samedi 17 octobre 2020

« Jusqu'où iront-ils ? » : La réaction bouleversante de Renée Benchimol Lauribe, conseillère municipale de Saintes, après la décapitation de Samuel Paty, enseignant à Conflans Saint-Honorine

Dans la réaction qui suit, Renée Benchimol Lauribe témoigne de sa révolte, de son engagement et de sa solidarité, portant ainsi la voix qu'elle veut faire entendre pour un sujet aussi grave. « Les réseaux sociaux et les stylos brandis dans la rue n’ont pas suffi et ne suffiront pas. C’est un cri de révolte et aussi de combat pour les valeurs que nous défendons. Il me blesse de devoir le lancer dans des circonstances aussi tragiques, mais je ne maîtrise pas l’actualité qui, aujourd’hui, est encore plus tragique que ce que nous croyions possible en France » souligne-t-elle. 

• Message aux citoyens et au professeur d'histoire et géographie mort pour ses idées d'ouverture dans un pays qui se recroqueville sur lui-même face à l'extrémisme religieux et finit par oublier les idéaux de ses aïeux que sont la tolérance, la liberté, l'égalité et la fraternité...

« Un cri de révolte »
« À toi professeur enseignant les lumières 

 À toi citoyen de la liberté 

À toi qui cultives l’intelligence 

À toi qui défends l’égalité 

À toi qui encourages la fraternité 

À toi qui protèges la laïcité 

À toi qui garantis notre avenir 

L'assassinat monstrueux de ce professeur d'histoire et  géographie me révolte au-delà de ce que tu   imagines. 

  Mon attachement viscéral, radical, historique et indéfectible à la laïcité qui en fait sourire beaucoup pour les plus modérés, ou qui est jugé obsolète ou inutile pour les autres de mes détracteurs, en devient hélas à nouveau d'une cruelle actualité. 

Je suis effondrée d'être encore Cassandre 

Depuis des années, nous recevons des signaux qui sont toujours minimisés pour tranquilliser l'opinion publique et pour limiter les révoltes légitimes qui pourraient en surgir.

Après les insultes, les coups, les profanations, les assassinats isolés, viennent les massacres des enfants innocents. Après l’assassinat des enfants des écoles juives, on assassine les dessinateurs dans les salles de rédaction, les curés dans leurs églises, les policiers à leur domicile devant leurs enfants et maintenant les professeurs de la République dans la rue.

Être assassiné juste pour ce que l'on est est une monstruosité qui a déjà été une stratégie politique dans l'histoire.

Et à grande échelle.

Et à de nombreuses époques. 

Et dans le monde entier. 

Bientôt, à ce rythme on assassinera "les coiffeurs"... 

Et lorsqu'on refuse de considérer que c'est la volonté délibérée de détruire l'intelligence humaine, pour la réduire à une masse infirme, informe, uniforme et obéissante, on ne peut que constater que l'anéantissement de l'humanité commence. 

En effet, avec cette stratégie politique de l'assassinat des êtres humains, commencent aussi l'anéantissement de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. 

Ce n'est pas l'histoire qui bégaie, ce sont les hommes qui oublient. 

Nous devons tous être les colibris qui s’acharnent contre l’incendie de la forêt ».

Renée Benchimol-Lauribe, élue de la République

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