vendredi 11 janvier 2008

La Terre : asile d'aliens nés !

Quand les monstres de l’espace se rencontrent sur Terre, attention à ne pas finir en chair à pâté !


Cette semaine, le Familia de Jonzac proposait la nouvelle édition d’Alien contre Predator dont la particularité est d’opposer les plus deux célèbres créatures du cinéma. La première fois, elles se retrouvaient sous la banquise pour un étrange rituel. Cette fois-ci, elles sont encore sur notre bonne vielle planète !
En entrant dans la salle obscure, une évidence s’impose : le romantisme ne fera pas partie du scénario. Une fois bien arrimé au fauteuil, vous n’avez plus qu’à attendre l’issue fatale et dans ce domaine, vous n’êtes pas déçus. Certes, dimanche dernier, la projection fut interrompue dans les premières minutes pour une cause indéterminée. Jour, nuit, jour, nuit... Vous imaginez l’émoi des spectateurs coupés en pleine action ! Sans doute faut-il y voir le souci du responsable d’ajouter à l’ambiance un suspense croissant !
Les spectateurs n’en avaient guère besoin, le réalisateur n’ayant pas fait dans la dentelle. Les premières images font déjà deux victimes, succombant à une invasion d’aliens nés qui s’en vont folâtrer dans la nature pour s’y reproduire en anéantissant la race existante. La scène étonnante où l’abdomen du malheureux humain, ayant été choisi pour matrice, explose pour donner vie à une bestiole horrible, est connue. On voit alors surgir une sorte de homard caparaçonné avec une grande queue virevoltante.
L’humanité va-t-elle succomber à cette invasion ? Quelques terriens font de la résistance, mais il y a surtout le chasseur de primes intergalactique qui court à leur trousse. S’il a l’avantage d’être invisible, il n’est pas trop futé et met bien du temps à éradiquer ses ennemis (remarquez, s’il allait plus vite, le film serait déjà terminé !)...
Pourquoi allez voir un truc pareil quand, dans l’autre salle, vole Bee Movie, la petite abeille ? direz-vous. Effectivement... Sachez qu’il y a tout de même une morale : la petite fille qui a vu son père tué par un alien n’est pas totalement traumatisée ; sa mère, militaire experte, sait conduire un hélicoptère et sauve le groupe en errance ; le livreur de pizza, qui voit sa copine immolée s’arme de courage et le repris de justice se comporte en héros. Contrairement aux militaires qui liquident tout le monde en lançant une bombe nucléaire sur le secteur ! Le sheriff, quant à lui, meurt sous l’effet des radiations. Dommage, il était plutôt mignon.
Seul événement notoire de ce vaste déploiement, un pistolet extraterrestre, récupéré dans la mêlée, intéresse la CIA.
Bref, pour se résumer, pendant plus d’une heure, les habitants se font bouffer et le summum est atteint dans la maternité où les aliens s’en prennent aux bébés et délivrent leur semence aux malheureuses femmes sur le point d’accoucher. On en frissonne encore : âmes sensibles, femmes enceintes et enfants, abstenez-vous d’un tel spectacle. En 2004, la première édition n’était pas grandiose, celle-ci l’est encore moins...
Tiens, vous reprendrez bien un petit chocolat ?

Quand les Gallo-Romains vendangeaient la Saintonge

Le premier tome de l’Histoire de l’Aunis et de la Saintonge, qui traite de la préhistoire et de l’Antiquité dans le département, révèle une source d’informations dont l’une attire forcément l’attention. Aux premiers siècles de notre ère, la vigne occupait une place privilégiée dans le paysage. Notre tradition viticole n’est donc que l’héritage du passé !


Quand Jean Glénisson et ses amis ont choisi de publier l’histoire de l’Aunis et de la Saintonge, ils se sont lancés dans une belle aventure... et une vaste entreprise. Entre les premiers hommes de chez Pinaud et la construction des Antilles de Jonzac, des centaines et des centaines d’années les contemplent, en effet !
Minutieusement composé en fonction de ses “qualités“, chaque groupe de chercheurs a été chargé de travailler sur une époque déterminée. Après le célèbre Massiou dont les six volumes, édités entre 1836 et 1840, relatent les riches heures du département, cette nouvelle édition tombe à point : elle délivre une information objective à laquelle s’ajoutent évolutions et nouvelles découvertes. Une réactualisation nécessaire, en quelque sorte !
Il y a quelque temps, nous avons salué le tome III - époque allant de 1480 à 1610 - dont l’originalité chronologique est d’avoir précédé “ses frères aînés“. Que voulez-vous, Marc Seguin, spécialiste des XVe et XVIe siècles, a la plume alerte et c’est l’un des historiens les plus rigoureux quant à la date de remise des manuscrits. Sa ponctualité explique cette publication rapide, ô combien précieuse puisque son livre fait désormais référence.
Lundi dernier, Geste Éditions a repris le cours normal des événements en présentant le numéro un de cette fresque charentaise maritime. Son titre : Des origines à la fin du VIe siècle après J.C.
Pour conduire à bien cette œuvre de 340 pages, Louis Maurin, professeur d’université et ancien conservateur du Musée archéologique de Sain-tes, s’est entouré des meilleurs spécialistes, José Gomez de Sotto, directeur de recherche au CNRS, André Debénath, professeur émérite de préhistoire, Luc Laporte (néolithique), Grégor Marchand (mésolithique) et enfin Jean-François Tournepi-che, conservateur du Patrimoine à Angoulême.
Tour à tour, les historiens présents ont présenté les chapitres qu’ils ont traités. « Il est difficile de faire l’histoire d’un département » a rappelé Jean Glénisson. Et pour cause, à leur création, après la Révolution, aucun n’a été calqué sur une ancienne province et encore avons-nous échappé à un quadrillage qui aurait fait ressembler la France à un échiquier ! En 1791, l’Assemblée a évité de donner une existence durable aux provinces. En fusionnant l’Aunis et la Saintonge, la situation devenait forcément ambiguë ! De nos jours, bien que le temps se soit écoulé, cette notion de deux territoires distincts, réunis au sein d’une même entité, est encore perceptible. On voit rarement les Rochelais s’attarder à Montguyon !


Des Santons à l’arc romain de Germanicus

Quelle longue histoire que celle de notre département dont les frontières ont été totalement imposées ! Quand nos ancêtres foulaient la terre de Saintes, toundra où vivaient mammouths et rennes, ils étaient loin d’imaginer les jeux du cirque et plus tard, un curieux engin appelé guillotine... du nom de son concepteur, le docteur Guillotin.
Les témoignages quant à la préhistoire sont moins présents en Charente-Maritime qu’en Cha-rente, plus riche en cavités.
Outre la rareté des abris, les transgressions marines ont recouvert de nombreux habitats. Néanmoins, certains sites sont intéressants : Saint-Por-chaire, Taillebourg, chez Pinaud à Jonzac et bien sûr la région de Sainte Césaire où évoluaient des Néandertaliens, il y a trente-cinq millions d’années. Inauguré en 2005, le Paléosite, dont Pierrette est devenue l’égérie, éclaire judicieusement cette période auprès du grand public.
Les Néandertaliens ont fait un bout de chemin avec les Homo sapiens. Cette grande découverte, issue des travaux conduits par Bernard Vander-meersche, fut une véritable révolution dans le monde scientifique. Chaque année, les Entretiens de St Césaire attirent d’éminentes personnalités au-tour de l’emblématique Yves Coppens, dont Élisabeth Dayles en octobre dernier. Avec Jean-Noël Vignal, de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale, elle a participé à la reconstitution du visage de Pierrette (et du roi égyptien Toutankhamon).
« Certains sites préhistoriques ont été fouillés trop tôt et très mal. De nombreuses collections ont été éparpillées ou ont disparu » constate André Debénath qui connaît bien la question.
Les chantiers actuels, menés en différents lieux, permettent d’avancer pas à pas. Grâce aux photos aériennes de Jacques Dassié, des sites ont pu être identifiés.

Dans les chapitres suivants, les Santons éveillent forcément l’attention. Seraient-ils les premiers Celtes de Saintonge ? Leur histoire est liée à celle des Helvètes qui, venant de Suisse, convoitaient leur territoire au premier siècle avant J.C. En les refoulant, César empêcha la réalisation de ce projet ambitieux (il faut relire la guerre des Gaules !).
« Des découvertes archéologiques pourraient conforter l’hypothèse de l’origine orientale de Santons ou, tout au moins, celle de liens étroits entre la Saintonge et la Celtique d’Europe centrale » remarque José Gomez de Soto. Le trésor de Courcoury (près du tumulus), riche en monnaies diverses venant de Bavière et de Bohême, est une piste à étudier.

En ce qui concerne l’Antiquité, des découvertes récentes ont eu lieu et les articles publiés affichent une “belle fraîcheur“. Louis Maurin s’en réjouit. À l’époque romaine, La Saintonge dépendait de Saintes ainsi qu’une partie de la Gironde.
Durant l’été 2006, les traces d’un camp romain ont été repérées au Nord ouest de Saintes, près de la porte Saint Rémi : faut-il y voir une première installation ? Au 1er siècle, Saintes (Mediolanum santonum), capitale d’une grande province gallo-romaine, avait l’avantage d’être au terme d’une voie transversale importante, partant de Lyon pour aller jusqu’à la côte atlantique. Résidence de notables, la cité était prestigieuse !




Dans la région, outre des villas, les fouilles ont mis à jour des établissements viticoles. « Cette présence ruine une théorie selon laquelle le gouvernement impérial aurait protégé les intérêts de Bordeaux en évitant d’étendre les vignobles aux pays situés au nord de la Gironde » précise Louis Maurin. L’Aunis, la Saintonge et la Charente saintongeaise occupent la première place dans l’archéologie de la viticulture sous le haut Empire ! Si l’on ignore quels étaient les cépages cultivés, le vin, de moyenne qualité, se gardait et se bonifiait avec le temps. Des installations sophistiquées ont été trouvées près de Royan : « des chaudières y chauffaient le jus de raisin concentré, l’élévation du degré alcoolique garantissant une meilleure conservation ».
L’autre point fort concerne l’industrie de la laine, les fournisseurs locaux étant regroupés en corporation. Cette activité devait occuper bon nombre de paysans vivant dans les campagnes. Des vêtements étaient réalisés et le manteau de laine, appelé cucullus, avait une version locale baptisée « cucullus santonicus » (manteau saintongeais).

Au fil des pages, le lecteur partage une mine de renseignements et d’informations. Les pages sont joliment illustrées : comment ne pas s’attarder sur l’arc romain de Germanicus qui faisait autrefois partie du pont franchissant la Charente ? S’il avait été conservé et restauré (il a été démoli au XIXe siècle), cet édifice serait l’une des merveilles du Poitou-Charentes. D’ailleurs, à bien y réfléchir, le vrai grand projet de Saintes ne serait-il pas de recréer un pont piétonnier en replaçant l’arc au milieu, comme l’avaient pensé les architectes antiques ? Bernadette Schmitt, actuel maire, avait lancé cette idée, mais en laissant l’arc sur la place Bassompierre. Elle reçut alors une opposition farouche qui la fit reculer. À la veille des élections municipales, tout porte à croire que le sujet reviendra dans les conversations...

Félicitations aux auteurs de cet ouvrage détaillé et à Olivier Barreau, responsable de Geste Éditions. En cette période de fêtes, ce livre constitue un cadeau intéressant : joindre l’agréable à l’histoire, quelle merveilleuse alchimie !

Dis le moi dans l'oreille...

• Dans le domaine de la prospection aérienne chère à Jacques Dassié, la localisation de la cité antique du Fâ, près de l’estuaire de la Gironde a été utile pour la connaissance (serait-ce le fameux portus Santonum ?).

Photo 1 : Les arènes reconstituées, superbe édifice qui attirait forcément l’attention des voyageurs, de même que les arcades de l’aqueduc qui s’élevaient jusqu’à 29 mètres de hauteur sur une longueur de 400 mètres (pour se faire une idée, imaginez le pont du Gard !). Dommage que ces édifices grandioses aient subi les outrages du temps...

Photo 2 : « La première édition d’une histoire régionale remonte au XVIe siècle par la congrégation des Bénédictins de Sainte Maure. Ils avaient une attache très particulière avec Jonzac puisque les seigneurs de cette ville ont prêté serment, jusqu’à la Révolution, à l’abbé de Saint Germain des Prés dont ils dépendaient » rappelle Jean Glénisson qu’on reconnaît aux côtés de MM. Maurin, Gomez de Sotto, Laporte, Debénath, Laporte et Barreau.

Photo 3 : L’époque où l’arc de Germinacus trônait au milieu du pont romain, sous l’empereur Tibère (dessin Van der Hem).

Photo 4 : Croquis réalisé au XIXème siècle avec l'arc romain. Malheureusement, ce projet n'a pas abouti et l'ancien pont a été détruit. L'arc a été installé sur la rive où il se trouve encore.

samedi 5 janvier 2008

Jean-Claude Beaulieu à Djibouti

Le député Jean-Claude Beaulieu, colonel de réserve, est rentré d’une mission humanitaire à Djibouti. Durant cinq semaines, son centre d’opération a été l’hôpital Bouffard qui prodigue des soins aux militaires et à la population civile.


Aller à Djibouti, c’est entrer dans une autre dimension. Face au golfe Aden, l’Occident et l’Orient s’y observent de longue date. La fameuse Corne de l’Afrique, que baigne la Mer Rouge, n’a rien perdu de ses secrets. Surgissent en mémoire des écrivains connus, Joseph Kessel, Henri de Monfreid ou Arthur Rimbaud, aventuriers des flots et des mots. Cette terre lointaine ne laisse jamais insensible : on l’aime à travers ses paysages contrastés ou on la déteste pour la rudesse de son climat.
Le député Jean-Claude Beaulieu en témoigne : dès qu’on quitte les établissements climatisés, la chaleur est étouffante. Ce qui n’empêche pas des pluies torrentielles en automne...

Un hôpital moderne

Du 27 juillet au 2 septembre, le dr Beaulieu a donc été accueilli à l’hôpital Bouffard dans le cadre de la réserve opérationnelle. Depuis plusieurs années, il apporte sa pierre à l’édifice humanitaire et ses missions l’ont conduit en différents pays. Bien que lieu stratégique, proche du Canal de Suez, Djibouti est une zone plus calme que l’Afghanistan (on ne peut pas en dire autant de la Somalie). Du moins peut-on sortir dans la rue sans porter un gilet pare-balles ! Sur place, l’armée tricolore est très présente (3000 hommes), de même que les forces américaines. La France est chargée, entre autres, d’assurer la sécurité du territoire (mirages, hélicoptères, avions de transport). Djibouti reste la première base de l’armée française en Afrique, porte ouverte vers le Moyen-Orient et l’Océan Indien.
L’hôpital Bouffard est un établissement moderne qui traite de nombreux patients, militaires, familles, membres du gouvernement, des ambassades et civils, contrairement à l’hôpital américain qui ne soigne que les personnels de l’armée. Doté de 56 lits, ses différents services (chirurgie, médecine, bloc opératoire, laboratoire) permettent de travailler dans de bonnes conditions. Son budget est de 40 millions d’euros. À la pointe du progrès, il dispose d’une maternité - 800 accouchements sont pratiqués par an par deux sages-femmes - et d’un scanner : On est bien loin des centres précaires, malheureusement légion en Afrique. « L’hôpital compte deux chirurgiens en permanence. Pendant ces cinq semaines, j’ai pratiqué plusieurs sortes d’interventions, traumatologie, accidents, crânes enfoncés (1), ablation de vésicules, problèmes gynécologiques, césariennes ». Le pays ne dispose pas de Sécurité Sociale, comme on s’en doute. Les plus nantis paient un forfait tandis que les plus pauvres, 20 % des patients, sont soignés gratuitement. Le sida y sévit moins qu’en Afrique noire. Les pratiques religieuses pourraient expliquer cette situation.



Ils échappent miraculeusement à un crash aérien

Parmi ses patients, Jean-Claude Beaulieu a porté secours aux deux seuls survivants d’une catastrophe aérienne. L’avion s’étant écrasé en Éthiopie, échapper à cette tragédie relève du miracle. La femme, enceinte de sept mois et demi, était blessée aux bras et au thorax. L’état de l’homme était bien pire : outre un traumatisme crânien, il présentait une fracture ouverte à la jambe et son bassin était cassé. Sur place, après les « premiers soins » (assez limités), les autorités les ont dirigés vers Djibouti treize jours plus tard. Pour y parvenir, ils ont dû parcourir 800 kilomètres dans des conditions inimaginables (liées au relief et aux routes), sans compter des souffrances insupportables. Toutefois, la vie est endurante : par cette histoire qui se termine bien, elle l’a montré une nouvelle fois !
Ces deux personnes ont fini par recevoir les soins qui s’imposaient. Le bébé, qui suscitait des inquiétudes, avait été épargné par le choc : « à l’échographie, nous avons constaté que tout allait bien, au grand soulagement de sa mère et du nôtre, par la même occasion ». Quand il ou elle aura grandi, il est évident que cet enfant aura des choses à raconter sur sa venue au monde ! Quant au second rescapé, il devrait remarcher dans quelques mois.
Ils reviennent de loin ! Idem pour un petit chamelier, victime d’une vipère dans le désert. « Amené deux jours après la morsure, il a passé huit jours en réanimation. Fort heureusement, nous l’avons sauvé après avoir amputé le bout du doigt infecté. C’était émouvant car ce nomade, d’une dizaine d’années, ne connaissait pas la ville et encore moins l’hôpital. Nous l’avons entouré et lui avons donné des jouets. Je pense qu’il se souviendra de son séjour »...
Jean-Claude Beaulieu a tissé des liens avec les malades et le personnel soignant : « J’ai fait la connaissance d’un médecin français qui s’est installé à Djibouti, il y a vingt ans. Il ne regrette rien, au contraire. Il vient de s’associer avec une pédiatre qui n’aura pas à souffrir de la concurrence car cette spécialité est peu représentée ». Bref, si vous avez envie de vous expatrier, des opportunités sont à saisir. Parmi les projets, l’ouverture d’une petite faculté de médecine serait envisagée.
Jean-Claude Beaulieu a apprécié cette mission qui lui a permis de découvrir un autre visage de l’Afrique ainsi que de côtoyer une équipe médicale «remarquable», avec laquelle il a eu plaisir à travailler.
Cette année, il ignore où le conduira sa prochaine mission. Au Liban, peut-être ? Entre-temps, il aura retrouvé la vie politique française et la Commission défense du Parlement en particulier...



1 - Quand ils s’agressent, les Djiboutiens se donnent volontiers des coups de pierre à la tête, geste très néfaste pour l’état de leur crâne qu’il faut alors réparer. Tout rapprochement avec Pierrette, la néandertalienne de Saint Césaire - dont on sait qu’elle reçut un fort choc à la tête - serait purement fortuit. Il est à noter que les Djiboutiens chassent, au jet de pierres justement, avec une très grande adresse. «Ils ratent rarement le gibier» attestent ceux qui les ont vus à l’action.

Dis le moi dans l'oreille...

• Quand Djibouti et Aden rivalisaient...

Avec le percement du Canal de Suez par F. de Lesseps au XIXème siècle, la Mer Rouge est devenue un lieu de passage très fréquenté. Au début du XXème, des milliers de navires allant aux Indes, Chine, Océanie ou se dirigeant vers Madagascar, y passaient chaque année. Les Anglais, qui faisaient un commerce important avec l’Extrême Orient, s’étaient établis sur la côte arabique, à Aden. La France, quant à elle, avait opté pour la “rive“ africaine en occupant d’abord Obok, puis Djibouti qui se développa à partir de 1888. En effet, le site de Djibouti (escale navale vers Saïgon en Indochine) offrait une sécurité plus grande aux bateaux. Il est évident qu’une rivalité quant au trafic maritime s’instaura entre Djibouti et Aden, c’est-à-dire entre Français et Anglais, situation coutumière entre ces deux peuples ! Après avoir été sous contrôle français, Djibouti est devenue indépendante en 1977. Cela n’empêche pas la France d’avoir une force armée assez conséquente sur ce territoire de 794.000 habitants ...


• Pour ne pas gaspiller l’eau, les douches sont toujours froides. Pas question de s’éterniser dans la salle de bains !

• Environnement : Un gros égoût de la ville se déverse non loin de la plus grande plage de Djibouti. Mieux vaut sortir vaccinés pour le bain...

• Construction d’un nouveau port : En raison du trafic important, ce nouveau port en eau profonde permettra à Djibouti de connaître un véritable essor commercial. Une manne que ne saurait manquer ce pays dont le PIB actuel est de 0,81 milliard de dollars. Dubaï y investit largement ainsi que les USA. Un très bel hôtel va d’ailleurs être construit dans les environs avec, dit-on, un casino. Dans cette ville où le soleil cogne, le « must » est la piscine rafraîchissante à 28 degrés (dans un autre hôtel) dans laquelle plongent des privilégiés !

• Jean-Claude Beaulieu a profité de son séjour pour découvrir la région : lac Assal, paysages lunaires, montagneux, canyons. On rencontre peu d’animaux : chameaux, dromadaires, singes, antilopes...

Photo 1 : Jean-Claude Beaulieu de retour en Charente-Maritime.

Photo 2 : Vue aérienne du port de Djibouti (photo S. Roux).

Photo 3 : Sur cette carte du début du XXème siècle, on remarque l’importance du trafic dans cette partie du monde, porte vers l’Orient et l’Indochine.

Photo 4 : Avant Djibouti, les Français étaient installés à Obok.


Deux Australiens à Jonzac !

C’est à la qualité de l’accueil qu’on apprécie une ville. En septembre 2007, deux Australiens, Charlie Fanning et son épouse Dale ont passé quelques jours à Jonzac et ont été ravis de leur séjour !


Il y a quelques mois, Charlie et Dale ont fait étape à Jonzac où ils ont été accueillis chez Linda, qui propose des chambres d’hôtes dans l’une des plus belles demeures de la ville, place de la République. Cette “Bohême”, où les objets inanimés ont forcément une âme, a séduit ce couple arrivant tout droit de Sydney, après avoir fait escale à Johannesbourg et Londres. « Leur indiquer cette maison pleine de charme nous a semblé intéressant. Linda est très présente et témoigne d’un certain art de vivre à la française » soulignent Christian et Liliane Furet qui ont guidé ce choix.


Charlie et Christian (installé à Expiremont, près de Montendre) se sont rencontrés dans le cadre professionnel, voici quelques années. Cette fois-ci, il n’était pas question de parler “affaires“ : les vacances sont les vacances !
Au programme “découverte de la région“, figuraient des étapes incontournables, Royan, Talmont, Saintes, la Roche Courbon, Cognac, les églises romanes et, bien sûr, la capitale de la Haute-Saintonge. Sur ce chapitre, saluons le dynamisme de l’Office de Tourisme qui assure des visites détaillées du château, et en anglais s’il vous plaît. Merci Stéphanie and Cie !
Nos amis, qui aiment l’histoire, ont ainsi découvert l’édifice séculaire qui formait une véritable enceinte, avant qu’une rue ne soit percée en son milieu. Les différentes salles et portraits attirèrent leur attention, sans oublier le séduisant petit théâtre qui a créé la surprise.
Grâce à la compréhension et à la gentillesse d’Isabelle Duhamel-Costes, les jardins de la sous-préfecture ont ouvert leurs portes à nos visiteurs. Face à l’escalier, la fontaine Renaissance est remarquable et, nouveauté, le four à pain sera valorisé pour les journées du Patrimoine. Posé sur son roc, le castel a beaucoup impressionné Dale dont des ancêtres, du nom de Bouchard, pourraient être français.
Cette balade aurait été incomplète sans une étape chez Philippe Gautret, qui possède la partie où se trouvait autrefois la passerelle d’accès (depuis, les douves ont été entièrement remblayées).
Clôturant la “série“ médiévale, la rue de Champagnac a été un vrai moment de dépaysement...




La butte Balaguier

Depuis la restauration de la place du Château (jadis nommée Balaguier), des commerces attractifs se sont installés dans ce quartier, prisé des touristes. Linda et Jean-Luc, par exemple, ont eu un coup de cœur pour la cité. À hauteur de la porte de ville, ils possèdent l’un des beaux jardins en terrasse de Jonzac avec écrevisses en bassin et végétation touffue ! Unique et terriblement agréable l’été, quand les lumières de la nuit éclairent ce lieu enchanteur !
Linda salue le dynamisme alentour : « Quand le pianiste El Bacha est arrivé chez moi, on venait de lui voler ses souliers dans le TGV. Or, il devait jouer en soirée à Fontaines d’Ozillac. Que faire ? Je lui ai indiqué le magasin Ashford où il a aussitôt trouvé chaussure à son pied » confie-t-elle.
Cette qualité commerciale se re-trouve dans la boutique de lingerie de Jeanne Journolleau ou dans le magasin « côté cour, côté rue » consacré à la décoration. Quant à Jean-Claude Fleuret, une visite s’impose : outre de très bons crus, il propose une gamme de produits naturels intéressante. Non loin, le bar le Jonzacais dispose d’une terrasse spacieuse donnant sur la rue de Champagnac, de même que le salon de coiffure de Laurent Broquaire qui a ouvert une galerie d’art en réaménageant son salon. Une excellente idée. L’espace a été judicieusement agencé : clientes et amateurs d’art sont satisfaits ! Enfin, comment ne pas citer les trois restaurants du secteur : le Coq d’Or et sa magnifique façade, les Folies Berbères et son couscous maison et, dernière arrivée, la souriante Flora Solvet. Venant de Marseille, elle a repris les rênes du Grill du Château, succédant à Dominique et Cécile Guicheteau.
Bref, Dale et Charlie ont apprécié Jonzac dont ils garderont un excellent souvenir.
Ils profitent de ces lignes pour envoyer un fraternel bonjour australien « God I mate » à tous les lecteurs de la Haute-Saintonge !



Dis le moi dans l'oreille...

• La famille de Charlie vit en Australie depuis six générations. À Sydney, il dirige une société d’import-export. Amateur de vin et fin connaisseur, il remarque que les viticulteurs français ne mentionnent pas le nom des cépages sur les étiquettes des bouteilles. « Les Australiens veulent savoir ce qu’ils boivent, Merlot ou Sauvignon, par exemple, ainsi que le lieu d’origine et le nom du producteur » explique-t-il. Une traçabilité du vin, en quelque sorte !

• Dale et Charlie ne comprennent pas pourquoi les gens s’éternisent à table à midi (en Australie, on se contente d’un sandwich) et pourquoi les magasins sont fermés entre midi et deux heures. Autres coutumes, autres mœurs ! Ceci dit, ils apprécient la bonne chère !


Photo 1 : Charlie et Dale ont visité la foire aux potiers de Soubran. Malheureusement, pas question d’acheter pour une simple raison de transport aérien. D’ailleurs, à leur arrivée à Bordeaux, ils avaient perdu leurs valises qui ont été retrouvées plus tard au Rwanda...

Photo 2 : Chez Linda et Jean-Luc, de confortables chambres d’hôtes.

Photo 3 : Le four à pain, actuellement dans la Sous-Préfecture.

Photo 4 :Charlie, Dale, Stéphanie et M. Costes, l’époux de Mme le Sous-Préfet de Jonzac, au château. Un bien bel endroit !

Photo 5 : À hauteur de la Porte de Ville, se trouve le jardin terrasse de Linda, un lieu tout à fait exceptionnel.

Lettre ouverte aux “veaux” qui ont encore leur tête !




L’homme politique n’attend souvent qu’une seule chose, sa réélection. Selon le bon vieux principe qu’il faut séduire pour convaincre, nombre d’élus entrent en période de charme avant chaque échéance, l’objectif recherché étant de faire croire aux citoyens qu’ils atteindront les béatitudes. Liberté, égalité, fraternité : tournez l’animal sur la broche jusqu’à bonne cuisson, piquez-lui le flanc pour vérifier s’il a réaction, puis recouvrez-le d’une couche de miel qui lui donnera l’aspect de la saveur exquise. Jusque-là, nos décideurs pratiquent cette cuisine avec d’autant plus d’excellence qu’ils en détiennent les recettes secrètes.
Peuple naïf, que d’aucuns ont qualifié de «veau», combien de fois as-tu été ballotté par le vent des promesses ? A gauche, à droite et jusqu’à ces extrémités où tu aurais pu glisser si la terre avait été un grand disque plat, comme l’enseignait l’Église avant que Galilée ou Copernic ne viennent démontrer le contraire. Il en faut du courage pour s’opposer aux idées habituellement reçues (le politiquement correct !) et aux paramètres dans lesquels les habitants sont invités (ou contraints) d’évoluer. Et si leur vient l’envie de s’évader, c’est à leurs risques et périls... Aujourd’hui, les religions s’enflamment et le terrorisme qui en résulte inquiète : les rêves de paix deviennent cendres et les illusions sont immolées sur l’autel de l’incompréhension. Pour preuve, on vient d’annuler le célèbre Paris Dakar pour cause d’insécurité en Mauritanie.Dans l’hexagone, une partie du pays affiche sa morosité. Jusque-là épargnées par la crise, les classes moyennes réagissent elles aussi, victimes d’une bourse de plus en plus plate. Nicolas Sarkozy a sorti sa baguette mais, pour qu’elle devienne magique, il devra ouvrir son cœur. Cités à chaque occasion, les sentiments humanistes - tolérance, partage et respect - ne dépassent guère le seuil des discours. Il faut travailler plus : on finit par s’en convaincre ! Perdu sur les flots de la mondialisation, l’équipage du paquebot France cherche un port sans savoir lire la carte. Les horizons, les tempêtes, les monstres annoncés, il les imagine et, sans la volonté nécessaire à toute entreprise, les terres inconnues le resteront.
La France a mal de ses inégalités, de ses mensonges et la paupérisation galopante fait craindre les lendemains. Les citoyens devront-ils continuer à tendre la patte, signifiant ainsi qu’ils sont inféodés au système ? Sont-ce là les héritiers de Montaigne, Pascal, Montesquieu, Voltaire et de toutes ces plumes qui faisaient s’envoler l’encre et les pensées ? Où sont les esprits enthousiastes, critiques et novateurs, capables d’édifier et de cimenter l’avenir en dehors des propos populistes ? Seraient-ils muselés au point de ne plus pouvoir s’exprimer ? En aurait-on fait des tapis de salon ou des muets d’apparence ? Ou bien sont-ils partis vers d’autres cieux où la fiscalité est plus attrayante ?...
La France, exemple pour les étrangers qui avaient le goût d’en apprendre la langue, est devenue inodore et ses seules vraies odeurs sont celles de ses fromages, à moins que la législation européenne n’en interdise bientôt la fabrication. Comme les pierres polies, elle est sans aspérité et finalement sans âme. Dans ce décor poncé, les courants les plus inquiétants essaient malheureusement de s’infiltrer...
On peut en rire, en pleurer ou bien philosopher ! Sur ce chapitre, le poète Virgile est irremplaçable. «Nunc te, Bacche, canam, nec non silvestria tecum virgulta et prolem tarde crescentis olivae : Maintenant, Bacchus, c’est toi que je vais chanter et avec toi toutes les pousses des bois et l’olive qui naît d’un arbre si lent à croître». À méditer !