A ce jour, on possède peu de représentations historiques de l'ancien château de Montendre. Seuls ses vestiges parlent pour lui ; la tour carrée dotée de mâchicoulis au XIXème siècle, une enceinte, une tour dite de la poivrière, des emplacements réservés aux postes de guet, d'anciennes salles. Toutefois, deux reproductions de tableaux de la fin du XVIIIème siècle viennent de faire leur apparition...
Pour en savoir plus, la première idée qui vient à l'esprit est de consulter les plans réalisés par l'ingénieur du roi Louis XIV, Claude Masse, lors de son inventaire. Il cite effectivement Montendre, mais sans croquis (du moins connus). Au début du XVIIIème siècle, sa description est la suivante : « une enceinte basse de bonne maçonnerie, mais à présent fort ruinée », précisant cependant que « ce poste pourrait soutenir un coup de main et qu'il faudrait du canon pour le prendre ». A cette période, le marquis Louis de La Rochefoucauld-Montendre (1669-1742) fait édifier un corps de bâtiment en pierre de taille, dit « logis de La Rochefoucauld ». Lorsqu'il meurt en 1742, le site passe alors de famille en famille avant de devenir beaucoup plus tard la propriété de la ville de Montendre.
A l'origine, le logis comprenait plusieurs pièces, réception, chambres, cuisines, un office et des communs parmi lesquels des écuries, une sellerie, une étable, une porcherie, un chai à vin et une remise. Abandonné au XIXème siècle, il est encore debout au XXème siècle, en mauvais état. Qu'en faire ? Il est finalement "remanié" ces dernières décennies. Ne reste qu'un pan de façade tristement restauré qui présente tout de même un avantage : figé, il ne devrait pas subir les affres des ans. Mieux, il peut servir de toile de fond à une représentation théâtrale ou à un concert. Comme au temps du fameux "théâtre de verdure", aménagé en 1959, riche de 1200 places. Que de beaux spectacles ! Certains s'en souviennent encore, mais ils commencent à prendre de l'âge ! Quel dommage que ce patrimoine ne soit pas classé par les Monuments historiques. Certes, cette inscription entraîne des contraintes. Toutefois, elle évite à de jolies cités médiévales de tomber dans une sorte de léthargie où le volet roulant et l'immeuble qu'on peut restaurer sans l'avis de l'architecte des Bâtiments de France priment sur l'harmonie de l'ensemble (1).
Selon le livre écrit par Robert Robert, plusieurs bâtiments ont également été détruits, parmi lesquels la « maison des Feudistes » (juristes du droit féodal sous l'Ancien Régime chargés d'examiner les archives, titres et livres terriers pour le compte des seigneurs), qui jouxtait la tour carrée et une partie des souterrains a été comblée pour des raisons de sécurité. L'autre jour, lors d'une intéressante visite que proposait l'association Andronysiaque, le conférencier a évoqué ces souterrains dont il avait connaissance dans sa jeunesse : ils reliaient un certain nombre de lieux stratégiques de la cité.
Deux tableaux du château de Montendre de la fin du XVIIIe siècle
Parfois, le hasard fait bien les choses. Deux copies, dont les orignaux ont aujourd'hui disparu, nous aident à mieux comprendre la physionomie du château de Montendre à la fin du XVIIIème siècle. Conservées par les architectes Dominique et Loïc Jauvin, elles éclairent ce site sous un jour nouveau. Grâce au talent de l'artiste Danièle Catella qui a réalisé la reproduction de l'un d'eux, on distingue plusieurs détails intéressants.
Sur le premier tableau peint de l'actuelle route de Blaye, on aperçoit la tour dite de la poivrière (sans toit). Par contre, la tour carrée semble posséder une couverture. En ardoise ? Bien sûr, à l'époque, elle ne dispose pas de mâchicoulis, ni d'une antenne relais de téléphonie mobile ! L'enceinte est visible et le logis se dévoile. La colline apparaît dans toute sa force. Des plantations d'arbres ont eu lieu. En bas, on voit des fermes, des animaux et un attelage.
| Copie d'un tableau de la fin du XVIIIème siècle peint à partir de l'actuelle route de Blaye (© archives privées) |
Sur l'autre tableau (copie de qualité médiocre), fait de l'actuelle route de Royan, le logis du XVIIIème apparaît clairement, la tour carrée est bien coiffée d'une toiture, la muraille est intacte. En contrebas, apparaissent des murets, des habitations, des jardins, peut-être une sorte d'arche d'entrée.
| La tour, le logis et l'enceinte sont bien visibles (©archives privées) |
Il est heureux que ces deux copies soient arrivées jusqu'à nous. Le site avait une certaine allure sur son promontoire !
Des événements, dont le célèbre combat des sept chevaliers français et anglais durant la Guerre de Cent ans, sont inscrits dans la mémoire de Montendre. Ces atouts à valoriser donneront à la cité des pins une dynamique historique dans le sillon des autres villes que sont Jonzac (restauration du châtelet et valorisation du château) et Montguyon (réhabilitation de l'ancienne forteresse médiévale du château et spectacle "Site en scène"). A suivre !
1 - Ceci n'est pas une réflexion à connotation politique, mais architecturale et historique d'ensemble.
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