vendredi 7 décembre 2007

Tonnellerie Radoux : Les serviteurs du vin investissent 1,4 million d'euros

Vendredi, la tonnellerie Radoux présentera ses dernières innovations technologiques qui visent à améliorer la qualité des produits et les conditions de travail des salariés. L’investissement de ce nouvel atelier de production s’élève à 1,4 million d’euros.



À Jonzac, la tonnellerie Radoux relève les enjeux du XXIe siècle, tout en respectant ceux qui en furent les pionniers. En conservant le nom de Radoux, les dirigeants actuels rendent hommage à Robert Radoux qui créa la première unité de fabrication en 1947. À cette époque, elle se trouvait rue des Pierrières, dans une ancienne carrière. L’activité prospérant, elle s’installa avenue Faidherbe dans les années soixante. Robert Radoux en tint les rênes jusqu’en 1982 aux côtés de son fils, Christian qui prit alors la relève. Aujourd’hui, c’est une holding, Oeneo, qui veille à ses destinées.
Le créateur de cette entreprise était loin d’imaginer qu’un jour, Radoux serait présente dans de nombreux pays du monde, en Espagne, en Afrique du sud, aux Etats-unis. « Qui va loin ménage sa monture » disent les Saintongeais. On pourrait ajouter un nouvel adage : « qui veut préserver son outil de travail, doit l’avenir préparer» !
Sur ce chapitre, Michel Brutus, directeur industriel, est intarissable. En effet, depuis 1996, cet homme avisé, doublé d’un précieux sens de l’observation, est chargé de la partie technique du groupe. « L’entreprise a toujours privilégié la qualité. Dès 1999, elle s’est dotée d’un logiciel de gestion de production. Depuis, elle investit régulièrement ».
En tonnellerie, les conditions de travail sont dures puisque les gestes, ancestraux, nécessitent un véritable savoir-faire. Des améliorations pouvaient donc faciliter le quotidien.

Respecter le savoir-faire en innovant



La démarche a été simple : fruit d’une recherche qui a mobilisé le personnel concerné, des outils spéciaux ont été “pensés“. Leur conception a été confiée à une société française : « nous avons établi un cahier des charges sur les fonctions souhaitées. Se basant sur nos indications, le constructeur a réalisé une douzaine de machines innovantes. Des brevets ont d’ailleurs été déposés ». Grâce à cette technologie qui s’ajoute aux procédés traditionnels, plusieurs interventions se trouvent facilitées, dont l’usinage des douelles, le rognage, le ponçage des fonds et des coques.
À la question « comment réagissent les Compagnons face à ces nouveautés ? », la réponse est claire : « au départ, il y a eu du scepticisme, mais les salariés se sont très vite impliqués dans cette évolution. Les retombées sur l’emploi, qui auraient pu en découler, ont été évitées par le développement des marchés ». Vous l’avez compris, l’objectif poursuivi est une plus grande souplesse dans l’accomplissement des tâches assurées par le personnel.
« Bien que réalisant plus de 75 % de son chiffre d’affaires à l’exportation, Radoux investit massivement dans le site de Jonzac. Il confirme le maintien de sa plus grosse unité de production en Saintonge » souligne Michel Brutus. Vendredi, cette organisation industrielle de pointe sera présentée officiellement aux visiteurs lors d’une après-midi “portes ouvertes“.
Dans un département soucieux de l’emploi, Radoux contribue incontestablement à l’essor économique de la région de Haute-Saintonge.



Innovations :

EPR de gestion des flux d’informations, réseau de communication spécifique inter-sites, machines spéciales à commande numérique, automates programmables, suivi de fabrication, traçabilité des matières. Qualité : bâtiments (sol, bardage, toit, isolation phonique). Sécurité, conditions de travail : aspiration des fumées à la chauffe avec système de compensation d’air, réseaux d’aspiration des copeaux, cabine de ponçage pour la finition manuelle, mise en conformité Atex, réseau Incendie, détection d’étincelles sur le cyclofiltre.



90 salariés sur le site de Jonzac

L’entreprise Radoux, que dirige Christan Liagre, appartient au groupe Oeneo dont le PDG est Marc Hériard Dubreuil. Il comprend également la tonnellerie Seguin Moreau acquise en 1999 et l’unité de bouchons Sabaté (située dans le sud de la France). Par an, le site de Jonzac produit 35.000 fûts, soit une augmentation régulière de 3 % à 4 % par an. Numéro un en Espagne, le site de Haro, dans la Rioja, enregistre la même production. Les entreprises situées aux États-Unis (Napa Valley) et en Afrique du Sud - à Stellenboch - réalisent quelque 8000 pièces chacune. Jonzac compte 90 salariés (l’effectif global est de 150). Le marché de la tonnellerie se porte bien en raison d’un facteur évident : de nombreux vignobles ont été plantés de par le monde et la France viticole, que cette concurrence aurait pu déstabiliser, a réagi en investissant extra muros. À ces nouvelles exploitations, elle apporte son expérience et ses méthodes de vinification, importantes puisqu’elles découlent d’une longue tradition.

Photo 1 : Christian Liagre est PDG du groupe Radoux. Il est à noter que Christian Radoux appartient au conseil d’administration de la holding Oeno.

Photo 2 : Michel Brutus, directeur industriel.

Photo 3 : À Jonzac, les productions sont désormais partagées entre les grands contenants (appelés foudres) et les fûts. Les volets thermiques et phoniques ont également été pris en compte. Ainsi, le flux de fabrication s’en trouve amélioré.

Photo 4 : Dispositif afin de réduire la chaleur dans l’atelier de chauffe.

Nabil Anwer : Saintongeais d'adoption,
il enseigne à Pékin...

La Chine et la France travaillent 
sur la quatrième génération nucléaire

Marié à Caroline Furet, saintongeaise dont la famille habite Expiremont, près de Montendre, Nabil Anwer, maître de conférences à l’université Paris 13 et chercheur à l’École Normale Supérieure de Cachan, dirige depuis septembre 2006 le centre franco-chinois d’Innovation en Gestion du Cycle de Vie des Produits (PLMIC) à la prestigieuse université de Tsinghua, située au cœur de Pékin. Lors de son récent voyage en Chine, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, y a d’ailleurs fait étape. Pourquoi Nabil Anwer a-t-il choisi d’enseigner en Chine, pays qui représente pour lui une expérience nouvelle dans un monde en constante évolution ? Il répond à nos questions.


Après avoir enseigné en France, voici plus d’un an que vous avez été nommé à l’université de Tsinghua à Pékin. Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à tenter cette expérience en Chine ?

C’est tout d’abord le complément normal de la carrière d’enseignant chercheur qui nécessite en plus de collaborations fortes avec des collègues de différents pays, des séjours à l’étranger pour développer des projets bilatéraux et de favoriser des échanges d’étudiants.
La collaboration avec l’université de Tsinghua date d’un premier séjour effectué en Décembre 2004 dans le cadre de la visite d’une délégation Française à Pékin. Ce premier contact m’a permis de découvrir la Chine et surtout d’établir des contacts avec des collègues chinois de l’Université de Tsinghua. Cette visite a surtout concrétisé l’esprit de coopération Franco-chinoise en matière d’éducation et de recherche et a favorisé la création du centre Franco-chinois d’Innovation en Gestion du Cycle de Vie des Produits (PLMIC) à l’université de Tsinghua en Décembre 2005.
Au cours de mes missions à Pékin, j’ai été progressivement convaincu de tenter une expérience plus longue en Chine. Mandaté par le Ministère de l’Éducation Nationale et du réseau français en ingénierie mécanique et productique (AIP-PRIMECA), je suis depuis septembre 2006 en mission longue durée à l’université de Tsinghua en tant que co-directeur français du centre PLMIC.
Au niveau professionnel, cette expérience en Chine me permet de développer des collaborations avec des collègues chinois ainsi qu’avec des industriels français et chinois dans le cadre de projets de recherche communs. Mes activités d’enseignement à l’université de Tsinghua contribuent à diffuser le savoir et le savoir-faire français en ingénierie mécanique et permettent surtout d’apporter une nouvelle façon de diffuser les connaissances aux étudiants chinois.
Au niveau personnel, la découverte d’une nouvelle culture et d’un mode de pensée totalement différents est très enrichissante d’autant plus que je partage cette expérience avec mon épouse Caroline qui adore l’Asie en général et la Chine en particulier.




Quelles différences notez-vous entre les universités françaises et chinoises ?

La compétition pour accéder à l’enseignement supérieur en Chine est très sévère. Pendant leurs années de lycée, les élèves concentrent particulièrement leurs efforts sur la préparation du concours d’entrée à l’université ou « Gaokao ». Un échec à cet examen bouleverse les perspectives d’avenir d’un élève chinois et ruine les espoirs des parents qui y ont sacrifié leurs maigres ressources. 9,5 millions de jeunes Chinois se sont présentés aux épreuves du Gaokao en 2007 (ils étaient 5,25 millions en 2002). Malgré l’augmentation rapide du nombre de candidats, l’examen reste encore très sélectif et la garantie d’une bonne Université d’accueil dépend du résultat au Gaokao. L’étudiant n’est pas maître ni de son affectation universitaire, ni de la discipline dans laquelle il va étudier.
Les universités font l’objet de plusieurs programmes gouvernementaux visant à faire de certaines d’entre elles des établissements d’excellence susceptibles de rivaliser avec les meilleures universités mondiales. Certaines universités, comme Tsinghua ou l’université de Pékin (Beida), ont pour objectif de devenir des universités d’excellence au niveau mondial à l’horizon 2020. Le Ministère de l’Education chinois a engagé de nombreuses réformes comme la fusion entre établissements, l’élargissement des disciplines enseignées, le développement de collaborations internationales et la coopération avec des entreprises. Autour de certaines universités, se sont créés de véritables pôles scientifiques et technologiques au sein desquels se sont implantés des entreprises et groupes industriels de premier plan.
Les frais de scolarité dans les universités chinoises ne cessent d’augmenter. Ils étaient, il y a quinze ans, d’environ 200 yuans (20 euros) par année scolaire dans la plupart des universités et sont actuellement de 5 000 (500 euros) à 8 000 yuans (800 euros), voire même 10 000 yuans (1000 euros) dans les universités renommées ou pour certaines spécialités. Les frais universitaires ont été multipliés par 30 en 15 ans, tandis que le revenu annuel moyen des habitants n’a que doublé.

Pensez-vous que la France soit suffisamment représentative parmi les universités européennes qui collaborent avec Tsinghua ?

L’université de Tsinghua occupe la première place du classement national des établissements supérieurs chinois et est l’un des établissements les plus cotés de Chine. La préparation à l’intégration de cette université se commence très tôt et même depuis l’école primaire.
Fondée en 1911 comme un centre de préparation aux études supérieures aux États-Unis, elle est devenue, après une réforme en 1952, un centre très important pour la formation des ingénieurs (la majorité des quelque 30 000 étudiants de Tsinghua sont inscrits en ingénierie). Elle emploie plus de 7.000 personnes dont 2.500 enseignants (parmi lesquels une centaine de membres des Académies des Sciences et d’Ingénierie de Chine). Elle a aussi développé des relations avec plusieurs entreprises mondiales (dont une bonne partie est cotée en bourse américaine). Enfin, elle a mis en place des programmes de coopération avec plus de 100 universités de premier rang dans le monde.
Les États-Unis sont de loin le premier pays partenaire scientifique de la Chine, suivis par le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La France est actuellement le septième partenaire de la Chine après l’Australie et le Canada. L’union européenne est la seconde destination des étudiants chinois après les États-Unis, elle en accueille 70000 dans ses universités. Les étudiants chinois sont les premiers étudiants étrangers non francophones inscrits dans une université française, et la France occupe le sixième rang des pays d’accueil (après les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Australie et l’Allemagne).
À l’image des collaborations chinoises avec des partenaires étrangers, l’université de Tsinghua a un partenariat très important avec les universités américaines et japonaises. Les partenariats avec les universités européennes sont aussi importantes (Royaume-Uni, Allema-gne, Pays-Bas et France).
L’université de Tsinghua développe des collaborations avec des établissements français de prestige (École Polytechnique, École Normale Supérieure, École des Mines de Paris, Écoles Centrales, Sciences Po, HEC et Université Paris 11). De nombreux programmes d’échanges d’étudiants ont été mis en place. Actuellement plus de 20 étudiants français sont en semestre d’échanges et/ou en double diplôme avec l’université de Tsinghua.
Le développement de centres franco-chinois à l’université de Tsinghua témoigne aussi de la dimension de collaborations scientifiques de haut niveau (Centre franco-chinois de mathématiques avec l’université Paris 11, Centre franco-chinois de l’environnement et de l’énergie avec l’école des mines de Paris et l’INSA de Lyon, Centre franco-chinois d’Innova-tion en Gestion du Cycle de Vie des Produits, Antenne en sciences sociales et humaines avec Sciences Po).

Tsinghua a la particularité d’être située près de pôles économiques importants, Google, Microsoft, etc. Cette proximité offre-t-elle de véritables débouchés professionnels aux étudiants ?

Dès le début des années 1980, la Chine a multiplié la création de parcs technologiques, incubateurs scientifiques et zones de développement technologique.
Le parc de Zhongguancun, à proximité des universités de Pékin, de Tsinghua et de nombreux centres de recherche de l’Académie des Sciences, est le plus important parc technologique chinois (le Silicon Valley de la Chine !). Il regroupe 15.000 entreprises de hautes technologies (dont 2.500 fondées par des Chinois diplômés de l’étranger), une quarantaine d’universités, 130 instituts de recherche et 50 centres de R&D de multinationales (HP, IBM, Nokia, Sony, Toshiba, Samsung, Sun, Microsoft, Google). Près de 500.000 personnes y travaillent.
Cette proximité entreprise-université offre des débouchés professionnels aux étudiants et la concurrence entre les entreprises pour recruter les meil-leurs étudiants est très importante. Plusieurs étudiants de l’université de Tsinghua sont recrutés par des Multinatio-nales avant la fin de leurs études et avec des salaires très importants.
Ces parcs technologiques permettent aussi des activités de transfert de résultats de recherche fondamentale des universités vers des applications industrielles favorisant ainsi la création de PME innovantes par des étudiants et professeurs d’universités.


Nicolas Sarkozy vient de signer d’importants contrats avec la Chine dont deux réacteurs nucléaires nouvelle génération. Cela va-t-il renforcer la coopération scientifique universitaire entre les deux pays ?

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) forme, depuis une vingtaine d’années, des techniciens, ingénieurs et chercheurs dans le secteur nucléaire, un domaine stratégique pour la Chine qui prévoit une forte augmentation du nombre de ses centrales nucléaires, et a donc besoin de formation de personnels.
L’Institut national des Sciences et Techniques nucléaires a déjà établi une collaboration avec l’Institut nucléaire et des nouvelles énergies (INET) en génie atomique. L’université de Tsinghua est déjà très active dans le domaine nucléaire à travers son programme de réacteur de quatrième génération. Les collaborations avec le CEA et AREVA sont déjà très développées.
La signature des contrats des réacteurs nucléaires avec la Chine va renforcer encore plus la coopération scientifique universitaire avec la France dans le domaine du nucléaire.

Propos recueillis par Nicole Bertin

Merci, Nabil Anwer, et à bientôt pour les Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août 2008 (le 8 est le symbole de prospérité en Chine, comme l’a rappelé l’excellente émission des Racines et des Ailes diffusée mercredi de la Cité Interdite) !

Photo 1 : Nabil Anwer devant l’une des portes de l’université de Tsinghua.

Photos 2 et 3 : C’est dans ce superbe bâtiment de l'Université que sont accueillis les “nobles“ visiteurs étrangers. Plusieurs Chefs d’État français y sont venus.

Photo 4 : À proximité de l’université de Tsinghua, se trouvent les grandes tours de Google, Microsoft. Bref, un secteur économique important est situé près des facultés.

Les Chinois se mettent à l'anglais !

mardi 4 décembre 2007

En meme temps que le beaujolais nouveau, l'album de Jean-Claude Lucazeau !



Jeudi dernier, réunis au Gallia, les amis de Jean-Claude Lucazeau étaient penchés sur le berceau de son nouveau livre : Saintongeais, les deux sous de l’histoire, qui vient d’être publié aux éditions Bordessoules.
« O faut savoer rel’ver la tête » dit le patoisant de couverture : sur ce chapitre, Jean-Claude, dont la plume a longtemps couru sur le papier de la presse régionale, ne souffre pas de courbatures. Sa caboche est en éveil ! Dressé, son crayon croque les personnages hauts en couleurs qui se promènent dans les rues de Saintes. Oh, ce ne sont pas les grands pontes et encore moins les huiles ! Il s’agit d’hommes et de femmes se rendant à la foire, des gens de la campagne, la plupart, qui parlent le savoureux patois. Il en reste de fringants spécimens et il devient urgent de les immortaliser pour notre plus grand plaisir !
Dans cet album, les dames ne sont pas plus sexy que dans le précédent et les messieurs ne pourraient pas appartenir à la troupe des Body Exciting d’Angelo ! Qu’importe, avec leurs devanteaux à carreaux et leurs flanelles, ils font bien rigoler avec leurs réflexions pleines d’humour, significatives d’une société rurale confrontée aux grandes mutations du monde moderne.
Merci, cher Jean-Claude, de nous offrir cette goulée de “beunèze“ savamment distillée.



Lors du verre de l’amitié, Pierre Dumousseau, auteur de la préface, se réjouit de cette parution « attendue comme l’almanach Vermot ou le catalogue de Saint Étienne ». Les nombreux participants félicitèrent à leur tour le dessinateur qui leur offrit, en guise de réponse, une joyeuse dédicace. Il y avait la queue, preuve de sa popularité. L’intéressé pourrait bien nous étonner en proposant, dès 2008, une suite à ces deux sous de l’histoire...

Photo 1 : Cette rencontre s’est achevée par le verre de l’amitié, les discours de l’éditeur et du parrain Pierre Dumousseau, sous le regard ému de l’intéressé...

Photo 2 : Jean-Claude Lucazeau a toujours beaucoup d'humour !

Sae-Jung Kim et Bruno Pasquier l'accord parfait



Les Jonzacais ont de la chance. Recevoir, dans une petite ville, des artistes de grande qualité est un privilège. Ce fut le cas dimanche dernier à l’église Saint-Gervais où la pianiste Sae-Jung Kim et l’altiste Bruno Pasquier ont enchanté le public, le conduisant dans l’univers si particulier de la musique. Quand elle est atteinte, l’harmonie des sons possède une dimension qui, telle une flèche, va droit au cœur.



Tandis que le piano apportait sa tendresse et sa force, l’alto offrait, en dédicace aux arcades gothiques, sa générosité et sa délicatesse. Il faut aimer pour apprendre la musique, l’enseigner et la faire partager, c’est une évidence. Un esprit sec ne saurait incarner, avec justesse, les notes d’une partition.
Sae-Jung Kim le rappelle, elle qui n’hésite pas à jouer dans les prisons où elle captive l’auditoire. Elle a fait un parcours brillant, détaillé dans notre dernière édition. Venant de Corée, elle s’est installée en France où elle a trouvé la possibilité d’exprimer ses talents. Elle apprécie la mobilité et se déplace régulièrement en Asie, « où la musique évolue terriblement ». Elle travaille avec Bruno Pasquier depuis de nombreuses années.
Comme elle, il voyage et son curriculum vitae est remarquable. Il ne regrette pas d’avoir choisi l’alto pour instrument quand son frère a préféré le violon. Prochainement, il devrait se produire dans la salle de musique de la Cité interdite, à Pékin.
Pour Jonzac, Sae-Jung Kim et Bruno Pasquier avaient choisi un répertoire varié gravitant autour de Schubert, Berlioz, Liszt, Chausson, Schumann et le célèbre extrait de Roméo et Juliette de Prokofiev. Ces deux artistes, qui animent des master class et organisent de nombreux concerts, ont souvent été primés. À les écouter, on comprend aisément pourquoi : d’une part, ils s’accordent pleinement, d’autre part, ils suscitent une émotion que les mots ont parfois du mal à décrire.

Qu’ils soient félicités ainsi que les organisateurs de cette agréable rencontre qui s’inscrit dans les Feuillets d’automne. Au fait, saviez-vous que Bruno Pasquier joue un magnifique alto de Paolo Maggini - début du XVIIème - qu’il a pu obtenir grâce au grand luthier Etienne Vatelot, et avec la complicité de Yehudi Menuhin ?...

Photo 1 : Bruno Pasquier et la charmante Sae-Jung Kim. Sae-Jung Kim est née en Corée où l’une de ses sœurs est chirurgien. Elle a commencé l’étude du piano à 5 ans. À ses côtés, le talentueux Bruno Pasquier est professeur au CNS de Paris.

Photo 2 : Verre de l’amitié à la mairie. Ici, le préfet Jacques Reiller - l’époux de Sae Jung Kim - et Isabelle Duhamel Costes, sous-préfet de Jonzac.

Photo 3 : Un vin d’honneur, offert par la ville de Jonzac, a suivi ce magnifique concert.

vendredi 30 novembre 2007

Cognac Delamain : La Russie est devenue son plus gros marché

Rencontre avec Patrick Peyrelongue, responsable de cette entreprise située à Jarnac. Une visite des chais où vieillissent les eaux de vie et dans la cave médiévale, qui abrite alambic et vieux outils, mérite le détour...



Quand la maison Delamain a-t-elle été créée ?

La Maison Delamain a été créée, sous sa forme actuelle, en 1824. Mais les liens des Delamain avec le Cognac remontent à 1759, lorsque James Delamain arrive d’Irlande à Jarnac et s’associe avec son beau-père - dont la famille était négociants en Cognac depuis 1610 - pour fonder la société “Ranson et Delamain“, qui deviendra, avant la Révolution, la plus importante Maison de négoce de la région. Après la mort de James Delamain, la société a été dissoute pour des raisons de succession, et, après deux tentatives infructueuses, une nouvelle société a été fondée en 1824, sous le nom de « Roullet et Delamain ». Les Delamain ont racheté les parts des Roullet après la première guerre mondiale, et ont renommé la société «Delamain & Co.» en 1920. En 1994, la société Bollinger est entrée dans le capital et détient 34% des actions, la famille Delamain restant propriétaire de 66%.

Aujourd’hui, comment se porte-t-elle face aux grandes structures ?

Nous sommes en excellentes relations avec les grosses Maisons de la région, car nous ne leur faisons pas de concurrence, ne produisant pas une goutte de VS ou de VSOP. Par contre, notre spécialisation dans les vieilles eaux-de-vie de Grande Champagne ajoute un plus à l’image du Cognac... Nous faisons partie du «Syndicat des Maisons de Cognac», qui regroupe Hennessy, Martell, Courvoisier, Rémy Martin, Marnier Lapostolle ou encore Chateau de Cognac (Otard).

Quels sont les objectifs que poursuit une maison comme la vôtre ?

Nous sommes principalement exportateurs - à 87% - et expédions vers 70 pays environ, ce qui est intéressant pour une société qui ne compte même pas 20 personnes. Nous cherchons à être présents dans les meilleurs endroits : les plus beaux bars, restaurants, hôtels ou revendeurs. À Paris, ce sont le Ritz, le Crillon ou le Meurice, de même que Fauchon ou Hédiard. À Londres, Harrod’s, Fortnum & Mason ou le Connaught. À New York, le Pierre, Fifth Avenue Liquor Store ou Peter Morrell... C’est une politique que nous avons dans le monde entier.

Quels sont les marchés qui, selon vous, peuvent être développés ?

À l’heure actuelle, la Russie est devenue notre plus gros marché, mais le potentiel est énorme. Nous cherchons à développer nos ventes sur la Chine, où nous sommes présents depuis plusieurs années. Comme tout le monde dans la région, nous espérons que l’Inde quitte sa politique protectionniste et puisse enfin s’ouvrir. Autres marchés prioritaires pour nous : l’Europe de l’Est et du Nord où nous sommes déjà bien implantés. Une part importante de notre temps est passée en voyages, afin de « prêcher la bonne nouvelle » et convaincre la clientèle, en collaboration avec nos importateurs, qui sont eux-mêmes très spécialisés, et commercialisent les plus grands vins, Champagnes et spiritueux. Bien évidemment, nous essayons d’avoir les mêmes agents que Bollinger, mais sans aucune obligation, partageant des agences avec des Maisons comme Roederer, Taittinger, ou encore Salon ou Delamotte.

Votre point de vue sur le marché actuel du Cognac, en pleine embellie...

Le marché du Cognac est effectivement en progression, et, tout comme les grandes Maisons, nous sommes optimistes pour l’avenir. Compte tenu de notre petite taille, nous ne cherchons pas à réaliser de gros volumes mais, comme il est dit plus haut, nous préférons une distribution sélective.

Photo 1 : Patrick Peyrelongue (à droite) explique le vieillissement des cognacs Delamain (avec dégustation modérée !).