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lundi 26 avril 2010

Pôle mécanique
de la Genétouze :
deux ministres en piste !


Le pôle mécanique de la Genétouze fêtera son premier anniversaire en juin prochain. La CDCHS, qui l’a porté sur les fonts baptismaux, en a confié le fonctionnement à Julien Beltoise. Jeudi dernier, Michel Mercier, ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, a inauguré officiellement ce circuit « haut en couleurs » pour reprendre le slogan de la Haute Saintonge.

On reconnaît Jean Pierre Beltoise, Henri Masse, Dominique Bussereau, Michel Mercier, Jean Claude Beaulieu, Claude Belot et Julien Beltoise

La Saintonge boisée n’est plus le bout du monde. La Double, comme on l’appelle, fait parler d’elle en proposant, au cœur des pinèdes, un circuit d’entraînement pour les véhicules « nouvelle génération ». En effet, la vitesse est une notion dépassée et si l’on peut réduire les émissions de CO2, la planète s’en portera mieux ! Jean-Pierre Beltoise, le célèbre pilote automobile, acquiesce : « l’époque où je roulais en moto à une vitesse vertigineuse, c’est fini. Apprendre à conduire en étant responsable est une priorité, tout en respectant l’environnement ». Bienvenue à l’écocitoyenneté : s’éduquer pour bien se comporter sur la route.

Jean Pierre Beltoise et Bernard Boisseau, maire de la Genétouze


C’est dans cet esprit qu’il a créé le circuit de Trappe, dans les Yvelines, où sont proposés des stages d’initiation. Et quand la CDCHS de Haute Saintonge a lancé un appel d’offres pour la création d’un pôle mécanique, il a répondu et a été retenu. Associé étroitement au projet, il a partagé son expérience avec Claude Belot, président de la Communauté de Communes.
Le circuit, de 2,5 km environ, a été judicieusement élaboré et ses « difficultés » plaisent puisque des motards, chapeautés par Dunlop, en attestaient jeudi dernier après leurs entraînements. « Sur les forums, le circuit de la Génetouze est bien placé » soulignait l‘un d’eux. Jean-Pierre Beltoise en a conscience : « la piste de Haute Saintonge est désormais une référence. Elle est petite mais suffisante, rapide et plus intéressante que certains circuits de 3 ou 4 kilomètres. Nous avons trouvé un bon compromis. D’ailleurs, elle devrait inspirer des décideurs de l’île de la Réunion qui veulent créer ce type de structure ».

Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, aux côtés de Michel Mercier

Jean Pierre Beltoise et le sous préfet de Jonzac, Philippe Brugnot

Son fils, Julien Beltoise fait remarquer que la Génetouze est le centre d’essais de TF1 pour son émission du dimanche matin, Auto Moto. Il garde un souvenir ému de la Tesla électrique, nouveauté fabriquée aux Etats-Unis. Un véhicule performant, totalement silencieux, qui ressemble à une « petite Porsche ». Grâce à une prise spécifique, la batterie au lithium se recharge en trois heures et demie (contre 10 heures avec une prise classique).

Essais chapeautés par Dunlop


Ces voitures du futur ne passent pas inaperçues. En l’attente d’en conduire une, vous pouvez utiliser votre automobile personnelle (ou moto) ou bien louer des kartings électriques. « On sait que les accidents les plus graves touchent les jeunes entre 18 et 25 ans. Ce créneau est à cibler. La Genétouze est géographiquement bien placée. A l’avenir, je souhaite la création d’une école qui sensibilisera cette génération à la conduite routière » ajoute Jean-Pierre Beltoise. Les portes du pôle sont ouvertes tous les jours et l’affluence y est grande le week-end.

• La Genétouze, un exemple d’aménagement du territoire

Les discours


Le pôle mécanique a donc été inauguré par le ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire. Aux côtés de Claude Belot, président de la CDCHS, qui a rappelé combien il s’est battu pour sortir la Haute Saintonge d’une léthargie due à l’exode rural, et de Dominique Bussereau, Michel Mercier a félicité les acteurs de ce développement : « nous sommes dans le renouveau. Les territoires créent leurs propres ressources. Tout à l’heure aux Antilles de Jonzac, j’ai vu des Bordelais en vacances s’y baigner. Ces alliances sont très profitables » dit-il.
Aujourd’hui, le monde change de physionomie et de manière de penser : « protéger la planète ne veut pas dire arrêter la croissance. Les deux peuvent être combinés. Il y a trente neuf ans que je suis en politique et je vois beaucoup d’élus, comme vous ici, relever le défi de la modernité en adaptant les investissements aux réalités locales. C’est ça, la noblesse de l’engagement politique ».

Il embraya sur les réformes à venir (dont celle des collectivités territoriales), rassurant les nombreux maires qui étaient face à lui. Mais là était un autre sujet. Ce jour-là, il était surtout question de sécurité et d’évolutions technologiques. Secrétaire d’Etat aux transports, Dominique Bussereau rappela à juste titre que les automobilistes ont changé de comportement (le nombre de morts a largement diminué en 20 ans). Quant à Claude Belot, il déclara – mais il l’a largement démontré – que « le monde rural a de l’avenir ». Ce thème fut débattu lors de la réunion qui suivit à la Maison de la Forêt de Montlieu la Garde.

De nombreux maires de la Communauté de communes de Haute Saintonge participaient à cette rencontre

Jonzac : Nous irons tous au bois !


Jusqu’au 28 avril, le Cloître des Carmes de Jonzac accueille des artistes qui travaillent le bois. La visite vaut le détour, la palette de créativité étant riche et variée…


Visiteur, avant de passer la grille du cloître qui symbolise la porte de l’exposition, tu rencontreras « le véritable homme de la forêt » qu’un artiste roumain, Malftei Ion, a sculpté dans le bois. Ne te fie pas à son air un peu rude. Il a bon cœur gros et si tu écoutes sa voix, tu apprendras que ta première étape se situe dans la cour. Tu y apercevras les animaux de la forêt mis en scène par Jean-Pierre Feugnet. Ils peuplent cet espace d’amusante façon. Imagine une futaie, des taillis, le soleil qui filtre à travers les feuillages et ce renard qui se prend pour un goupil !

Le vrai homme de la forêt

D’autres œuvres sont dans la galerie. Elles ont été primées au symposium de la Maison de la Forêt, à Montlieu-la-Garde. Toutes sont nées d’un arbre qui a offert l’originalité de son apparence à la postérité. Magiciens, les artistes lui ont donné une autre vie, une sève faite d’émotion et de futures rencontres.

À l’étage, tu verras les étranges créatures de François Quesnel. Elles te regardent, fières, altières, mais jamais étrangères ! Dans la longue salle, tu reconnaîtras Marie et François Lutard dont le nom est intimement lié à la scierie de Champagnac. Le bois est toute leur vie. Ils le valorisent, en font des objets familiers et même un jambon ! Pas très loin, tu apercevras les dentelles de bois de Michel Budillon. Assis devant sa machine, il ressemble à un couturier qui découpe et suit finement son modèle.

Michel Budillon

Dans la salle Goulebenèze, deux passionnés ont pris place. Retraité, Gilbert Clamadieux s’est lancé dans la grande aventure du tournage. Sa voisine lui avait apporté un rouet à réparer : « j’en ai carrément fait un autre ». Perfectionniste, il a suivi deux stages. Depuis, il laisse vagabonder son imagination. Aux objets traditionnels, s‘ajoute une série plus sophistiquée où une étoile siège au milieu d‘une boule…

Gilbert Clamadieux

À ses côtés, William Marrier n’a pas oublié l’époque où il était ferronnier d’art. Il aime la beauté et ça se voit ! Il travaille les bois de la région et s’il ouvre une parenthèse pour le séquoia, il fait un plaisir immense à sa femme. Belles pièces, ses vases nécessitent une attention particulière. Il privilégie la forme et ne laisse jamais place à la facilité. Comme l’ensemble des exposants, il parle des subtilités du façonnage. Petits secrets à partager…

William Marrier

En partant, n’oublie pas les jouets de Patrice Chardeau. Ils te rappelleront le temps d’avant et qui sait, l’époque où l’entreprise Grelety fabriquait des chevaux à bascule. Quant aux panneaux de Renée Blondet Forest, tu peux tomber dedans, c’est permis ! Et si tu as de la peine à remonter, fais appel aux poulies de Jean-Michel Drugeon !

Cheval à bascule...

Proposée par l’Office de Tourisme de Jonzac, la Maison de la Forêt, l’association Horizon Bois Forêt, l’association Art et Bois et le pôle de métiers d’art du bois de Bréville, cette exposition est ouverte tous les jours de 15 h à 18 h au Cloître des Carmes. L’entrée est libre. Par les temps qui courent, perdons-nous dans le bois pendant que le loup n’y est pas…

Le cerf de Jean Pierre Feugnet

Les exposants : Tonnellerie Allary, Corinne Garcia, Patrice Charbeau, Jean Pierre Feugnet, François Quesnel, Renée Blondet Forest, Michel Budillon, Franck Belier, William Marrier, Marie et François Lutard, Jean Michel Drugeon.

Les sages ne restent pas de bois !

Le monde enchanté de François Quesnel : Figures inanimées, avez-vous donc une âme ?

Les personnages que crée cet artiste semblent sortir d’un livre de contes. D’autres y voient un clin d’œil à un monde fantastique. Qu’importe l’interprétation puisque l’émotion est au rendez-vous…

Exposées au cloître des Carmes, les œuvres de François Quesnel attirent l’attention. Elles semblent dire au visiteur : « viens, je t’invite dans le lieu où nous prenons vie. Regarde notre berceau ». La maison où elles naissent ne peut être que lumineuse avec un toit en pain d’épice. Dans le jardin, on imagine des pampilles de cristal suspendues aux arbres. Arc-en-ciel offert à la créativité !


François Quesnel est originaire de Normandie. Un beau jour, après avoir été bûcheron et apiculteur, il a mis « le doigt dans la terre ». Cette passion ne l’a plus quitté. Depuis, il invente des personnages qui s’inscrivent dans la fantaisie du mouvement. Créatures aux yeux immenses dont la tête est couronnée d’un bouquet végétal, elles portent des vêtements magiques. Ces manteaux d’apparat sont ornés d’objets variés, perles, graines, poils, plumes, coquilles.

« J’utilise des éléments bruts, comme les racines ou les branches, en effectuant des gestes légers qui sont en harmonie avec l’eau et l’air » explique François Quesnel. Il ne fait aucun croquis. La créature naît de la matière, de la forme et de l’idée que son concepteur a en tête. Son travail est avant tout un plaisir qu’il offre aux visiteurs : est-ce un elfe ou une sorcière des bois ? Les étonnantes marionnettes ressemblent à des décors de théâtre, voire aux héros de sphères imaginaires : « Je me laisse guider par les repères que la nature nous donne. Il s’agit de combiner les éléments ».

La démarche est la même pour la sculpture. Avec patience, il cherche l’accomplissement que ses doigts façonneront : Femme fleur sortant d’une corolle de coquelicot, femme arbre dansant une clairière dorée, femme fée surgissant d’une aube printanière. La souplesse de la terre permet toutes les audaces.


François Quesnel laisse toujours une porte ouverte : « La vie, c’est d’avoir des surprises » avoue-t-il. S’il apprécie les voyages qui lui permettent de s’évader et de rapporter la matière première indispensable à ses compositions, il aime les évasions intérieures qui stimulent son esprit inventif. Le fantastique n’est pas forcément dans les films ou les jeux vidéo, il est tout simplement là, derrière la fenêtre. Il suffit de raviver la flamme de la mémoire pour que s’animent farfadets, nymphes ou lutins. Les enfants connaissent ces strates que les adultes ont malheureusement oubliées !

mardi 20 avril 2010

Patois saintongeais :
Le journaliste Michel Lis
parmi ses défenseurs


Communiqué de Maryse Guédeau, directrice du journal Xaintonge

Après Jérôme Royer, maire de Jarnac, Jean Rouger, maire de Saintes, Jérôme Lambert, député de la Charente, MM. Michel Doublet et Daniel Laurent, sénateurs de Charente-Maritime, c’est aujourd’hui Michel Lis qui se joint à l’action du Collectif pour la défense de l’identité saintongeaise visant au retour du patois charentais dans la liste des Langues de France autonomes comme il l’était depuis le 22 février 2007, et ce distinctement du poitevin.
Rappelons que Michel Lis, journaliste ancien grand reporter de la Télévision Française, chroniqueur pendant de longues années sur France Inter et qui nous instruit toujours de jardinage et de botanique sur Radio France Bleu La-Rochelle, connaît très bien et le Poitevin et le Saintongeais pour savoir que ce sont deux patois différents et que ce n’est pas en les noyant dans un trait d’union qu’on les sauvera, bien au contraire.
Nous nous félicitons de l’arrivée de ces ténors saintongeais pour faire barrage à “la vilaine manipulation sournoise” (expression de Jean Rouger) de “quelques clercs rôdant dans les couloirs parisiens pour mettre à mal nos belles langues de France” (expression de Michel Lis) et qui ont fait supprimé le saintongeais de la liste des langues de France pour servir des intérêts bien autres que la défense du saintongeais et du poitevin.
“Défendre le Saintongeais n’est pas un particularisme mais la récompense légitime pour un parler d’une des plus vieilles provinces de France”, clame à juste titre Michel Lis. Et que continue la mobilisation saintongeaise pour faire reculer l’inacceptable dont on va voir bientôt l’exact visage !
Trouvez ci-dessous la lettre des sénateurs de Charente-Maritime au Collectif pour la défense de l’identité saintongeaise ainsi que l’intervention de Michel Lis auprès du directeur de l’Académie de Saintonge et du maire de Saintes.

Pour le Collectif pour la défense de l’identité saintongeaise
Magazine Xaintonge avec le soutien de l’association Les Amis de Xaintonge
Pour nous contacter :
jfrelin-17@orange.fr
xaintonge@wanadoo.fr
lesamisdexaintonge@laposte.net

lundi 19 avril 2010

Conférence
du professeur Bruno Dubois :
À quoi sert le cerveau ?


Un rendez-vous à ne pas manquer

Samedi 24 avril à 18 h 30, à la salle Carnot (22 rue Carnot 17600 Saujon, Charente Maritime), sous l'égide de l'Académie de Saintonge, conférence sur le thème "À quoi sert le cerveau ?" par le professeur Bruno Dubois, professeur de neurologie à l'hôpital de la Salpêtrière, médecin directeur de la clinique des maladies cognitives et comportementales, président du comité scientifique de France Alzheimer's Disease.
Toutes les personnes intéressées sont cordialement invitées. L'entrée est gratuite.

Ségolène Royal
répond à Cécile Duflot


• Communiqué de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes

Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, s'étonne des propos malveillants, politiciens ou immatures tenus par Cécile Duflot dans le Journal du Dimanche et lui conseille vivement de venir voir sur le terrain la réalité de la situation. Au lieu d'être méprisante, elle comprendrait alors pourquoi les 33 maires des communes concernées et les 8 associations de défense des sinistrés ont demandé à l'unanimité la révision du zonage et non pas, comme elle le laisse croire, la suppression du zonage. En effet, faute de concertation, des endroits sinistrés ne sont pas intégrés dans les zones alors que d'autres y apparaissent sans raison. Par ailleurs, nous demandons que l'Etat tienne sa parole, engage des travaux sur les digues et apporte les aides qu'il avait promises. La responsabilité est du côté de ceux qui sont au contact de la population avec transparence et qui viennent en aide aux sinistrés.

• Cécile Duflot se trompe de cible

Cécile Duflot aurait été plus avisée de venir sur le terrain pour réellement comprendre la situation et tenir des propos plus respectueux à l’encontre de Ségolène Royal. La Présidente de la Région Poitou-Charentes a été présente sur le terrain dès les premières heures et les premiers jours de la catastrophe : elle a mis en place une cellule régionale de solidarité, rendu visite aux maires et aux sinistrés, convoqué une session extraordinaire du conseil régional, fait voter les seules aides concrètes qu’ont reçues les habitants du littoral depuis le drame… Sa prise de position, soutenue par 33 maires et les associations de défense des sinistrés, est responsable, lucide et courageuse face à la brutalité et au manque de concertation qui ont conduit à la décision du zonage par l’Etat.
Le vrai courage pour le gouvernement, ce serait de confronter les décisions de l’Etat à la concertation réclamée par les habitants, et de verser les aides promises par deux fois sur le terrain par le Président de la République.
Le vrai courage, ce serait pour Cécile Duflot de témoigner de sa solidarité sans se tromper de cible, sans manipuler le drame de la tempête à des fins politiciennes, et surtout sans viser l’une des seules élues qui a réellement pris ses responsabilités face à cette catastrophe. Son manque de connaissance du dossier ne peut justifier ses propos incompréhensibles.

Françoise Mesnard,
Vice-Présidente de la région Poitou-Charentes

Xynthia : Situation éruptive
entre Cécile Duflot
et Ségolène Royal


Depuis que Ségolène Royal a pris la défense des habitants dont les maisons doivent être détruites en Charente-Maritime, Cécile Duflot, chef de file des Verts, est sur des charbons ardents.
Elle ne comprend pas pourquoi la présidente de la Région Poitou-Charentes privilégie la politique politicienne au principe de précaution.
« Irresponsable », Ségolène Royal ? Cécile Duflot, en tout cas, préfère l’attitude de Jean-Louis Borloo qui ne remet pas en cause la cartographie établie (zones noires en particulier). Le ministre de l’Environnement viendrait-il de trouver en cette verte fraîcheur une alliée inattendue ?
Au Conseil Régional, Françoise Coutant, autre verte nouvellement élue, est plus modérée quant à sa présidente. Elle comprend l’attitude « protectionniste » de Ségolène Royal et celle, plus ligne gouvernementale, de Jean-Louis Borloo, « les deux n’étant pas incompatibles ». Une sage attitude qui lui vaudra sans doute de dormir sur ses deux oreilles !
Bref, « Xynthia, c’est la zone » puisque la situation reste tendue : le bras de fer entre gouvernement et habitants devrait durer un certain temps. Quant aux Ecologistes, ils ont du boulot avec le volcan islandais. Eyjafjöll, en effet, déverse sur nos têtes et dans l’atmosphère bien plus que tous les pots d’échappement réunis…

Xynthia : le point
avec Christine Lagarde


Christine Lagarde décide que la « décote de vétusté » ne s'appliquera pas pour les indemnisations par les assurances des habitations sinistrées situées dans les "zones noires".

À la suite de la réunion organisée le 13 avril par le Premier ministre François Fillon, Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, précise que la « décote de vétusté » ne s'appliquera pas aux habitations sinistrées situées dans les "zones noires" des deux départements de la Vendée et de la Charente-Maritime.
Cette décision permettra une meilleure indemnisation des sinistrés par les assurances. Lorsqu'il n'y a pas de reconstruction "sur place" - c'est-à-dire que l'assuré ne reconstruit pas sur le lieu de son ancienne habitation et qu'il utilise l'indemnisation versée par son assurance catastrophes naturelles pour reconstruire ailleurs -, l'assurance catastrophes naturelles prévoit une « décote de vétusté ».
C'est-à-dire que l'assurance catastrophes naturelles rembourse moins que la somme des travaux qui auraient été nécessaires pour reconstruire sur place. Cette « décote de vétusté » peut atteindre jusqu'à 20% du montant des travaux nécessaires pour reconstruire sur place. Lors des procédures d'indemnisation des habitations sinistrées situées en "zones noires", les assureurs n'appliqueront donc pas de coefficient de vétusté. Cette mesure sera prise en charge entre les assureurs et l'État, via la caisse centrale de réassurance, selon les modalités des traités de réassurance les liant.
Cette mesure permettra une indemnisation plus rapide des personnes sinistrées. Dans tous les cas, pour les habitations situées en "zones noires", le fonds Barnier sera mobilisé et viendra en complément des indemnisations de l'assurance catastrophes naturelles, de sorte que les sinistrés seront au final indemnisés à la hauteur de la valeur de leur bien, établie par les Domaines, incluant le foncier et ne tenant pas compte du risque de submersion marine.

Xynthia :
Récupérer le FCTVA dès 2010


• Jean Louis Borloo :
« Les habitants de Vendée et de Charente-Maritime ne subiront aucune perte en patrimoine ».


• Michel Doublet, sénateur, interpelle le Ministre de l'Environnement


Extraits de l'intervention de Michel Doublet :

Le 28 février dernier, la tempête Xynthia a endeuillé la Charente-Maritime et la Vendée. Aujourd'hui, nous devons faire front et reconstruire. Compte tenu du montant des dépenses qui vont être engagées par les collectivités locales, la mise en place d'une mesure exceptionnelle permettant de percevoir les sommes dues au titre du Fonds de compensation pour la TVA, le FCTVA, l'année même de la dépense serait particulièrement favorable aux collectivités. Quant à l'entretien des digues et des ouvrages de protection des côtes, indispensables au maintien de l'intégrité de nos territoires, la phase 1 des travaux d'extrême urgence a été réalisée en un temps record. Nous entrons à présent dans la phase 2, qui va exiger des moyens financiers importants, que les collectivités ne pourront supporter seules. Les associations syndicales de propriétaires seront dans l'incapacité financière d'en assumer le coût, d'autant qu'elles doivent intégrer des contraintes environnementales ou architecturales excessives et dispendieuses. Il conviendrait ici de revenir sur l'arrêté d'interdiction de travaux du 1er avril au 30 juin. Un taux dérogatoire de 90% de subvention devrait de surcroît être accordé à ces propriétaires.
Par ailleurs, 8 millions d'euros de travaux de consolidation ont été réalisés sur réquisition de l'État. Il faut y ajouter les 20 millions d'euros de travaux prévus pour 2010.

Le conseil général de la Charente-Maritime, dont le président siège au banc du Gouvernement, ne pouvant supporter une telle charge, nous attendons que l'État s'engage à financer les travaux correspondants à hauteur d'au moins 50%, en plus des crédits européens.
Nous espérons également qu'il s'engagera à financer au moins 80% des travaux du plan « digues », prévus sur dix ans et estimés à 200 millions d'euros.
Enfin, concernant les "zones noires", il est indispensable de revoir le zonage en collaboration étroite avec les élus locaux et les associations de sinistrés, car l'on constate que certaines zones sont vouées à la destruction alors qu'elles ne devraient pas l'être.

• Réponse de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie

Un dispositif exceptionnel de compensation de la TVA sera mis en place afin que les communes concernées par l'arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle puissent engager immédiatement les travaux et disposer des avantages de trésorerie.
Ce dispositif étant exceptionnel, il ne s'appliquera qu'aux travaux directement liés aux éléments consécutifs à la tempête. Deuxièmement, je vous confirme qu'en cas de réquisition, lorsque l'État donne des ordres, il assume ses responsabilités.
Troisièmement, la quote-part non locale - le terme "locale" couvre toutes les strates de collectivités - sera de 50%, y compris les 10% du Fonds européen de développement régional, le FEDER. Sous la responsabilité globale de l'État - par son budget et par l'intermédiaire du FEDER -, la prise en charge atteindra donc bien 50%.
En ce qui concerne les fameuses zones noires, un accord général a été trouvé, à l'exception de quatre zones situées en Charente-Maritime qui vont faire l'objet d'une analyse plus détaillée.
Aux termes de cet accord, les personnes qui possèdent un patrimoine dans ces zones - résidence principale ou secondaire - se verront proposer par l'État, directement ou indirectement, une offre d'indemnisation financée par l'État. Cette offre correspondra à la valeur exacte du bien avant la catastrophe, sans tenir compte du risque de catastrophe auquel le bien était exposé et quels que soient le taux et le niveau d'indemnisation de l'assurance. Tel est le prix marginal. Monsieur le sénateur, j'espérais plutôt que vous vous réjouiriez de cette procédure exceptionnelle, qui me paraît absolument décisive.
De manière générale, pour le classement en "zone noire", quatre communes bénéficieront d'un complément d'étude. Dans tous les cas, nos amis et compatriotes de Vendée et de Charente-Maritime ne subiront aucune perte en patrimoine.

Xynthia : 8 associations
en marche...


• Collectif pour la sauvegarde du littoral charentais

Huit associations de Charente-Maritime se réunissent au sein du Collectif pour la sauvegarde du littoral charentais


Suite à la visite "surprise" jeudi de Jean-Louis Borloo, Benoit Apparu, Chantal Jouanno et Dominique Bussereau, les huit associations de Charron, Fouras, Aytré, l’île d’Aix, Port des barques, la Flotte en ré, Loix en Ré et des Boucholeurs ont décidé de se réunir au sein du Collectif pour la sauvegarde du littoral charentais. Les huit associations, ainsi regroupées, mutualisent leurs actions et la dénonciation de l’arbitraire et de l’iniquité.

Au-delà d’un simple changement de vocabulaire, le Collectif souhaite des actes concrets. Aujourd’hui, les zones noires sont devenues des zones de solidarité… mais les actions de déracinement et d’expropriation restent une véritable menace. C’est pourquoi, nous réclamons leur abandon et des redéfinitions sur la base d’expertises sérieuses et contradictoires, et non sur la base de décisions arbitraires.
Ce que Jean-Louis Borloo appelle « malentendu », nous l’appelons « détresse ». Nous refusons de payer les carences et la précipitation de l’Etat.

Le Collectif attend une plus grande équité dans le traitement. Comment accepter en effet que certaines habitations passent sous la coupe de cette procédure alors qu’aucune goutte d’eau n’est rentrée ? Alors qu’il n’existe pas de risques mortels (un étage, des protections, une voix d’évacuation, etc) ? Alors que les mesures de renforcement des protections réclamées depuis des années ont enfin été mises en place ?

Le Collectif n’a pas appelé à un rassemblement ce samedi, comme cela a pu être évoqué.
Cependant, cela ne signifie pas que les phrases d’apaisement du gouvernement nous illusionnent ! Le Collectif reste mobilisé pour défendre un traitement juste et équitable et nous ne manquerons pas de nous rappeler au bon souvenir du gouvernement si des décisions sensées ne font pas suite aux discours dans la semaine à venir.

Xynthia : Ségolène Royal
écrit à Nicolas Sarkozy


Lettre ouverte au Président de la République et au Premier Ministre de la part de Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, des maires de communes sinistrées et des associations de défense des victimes de la tempête de Charente-Maritime.

Réunis le 14 avril 2010 à Bourcefranc par la Présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, les maires des communes sinistrées à la suite de la tempête du 28 février 2010, ainsi que les associations de défense des habitants et de l'environnement, ont exprimé leur volonté d'unité d'action et leur décision de mettre en place un collectif de défense, face à la brutalité des zonages et à l'incohérence en de nombreux endroits du tracé.
Ils ont aussi manifesté leur colère face aux promesses non tenues d'aides d'urgence faites par le Président de la République et les ministres sur le terrain.
Ils demandent solennellement d'être respectés :
- Respect par la suspension du zonage annoncé par le préfet et l'ouverture immédiate d'une concertation des maires et des associations avant stabilisation d'un nouveau zonage sur la base d'expertises sérieuses et contradictoires.
- Respect de la parole donnée, par le déblocage immédiat des fonds promis par le président de la République et par les ministres depuis près d'un mois et demi et qui n'ont toujours pas été versés aux collectivités, aux ostréiculteurs, aux agriculteurs, aux entreprises sinistrées et aux personnes, alors que les besoins sont immenses et urgents.
- Respect de l'engagement de rapidité pris par le Premier ministre selon lequel les personnes connaîtraient dans un mois au plus tard le montant des indemnisations proposées
- Engagement de la responsabilité de l'État quant au mauvais entretien des digues et présentation d'un plan d'urgence de travaux.
Ils demandent justice démocratie, et humanité dans la prise en compte de leurs difficultés.

• Communiqué du Parti Ouvrier Indépendant
Aucune maison rasée contre le gré des habitants !


Après la détresse de la population sinistrée est venu le temps de la colère et de la riposte. « Xinthia nous a touchés, l’Etat nous a coulés ! », « L’Etat ne nous a pas protégés et maintenant il veut nous déporter ! », « On veut sauver tout le village ! » tels sont les slogans sur les banderoles des manifestants devant la Préfecture mercredi dernier.
Colère contre la décision de détruire 595 maisons, colère contre l’Etat qui en se désengageant de ses obligations a laissé les digues à l’abandon. « On va détruire des maisons au lieu de construire des digues » criait un habitant de Charron à l’adresse du Préfet ! Au lieu de détruire les maisons que le gouvernement débloque immédiatement tous les fonds nécessaires à l’entretien ou à la construction des digues et autres infrastructures destinées à protéger les habitants ! Colère des maires, rendus injustement responsables de l’attribution des permis de construire alors qu’en dernière analyse ce sont les services compétents de l’Etat qui les ont validés.
Ces derniers jours, les déclarations et les effets d’annonces se sont succédé. C’est Maxime Bono, député maire de La Rochelle qui a déclaré : « Il y a quelques contestations, mais nous sommes globalement d’accord sur la cartographie. Nous avons été entendus ! ». Mais qui donc a été « entendu » ? Certainement pas les habitants des communes sinistrées !
Ségolène Royal a, pour sa part, regretté que le zonage ait été décidé « brutalement ». Aurait-il été acceptable s’il avait été imposé en douceur ? Elle a demandé au Président de la République de « suspendre » ce zonage. Le Conseil général unanime demande au gouvernement « une nouvelle étude du zonage ». Est-ce qu’un autre zonage apportera satisfaction à tous les habitants qui veulent conserver leur maison ? Une commission sénatoriale est en train d’enquêter sur place. Le 15 avril plusieurs ministres et secrétaires d’Etat sont venus à La Rochelle « pour dissiper les malentendus ». Mais, comme le déclare le collectif des sinistrés : « les actions de déracinement et d’expropriation restent une véritable menace, c’est pourquoi nous réclamons leur abandon. Nous ne voulons pas payer les carences et la précipitation de l’Etat ».
Les habitants qui manifestent leur colère, veulent conserver leur maison !
Si l’Etat maintient ses décisions, il est de la responsabilité de tous les élus qu’ils soient députés, sénateurs, conseillers généraux et régionaux, d’être, comme les élus municipaux, avec les habitants pour empêcher la destruction de leur maison contre leur gré!

parti-ouvrier-independant.17000@orange.fr

• Île de Ré :
Quand les riches inondent,
les pauvres se noient ?


• Xynthia, c'est la zone...

Il est curieux de constater qu'aucune maison ne soit classée en zone noire dans certains secteurs pourtant inondés de l'Île de Ré. La raison cachée serait-elle liée au prix de l'immobilier de cette île fréquentée par vedettes du show-business, hommes politiques et autres célébrités parisiennes ? En effet, le m2 y est tellement "salé" que des autochtones paient désormais l'impôt sur la grande fortune ! Certaines constructions atteignent de 3 à 6 millions d'euros (jusqu'à 12, dit-on). Une situation inimaginable il y a trente ans quand le pont n'existait pas ! À Charron ou aux Boucholeurs, la situation est bien différente... Bref, l'État a annoncé que les sinistrés seraient indemnisés 250000 euros par maison détruite (quelque 1390 en Charente Maritime et Vendée). Une enveloppe de 400 millions sera débloquée à cet effet.


• 27 maisons rayées de la carte dans l'Île de Ré ?


À la Flotte en Ré, dont le premier magistrat est Léon Gendre, 19 maisons classées en zone noire seront détruites (le maire s'attend déjà à des recours). 4 sont situées en zone orange (à risques). À Loix, 8 maisons éparpillées sont en zone noire. S'ajoute une très grande zone orange, en cours d'expertise. Saint Clément est en zone jaune. Le reste de l'île est épargné par la cartographie administrative. Il est évident que ces classements suscitent des réactions en ce sens où les secteurs habités par des gens influents semblent avoir échappé au couperet. « C'est comme le nuage de Tchernobyl qui s'était miraculeusement arrêté à Strasbourg et Annemasse. Les 1,50 mètres d'eau se sont évaporés » souligne Léon Gendre, auteur d'une motion présentée au Conseil Général.
Par contre, il estime certaines positions « compréhensibles ». Ainsi, le centre de thalassothérapie, à Sainte-Marie, qui emploie 12 personnes. Certes, il a été "bien" inondé et les clients ont dû évacuer leurs chambres du rez-de-chaussée à toute vitesse, le 28 février... Toutefois, détruire cet établissement signerait la fin des activités... et donc des contrats de travail. Dans ces conditions. Idem pour les établissements hôteliers rochelais...

Motion proposée par Léon Gendre et signée par tous les conseillers généraux

• L'info en plus (session du Conseil général)

• Nicolas Sarkozy : Ému, mais ferme ?
« Les reportages télévisés, montrant des gens désespérés à l'annonce des zones noires, auraient vivement ému le Président de la République ». Cette déclaration, faite lundi matin au Conseil général de Charente Maritime, ne change rien à la position du Gouvernement quant aux périmètres dits dangereux. L'État ne reviendra pas sur sa copie, à l'exception de quelques aménagements. La priorité est d'éviter toute nouvelle «hécatombe». N'oublions pas que Xynthia a fait de plus 50 morts, de nombreuses personnes étant mortes noyées dans leurs maisons.

• Démolitions : Actions en justice ?
Nombreux pensent à faire une action en justice pour contester la décision de l'État. Mais ils savent déjà ce que les attend : une procédure longue, difficile et onéreuse auprès du Tribunal administratif (deux ans au moins). D'autres sont furieux quant à l'inconscience des lotisseurs qui ont construit en zone inondable et après les maires, dont certains sont accusés de complaisance quant à l'attribution des permis de construire. Les maires, quant à eux, ne comprennent rien aux périmètres de démolition établis. Xynthia n'a pas fini de faire des remous...

• Tourisme :
La Région Poitou Charentes ayant lancé une excellente campagne de publicité sur le Poitou Charentes, le département de Charente-Maritime a décidé de surseoir à la sienne (750000 euros). « Pas la peine de faire un doublon » explique Dominique Bussereau. Et en plus, le Département fera des économies !

• Trop de visites d'État ?
Il est vrai que le Président de la République est venu deux fois, sans compter plusieurs ministres. D'où la réflexion du socialiste rochelais Denis Leroy, comparant ces délégations nombreuses à « un caravansérail de communication ». Agacé, Dominique Bussereau réagit : « il n'y a pas eu dix visites, mais quatre, avec des retombées positives pour la Charente Maritime ». Depuis, il convient d'ajouter Jean Louis Borloo, Chantal Jouanno et Benoit Apparu.

• Des enveloppes directement :
L'action de la Région, qui donne directement des enveloppes d'argent liquide (500 euros) aux sinistrés, a été critiquée. La cause ? Certaines familles n'ayant subi aucun dégât les auraient perçues...

• Travaux sur les digues :
Jacky Quesson, conseiller général de Saint Genis, demande à ce que les travaux concernant les digues puissent être effectués en toute saison et non s'arrêter en avril. Par ailleurs, il préconise l'emploi de roches d'une certaine densité (comme à Talmont). M. Parent, conseiller de l'île d'Oléron, estime que la mise en place de portes écluses dans les marais ostréicoles protégerait les huîtres.

• Schéma routier départemental : être ou ne pas être ?
Critiqué par la Gauche pour son coût (500 millions d'euros), Marc Parnaudeau, conseiller général de La Rochelle s'inquiète : « est-ce bien raisonnable d'endetter le département sur une période de vingt ans ? Vos impactez les budgets futurs. Ne prenez pas exemple sur Paris qui fait valser les budgets avec une dette publique qui équivaut à 80% du PIB ».

Daniel Laurent, conseiller général de Pons

Daniel Laurent, le monsieur « routes » de Charente-Maritime, pense au contraire que ce schéma est essentiel. « Le progrès n'existe pas qu'à gauche, il reste dans notre camp ! Ce schéma permet de se projeter dans l'avenir avec le développement de grands pôles ».
Et d'ajouter : « Vous, opposition, vous avez le beau rôle, vous critiquez tout le temps. Ce que j'entends depuis ce matin est maladroit et irresponsable ». Quant à Dominique Bussereau, il préfère ne pas répondre à Marc Parnaudeau, trouvant ses déclarations « excessives ».

Le rochelais Marc Parnaudeau

• 700 000 € de dotation complémentaire
Le fonds d'aide d'urgence aux personnes sinistrées à la suite de la tempête Xynthia est porté à un million d'euros. « Créé lors de la session extraordinaire tenue le 5 mars, ce fonds d'aide, doté initialement de 300 000 €, est aujourd'hui presque entièrement consommé » explique Corinne Imbert, vice-Présidente chargée des Affaires sociales. « En moins d'un mois, ce Fonds a permis au Département d'apporter une aide financière, complémentaire des aides habituelles, à plus de 300 foyers en situation de grande détresse matérielle et morale ». Le fonds d'aide d'urgence aux personnes sinistrées, initié par le Conseil général, concerne principalement : le remplacement des équipements électroménagers et du mobilier de première nécessité dans les résidences principales ; les personnes seules en situation d'extrême détresse matérielle ; les fonds impayés de factures d'énergie et d'eau ; les frais de relogement (dépôt de garantie, premier mois de loyer) ; l'allocation mensuelle d'aide sociale à l'enfance.

Xynthia :
Échauffement climatique
entre Dominique Bussereau
et l'opposition...


• Zones noires : Le préfet Masse dans la ligne de mire

Il ne faut plus se voiler la face. Les effets du réchauffement climatique entraînent des tempêtes de plus en plus violentes et rapprochées (et que dire des cendres du volcan islandais Eyjafjöll !). Selon les spécialistes, ces bouleversements devraient empirer. En février dernier, le raz-de-marée provoqué par Xynthia a submergé terres et habitations en Charente-Maritime et Vendée. Depuis, un périmètre de démolition, établi dans les zones dites « à risques mortels », a été accueilli douloureusement par les habitants concernés.
De ces questions épineuses et des conséquences de l'après-tempête, il a été largement question au Conseil Général de Charente-Maritime réuni en session...



Lundi matin à La Rochelle. Il règne une température frisquette dans l'hémicycle du Conseil Général. Située en bord de mer, la Maison du Département porte encore les stigmates de Xynthia. Pas de chauffage, ascenseurs en "attente", archives envoyées dans un établissement spécialisé après leur bain inattendu : le vaste bâtiment a souffert.

Aux Minimes, le Conseil Général de Charente-Maritime est proche de la mer

Ce matin, Dominique Bussereau est sur le pied de guerre. Il sait que l'opposition va monter au créneau, d'une part au sujet de l'impôt solidarité qu'il a finalement abandonné et, d'autre part, parce que le périmètre décidé par l'État quant aux démolitions des maisons submergées est contesté. Des manifestations se sont d'ailleurs succédé ces jours derniers et certaines banderoles sont explicites sur l'état d'esprit actuel...

• Merci Jean-Louis Borloo !

Le président prend les devants en énonçant le montant important des aides allouées aux sinistrés par l'État et le Département : « Comme chaque Français, j'ai conscience que quitter sa maison, c'est-à-dire ses souvenirs, est un déchirement. Je souhaite que cette démarche soit entourée d'un maximum d'humanité et de justice. Notre priorité est la protection des populations ».
Le premier poste de dépenses concerne les digues dont la consolidation et la surélévation permettent de sécuriser les zones habitées. 70 chantiers ont été ouverts pour un montant de 8 millions d'euros. Il reste beaucoup faire, dont Saint-Laurent de la Prée (20 M). « Nous avons 200 millions d'euros de travaux indispensables à effectuer sur dix ans » avance Dominique Bussereau, favorable à l'établissement d'un plan pluriannuel.
Au total, les conséquences financières de Xynthia sont de 26 M pour la Charente-Maritime. La facture est lourde. Face aux dépenses imprévues, Dominique Bussereau a d'abord pensé à un impôt exceptionnel de 6% qui se serait ajouté à une augmentation de 5,5%, votée en décembre dernier. Cette perspective a été abandonnée : « j'ai constaté que cette expression de solidarité n'avait pas été comprise, c'est pourquoi je ne la proposerai pas » dit-il.

Entre-temps, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement, est venu à la rescousse. Il a annoncé que le FCTVA pourrait être récupéré dès cette année (d'où un gain de 3400000 euros). À cette opportunité, s'ajoutent « trois manières de payer le solde » : des redéploiements de crédits (certains projets seront reportés, mais non annulés, nuance !), des prélèvements sur le chapitre "dépenses imprévues" et une recette plus élevée que prévu des droits de mutation.


• Le périmètre des zones noires contesté

• Un médiateur dans chaque village touché ?

Léon Gendre, conseiller général de l'Ile de Ré

Léon Gendre, maire de la Flotte en Ré, entre dans le vif du sujet. Au moment où les démolitions des habitations situées en zone noire font la une de la presse nationale, il s'interroge sur l'élaboration de cette cartographie et demande des corrections objectives aux services de l'État.
« Rien, dans les cartes qui ont été rendues publiques, n'est évoqué en ce qui concerne les mesures de protection qui pourraient se substituer à la démolition. Ni leur faisabilité, ni leur coût ne sont abordés. Les démolitions, quel qu'en soit le montant, semblent être préférées à la préservation. Sur ma commune, par exemple, je m'en tiendrai à la démolition de 8 petites maisons dont les Préfets de l'époque ont autorisé la construction de 1958 à 1978, car leur maintien fait courir un risque à leurs occupants. Pour ce qui concerne les autres habitations, je soutiens mes administrés qui considèrent, à juste titre, la démolition de leur maison non justifiée au regard des risques qu'ils encourent et en vertu des critères que vous avez décidés. En un mot, je ne prendrai pas d'arrêté d'interdiction d'occuper ces habitations, tant que la procédure que vont engager mes administrés ne sera pas arrivée à son terme ». Et d'ajouter : « N'attendez pas que le geste irréparable d'un sinistré ne vienne encore en rajouter au désespoir de la population. Nos communes de Charente-Maritime ne ressemblent en rien à La Faute sur Mer et à ses 4000 villas construites dans le plus grand désordre ». Il exhorte le préfet à se montrer compréhensif et présente une motion qui sera signée par l'ensemble des élus, toutes tendances confondues.

Lionel Quillet, maire de Loix, et Dominique Bussereau

Des débats animés

L'intervention poignante de Lionel Quillet, maire de Loix, ne fait que confirmer le malaise qui règne sur le terrain. « Je suis fatigué, nous sommes tous secoués » avoue cet homme qui a sauvé de la noyade sa femme et ses enfants. L'émotion est vive. « Durant vingt jours, nous avons fait face. Nous étions dans le constructif et la solidarité. Aujourd'hui, alors qu'ils ont été terriblement éprouvés, on demande à certains habitants de quitter leurs maisons à peine inondées. Il faut faire la différence entre les lieux qui sont effectivement dangereux et d'autres sites, submergés parce que les digues n'étaient pas entretenues. Pourquoi raser dans l'Île d'Aix où la digue a été consolidée par les hommes du Génie ? Travailler dans l'urgence peut entraîner des erreurs dans l'élaboration des zones. Personne n'est infaillible. Réfléchissons ensemble sereinement avant de prendre des décisions graves pour les sinistrés. L'avis de nouveaux experts serait le bienvenu »...

Des applaudissements suivent cette déclaration qui traduit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : pourquoi imposer une cartographie dans des délais aussi rapides alors qu'une vaste concertation, avec les maires en particulier, aurait été nécessaire ?

Jean-Pierre Tallieu, président de la CDA de Royan, partage le même sentiment : « le périmètre établi a été mené sans concertation avec les élus locaux. Il doit être revu. Je souhaite la création d'une structure paritaire où chacun exprimera son opinion ».

André Bonnin, conseiller général de Rochefort, cite le cas de l'île d'Aix : « La semaine dernière, le maire a appris que douze maisons seraient détruites. Faites le rapport, la population est de 180 habitants ! C'est énorme par rapport aux zones noires de l'île de Ré : Pourquoi ? L'État se désengage de l'entretien des digues au motif que c'est aux propriétaires de se protéger. Il y a des systèmes de défense à mettre en œuvre. Je demande la nomination d'un médiateur dans chaque village touché ».

Pour Daniel Laurent, conseiller général de Pons, la question est directe et pleine de bon sens. Puisqu'il s'agit de démolir en zones "dangereuses", de nombreuses agglomérations sont concernées : « Je pense en particulier à Pons et à Saintes avec les débordements de la Seugne et de la Charente. Les maisons situées dans les quartiers inondables devront-elles être détruites ? ». La ville de Paris est dans le même cas de figure !

Michel Servit, conseiller général de Royan, abonde dans son sens : « La Maison du Département a été victime de Xynthia. À l'époque de sa construction, j'avais donné mon avis de marin en suggérant des portes étanches en sous-sol. Pure prudence. On m'a répondu que ça coûtait trop cher ». Si sa remarque avait été prise en compte, les voitures et les archives du Conseil Général auraient échappé à la vague...

En l'absence de Dominique Bussereau, appelé au téléphone par Matignon, le doyen Jean Louis Frot, conseiller général de Rochefort, a présidé la séance

• Le combat des modestes contre les puissants ?

La Gauche n'a pas de chance. L'impôt solidarité que voulait lever Dominique Bussereau était pour elle un vrai sujet de contestation. Or, samedi dernier à Saintes, le président a annoncé son abandon. Placés devant le fait accompli, Socialistes et Radicaux n'en commentent pas moins la gestion de Dominique Bussereau. Pour eux, c'est à l'État, et non pas aux contribuables, d'apporter son soutien, comme il l'avait fait après la tempête de décembre 1999.

Bernard Lalande, conseiller général de Montendre, le rappelle dans son intervention. Pour dégager des fonds, il est favorable aux reports de travaux : « Par contre, je suis opposé à ce que les aides soient supportées par un impôt supplémentaire que devraient payer les Charentais Maritimes ».

Il est relayé par David Baudon, conseiller général de la Jarrie. Après avoir critiqué la politique nationale qui fait exploser « les déficits des collectivités territoriales », il constate que le budget du Conseil général souffre d'asphyxie. Lointaine serait l'époque de l'âge d'or ! « Il n'y a plus d'excédents depuis 2007 alors que votre majorité ne cesse d'augmenter la fiscalité chaque année ». Il apprécie que l'impôt exceptionnel ait été écarté par « une prise de conscience » et reste perplexe quant au gel de la fiscalité départementale en 2011. « L'année des Cantonales, est-ce un hasard ? » glisse-t-il.

David Baudon et Denis Leroy


Le ton de Denis Leroy, conseiller général de La Rochelle, est plus goguenard. Après s'être réjoui que Dominique Bussereau ne siège pas à Poitiers, ce qui lui permet de rester tout entier dans le cœur des conseillers généraux, il pique la première banderille. « Quelle semaine vous nous avez fait vivre avec votre augmentation d'impôt ! ». Et de s'interroger sur l'attitude du Gouvernement quant aux zones sinistrées. « Devons-nous la résumer à : je suis venu, j'ai vu, j'ai évalué et vous n'avez qu'à payer. Des impôts, les Français en sont gavés ». L'élu rochelais estime que « l'heure est aux digues, le bitume, on verra plus tard ! Le Gouvernement doit tenir ses promesses. Un programme établi sur dix ans avait été validé en 99 et onze ans après, une constatation s'impose. La feuille a dû se perdre. En ce qui concerne la définition des zones, on ne peut pas avoir deux poids et deux mesures et certains maires veulent démissionner. Il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation. Un mouvement est en train de se créer : les modestes contre les puissants. Les images que nous voyons actuellement à la télé risquent d'avoir un effet dévastateur sur la prochaine saison touristique ».

La riposte de Dominique Bussereau ne se fait pas attendre : « Je n'ai pas l'habitude de travailler dans la précipitation, ni de manière bouillonne. Vous dites que l'État n'a rien fait, mais quand l'addition sera faite, vous verrez ! Quant à l'impôt, nous n'avons pas la même approche sur le sujet que le Parti socialiste ».

• La protection des zones littorales étendue à l'ensemble des départements


Henri Masse se trouve dans une phase difficile : celle de la reconstruction. Interpellé par les maires, pris à partie par les sinistrés de Xynthia, le représentant de l'État est entre deux chaises. Le terrain et Paris. Il connaît la situation, les drames familiaux, la souffrance de la population, la fatigue des élus municipaux : « Cette tempête a provoqué un phénomène sans précédent et les populations doivent être protégées. Le danger est avéré en certaines zones ». Cette opération concerne désormais tous les départements côtiers car les événements de mer, qui découlent des changements climatiques, peuvent surgir n'importe où.

En Charente-Maritime, les zones ont été déterminées avec la collaboration d'experts et les services des ministères concernés. Des couleurs ont été définies, noir quand les maisons doivent être détruites ; jaune quand le risque, permanent, peut être maîtrisé. Devant le tollé qu'a soulevé la cartographie proposée la semaine dernière, des expertises complémentaires auront lieu. Chacun essaie de défendre l'endroit où il vit : il n'en reste pas moins que derrière une digue, se trouve un effet de cuvette... « Je comprends vos réactions » déclare le préfet. Désormais, et le Gouvernement l'a dit mardi dernier, le dispositif est activé et les habitations seront "achetées" à leur valeur d'avant tempête. Bien sûr, l'heure est grave, c'est pourquoi des cellules de relogement et d'accompagnement psychologique sont opérationnelles.
Pour expliquer le choix dur de l'État en pareille circonstance, Henri Masse ajoute que la submersion aurait été plus grande si la marée avait eu un gros coefficient (équinoxe). La vague, déjà haute de 8 mètres (avec une surcote de 1,60 m) aurait atteint des sommets... « 23 000 hectares de terres agricoles ont été inondés. Tous les plans de prévention seront révisés. Je partage votre émotion, mais le risque est permanent » conclut-il.

En face, de nombreux conseillers généraux hochent la tête. Visiblement, ils ne partagent pas la position du préfet. En contact avec les habitants, ils savent que cette tempête va laisser des marques indélébiles. Et la bataille ne fait que commencer...

Un peu d'apaisement au restaurant du Conseil Général, après cette ouverture de session tendue. Le conseiller général de Mirambeau, Bernard Louis Joseph, et le député Jean Claude Beaulieu ont invité les maires du canton de Mirambeau à déjeuner.


dimanche 11 avril 2010

Charente Maritime :
Pas d’impôt « tempête » en 2010 et pas d’augmentation de la fiscalité en 2011


Expropriations : Le périmètre n'est pas figé…

La possibilité d’une hausse supplémentaire des impôts départementaux de 6%, annoncée la semaine dernière par le Président du Conseil Général, Dominique Bussereau, a été écartée.

Dominique Bussereau aux côtés de Corinne Imbert, conseiller général

Les temps sont durs pour la majorité. Des élections régionales difficiles et puis Xynthia, cette tempête dévastatrice... Lors de sa venue en Vendée et en Charente-Maritime , Nicolas Sarkozy l'avait annoncé : les maisons situées dans les "cuvettes de la mort" seraient détruites afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Un périmètre a donc été établi et depuis sa présentation, la colère de personnes concernées est réelle. Un traumatisme pouvait donc en cacher un autre. Nombreux ne comprennent pas pourquoi leurs habitations seront rayées de la carte quand d’autres, situées à quelques encablures, seraient épargnées. Cette réaction est naturelle. Les maisons sont peuplées des choses de la vie, joie et tristesse conjuguées. En détruire les murs, c’est enlever à tout jamais les marques concrètes du "passage". Rompre le lien est forcément douloureux.
Les réactions ont été immédiates. On parle déjà d’actions en justice et certains resteront « malgré les pressions ». Les réunions organisées se sont déroulées dans un climat souvent délétère et l’arrivée du cabinet de Corinne Lepage, l’ex ministre de l’Environnement, a été remarquée. Un avocat est utile pour expliquer quels sont les droits et les marges de manœuvre en pareille circonstance !
Le délicat sujet des expropriations a été abordé par Dominique Bussereau qui ne peut se substituer à l’autorité du Préfet dans ce domaine. Chacun son job ! En améliorant certaines protections (digues), la cartographie pourrait être modifiée. Il agira « sans le klaxonner sur les toits, dans un souci d’efficacité ». Et d’ajouter : « je rends hommage aux maires qui sont à bout de nerfs. Mon rôle est de faciliter le dialogue ». Il recevra les associations et les élus (une fronde s’est constituée autour de Jean-François Faget, maire de Charron qui refuse de signer les arrêtés).


• Pas d’impôt tempête


L’information principale de ce point presse a été le retrait - si l'on peut utiliser ce terme puisqu’il s’agissait d’une éventualité – d’un impôt supplémentaire pour les Charentais Maritimes. « Pour faire face aux dégâts provoqués par la tempête, il nous manquait 11millions d’euros et nous avions envisagé un impôt solidarité. Or, deux éléments nouveaux sont intervenus. Nous pourrons récupérer la TVA sur les travaux dès cette année, soit 3,4 millions d’euros, et nous allons différer des programmes, ouvrages d’art, bâtiments départementaux, permettant une économie de 7,5 millions d’euros ». Un « petit bout d’emprunt » de l’ordre de 2 millions d’euros pourrait s’ajouter aux 85 millions votés en décembre dernier.

• Attentif aux « doléances » des habitants…

En écoutant la "base", Dominique Bussereau démontre qu’il est un élu de terrain. Pour s’être rendu dans les communes sinistrées et y avoir rencontré les victimes de Xynthia, il comprend leur traumatisme, de même qu’il sait les difficultés des citoyens frappés par la crise : « Cet impôt était perçu comme anxiogène » a-t-il déclaré. Il ne sera donc pas appliqué et, autre bonne nouvelle pour les contribuables, « il ne devrait pas y avoir d’augmentation de la fiscalité départementale en 2011 ».
Ces sujets d’actualité, il en sera question lundi, lors de la session du Conseil général qui s’ouvrira à la Rochelle (à ce sujet, en quelle zone a été classée la Maison du Département qui a été inondée ?). L’opposition, dont Bernard Lalande, conseiller général socialiste de Montendre, devrait monter au créneau. « La commune de Montendre a été largement aidée par le Département après la tempête de 1999. A cette époque, son maire était heureux de trouver la solidarité départementale » a souligné Dominique Bussereau. Il entrevoit déjà les attaques dont il va faire l’objet et prépare la riposte…

Dominique Bussereau interviewé par BFM TV

L’info en plus

• Les vertus des marais : La priorité est d’établir un Plan de prévention des risques en Charente-Maritime. Le marais, en jouant son rôle d’éponge, a permis d’éviter des drames. Des aides seront donc apportées pour reconstituer du « vrai marais avec des pelles qui fonctionnent ». Le Conservatoire du Littoral sera associé à ce dossier. Reste à connaître la position de l’UNIMA. De nombreuses terres littorales, en effet, ont été asséchées pour permettre aux agriculteurs de les exploiter.

• Les maisons démolies seront achetées à leur valeur avant tempête (une opportunité puisqu’elles ne valent plus rien et que les assureurs refuseraient tous nouveaux contrats). La situation n’est pas figée et le Préfet est ouvert au dialogue. Les experts pourraient d’ailleurs revenir… Ceci dit, nombreux se demandent pourquoi ce périmètre a été établi si rapidement alors qu’une vaste concertation aurait été nécessaire. On aurait évité les réunions houleuses des jours derniers.

Et la LPO ? Les mauvaises langues accusent les associations écologistes d’en rajouter quant au périmètre défini. Sur ce point, Dominique Bussereau a été clair. Appréciant Alain Bougrain Dubourg, il estime au contraire que la LPO (dont les nouveaux bâtiments ont été inondés à Rochefort) apporte son aide.

Xynthia : Cartographie des zones en danger et dispositif d'accompagnement des habitants concernés


Plus de cinquante personnes en France, dont 12 Charentais-Maritimes, ont été victimes de la tempête Xynthia du 28 février dernier. Cette catastrophe, qui a touché près de 5.000 foyers en Charente-Maritime, a amené les autorités publiques à arrêter une politique fondée sur deux principes simples : protéger les vies humaines, y compris en décidant que certaines zones seraient rendues inhabitables ; accompagner chaque sinistré jusqu’au rétablissement de conditions de vie normale, notamment en terme de logement pour ceux qui résident dans les zones rendues inhabitables.

• Définition des zones de danger avéré pour les habitants

Durant tout le mois de mars, sous l’autorité d’Henri Masse, Préfet de Charente-Maritime, une étude conduite principalement par des ingénieurs et techniciens de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer, renforcée par 14 experts nationaux (CETMEF, CETE, DREAL), et complétée par des visites de terrain et plusieurs échanges avec les Maires a permis d’identifier les zones des communes présentant un danger pour la vie humaine.
La définition de ces zones a été réalisée selon une méthode établie au plan national et appliquée de façon homogène dans le département, combinant plusieurs critères dont la hauteur et la vitesse de l’eau constatées pour chaque zone lors de la tempête, la proximité d’un endiguement, exposant certaines habitations à une inondation brutale, la topographie des sites lorsqu’elle aggrave les effets de l’inondation (cuvettes) ou rendent impossible les évacuations d’urgence, la possibilité de se protéger, par l’aménagement des bâtiments exposés (refuge dédié) ou l’établissement de zones de repli accessibles par des chemins hors d’eau.

• Au terme de cette étude, deux types de zones ont été identifiées : Les « zones noires », présentant un danger avéré de mort. Près de 600 logements ont été classés dans cette catégorie en Charente-Maritime et pour lesquels les habitants devront être relogés ; les « zones jaunes », présentant un risque pouvant être maîtrisé par des prescriptions complémentaires. Ces zones devront faire l’objet d’un programme de protection sur la base de systèmes d’alerte et d’évacuation, de prescriptions techniques sur les bâtiments ou de protections collectives. Ce programme sera établi rapidement et sa mise en œuvre suivie avec la plus grande rigueur ; les « zones orange » qui nécessitent une expertise complémentaire dans un délai d’un mois pour être classées noires ou jaunes.

Le Préfet de Charente-Maritime et l’ensemble des autorités publiques sont pleinement conscients de l’extrême gravité de la situation pour les sinistrés dont l’habitation se trouve en zone de danger avéré, et qui ont, pour beaucoup d’entre eux, déjà été durement éprouvés par la tempête. Pour beaucoup, cette décision était attendue, tant le traumatisme du 28 février dernier fut profond et les souvenirs encore présents. Pour d’autres, cette décision sera une nouvelle épreuve parce que leur souhait était de restaurer ou reconstruire une maison à laquelle ils sont attachés et pouvoir l’habiter de nouveau.

• Dispositif d’accompagnement personnalisé des sinistrés

Le Préfet tient à assurer les personnes sinistrées de son soutien, et mobilise à cet effet l’ensemble des services de l’Etat et des institutions publiques pour les accompagner individuellement dans toutes leurs démarches administratives et de relogement. Dans ce cadre, le Préfet a mis en place un dispositif spécifique, opérationnel dès aujourd’hui, qui s’appuie sur une cellule d’acquisition des habitations et des terrains localisés en « zone noire ». Pour les sinistrés localisés dans les zones noires, les modalités d’acquisition de leurs biens (habitations et des terrains sinistrés) seront adaptées à chaque cas. L’Etat s’engage auprès de chaque sinistré relocalisé à acquérir à l’amiable par le biais d’un fond d’acquisition leurs biens à hauteur du prix du marché avant la tempête et l'évaluation du bien est effectuée par le service des Domaines.

La première tranche de financement sera apportée par les assurances, dans le cadre des dispositifs contractuels liés aux situations de catastrophe naturelle. Le complément sera apporté par l’État, par le biais du Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (FPRNM, dit Fonds Barnier).
Une cellule de relogement chargée d’assurer une écoute des sinistrés pouvant donner lieu à une orientation vers une prise en charge spécialisée, d’accompagner les publics par une prise en compte des situations individuelles (assurances, mobilisation des aides, situation financière), d’établir un diagnostic par foyer pour un relogement ou un nouvel habitat, d’accompagner les familles sur leurs projets de relogement. En appui de ces projets de relogement, les conditions d’accès au crédit seront facilitées pour les sinistrés qui souhaiteraient y faire appel, notamment au prêt à taux 0 et aux aides du 1% Logement.
Une cellule de soutien psychologique et d’écoute disponible pour chaque personne qui le demande, un dispositif professionnel, pour un accompagnement anonyme et individuel, une cellule organisée par l’Agence Régionale de Santé.

Un numéro unique d’appel est à la disposition des familles sinistrées : 0 800 00 17 00
Une adresse mail est également disponible : info-xynthia@charente-maritime.pref.gouv.fr