Claude Belot a été élu conseiller général du canton de Jonzac en 1970. A ce moment-là, il ignorait que plus d'un demi-siècle de mandatures diverses et variées l'attendaient, du Palais du Luxembourg à la Seugne de son enfance, des tours de La Rochelle aux salles du conseil municipal de Jonzac et de l'ancienne Sagesse. En 2026, il a choisi de se retirer de la scène publique. Parce que le temps a passé et bien plus, l'époque elle aussi a pris d'autres aspects.
En 1972, il s'exprime dans le bulletin municipal aux côtés d'Henri Chat-Locussol, alors maire. Les portables n'existent pas et internet reste à inventer. Toutefois une ambition l'anime qui ne l'a jamais quitté : créer des emplois et dynamiser la région. Conscient « que le canton de Jonzac dépérissait et la ville chef-lieu stagnait », il a œuvré pour que le territoire sorte de sa léthargie. Son vœu a finalement été exaucé. Les historiens d'aujourd'hui citent Jonzac comme un exemple de cité dynamique dotée de nombreuses structures dont deux, les Antilles et le centre des congrès, témoignent de l'architecture contemporaine du XXIème siècle.
Dimanche 15 mars, les électeurs désigneront son successeur. Deux listes sont en lice, celles de Christophe Cabri et Jean-François Mougard. Quel que que soit le vainqueur, donc le prochain maire et président de la Communauté de Communes de Haute-Saintonge, il héritera "d'outils" que peu de communes alentours possèdent (thermes, centre des congrès, aéropôle, complexe aquatique). Nul doute que Claude Belot lui apportera son expertise et lui soufflera de nouvelles idées au creux de l'oreille...
• Extrait d'un bulletin municipal publié en 1972 : Le mot du conseiller général Claude Belot
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| Claude Belot a été élu conseiller général en 1970 (président de cette assemblée de 1994 à 2008), maire de Jonzac en 1977, président de la communauté de communes de Haute-Saintonge en 1993, sénateur de Charente-Maritime de 1989 à 2014 |
Claude Belot : « Il était une fois en Haute-Saintonge, dans le dernier tiers du XXème siècle un canton surtout rural pris dans le grand laminoir des bouleversements économiques français. Paris atteignait une taille demesurée, les grandes villes battaient leurs records de croissance, mais le canton de Jonzac dépérissait et la ville chef-lieu stagnait. De 1945 à 1970, des jeunes arrivant à l'âge de travailler avaient quitté la région, n'y trouvant pas d'emplois. Voila ce que pourront écrire les historiens du siècle prochain. Mais ils pourront dire aussi que les Jonzacais ont refusé l'avenir sombre qui s'ouvrait devant eux et qu'ils ont décidé de forcer le destin.
Un effort considérable d'equipements collectifs a été réalisé pour mettre Jonzac à l'heure de l'Europe, tant dans le domaine scolaire qu'hospitalier, et nous nous battons en ce moment pour obtenir vite l'automatisation du téléphone et des garanties sur le tracé saintongeais de la future autoroute A10.
Une initiative importante est en cours pour industrialiser le canton. La zone industrielle, plateforme d'accueil de ce type d'activités, est maintenant une réalité et l'action de prospection pour attirer chez nous de nouveaux employeurs est bien engagée.
Grâce à l'effort de toue les responsables de Jonzac et des communes du canton, il est certain que cette grande partie sera gagnée et le volume de ce bulletin municipal augure bien de ta vitalité et du dynamisme des Jonzacais, unis dans une lutte courageuse pour l'expansion de leur région.
Puissent les historiens de l'avenir citer notre cher canton comme un exemple de réussite économique, comme un exemple de canton rural compromis qui sera parvenu à changer de cap ! ».
Aujourd'hui, Jonzac a largement devancé Montendre !
En 1972, nous sommes encore dans les Trente Glorieuses. Meurtrie par le Seconde Guerre mondiale, la France se reconstruit et cette période est propice à l'entreprise. Dans ce bulletin municipal, le maire de Jonzac Henry Chat Locussol salue les infrastructures qui représentent l'avenir « sur la voie de l'an 2000 ». Les écoles, le lycée, l'hôpital, la voirie, le stade, le gymnase. S'y ajoutent de nouveaux logements et l'agencement d'une zone industrielle sur laquelle travaille assidûment le CEJECO, Comité d'Expansion Economique que préside M. Durant, propriétaire des Nouvelles Galeries, immeuble de la rue Sadi Carnot (transformé par la suite en appartements). Henry Chat Locussol est une personnalité appréciée et pourtant, il sera battu aux élections municipales par le conseiller général du canton depuis 1970, Claude Belot.
En 1972, Claude Belot siège donc à La Rochelle (où les observateurs le classent plutôt à gauche) et il a une idée bien précise dans la tête : que le canton rural de Jonzac, compromis, parvienne à changer de cap. « Il faut forcer le destin » écrit-il. Reconnaissons que devenu maire, il a tenu parole en faisant de Jonzac une sous-préfecture dont on parle, seule ville dans le Sud-Saintonge à avoir véritablement tiré son épingle du jeu. Pour y parvenir, l'élu a utilisé toutes les stratégies en son pouvoir, sans faire de sentiments...
En 1972, Montendre et Jonzac sont à peu identiques et l'on pourrait même dire que Montendre est plus dynamique commercialement que Jonzac. Aujourd'hui, la ville de Montendre ne peut plus rivaliser avec Jonzac et Claude Belot, en tant que président de la CDCHS, vient même de lui allouer 600.000 euros pour y créer un Terra Aventura afin de la valoriser après l'échec cuisant du parc Mysterra, situé au lac.
« Durant sa carrière, Claude Belot s'est comporté en patron et il a su faire taire ses opposants politiques. Bernard Lalande, maire de Montendre, qui était censé promouvoir le parti socialiste après le passage remarqué du député Philippe Marchand, et les Radicaux de gauche, Pierre-Jean Daviaud, Michel Rigou, n'ont pas déployé un zèle particulier à le contrer. A la droite, les ex UDF et RPR ont fait part d'une étonnante compréhension. Pour preuve, la nouvelle rocade de Jonzac qui coûte une somme astronomique au Conseil départemental, donc aux contribuables, est faite sur mesure pour rejoindre le centre des congrès. Il y a un seul parti en Haute Saintonge, celui de Claude Belot qui a joué un rôle fédérateur. En conséquence, la gauche n'existe plus ou bien peu, et la droite compose » soulignait un élu de la CDCHS fondée en 1992. Et d'ajouter : « Ce système n'existe pas en dehors du Sud Saintonge. Dans le reste du département, les clivages gauche/droite sont toujours présents ».
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| Un sacré magasin à l'entrée de la rue Sadi Carnot |
Sympas, les années 70 !
En 1972, Claude Belot, sourcils bruns fournis, regard séducteur, annonce la couleur. Henri Chat Locussol n'est pas mécontent de son mandat et les associations vivent leur vie, rugby, football, judo, pêche, etc. Elles sont immortalisées par le studio Dubroca, assisté d'Henri Sabadel. Installés en face de l'actuelle boulangerie de la Porte de Ville, les deux hommes ont un sacré talent et leurs tirages illustrent les colonnes du quotidien Sud Ouest. Les publicités de ce magazine mettent en scène des commerces dont certains ont disparu. La traditionnelle foire grasse, avec ses bovins "brômant" et "teurpant" sur la place du Champ de Foire, est alors prisée ; le syndicat d'initiative met les bouchées doubles pour valoriser Jonzac auprès des touristes ; les magasins du centre ville sont réunis sous la présidence de Raymond Compagnon qui possède un espace "prêt-à-porter" rue Sadi Carnot, non loin des boutiques Hillarion et Chevalier (cette rue autrefois animée aurait bien besoin d'être rénovée). La revue comporte aussi des parties historiques avec hommage aux deux héros d'Heurtebise, Pierre Ruibet et Claude Gatineau. Notons au passage que la population de Jonzac atteint 5000 habitants (comme mentionné) : de nos jours, elle est de 3600...
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| La foire grasse place du Champ de foire |
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| Du monde dans les rues de Jonzac ! |
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| L'équipe première de football |
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| Le club de judo |
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| L'équipe de rugby |
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| Au passage, admirez ce magnifique chignon bouclé ! |
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| On reconnaît M. et Mme Enaud |
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| Le point sur les écoles par James Pitaud |
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