une belle entaille...

Remise des prix de la Vocation scientifique et technique :
18 lycéennes du Poitou-Charentes distinguées


Le 4 décembre dernier à Poitiers, Bernard Tomasini, préfet de la Région Poitou-Charentes, a eu le plaisir de distinguer 18 lycéennes. Elles ont le prix de la Vocation scientifique et technique, doté de 1000 euros.

Ces prix, décernés par un jury régional, ont vu le jour dans les années 90. Leur but ? Soutenir un projet de carrière scientifique et technique élaboré par une lycéenne. « L’objectif principal est d’inciter les jeunes filles à élargir leurs choix professionnels vers des secteurs où elles sont en général peu nombreuses et où les perspectives d’avenir sont ouvertes. Il est l’un des outils de l’Etat pour favoriser l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Il est financé par le Service des Droits des Femmes et de l’Égalité. Il est organisé par la Délégation Régionale aux droits des femmes et à l’égalité et le Service Académique d’Information et d’Orientation en lien avec la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt » soulignent les responsables.

• Les lauréates 2010

Nom : AUBERT Charlène
Provenance : Lycée professionnel Louis Delage à Cognac (Bac Pro)
Inscrite en : BTS mécanique et automatisme industrielsau lycée professionnel Louis Delage à Cognac

Nom : BARTHES Marie-Juliette
Provenance : Lycée Emile Roux à Confolens (Bac S)
Inscrite en : CPGE MPSI au lycée Gay Lussac à Limoges

Nom : BRUZAC Enora
Provenance : Lycée Victor Hugo à Poitiers (Bac S)
Inscrite en : DUT génie thermique et énergie à l’IUT de Poitiers

Nom : DUFOUR-BARILLOT Mathilde
Provenance : Lycée Ernest Pérochon à Parthenay (Bac S-SI)
Inscrite en : CPGE MPSI au lycée Louis Le Grand à Paris

Nom : GLOTAIN Morgane
Provenance : Lycée Camile Guérin à Poitiers (Bac S)
Inscrite en : CPGE MPSI au lycée Camille Guérin à Poitiers

Nom : LAURENT Blandine
Provenance : Lycée Guez de Balzac à Angoulême (Bac S)
Inscrite en : CPGE MPSI au lycée Camille Guérin à Poitiers

Nom : MOTHEAU Ophelly
Provenance Lycée Pilote Innovant et International à Jaunay-Clan (Bac STI)
Inscrite en : DUT mesures physiques à l’IUT de Châtellerault

Nom : MORTAUD Léa
Provenance : Lycée Maurice Genevoix à Bressuire (Bac S)
Inscrite en : DUT génie civil à l’IUT de La Rochelle (17)

Nom : NORMAND Edwige
Provenance : Lycée Marcel Dassault à Rochefort (Bac Pro)
Inscrite en : BTS étude et réalisation d’outillage de mise en forme des
Matériaux au lycée Marcel Dassault de Rochefort

Nom : PEREZ Silvia
Provenance : Lycée Franco-Mexicain à Mexico (Bac STI)
Inscrite à : CPGE TSI au lycée Saint Crig à Pau

Nom : PRUD’HOMME Luna
Provenance : Lycée de la Mer et du Littoral à Bourcefranc (Bac S )
Inscrite en : CPGE MPSI au lycée Montaigne à Bordeaux

Nom : RENARD Juliette
Provenance : Lycée Charles Augustin Coulomb à Angoulême (Bac S-SI)
Inscrite en : CPGE PCSI au lycée Gustave Eiffel à Bordeaux

Nom ROUDOT Céline
Provenance : Lycée Jean Macé à Niort (Bac S)
Inscrite en : Diplôme d’ingénieur à l’ENIT de Tarbes

Nom : ROUSSEL Pauline
Provenance : Lycée Guez de Balzac à Angoulême (Bac S)
Inscrite en : CPGE PCSI au lycée Montaigne à Bordeaux

Nom : SAVARY Cloé
Provenance : Lycée Louis Audouin Dubreuil à St Jean d’Angély (Bac S)
Inscrite en : CPGE PCSI au lycée Montaigne à Bordeaux

Nom : TERRADE Marion
Provenance : Lycée de l’Oisellerie à La Couronne (Bac STAV)
Inscrite en : BTSA analyse et conduite des systèmes d’exploitation
au lycée de l’Oisellerie à La Couronne

Nom : THEZARD Louise
Provenance : Lycée général et technologique Joseph Desfontaines à Melle (Bac S)
Inscrite en : Classe Prépa intégrée sciences techniques et humanités
à l’INSA de Strasbourg

Nom : TRIBOT Amélie
Provenance : Lycée Berthelot à Châtellerault (Bac S)
Inscrite en : CPGE PCSI au lycée Descartes à Tours

• Comment participer ?
- Être élève de classe terminale de lycée d’enseignement général, technologique, professionnel, ou agricole, du secteur public ou privé sous contrat.
- S’orienter vers des formations supérieures scientifiques et technologiques où les filles sont minoritaires (moins de 40 % des effectifs).
- Remplir un dossier justifiant d’un niveau scolaire suffisant, mentionnant le projet professionnel et la qualification souhaitée.
- Chiffres 2010 : 119 dossiers reçus dont 78 présentés en pré-jury ; 18 lauréates pour la promotion 2010 (6 de Charente, 3 de Charente-Maritime, 4 des Deux-Sèvres, 4 de la Vienne et 1 lauréate du Mexique).

• Les Picto-Charentaises au Baccalauréat :
Plus de 30 % de filles se présentent en Poitou-Charentes à un bac des secteurs scientifiques ou industriels. Seulement 5 % en bac professionnel de production et 11 % en bac STI.

• Quelle vocation scientifique ?
Globalement, sur les 9 sessions observées (de 2001 à 2009) en Poitou-Charentes, la tendance est à une légère augmentation de la représentation féminine parmi les élèves présents aux épreuves du baccalauréat des secteurs scientifiques et industriels.
Cette présence est la plus forte en bac S avec un peu plus de 46 % des présents depuis 5 années, puis en bac STI où pour cette session 2009 la part atteint 11 %.
On note en revanche une faible présence des effectifs féminins dans les bacs professionnels production (hors domaine agriculture-pêche-forêt et matériaux souples) qui varient de 3,3 à 5,3% selon les années.

• Réussite aux examens :
Les filles réussissent globalement mieux aux examens que les garçons. Cette réussite varie toutefois en fonction du baccalauréat préparé : si elles réussissent effectivement mieux et de façon constante dans les bacs S et STI, leurs résultats aux baccalauréats professionnels production sont plus fluctuants.

Théâtre : Un rhinocéros
peut cacher un loup !


Au théâtre du château de Jonzac, Jean-Marie Sirgue a présenté le rhinocéros d’Eugène Ionesco, pièce qu’il a adaptée et mise en scène. Un succès.

Mardi dernier, le public avait rendez-vous avec “Le Rhinocéros“. Nombreux s’interrogeaient et dodelinaient de la tête : « cette pièce, qui fut le premier succès théâtral de Ionesco, écrivain d’origine roumaine, n’a-t-elle pas pris un sérieux coup de corne ? » disaient-ils. En effet, les “pachydermes“ en question, qui envahissent l’univers du héros Béranger, ne sont autres que ceux qui ont embrassé l’idéologie nazie après 1933. Bruit de bottes, pensée unique, intimidation…

Jean-Marie Sirgue, directeur du Théâtre de la Fronde


En englobant toutes les formes de dictatures, Ionesco ne s’est pas cantonné à une seule menace : « Prenez garde à ceux qui ne font que propager les “rhinocérites“ et soutenir les hystéries collectives dont les peuples entiers deviennent périodiquement la proie ». Hitler, Staline, Mao. Le contrôle des masses, qui évoluent sur la scène idéale du théâtre de l’absurde, relève d’un système rôdé et connu. D’ailleurs, pour assurer sa survie et s’imposer, la classe dirigeante se pare elle-même d’une épaisse cuirasse !


Par une adaptation subtile et nuancée, Jean-Marie Sirgue, directeur du Théâtre de la Fronde, offre une version moderne de la pièce. Il l’a jouée pour la première fois lors d’un festival au Portugal. C’était dans les années quatre-vingt-dix, une période où la belle langue de France était largement comprise. D’autres pays ont suivi. Les spectateurs ont été conquis par son jeu et sa façon d’occuper l’espace.

Ne pas se laisser embrigader…

Béranger, le personnage principal ne se laisse pas envahir par le phénomène dévastateur de la propagande. Semblable à une maladie, elle se répand dans la sève de l’âme et la souille d‘égoïsme, d’hypocrisie et de violence. Pire, elle croît, se multiplie et voilà des centaines et des centaines de rhinocéros dans la ville. Ou d’autres bêtes.
Quand lui-même veut baisser les armes et ressembler à ses semblables métamorphosés, il ne le peut. « Hélas, je suis un monstre, hélas je ne deviendrai jamais un rhinocéros… Contre tout le monde, je me défendrai. Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitulerai pas ». Malédiction ou différence ?
Jean-Marie Sirgue incarne un Béranger à la fois narrateur d’une étrange histoire et observateur d’une savane humaine où les rhinocéros, qui ont remplacé les loups, écrasent des chats.

L’assistance a salué ce comédien qui “mouille sa chemise“ comme on dit ou plutôt son gilet de corps. Un corps qu’il soumet à l’épreuve des émotions et des interrogations multiples, au milieu d’un décor d’une pudique discrétion. Belle prestation en vérité !

Débat avec la salle

• L’histoire se déroule dans une petite ville où apparaît un rhinocéros venu de nulle part. Il écrase un chat et la population s’émeut de la situation. Bientôt, d’autres rhinocéros viennent grossir les rangs, dont le mari de Mme Bœuf qui ne peut plus venir travailler au bureau ! A la radio, on n’entend plus que des barrissements assourdissants. La petite ville tout entière est la proie de la contagion, sauf Bérenger qui reste seul contre tous les autres.

Spectacle organisé par la Ville dans le cadre des Feuillets d'Automne au Théâtre du Château de Jonzac

lundi 6 décembre 2010

Josie et Sœur Saint-Cybard :
Une fillette juive sauvée par une religieuse en Charente


L’autre mardi à Angoulême, François Julien Labruyère présentait son dernier livre “le rendez-vous de Lesterps“ en présence de Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême et membre de l’Académie française.

Longtemps, une chape de plomb a pesé sur la Seconde Guerre mondiale. On en connaissait les grandes dates, mais le quotidien était entouré d’un brouillard volontaire, se perdant entre collaborateurs et résistants.
L’heure des jugements étant passée - malgré des rancunes tenaces entre familles - les archives ont livré des informations qu’exploitent les historiens. À Jonzac, de nombreux documents allemands, relatifs à l’explosion des Carrières d‘Heurtebise, ont éclairé les recherches de James Pitaud.

Le directeur des Editions du Croîf Vif, quant à lui, s’est penché sur le cas de Josie, une fillette de six ans cachée pendant la guerre par une religieuse enseignant dans une école de Charente. Par la suite, ses parents parvinrent à trouver une filière et l’emmenèrent aux États-Unis.
En 2000, Josie, qui est devenue psychologue scolaire et vit à Santa Barbara, revient sur son passé et raconte son enfance. Le livre, préfacé par Simone Veil, s’intitule “Never tell your name“ (ne dis jamais ton nom).

François Julien Labruyère le publie en français. L'aventure touchante d’une enfant juive protégée par sœur Saint-Cybard retient son attention. Motivée par la foi et l’amour, cette femme au caractère bien trempé a ouvert son cœur et sa porte à une innocente que la cruauté aurait pu jeter dans la gueule du lion.

Sœur Saint-Cybard

Briser le silence

François Julien Labruyère veut aller plus loin. Dans un nouveau livre qui vient de paraître “le rendez-vous de Lesterps“, il revient dans la commune où Josie a vécu, rencontre des villageois, recueille leurs témoignages à la façon d‘un journaliste : « ce livre retrace l’odyssée de la mémoire du Nord Charente où parler de la Deuxième Guerre sent encore le soufre, où conflits et passions continuent de connaître l’extrême ». Car la période fut rude et brutale, sur fond de guerre civile et de déportation en camps de concentration. Beaucoup gardent encore le silence. Les mots sont difficiles à trouver ou trop lourds à porter.Pourtant, un pan du voile s’est levé.
La réalité est sans fard. Il y a les héros et ceux qui le sont moins aux yeux de l’histoire. Il y a ceux qui croyaient à la race des seigneurs et qui pensaient naïvement qu’en s’y ralliant, ils deviendraient eux-mêmes des seigneurs. Quand le vent a tourné, les uns ont pris les habits des autres et sont devenus des caméléons sur la couverture du politiquement correct. Le jeu de dupes a fonctionné. Ces reptiles hybrides ont été plus loin en se persuadant de leur humanité. Curieusement, à la fin du conflit, tout le monde avait été du bon côté, celui de victoire, pérorant sur le courage. Heureusement pour la mémoire, il reste ceux qui savent et peuvent témoigner des souffrances endurées…

Un travail longuement médité

Sœur Saint-Cybard a captivé François Julien Labruyère au point qu’il a réalisé un entretien posthume. Il lui fait dire une fort belle réplique : « Qu’est-ce que signifie vraiment participer à la résistance ? Est-ce une affaire de maquis ? Est-ce une affaire d‘idéologie ? Est-ce tout simplement une affaire de cœur ? Il existe tellement de façons de résister, d’être soi ».
Son existence est jonchée d’épreuves, comme tous ceux qui osent afficher leurs différences. Appréciée des paroissiens, elle dirigea un groupe scolaire qui accueillit jusqu’à 500 élèves, avec des sections allant jusqu’au baccalauréat. Et qu’importe si ses supérieurs n’étaient pas en harmonie avec elle ! Elle a apporté sa pierre à l’édifice en pleine tourmente. En tendant la main à Josie, en la sauvant des pires tourments, elle, la catholique, a été reconnue par Yad Vashem Jérusalem au titre de "Juste entre les nations" le 7 novembre dernier. Par-delà les religions, l’espérance a parlé.

François Julien labruyère, directeur des éditions du Croît Vif

Monseigneur Dagens souligne la qualité des écrits de François Julien Labruyère : « un livre longuement médité qui témoigne des conversations profondes qui traversent notre histoire. L’essentiel, ce ne sont pas les événements ; ce sont d’abord des personnes, Josie et cette religieuse que rien ne prédisposait à se rencontrer et tous ces gens qui ont participé à un drame collectif. En pensant à sœur Saint Cybard, je revois ce rosier rouge qui fleurit sur sa tombe à Puypéroux. Comme si ces fleurs attestaient de sa présence cachée ».
Par cet ouvrage, l’un des plus importants de sa carrière par son intensité, François Julien Labruyère combat à sa manière les démons du silence pour faire éclater, non pas la vérité car nul n’est jamais sûr de la détenir, mais la manière dont certains êtres, au péril de leur vie, empruntent les chemins de la tolérance et de la liberté.

A gauche de la photo, Claude Dagens, évêque d'Angoulême et membre de l'Académie Française

• Regard sur lui-même

En écrivant "Le rendez-vous de Lesterps", François Julien Labruyère a pensé à sa propre famille et présente, en post-scriptum, « trois générations face à elles-mêmes ». C’est en regardant “Nuit et Brouillard“, le film d’Alain Resnais, qu’il a découvert l’horreur de l’univers concentrationnaire. « Je garderai toute ma vie le plan où un bulldozer entasse dans un grand fossé des cadavres nus, si décharnés qu’ils en sont devenus flasques et élastiques ». Nul ne sort indemne de l’histoire. Finalement, nul ne sort indemne de sa propre histoire…

Le rendez-vous de Lesterps (Croît Vif), en vente dans toutes les librairies