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dimanche 28 octobre 2012

Sainte-Lheurine :
Les années nostalgie

En accueillant Jean François Michael, chanteur bien connu des années 80, la commune de Sainte-Lheurine, chère à Jean-Pierre Mariau, a remonté le temps. 

 

En première partie, le public a fait la connaissance de Zoë Kfrat, un duo plein d’imagination et d’entrain. 

Jean Jacques Lafon
Suivirent sur scène Jean-Jacques Lafon dont « La maison de papier » a su résister au temps et, bien sûr, Jean-François Michael dans son costume scintillant. Les participants ont entonné avec lui des airs qui restent encore gravés dans leurs mémoires. Le dernier morceau « Adieu jolie Candy », 5 millions de disques à l’époque, en fait partie. Dans sa nouvelle version « Crazy horse », il fait un tabac !

Jean François Michael
  Bravo pour cette soirée « variétés » sympa et accueillante !

Le groupe Zoë Kraft, le présentateur, Jean Jacques Lafon, Jean François Michael
  

Jonzac fait son cinéma
avec Jean-Luc Blanchet


Récemment, le Familia 
accueillait Jean-Luc Blanchet. On lui doit de nombreuses réalisations, dont une série de portraits sur la région 
de l’estuaire.

Se retrouver dans la salle de cinéma de Jonzac est toujours un moment agréable. Dotée de dernières technologies, elle dispose de fauteuils suffisamment douillets pour faire oublier les fatigues de la journée ! Pour preuve, la salle était archi-pleine, prête à découvrir les courts-métrages de Jean-Luc Blanchet, responsable avec Jean-Pol Soriano de la société West Océan Production.
Il fait partie de ces hommes qui ont quitté la région parisienne pour s’installer dans un lieu qui leur parle. La Charente-Maritime appartient à ces havres qui attirent les créateurs. En choisissant Arces sur Gironde, Jean-Luc Blanchet est dans l’air du temps. À ceux qui brandissent le spectre de l’isolement, la réponse coule de source : grâce à internet, on communique avec le monde entier et pour se rendre dans la capitale, il suffit de prendre un TGV à Angoulême (en attendant la prochaine ligne en cours de réalisation dans le Sud Saintonge !).

Avec Jean-Luc Blanchet, Jean-Pol Soriano, Christophe Cabri et Christel Brière
Un nombreux public réuni au cinéma Le Familia

« Avec Jean-Pol, nous avons monté une société pour faire des films sur la région » explique-t-il. Les portraits sélectionnés ont été diffusés sur France 3. Ils révèlent des personnalités attachantes qui ont une passion, que ce soit pour les airs, la mer, le sport. Ou bien un goût prononcé pour l’histoire en valorisant un château de la Guerre de Cent ans comme Saint-Jean d’Angle !
« Beaucoup sont devenus des amis » avoue Jean-Luc Blanchet. D’ailleurs, l’un d’eux, pilote d’hélicoptère aux belles bacchantes, a fait le déplacement jusqu’à Jonzac !
On y voit également Philippe Croizon avant qu’il ne traverse la Manche à la nage. Il explique comment, du jour au lendemain, sa vie a basculé en réparant une antenne de télé. Amputé, il a fait preuve d’un courage exemplaire, démontrant à son épouse et à ses enfants qu’il avait banni le mot « fatalité » de son vocabulaire. Un as du parachutisme, que l‘on voit en pleine évolution, lui a offert son premier saut. De tels moments ne s’oublient pas. Ces défis sont « un peu fous », mais que serait l‘existence sans cette montée d’adrénaline ?

L’authenticité

Jean-Luc Blanchet en profite pour mettre en lumière un ancien projectionniste qui a longtemps travaillé au Lido, à Royan. Sa manière à lui de remercier ceux qui contribuent à la « communication » audiovisuelle. On découvre aussi le père du Cricri ainsi que des amateurs de 2 CV. Après que leur camping-car a failli brûler à Saint-Genis de Saintonge, ils sont partis en Grèce avec leur fameuse « deudeuche ». Depuis, ils restent fidèles à ce véhicule increvable. Bien que peu confortable, il n’engendre jamais la monotonie !

Les courts-métrages sont pleins d’humour et de poésie. S’y succèdent des gens que l’on ne voit généralement pas aux heures de grande écoute. Loin du terrorisme international, de la crise de l’euro et des querelles politiciennes, ils ont pour eux l’authenticité du cœur. Déterminés, ils avancent parce qu’ils sont ainsi faits ! De vrais humanistes à classer en espèces protégées !

La soirée s‘achève sur les mésaventures d’un coiffeur espagnol, Ramon, dont le héros principal n’est autre que l’un de ses clients, Jean-Luc Blanchet. Il se livre à cet exercice avec une bonne humeur communicative. Ole la coupe au carré !


Sous le charme, le public applaudit ce travail qui sort des sentiers battus. Un dialogue s’instaure avec le public : « Une histoire nous relie à Jonzac depuis 1998 au moment du Téléthon, avec Laurent Neau en particulier. Nous ne sommes pas là par hasard » explique le réalisateur qui était également présent en 2011, toujours pour le Téléthon, où il représentait France Télévision. N’en doutons pas, il reviendra dans la capitale de la Haute-Saintonge…

• En souvenir de l'Amiral Duperré

Tempête 1999, port des Monards (photo Nicole Bertin, pilote Alain Perrier)
Le premier film était consacré au dernier jour de l’Amiral Duperré. En effet, cette longue embarcation, qui a navigué sur l’estuaire de la Gironde durant 50 ans, servit de bac entre le littoral et l’Île d’Oléron avant de transporter le sable des gravières. Désormais, elle a pris sa retraite ! L’Amiral Duperré est entré dans les annales avec la tempête de décembre 1999. C’est lui que de nombreux médias ont immortalisé dans le port des Monards où, poussé par les vents et les eaux, il s’était retrouvé prisonnier. Personne n’a oublié cette vue aérienne largement publiée dans la presse !

Charente-Maritime :
Le Département en difficulté

vend ses bijoux de famille


Frappés par la crise, de nombreux conseils généraux, ne pouvant plus honorer le versement des prestations sociales, viennent de 
solliciter l’aide de l’État. Pour faire face, la Charente-Maritime se séparera, dans un premier temps, de biens immobiliers… 

Les temps sont durs. De nombreux Conseils généraux risquent de se retrouver, telle la cigale de Jean de la Fontaine, « fort dépourvus quand la bise sera venue ». L’explication de cette situation est simple : face à la crise, les charges liées au social ne cessent d’augmenter. Et la période de rigueur actuelle devrait les accentuer. « Nous vivons une époque critique. Le nombre de prestataires est en nette augmentation, APA, RSA, adultes handicapés. L’État ayant transféré ces compétences aux départements, nous devons faire face, mais il faut bien trouver l’argent quelque part » admet Jean-Louis Frot, chargé des finances au Conseil général.

Au centre, Dominique Bussereau, président du Conseil général, aux côtés de Béatrice Abollivier, préfet
 Lundi matin, en ouvrant la nouvelle session, Dominique Bussereau n’a pas cherché à travestir la vérité. « Le versement des allocations sociales nous pose problème. Les départements sont mal-en-point, les présidents l’ont dit à François Hollande lors du congrès de Metz. Il y a une mise au point à faire sur la feuille de route. L’État, comme il s‘y est engagé, doit nous donner les instruments financiers pour honorer ces charges. Il y a des départements qui sont incapables de boucler leur budget ». D’où l’octroi de 170 millions d’euros débloqués par le Gouvernement.
Et le président d’ajouter : « Certains ont poussé des cris quand la Droite a commencé à réduire les dotations aux collectivités locales. Je constate que le gouvernement de François Hollande fait la même chose. Nous devons être fermes : toute phase nouvelle de décentralisation avec transfert de compétences vers les départements devra être compensé à l’euro près ». D’autant que les charges pourraient s’accroître de tous les côtés. Si la semaine des écoliers s’enrichit d’une demi-journée supplémentaire, il en coûtera 2,9 millions d’euros par an en transport scolaire.

 

On vend les bijoux de famille… 

Le budget du Conseil Général se situe aux alentours d’un milliard d’euros auxquels s’ajoutent les budgets annexes (80 millions d’euros). Que le social soit en augmentation était prévisible en période de crise. Le souci de Dominique Bussereau est de rester à flot. Critiquant « l’assommoir fiscal » que pratique le PS, il engage deux grandes actions, la maîtrise de l’endettement et celle des dépenses de fonctionnement. « Nous devons faire des efforts, tout en assurant un soutien aux petites communes et aux associations ». Il faudra néanmoins « des justificatifs sur les équipements ».
Le réveil va sans doute être difficile. Conséquence, le Département, qui possède des terrains et immeubles, va se défaire d’un certain nombre d’entre eux, dont une structure située à Neuvicq le Château.

Jacky Quesson et Thierry Jullien, conseillers généraux
 Dominique Bussereau aborde ensuite deux grands sujets : le sort de la future prison de Fontenet et le départ du Crédit Agricole de Saintes pour la région rochelaise.

Ne pas 
opposer l’Aunis 
à la Saintonge ! 

« Évitons d’opposer un territoire à un autre » déclare Mickaël Vallet, porte-parole de l’opposition. En ce qui concerne le Crédit Agricole, il souhaite que la motion proposée par le Conseil général parle d‘une seule voix. Il serait maladroit de mettre dos-à-dos les élus de La Rochelle et Saintes ! Sur les choix d’orientations budgétaires, il regrette que les certaines économies soient basées « sur des critères simples, voire simplistes ». En cette période difficile, « rien ne sert d’agiter des épouvantails. Nous sommes tous dans le même bateau » dit-il. Et pas besoin d’accuser Jacques, Nicolas ou François, voire Léon Blum, initiateur des congés payés, quand il faut bourse délier !

David Baudon, conseiller général de La Jarrie
David Baudon, conseiller général de La Jarrie, estime que le débat d’orientation budgétaire est à un tournant de son existence avec des marges de manœuvre inexistantes : on solde les bijoux de famille ! « Les collectivités réalisent 70 % des investissements, il est donc nécessaire de maintenir la politique d’aides menée jusqu’alors ».
Au fil du temps, les conseils généraux ont de plus en plus de charges à honorer (RSA, TOS, DDE) et la réforme de la taxe professionnelle a privé les communes d’une manne qui leur fait défaut. « Ce qui nous coûte cher, ce n’est pas la décentralisation, c’est le transfert des charges. Tous les gouvernements en portent la responsabilité, du RSA avec Martin Hirsch à Lionel Jospin pour l’APA. Jusqu’à présent, nous arrivions à payer avec les ressources qui sont les nôtres. A terme, les départements sont condamnés s’ils se cantonnent au rôle de guichets » déclare Dominique Bussereau. D’ailleurs, le secteur du bâtiment viendrait de lancer un signal d’alerte…
« Nous savons que l’APA pèse lourd sur les départements et une aide sera versée à ceux qui sont en difficulté. Le traitement de la dépendance et l’attribution de l’APA doivent évoluer » remarque Béatrice Abollivier.

• États généraux de la démocratie : Initiés par les trois sénateurs de Chte-Mme, MM. Laurent, Doublet et Belot, les participants se sont prononcés contre la fermeture des sous-préfectures. Ils sont pour l’accroissement de la taille des régions, la disparition des pays et la place déterminante de la commune comme échelon de base. Apparemment, selon Michel Doublet, ces premiers États généraux auraient été troublés par une mésentente liée à la représentation politique ; d’où l’organisation le même jour d’une réunion à Saintes qui aurait amputé celle de Pont l’Abbé d’Arnoult d’un certain nombre d’élus…

Dis-le-moi dans l’oreille 

• Intercommunalité :  Pour être véritablement efficaces, Béatrice Abollivier estime que les territoires doivent avoir des espaces de discussion comparables. « Vous allez dire que je suis une monomaniaque de l’intercommunalité ! L’intercommunalité, pourquoi faire ? Nous en avons l’illustration avec les grands dossiers du Nord du Département ».

 • Autoroute A 831 : Face au manque d’argent, de nombreux projets seront gelés, a annoncé le Gouvernement. Certains restent cependant d’actualité. À ce sujet, où en est l’autoroute A 831 entre Rochefort et Fontenay Le Comte ? Le journal Le Figaro l’a placée récemment dans les dossiers en attente alors que le Préfet de Région a déclaré que tout allait bien. Béatrice Abollivier, préfet, estime que ce chantier devrait faire partie des « projets préservés ».

• Dessertes SCNF :  Le chantier de la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, qui traverse plusieurs communes du Sud Saintonge, suit son cours. L’électrification de l’étoile de Saintes est plus que jamais dans l’air du temps. Bonne nouvelle, les collectivités territoriales de la Charente seraient prêtes à participer financièrement. « Il faut commencer par La Rochelle, Rochefort et descendre » souligne Dominique Bussereau. « Une bonne perspective » selon le préfet.

 • L’heure, c’est l’heure !  Est-ce en raison de sa proximité avec la SCNF, toujours est-il que Dominique Bussereau, loin de « lambiner », respecte les horaires. Lundi, il n’a pas dérogé à son habituelle rigueur. 10 h 30, ce n’est pas 10 h 45, n’en déplaise aux adeptes du quart d’heure charentais ! « Le sous-préfet de Jonzac n’a pas encore en tête le temps de parcours entre La Rochelle et Jonzac » dit-il en remarquant l’absence, en début de séance, de Philippe Aurignac…

 • Le nouveau Conseil Général jeunes, composé de collégiens qu’encadre M. Galteau, conseiller général de Saint-Hilaire de Villefranche, se réunira le 7 décembre prochain.

Digues : Quatre chantiers ont été labellisés par les fameux PAPI, soit 25 millions euros de travaux à Charron, Port les Barques, les îles de Ré et d’Oléron.

Frais de fonctionnement des collèges :  Ils ont été réduits car « les établissements disposeraient de fonds de réserve ». Le manque de moyens risque toutefois de poser problème.

La jussie est une plante qui envahit et obstrue les cours d'eau. Un SOS est lancé contre ce vilain envahisseur...

Fort heureusement, le président Bussereau n'append pas que de mauvaises nouvelles !

La prison de Fontenet (17)
verra-t-elle le jour ?


Dominique Bussereau a pris rendez-vous avec Christiane Taubira (qu’il connaît depuis 1997) pour évoquer l’avenir de cette prison censée remplacer celle de Saintes, trop vétuste. Ils se rencontreront en novembre.

Le projet de Fontenet (région de Saint-Jean d’Angély) est-il abandonné ? On sait que le financement public/privé n’était pas du goût du Gouvernement qui n’aime pas trop les machines à vapeur.
Il est évident que les édiles de Saint-Jean se posent des questions. Catherine Quéré, député, ose encore y croire.

Pour Isabelle Pichard, les élus doivent défendre leurs territoires : « si l’on ajoute les 30 employés de la prison et les 270 du Crédit Agricole, Saintes serait appelée à perdre 300 emplois. Bien sûr, il ne faut pas mettre nos collègues des cantons concernés par ces relocalisations en difficulté, mais nous sommes accrochés à nos emplois. Moi, je défends mon secteur et chacun fait son boulot ! ».

Yves Quéré, conseiller général de Saintes, ironise un peu : « L’UMP a annoncé le projet de prison à Fontenet en grande pompe sans l’avoir budgétisé ». Sentant que sa femme députée est sur la sellette, il met les pieds dans le plat : « Elle continue à se battre pour Fontenet. Qu’est-ce qu’on aurait dit si elle avait retourné sa veste ? ».
« Baliverne » rétorque Dominique Bussereau : « Catherine Quéré était au courant de tout et des règles du jeu entre financement public et privé ». Quant à se positionner pour Saint-Jean ou pour Saintes quand on est député des deux territoires, l’équilibre est forcément délicat !

La meilleure façon d’être éclairé est effectivement d’aller rendre visite au Ministre de la justice. La balle est dans le camp du gouvernement…

Île de Ré : En 25 ans,
on a édifié 6 500 maisons
autant qu’en dix siècles !


Altercation, l'autre lundi, entre deux conseillers généraux au sujet de la construction sur l'Ile de Ré...

Léon Gendre est une figure bien connue de l’Île de Ré. Maire de La Flotte, ancien patron du restaurant Le Richelieu, il se réjouit d’avoir été élu onze fois sur douze aux élections, dont une fois seul aux municipales. Ses 76 printemps ne l’inquiètent pas, il se représentera ! Lionel Quillet, quant à lui, est maire de Loix et il a accompli un travail exemplaire après la tempête Xynthia.
Que se passe-t-il donc entre le monsieur « digues » du département et celui qui porte les cravates les plus flashy de Charente-Maritime ? Dans une longue intervention lors du Conseil général, Léon Gendre a déploré le nombre croissant de permis de construire délivrés sur l’île de Ré alors qu’un accord avait été conclu, lors de la construction du pont, afin d’éviter la spéculation. « En 25 ans, on a édifié 6 500 maisons, autant qu’en dix siècles. Si l’on n’y prend pas garde, la capacité d’accueil atteindra bientôt les 160 000, 170 000 personnes. C’est une menace pour l’environnement fragile de l’île ».
Le seul problème, c’est qu’une majorité d’élus ne veut pas se soumettre à une quelconque limitation. Léon Gendre se retrouve bien seul dans son combat contre l’envahisseur béton ! Sur la commune de Sainte-Marie, il est à l’origine, du projet de rachat d’une propriété vendue au prix de 810.000 euros. Un couple de notaires parisiens s’est porté acquéreur, le Conseil général également… mais pas pour les mêmes raisons. Le Département aurait pour objectif de raser l’habitation pour y créer un espace naturel.

Léon Gendre, hostile à une urbanisation excessive de l'Ile de Ré
Évidemment, le sujet a l’heur d’énerver Lionel Quillet, président de la CDC de l’Île de Ré, qui s’attendait « à plus de sagesse de la part d‘un élu de longue date ».
« Vous construisez 50 à 60 maisons par an et vous venez nous faire la leçon » lance-t-il. Il est bien sûr opposé aux quotas de constructions et encore plus à l’achat de la fameuse propriété quand le Conseil général est fauché : « Votre position est impensable. Vous aurez une fin de carrière désastreuse ».

Le président, Dominique Bussereau, met le holà, rappelant que les élus ne doivent pas s’égratigner publiquement (surtout quand ils appartiennent au même camp !).
Reste une question essentielle : Comment faire pour que la petite île de Ré continue à héberger ses autochtones et accueillir des milliers d’estivants sur ses plages ? « Il apparaît prioritaire d’assurer à l’île de Ré un développement durable avec, comme objectif, de préserver l’équilibre écologique de l’Île. Il convient désormais de réserver l’espace urbanisable à des équipements publics, logements sociaux, zones d’activités économiques. La maîtrise du résiduel constructible constitue l’un des enjeux majeurs » souligne le préfet, Béatrice Abollivier.

Conseil général :
Belot aimait Bahia,
Bussereau préfère la Chine !


Jean-Claude Beaulieu, conseiller général de Jonzac, est le porte-parole de cette expédition dans l’Empire du Milieu. Objectif : chercher des débouchés et créer des liens entre des entrepreneurs de Charente-Maritime et deux provinces du Nord Est de la Chine. 

Après un premier voyage en septembre 2011, une seconde édition a eu lieu récemment. L'élu dresse les grandes lignes de ce voyage.
La délégation a été reçue dans deux villes portuaires de la province du Liaoning, Jinzhou et Dalian, et dans la capitale de la province du Jilin, Changchun. Les différentes rencontres et réunions de travail avec des responsables politiques et économiques, les visites d’entreprises, de sites industriels et touristiques, ont permis de faire progresser les relations de coopération avec ces collectivités.
À Jinzhou, dont une délégation est venue en Charente-Maritime en mars dernier, Dominique Bussereau et le maire, Fenghai Liu, ont signé un memorandum relatif au développement du nautisme en mer de Bohai et à la mise en place d’une École de voile dans le cadre de l’Exposition universelle horticole (mai- octobre 2013).
À Dalian, ville avec laquelle il s’agissait d’un premier contact, les rencontres, notamment avec le Maire, Wancai Li, et les visites ont eu pour but d’explorer les pistes de coopération en matière de nautisme (école de voile, organisation de régates), de thermalisme et de thalassothérapie.
À Changchun, une lettre d’intention précédant la signature d’un protocole de coopération entre la Province du Jilin et le département de la Charente-Maritime, a été signée par Dominique Bussereau et le Vice-Gouverneur, Weigen Chen.

Sont concernés par ce document le développement économique (filières agro- alimentaire et touristique notamment), les échanges culturels et éducatifs. Des contacts ont également été établis avec la Ville de Siping, en vue d’échanges commerciaux et de transferts de technologies notamment en lien avec le projet du centre international du vin. A Changchun, lors de la 8e Exposition internationale pour le Commerce et l’Investissement en Asie du nord-est, une conférence de presse a fait le point sur la stratégie « Horizon Chine », sa genèse et ses perspectives. À l’issue de ce séjour en Chine du Nord-Est, les participants ont été reçus à Pékin par Sylvie Bermann, ambassadeur de France en Chine. « Le rôle du Conseil général est de faciliter les contacts » souligne Jean-Claude Beaulieu qui peut s’appuyer sur les judicieux conseils d’un sinophile avisé, Jean-Pierre Raffarin !

• Huit entreprises 
  faisaient partie de la délégation 
Bruno Baron, président de PICDI (traçabilité et identification par RFID) ; Jean-François et Carole Cretet, gérants des Ruchers du Gué (miels et produits dérivés) ; Bruno Delannoy, président de la distillerie Vinet-Delpech (cognac, pineau) ; Éric Louge et Guillaume Zehnacker, PDG et directeur financier d’Initiative Décoration (peintures et enduits décoratifs) ; Fabrice Maimbourg, PDG de GDP (profilés en matériaux composites) ; Édouard Normandin, directeur général de J. Normandin-Mercier (cognac) ; Cécile Penot, gérante d’Emotion-Event (organisation d’événements privés et professionnels) ; Gérald Viaud, directeur des Établissements Gérald Viaud (ostréiculture). Ces entreprises ont créé un club d’entreprises « Horizon Chine » ouvert à d’autres entreprises intéressées.

Crédit Agricole :
Le départ de Saintes
mécontente les élus


Pourquoi pas un nouveau siège à Saint-Jean d’Angély plutôt qu'à Dompierre-sur-mer, près de La Rochelle ? 

Pour Dominique Bussereau, « le Crédit Agricole n’est pas une entreprise comme les autres du fait qu’elle a des sociétaires »… 

 Comme chacun sait puisque l’affaire fait grand bruit, le Crédit Agricole Charente-Maritime et Deux-Sèvres souhaite regrouper ses unités de Saintes et Niort sur un seul site, à Dompierre-sur-Mer. « C’est du déménagement du territoire. Depuis longtemps, Saintes est la capitale de la ruralité avec les sièges de la MSA, du Crédit Agricole, les lycées agricoles, etc. Le choix de Dompierre me laisse pantois. Certains pensent que le meilleur emplacement, entre Saintes et Niort, serait Saint-Jean d’Angély » remarque Dominique Bussereau.  Ce secteur aurait besoin d’un coup de pouce, en effet, si le projet de prison sur Fontenet venait à disparaître… 

Pour Michel Doublet, conseiller général de Saint-Porchaire, l’émotion que suscite la décision du Crédit Agricole est grande : plus de 500 personnes sont concernées dont plusieurs centaines à Saintes : « ce transfert nous inquiète. Des problèmes sociaux et économiques sont à craindre ». Et de lire le texte d‘une motion en soutien aux salariés. Pour Isabelle Pichard, conseiller général de Saintes, le départ de Saintes du CA est forcément une mauvaise nouvelle. « Et nous risquons d’en apprendre d’autres à l’avenir » ajoute-t-elle.

Isabelle Pichard tire la sonnette d'alarme en ce qui concerne le secteur de Saintes qui va perdre des emplois
Denis Leroy (La Rochelle) souhaite, quant à lui, tirer la situation vers le haut : « Nous avons la chance de garder le siège du CA en Charente-Maritime. Et une partie du personnel viendra des Deux-Sèvres ». Autrement dit, ceux qui devraient en vouloir aux dirigeants du Crédit Agricole sont les Deux-Sévriens, pas les Saintais !!!  « Vous parlez de tirer vers le haut. Moi, j’ai compris tirer vers le Nord » riposte Isabelle Pichard.

« Le Crédit Agricole n’en a plus que le nom. La majorité des comptes sont détenus par des clients ne vivant pas de l’agriculture » enchaîne Yves Quéré. Il estime qu’une motion commune, d’une ouverture plus large que celle de Michel Doublet, serait nécessaire : « sinon, on sait ce que deviennent les motions, elles finissent généralement à la poubelle ».
Il s’étonne par ailleurs que les présidents des Caisses locales, administrateurs de terrain, aient voté le départ du siège de Saintes pour la périphérie rochelaise.
Dominique Bussereau réagit en défendant la motion présentée par Michel Doublet : « il faut bien un rédacteur » ! Pour en savoir plus sur les intentions du CA, il a pris rendez-vous au niveau national : « Je ne reste pas les deux pieds dans le même sabot » assure-t-il.

 La parole 
est à Jacky Quesson 


Jacky Quesson, conseiller général de Saint-Genis, également administrateur du CA, explique pourquoi la banque verte s’apprête à partir pour Dompierre. « Ce choix résulte d’une étude de marché. C’est le bassin rochelais qui l’a emporté. Dompierre, près de La Rochelle, a été privilégiée en fonction de sa situation géographique, entre Argenton-Château et Saint-Aigulin ». 
La fusion des caisses de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres remonte à 1995. « Depuis cette époque, les choses ont changé et Saintes n’est plus la capitale de l’agriculture. La Chambre d’Agriculture est à La Rochelle et la foire agricole se tient à Surgères ».  En optant pour un seul site, le Crédit Agricole économisera 10 % de ses coûts de fonctionnement.  
« 347 salariés en tout sont pénalisés par ce départ. Deux syndicats s’opposent à cette décision, les autres ont ouvert des négociations sur les conditions de changement de lieu de travail » explique Jacky Quesson. Pour lui, il ne fait aucun doute que le CA, en construisant un nouveau siège, recherche l’efficacité. Les sites de Saintes et Niort seront donc libérés d’ici quelques années : « Le CA est prêt à travailler avec les collectivités pour donner une nouvelle destination à ses  anciens locaux ». 

Une position 
« déplacée » ? 

 Pascal Ferchaud, conseiller général de Saujon, fait part de sa surprise : « Le fait que vous vous placiez en tant qu’avocat du CA est un peu déplacé » lance-t-il à Jacky Quesson. Comme Bernard Rocher, conseiller général de Tonnay-Boutonne, il pense à la détresse que vont vivre les salariés et leurs familles.
Pour sa part, Christophe Dourthe, conseiller général de Saintes, regrette que la direction du Crédit Agricole n’ait pas associé les élus à ses réflexions. Et de préconiser la création d’une cellule de crise au sein du Conseil général.
Les discussions se poursuivent sur la mutualisation des moyens qui aboutit à des situations préoccupantes, comme à l’hôpital par exemple. Les domaines sont nombreux. Ainsi, répondant à un appel d’offres, la restauration de la Mutualité Sociale Agricole de Saintes sera désormais assurée par un groupe nantais, au détriment des intervenants charentais-maritimes (services de restauration des hôpitaux en particulier). 
« Lorsqu’on crie vive le progrès, demande toujours : le progrès de quoi ? » écrivait à juste titre Stanislaw Jerzy Lec…

• Le point de vue du Préfet, Béatrice Abollivier, au sujet du Crédit Agricole : « C’est un organisme privé qui prend ses décisions. Nous avons la chance de garder un équipement en Charente-Maritime. Les Deux-Sèvres vont perdre des emplois ».

Médiathèque de Saintes : Comment sauver le fonds ancien ?

Fermé au public depuis l’été 2011, le fonds ancien 
de la médiathèque de Saintes est menacé. La maison 
Martineau, qui abrite les collections, doit aussi faire l’objet d’aménagements. Deux projets de restauration seront lancés par la municipalité, mais ils coûtent cher… 

 

En entrant dans la maison Martineau, on se croirait revenu à l’époque où l’Art nouveau florissait dans les belles demeures. Larges baies ornées de fleurs, murs recouverts de boiseries, carreaux richement décorés…
Seul problème et de taille, le mauvais état de l’immeuble met en danger son contenu, c’est-à-dire des milliers de livres et documents allant du plus ancien, une charte du XIe siècle aux nouveaux vecteurs de communication (microfilms, CD, etc).
Jeudi dernier, les membres de la Communauté de Communes, guidés par Simon Davaud, directeur des médiathèques de Saintes et François Lopez, responsable du fonds ancien régional, étaient appelés à se pencher sur l’épineux sujet puisqu’il sera bientôt question de restauration.
L’ensemble a attiré leur attention. Une évidence s’impose : les pièces de cette élégante maison bourgeoise ne correspondent plus aux normes que requiert un outil moderne de transmission de la connaissance. Quant aux ouvrages, certains d‘entre eux auraient besoin d’un sérieux « renouveau » (moisissures, attaques d’insectes, manque de contrôle de l’hydrométrie). L’inventaire de la faible partie non répertoriée est en cours.
L’enjeu en vaut la chandelle : ce fonds est important pour la Saintonge et les historiens viennent parfois de loin pour le consulter.

Simon Davaud, directeur des médiathèques de Saintes (nommé à Roanne) et François Lopez, 
responsable du fonds ancien régional
Composées au départ par des confiscations révolutionnaires, les collections se sont développées au XIXe siècle avec des acquisitions communales, des dons de l’État, des autres bibliothèques et des particuliers. Fatalité, en 1871, un incendie en détruisit une bonne partie.  La bibliothèque, située successivement à l’Échevinage, puis dans les bâtiments de l’actuelle mairie, déménagea en 1938 pour la maison Martineau. En effet, Maurice, fils de Gustave Martineau, un riche négociant en cognac, légua ce quadrilatère de bâtiments, idéalement situés, à la mairie à condition « qu’elle en fasse une bibliothèque ». Erudit, il avait lui-même constitué un ensemble relatif à la Saintonge à l’Identité saintongeaise. Il mourut en 1928, son épouse dix ans plus tard. Les clauses testamentaires furent alors exécutées.

Un investissement conséquent 

La municipalité de Saintes aménagea donc le site avec l’ouverture de deux nouvelles ailes. Malheureusement, au fil du temps et bien que la sonnette d’alarme ait été tirée en maintes occasions, les conditions de stockage et de préservation se révélèrent insuffisantes. À partir de 2005, le fonds ne fut ouvert que sur rendez-vous, ce qui eut l’heur d’irriter les chercheurs. Pire, depuis juillet 2011, les portes sont carrément fermées.

Visite de la Communauté de Communes du Pays Santon aux côtés de Sylvie Barre, maire adjoint à la culture. Le fonds comprend 130.000 documents sur 3500 mètres linéaires et 25 salles de réserve. 70.000 imprimés côtoient 55.000 documents iconographiques, près de 1000 manuscrits et une grande variété d'objets. Le journal "L'indépendant des Charentes" a été microfilmé. Le journaliste Charly Grenon y a versé ses archives.

Cette décision a une explication. « L’analyse menée par le laboratoire de la BNF recommande expressément le dépoussiérage et la décontamination de certains ouvrages. Ces interventions seront faites par un prestataire extérieur désigné par un appel d’offres » souligne François Lopez.
Le projet scientifique et culturel, quant à lui, envisage de proposer des réserves adaptées à leur conservation : « l’objet est de favoriser l’accès aux collections dans des conditions optimales et des délais raisonnables » explique Sylvie Barre, adjointe à la culture.

Un livre rare concernant Bernard Palissy. Parmi les raretés, une charte de 1081 relative à Saint-Eutrope, des incunables, des éditions originales de Pasca, sans oublier des cartes, des plans, des aquarelles, des cartes postales, des photos et un fonds consacré à la langue saintongeaise
 La première phase du chantier conduira à la mise en place d’espaces de conservation dans l’église des Jacobins et la maison attenante. Une salle de consultation sera aménagée dans l’ancienne salle capitulaire pour accueillir le public dès que la situation le permettra.
Le coût de ces investissements nécessaires laisse rêveur : le projet architectural est évalué à 3 300.000 €, celui du sauvetage des documents entre 270.000 et 360.000 €. Il semble évident que tout ne se fera pas en un jour en cette période où la culture ne semble pas (et c’est dommage) être la priorité. Mais, comme le souligne à juste titre François Lopez, « évoquer le fonds ancien et régional, c’est aussi cheminer à travers des lieux remarquables ». 


On peut seulement se demander pourquoi Michel Baron ou Bernadette Schmitt, les prédécesseurs de Jean Rouger, n‘ont pas choisi d’entreprendre ces travaux quand ils tenaient les rênes de la cité santone…

Présentation de documents par F. Lopez
Un dossier que les chercheurs suivront avec attention...
• Réaction de Marc Seguin, historien :  

« Il y longtemps que nous combattons pour empêcher cette fermeture, mais sans succès et sans espoir de réussite. En premier lieu, le fonds ancien est très riche. Pour une ville comme Saintes, c'est tout à fait extraordinaire ! Beaucoup de villes de plus de 100.000 habitants sont loin de posséder de telles merveilles. De plus, il semble exister tout un stock qui est entassé, non inventorié, non disponible, même pas connu ! Certes, peu de lecteurs fréquentaient ce fonds, mais ceux qui y venaient étaient des chercheurs renommés, souvent étrangers à la ville, Paris et ailleurs. Les priver de cette possibilité est catastrophique pour l'image d'une ville qui se dit "d'art et d'histoire". Il y a certes eu beaucoup de laxisme au cours des décennies passées, mais il ne faut pas en accuser les municipalités d'antan. La responsabilité n'en incombe même pas aux 35 heures. Simplement, depuis un demi-siècle au moins, personne n'a pris les choses en main.
La ville de Saintes est écrasée par un patrimoine trop important. Voyez la fermeture de la cathédrale Saint-Pierre ! Quoi qu'il en soit, la fermeture du fonds ancien est vivement regrettable parce qu'elle prive des chercheurs universitaires de leurs sources ».

Olivier Sauvant,
antiquaire par passion


Ou comment un professeur de mathématiques a laissé tomber l'algèbre pour le beau 
mobilier…

Faut-il connaître la géométrie euclidienne pour choisir un vaisselier ? La question fait sourire Olivier Sauvant. Voici deux ans, il a ouvert un magasin d’antiquités dans la rue des Guits. Pourquoi Jonzac ? « J’ai déjà une boutique à Segonzac où j’habite. Je cherchais une nouvelle implantation dans le 
secteur, vers Saintes ou  Cognac. Quand j’ai appris que ce vaste local, qui accueillait autrefois les cycles Neau, était disponible, j’ai tout de suite été emballé. Jonzac est une jolie ville et l’accueil y est très sympathique ». Qu’un nouveau commerce y ouvre ses portes ne peut que contribuer à l’animation 
de la Haute Saintonge !

D’origine auvergnate, Olivier Sauvant est devenu charentais par son mariage. Déjà, enfant, il baignait dans un univers joliment aménagé : « j’accompagnais souvent mes parents dans des salons ». Plus tard, il a appris à reconnaître les différents styles, les époques. En effet, ses études en mathématiques lui avaient livré des secrets, mais pas la formule des grands cabinets d’ébénisterie ! Convaincu que l’enseignement n’était pas sa vocation, il le quitta, heureux de donner libre court à sa passion pour l’histoire de l’art.

Si les meubles pouvaient parler… 

Désormais, toute son existence gravite autour des meubles et des objets. Il a ses préférences, la Renaissance et le XVIIe siècle, celui de l‘honnête homme. Au fil du temps, il s‘est constitué une clientèle de connaisseurs : « c’est toujours long, mais le bouche à oreille fonctionne. À Jonzac, mon magasin est situé en ville, contrairement à Segonzac. Les promeneurs, dont des curistes, s’y arrêtent. C’est une bonne occasion pour échanger. Il y a aussi les propriétaires de résidences secondaires qui cherchent à embellir leur environnement ».

Est-il facile, par les temps qui courent, de dénicher de belles pièces ? « Les gens m’appellent. S’y ajoutent les successions, les déballages professionnels. Je vais rarement dans les salles des ventes ». De temps en temps, attiré par un appel irrésistible, il repart en Auvergne, sa terre natale où il a gardé de nombreux contacts : « c’est une région très riche, le mobilier y est beau. Il m’est arrivé de retrouver des meubles saintongeais dans le Centre. Ils voyagent, comme les hommes ! Généralement, j’aime bien le rustique, même s’il résiste difficilement aux meubles contemporains fabriqués en grandes séries ! ».

 

Agencé avec goût, son magasin propose des armoires, des vaisseliers, des tables, des commodes et bien sûr des objets, avec une large gamme de poteries, et des livres. « Le marché est moins prospère qu’il y a vingt ans. Par ailleurs, de nombreuses pièces sont parties à l’étranger, États-Unis, Asie, Pays de l’Est, Russie ».  Olivier Sauvant possède un atelier où il effectue des réparations, les finitions étant faites par un spécialiste : « On passe beaucoup de temps à remettre en état, décaper, cirer. Je suis contre les bidouillages, quand on assemble différents morceaux pour créer un nouvel élément ».

Vous l’avez compris, cet homme est amoureux de son métier : « quand je regarde un meuble ancien, je pense aux générations qui l’ont accompagné dans son quotidien. S’il pouvait parler, il aurait sûrement des tas de choses à raconter » ! Si vous souhaitez en savoir plus, il se fera un plaisir de vous présenter son « univers »…

• Contact : antiquités sauvant.com 5 rue des Guits à Jonzac. Ouvert le mardi, vendredi et samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h 30.

Amour, travail et santé :

Les Français curieux
de leur avenir…


Salon de la voyance au casino de Jonzac Eh oui, l’amour est la 
préoccupation première des Français. Suivent le boulot et la maladie. « Miroir, gentil miroir, serai-je aimé(e) ? ». Les médiums et astrologues tentent de répondre à cette délicate question ! 
 
Ça ressemble au titre d’une série américaine sauf qu’il manque la gloire et la beauté. Deux objectifs qui semblent totalement évincés par les sentiments, si l’on en croit les professionnels réunis samedi et dimanche derniers au Casino de Jonzac. Il y avait foule. C’est dire tout l’engouement que suscitent ces voyances faites pratiquement sans rendez-vous. Quoi de mieux qu’un contact direct ?

Serge Loupiac, l’organisateur du salon, en est à sa troisième édition. Et s’il renouvelle l’expérience chaque année, c’est que le succès est réel.  Mais qu’ont-ils donc, les Français, à être si portés sur leur avenir ? En fait, connaître son futur ne date pas d’aujourd’hui. Dans l’antiquité, la pythie consultait à Delphes et aucune grande décision ne se prenait sans lire les oracles (Le roi Agamemnon alla jusqu’à sacrifier sa fille, Iphygénie, pour obtenir des vents favorables). Plus près de nous, Catherine de Médicis ne jurait que par ses devins et que dire des rapports étroits qu’entretenait François Mitterrand avec la célèbre Élisabeth Tessier ?

 Se méfier 
des charlatans

Aloys, l’un des médiums présents sur ce salon, annonce tout de suite la couleur : « Il y a de plus en plus de personnes qui se disent voyantes. Il faut se méfier des charlatans, de ceux qui demandent des sommes astronomiques pour désenvoûter une maison, jusqu’à 2000 ou 3 000 euros. C’est évidemment de l’arnaque ». Vous avez dit pigeon, un mot à la mode par les temps qui courent ?
Aloys - Thierry pour les intimes - n’est pas devenu voyant du jour au lendemain. Cet ancien chauffeur routier a bourlingué de par le monde avant d’être attiré par l’invisible. Il est allé au Liban, en Afrique, en Guyane. « J’ai roulé pendant 20 ans » avoue-t-il. Un accident, où il a failli tuer deux personnes, a mis un terme à ses pérégrinations : « D’abord, j’ai eu très peur. Ensuite, j’y ai vu un signe ».

Certains sites 
sont dangereux 
pour les ados 

 Il choisit donc de s’installer. Et repense au passé : « Enfant, j’étais à part, assez isolé. J’avais de l’intuition. J’ai entretenu ce don. Un jour, je jouais aux tarots avec des copains et j’ai eu envie de tirer les cartes à l’un d‘eux. J’ignorais tout de cette activité. Ce que je lui ai dit correspondait à la vérité »… 

Des conférences étaient organisées

Depuis Alyos, dont l’un des meilleurs amis est psychiatre (un vrai, avec diplôme de médecine) s’intéresse aux bobos de l'âme. « Quand elles ont des problèmes, de nombreuses personnes pensent qu’elles sont victimes de sorcellerie. Parfois, ce peut être vrai, mais dans une majorité de cas, soit elles génèrent elles-mêmes des ondes négatives, soit il y a des facteurs jouant en leur défaveur. Je me souviens de boulangers. Ils croyaient que leur magasin était maudit car ils avaient moins de clients que leur concurrent. Quand j’ai vu leur vitrine, elle était si peu attrayante que j’ai tout de suite compris. J’ai conseillé aux propriétaires de refaire leur devanture et tout est rentré dans l’ordre ! Je revois également un éleveur qui perdait des animaux. Quand son écurie a été bien désinfectée, comme lui avait demandé son vétérinaire, ses veaux ont survécu ».

Aloys se compare à « un rameur de fond » et il a une devise : « soit on raconte n’importe quoi et on se fait du fric, soit on est honnête. J’ai choisi le second chemin. Évidemment, je n’ai pas que des amis dans la profession ». Dans ces conditions, vous comprenez pourquoi sa conférence portait sur la magie blanche et la magie noire : « Les personnes qui se livrent à la magie noire doivent savoir qu’elles auront un retour de bâton un jour ou l’autre. Les prêtres exorcistes ne font que dire la même chose. Le mal, je l’ai rencontré lors de dégagement qui m’a beaucoup troublé. Je voudrais mettre en garde les adolescentes qui regardent des sites dangereux sur internet. S’il est facile d’activer certaines pratiques, s’en retirer est beaucoup plus compliqué ». 
Avant tout, Aloys se veut rassurant : « Il m’arrive de me transformer en conseiller conjugal pour ressouder un couple. C’est tout de même plus agréable de faire des bonnes actions ! ». Chaque semaine, il anime une émission de radio (sur le web) en Dordogne et une seconde est en route dans le Bordelais.

Être rassurés 

« Les gens veulent être rassurés. En cette période de crise, ils manquent de repères » reconnaît Serge Loupiac. Son parcours est atypique : employé SCNF, il a changé de vocation à la retraite. Lui aussi avait perçu des signes : « Quand j’étais petit, je voyais des formes qui tournaient autour de moi. J’avais peur et je n’en parlais pas ». Il faut dire que sa mère était portée sur la voyance.
Les choses ont pris tournure plus tard avec l’installation d’un cabinet en région toulousaine. « Il y a de nombreuses spécialités dans le domaine de la voyance. Personnellement, je suis médium ».
Ses clients recherchent prioritairement la flèche de Cupidon. Suivent le travail et la santé : « Je dis ce que je vois, sans complaisance. J’ai des flashs. Au début, j’éprouvais une appréhension face à cette situation. Depuis, je me suis habitué et j’écoute mes guides ». Par guides, il faut entendre « ceux qui tracent le chemin », les anges gardiens ou des parents disparus.
« Que les gens soient inquiets des lendemains n’a rien d‘étonnant. On leur déverse sans cesse des catastrophes et des horreurs sur la tête ». 
Que pense-t-il du 21 décem-bre 2012 annoncé comme étant la fin du monde par les Mayas ? « Ce sera peut-être la fin d’un monde, mais pas celle de la Terre. Début 2013, il devrait y avoir des agitations, des mouvements sociaux comme c’est déjà le cas en Espagne ou en Grèce ». 

Serge Loupiac, organisateur du salon
Le 21 décembre, 
ce n’est pas la fin 
du monde ! 

Christine, elle aussi, est lassée d’entendre ce baratin apocalyptique. « Des catastrophes naturelles, oui il y en aura, mais la planète résistera ! ». Quand elle a divorcé, cette ancienne comptable s’est retrouvée seule avec ses trois enfants. « Nous avons tous un don de voyance, il suffit de le cultiver » avoue-t-elle.
Dans son cas, elle n’a pas vraiment eu le choix : « La nuit, je me réveillais et je recevais la visite d’êtres de lumière. Ils me disaient toujours la même chose : apprendre à lire les tarots. Dans un premier temps, j’étais intriguée. Par la suite, la situation difficile dans laquelle je me trouvais s’est simplifiée en faisant ce choix précisément ».
Christine avoue qu’elle a toujours été fascinée par les forces de la nature. C’est pourquoi elle est également magnétiseuse et guérisseuse. Comme ses collègues, elle reçoit une clientèle en quête d’apaisement. La crainte de perdre son travail passe en premier : « si les gens parlent d’amour, c’est qu’ils veulent être en couple pour être plus forts. Ce n‘est pas la recherche du coup de foudre qui les motive, mais un sentiment de sécurité. Ils se disent qu’à deux, ils seront moins exposés aux aléas ».
Sa plus grande joie est d’aider les autres « apprendre, conseiller, réaliser ». Il est vrai qu’elle dégage une quiétude qui donne envie de faire la causette…

Bref, avec un nombre d’entrées et de voyances en augmentation, ce salon de la voyance a été un succès. Serge Loupiac et Philippe Loriot, directeur du Casino, vous donnent rendez-vous à l‘année prochaine (sans boule de cristal !).

Non, le 21 décembre ne sera pas la fin du monde !!!

vendredi 19 octobre 2012

Samedi soir, le rendez-vous
des DJ sur RCM


Samedi 20 octobre, de 20 h à 23 h, Thierry Sorinet vous donne rendez-vous sur Radio Cadence Musique pour une soirée inoubliable ! 

Vous aimez l’électro, les soirées ryhtmées et les audaces musicales ? Pour fêter les 8 ans de son émission « Electro club », Thierry Sorinet vous demande une seule chose : vous branchez sur RCM (103 FM) samedi à partir de 20 h. Ensuite, il s’occupe du reste.

 En effet, ce soir-là, il aura autour des lui des DJ qui constituent des références dans le milieu. « J’aime la musique électronique. Chaque semaine, je repère des morceaux intéressants, des nouveautés. Je travaille souvent au feeling » explique Thierry qui s’adonne à sa passion depuis de nombreuses années. Il a participé, entre autres, au Fun Dj Tour dont il a été sept fois finaliste.

Pour son anniversaire, il a choisi de créer l’évènement ! Ses invités sont Philippe Lanxat (Radio RIG Bordeaux), Steph Blind Sensation (Radio Attitude FM, champion de France du Dee Jay live 2010), Ror Schach (After le Next Bordeaux), John Costa (association Dance floor concept, fête de la musique à Angoulême), Di Jéremy (Royan), Eymeric Taillade (Royan), Tony Wolf (Saintes), Laurent DJ (Blayais), Lemon Free 3 (groupe), Gaëtan et Ludo DJ producteurs de retour du Brésil. Tout ce beau monde mixera en live.

Autrement dit, il y aura des décibels dans le studio. Thierry proposera une interview toutes les 45 minutes environ. Une nuit à ne pas manquer !

Le matériel de Thierry Sorinet : Pionner DJM 850, 2 CDJ 2000 et 1 CDJ 1000. « On travaille comme avec du vinyl » explique-t-il.

Jam graffiti de Saintes :
Ils ont touché le ciel !


Samedi et dimanche derniers, ils avaient projeté de toucher le ciel. Sans limites ! En investissant l’ancien hôpital Saint-Louis, les graffeurs ont offert des couleurs aux murs de cet ensemble qui se languit en attendant des jours meilleurs ! 

Le bleu des cœurs à défaut du bleu du ciel !
Organisé par Aristoï Gallery et Easioner, ce jam a permis à plusieurs générations de graffeurs de se rencontrer dans la cité santone.
Lieu de rendez-vous : l’ancien hôpital Saint-Louis qui déroule ses longueurs de bâtiments sur ce qui devait être l’oppidum à l’époque gallo-romaine.
En prenant de la hauteur, on se rapproche du ciel, dit-on. Et des nuages. Samedi et dimanche, de nombreuses averses, se rappelant au bon souvenir des artistes perchés sur leurs échafaudages, ont perturbé légèrement l’organisation. « Les graffeurs ont affronté la colère des cieux, à moins que le ciel ému n’en ait pleuré » plaisante Jean-Baptiste Geffroy.
Conséquence : « les celos n’ont pu être tendus pour les graffs temporaires, et l’espace d’exposition a dû être limité à la photographie ».

Une première "session" a eu lieu en 2011
Dimanche, les murs étaient détrempés par une nuit de pluie et le travail n’a repris que dans l’après-midi. Loin d’être découragé par les éléments atmosphériques, le public, attiré par cette démonstration grandeur nature, a découvert une initiative originale.

 Jean-Baptiste Geffroy, qui a suivi les événements avec attention, se transforme en guide : « il s’agissait de réaliser une fresque de très haut niveau sur l’ensemble du site et un block-letter du crew Aristoi où chaque lettre a été réalisée par un artiste différent. On y voit une dédicace de Der revenu dans sa ville natale pour ce jam. C’est une figure majeure du graffiti et un pionnier de la 3D. Clin d’œil, il a dédié son œuvre à la rue du moulin de la Grille où il vivait sur Saintes dans son enfance. Enfance également avec la très belle pièce de Lenz, le Toulousain fan de Légo qui a valorisé les célèbres briques colorées. A l’abri, se trouvaient deux pièces atypiques, un lettrage survolté de Babs qui semble vibrer tant son style est dynamique face aux œuvres d’Alber, d’une grande douceur. L’ensemble du mur semble partir de la rêverie d’un personnage de BD dessiné par Drum et d’un visage caricaturé, crayon aux lèvres de Snake ; les personnages, lettres et autres fruits de l’imagination des artistes s’envolent vers les cieux où dominent un Batman et un aigle, réalisés par Seter et Icole. On dirait du Bilal. Transporté par ce drôle d’oiseau, la composition d’Easioner ressemble à un cœur qui bat, explosant de couleurs alors qu’à sa droite, trois femmes semblent tomber du ciel. Clin d’œil à Jacques Higelin » ! 



Intriguées, les personnes intéressées n’ont pas hésité à discuter et poser des questions aux artistes. Une bonne occasion, aussi, pour se faire dédicacer une planche de skate ou un flyer ! S’y ajoutaient une ambiance musicale, assurée par un DJ, et des skateurs en pleine effervescence. « C’est quand même mieux que le béton, il faudrait en faire partout. J’ai entendu cette réflexion tout au long du week-end » souligne Jean-Baptiste Geffroy responsable d'Aristoï Gallery.
D’ailleurs, devant ce nouveau mur gai et lumineux, le mur du jam 2011 fait grise mine. Il serait plus beau avec des teintes joyeuses. Qu’en pensez-vous ?


• Remerciements : à la ville de Saintes et la Communauté de Communes pour leur soutien sur ce projet qui participe activement au lien social et à la revalorisation des espaces de la cité. « Au premier titre de ces remerciements, Sébastien Poli, chargé de mission enfance-jeunesse de la CDC et le personnel des Services techniques. Remerciements également à nos partenaires et plus spécialement VforVandal qui a suivi l’événement » précise Jean-Baptiste Geffroy.


 Témoignage 

 

Originaire de Toulouse, Éric « graffe » depuis 1989 : « Le commencement ? Pendant des vacances d’été, j’ai fait une rencontre. Je me suis intéressé à ce mouvement et j’ai eu envie de me lancer. Il est vrai que j’ai toujours plus ou moins dessiné ».
Dire que son entourage a compris sa démarche serait un grand mot. Toutefois, Éric n’a pas dévié d’un pouce. S’il vit plus ou moins de son métier (la question le fait rire), il ne regrette pas son choix.

Le rendez-vous de Saintes l’a intéressé : « c’était très bien à part le temps qui n’était pas évident à gérer. Le lieu se prête à ce genre d’animation. La vue est superbe et, sur le site, il y a des bâtiments anciens qui sont remarquables. Ils ne seront pas détruits, m’a-t-on dit. Tout le monde les respecte, personne ne les touche ».

Éric a peint dans un renfoncement, une partie carrée, où il a réalisé en trois D les initiales de son pseudo, Der. Les teintes autorisées étaient jaune, orange, bleu, blanc, gris et noir.
« Le fait que les graffiti soient éphémères ne me gêne pas. C’est l’essence même de l’art de la rue. Il n’est pas fait pour rester et doit être vu rapidement ». Aujourd’hui, les graffeurs sont un peu mieux reconnus qu’il y a une quinzaine d’années. « À une époque, en raison des tags sauvages, les graffeurs avaient mauvaise réputation et les gens les assimilaient à des vandales. Fort heureusement, la situation a évolué dans le bon sens ».

Éric poursuit son chemin. En projet, le montage d’expositions à Paris et Marmande. « Je continue à essayer de vivre de mon art » dit-il. Bonne chance à lui !

A découvrir sur le site Saint-Louis

5 millions
de disques vendus
avec « Adieu jolie Candy »


Jean François Michael à Sainte-Lheurine (17)

 Les moins de 20 ans ne le connaissent généralement pas, les autres sûrement ! C’est avec plaisir qu’ils reverront sur scène Jean François Michael samedi 20 octobre à Sainte-Lheurine, dans le canton d'Archiac.

Après avoir vécu dans le Midi, Jean François Michael et sa compagne, Cécile, ont posé leurs valises au Gua, près de Royan. Cette région les a séduits par ses paysages, ses lumières et… ses plateaux de fruits de mer.
À l’Océane, le « Fouquet’s » du Gua où ils aiment se retrouver, ils se livrent au jeu des questions avec simplicité. Un exercice habituel dont ils n’abusent pas. Et pourtant, ils auraient pu prendre la grosse tête. Avec son titre « Adieu jolie Candy », Jean François Michael s’est hissé en haut des hits parades !

Barclay se demandait
qui était Jean François Michael 


Yves Roze, son vrai nom, a toujours aimé la variété. Avec sa grand-mère, « ce vrai Parisien d’origine polonaise » participe dès l’âge de 9 ans à des galas : « Je chantais dans ma chambre, c’était une vraie passion ». À 15 ans, pendant plusieurs semaines, il est le gagnant du « Jeu de la chance » de Raymond Marcillac.

Jean François Michael à ses débuts
 Cette réussite lui vaut d’enregistrer son premier 45 tours. C’est le début de sa carrière : il figure en première partie dans des cabarets, chez Patachou avec Michel Sardou et Hugues Haufray ou à L’écluse où se produit « l’étrange et généreuse Barbara »
« J’ai appris avec les plus grands » dit-il. À cette époque, il adore la bossa-nova. Un rythme inégalable qui ne nourrit pas son homme. Il devient bientôt directeur artistique chez Barclay et produit, entre autres, le fameux « Wight is Wight » de Michel Delpech et « Non, je ne veux pas faire la guerre » des Poppy’s. Il a du « flair » et repère les talents.

C’est alors que lui arrive une drôle d’histoire. Ses yeux pétillent comme s’il avait vécu l’un de « ces coquins de sort » immortalisés par Georges Brassens. On lui propose d’enregistrer le fameux « Adieu jolie Candy » dont l’arrangement a été réalisé par Michel Berger en personne. Or, il travaille pour Barclay qui a été clair avec lui : « avec la voix que tu as, tu ne vendras jamais rien »
Pourtant, cédant à la tentation et bravant les critiques éventuelles, il réalise l’enregistrement sous un nom d’emprunt, Jean François Michael. Trois prénoms réunis : « On avait trafiqué un peu ma voix en la baissant. Ainsi, on ne me reconnaissait pas ».
Devenu un autre homme, il démontre qu’il a des possibilités vocales et se place en bonne position dans les classements hebdomadaires. Il va jusqu’à titiller Michel Delpech : « Nous avions même tourné un clip. Je m’étais déguisé en mettant des moustaches ».
Chez Barclay, on s’interroge : « Mais qui est ce Jean François Michael ? ». Delpech finit par découvrir le pot aux roses. Finalement, le masque tombe et les choses s’arrangent. Enfin, si on peut dire puisque Yves Roze doit quitter la maison Barclay sous 48 heures !
Sans tristesse car le succès est là. « Adieu jolie Candy » fait un buzz international. Soit 5 millions de disques. En 68, alors que les pavés fusent, le 45 tours offre un peu de tendresse dans un monde en pleine agitation. En 1969, il est numéro 1 en Italie avec « Fiori bianchi per te ». En Espagne et Amérique du sud, ça donne « Adios Linda Candy » et en Allemagne « Adieu susse Candy ». Et que dire en japonais…

Avec Stéphanie de Monaco

Jean François Michael, Alain Delon et Stéphanie de Monaco
La carrière de Jean François Michael se poursuit. Entre 68 et 72, il est dans la cour des grands. « Je n’étais pas vraiment à l’aise dans le monde du show-business et des cocktails ».
Il monte alors une maison de disques à la recherche de nouvelles stars. Elles s’appellent Renaud, William Scheller, Chantal Goya, Jean-Jacques Debout.
Avec François Bernheim et Jacqueline Néro, il ajoute à cette liste déjà très convaincante Alain Delon, « Tu veux ou tu veux pas » de Brigitte Bardot et « Comme un ouragan » de Stéphanie de Monaco. « C’est une véritable artiste. Elle aurait dû faire une grande carrière » estime-t-il.

Un peu plus tard, il s’intéresse à Eléna Rostropovich, la fille du célèbre violoncelliste. Malheureusement, l’enregistrement tombe en pleine Guerre du Golfe et les Français ont la tête ailleurs. De son séjour en Russie où il a côtoyé un député proche de Gorbatchev, il garde un bon souvenir : « Nous étions chargés du développement de la musique entre la France et la Russie. Finalement, le résultat n’a pas été à la hauteur de nos espérances ». Cécile a pu chanter sur la place Rouge, c’est déjà bien !
Le couple part ensuite pour le Liban avant de s’installer dans le sud de la France où leur fille voit le jour. « C’est là que nous avons revu Stéphanie de Monaco. Nous aurions aimé qu’elle enregistre un nouveau disque, mais son père était gravement malade ».

Deux soirées à Sainte-Lheurine et Cozes 

Dans les années 2000, Jean François Michael réalise un album pour la grande danseuse Jin-Xing. Il a très envie de revenir sur scène. Ses premières amours, celles qu’on n’oublie pas. En 2008, il rejoint la tournée « Age tendre et tête de bois » qui réunit des musiciens et artistes dont les débuts remontent aux années 1960, 1970.
Alors que les jeunes ne jurent que par le rap et les DJ branchés, la génération « Salut les copains », sortie de ses coffrets vinyles, démontre qu’elle n’a pas pris une ride. Les idoles ont changé, elles ont vieilli comme leurs fans, mais leurs voix sont restées intactes. N’est-ce pas là l’essentiel, l’émotion, le souvenir retrouvé, cette étrange sensation de traverser le temps, voire de le survoler avec une étonnante légèreté ?

En juillet 2012, Cécile et Jean François posent leurs valises en Charente-Maritime : « Nous voulions changer d’air. Je venais en vacances dans l’île d’Oléron quand j’étais enfant » avoue Cécile. Leur choix se porte sur une maison de Saint-Sornin, au village des fées. « J’aime ce territoire, le marais, la mer, la gentillesse des habitants » ajoute son compagnon. Actifs, ils n’ont pas l’intention de jouer les retraités ! D’où l’idée de chanter dans les villages. « On s’aperçoit que de nombreuses communes ne proposent aucun spectacle faute de moyens. Notre formule est simple : il s’agit d’une association. La mairie prête la salle et nous nous occupons du reste, animation, promotion, etc ».


En Haute Saintonge, Sainte-Lheurine (dans le canton d’Archiac) et Cozes les accueilleront prochainement avec, en première partie, le groupe Zoé Kraft (Olivier et Stéphanie) : « Notre souhait est de mettre en valeur des artistes locaux ». Aux côtés de Jean François Michael, se trouvera Jean-Jacques Lafon qui s’est rendu célèbre en 1985 par « Le géant de papier ». « Il s’agit de soirées familiales et conviviales. Le répertoire sera varié » assure Jean François Michael. Cette tournée des villages a été inaugurée à Nieulle-sur-Seudre la semaine dernière : « Les années que nous avons vécues étaient belles. Nous avons envie de les faire partager à tous les publics ». Une invitation aussi aimable ne saurait se refuser…

Jean François Michael avec Alain Souchon
• Rendez-vous à Sainte-Lheurine le 20 octobre à 20 h, à Cozes le 26 octobre à 20 h, entrée 15 euros.

À 66 ans, Jean François Michael n’a jamais quitté la scène. Cécile, son « double » l’accompagne depuis une vingtaine d’années. Leur PC se trouve à l’Océane, le bar-restaurant du Gua dont sont responsables Philippe et Nathalie Tripoteau. « C’est notre Fouquet’s » disent-ils !

Intercommunalité :
Quel avenir pour Rouffiac,
Saintes où Jonzac ?


Julien Tissandier, maire de Rouffiac, explique pourquoi il préférerait rester dans la Communauté de Communes de Haute-Saintonge. 

« Notre crainte si nous allons à Saintes ? Que la ville centre orchestre toutes les décisions au détriment des petites communes » Un peu d’histoire récente : il y a près de 20 ans, Rouffiac a choisi la coopération avec Jonzac au sein de la CDCHS. D’autres communes ont opté pour un rattachement différent. Dans le secteur, Saint-Sever s’est tourné vers Saintes tandis que Brives, Montils et Salignac se sont regroupées, avec d’autres communes du canton de Pons, pour former une communauté de communes. L’intercommunalité fonctionnait ainsi jusqu’aux nouvelles dispositions. Avant de mettre en œuvre le nouveau schéma, prévu au 1er janvier 2012 à l’origine, toutes les communes ont eu à se prononcer sur leur souhait de rattachement. Lors d’une réunion du conseil municipal, en juin 2011, Rouffiac a voté, à la majorité, pour la CDC de Haute Saintonge. « Avec le nouveau schéma intercommunal, notre choix reste le même. En l’attente de la prochaine réunion de la CDCI, nous ignorons si Rouffiac restera adhérente à la CDCHS ou si elle rejoindra la CDA de Saintes. Si ce dernier cas était avéré, notre fiscalité serait impactée et le fonctionnement de nos institutions pourrait être remis en cause » explique Julien Tissandier, maire de Rouffiac.

 Il entre dans les détails : « Par fiscalité, il faut entendre la fiscalité des particuliers et la fiscalité communale. En prenant les tarifs publiés par Saintes pour 2012, un couple paiera, annuellement, entre minimum 160 € (15 ramassages par an) et 261,50 € (50 ramassages par an) pour ses ordures ménagères. L’augmentation par rapport à la CDCHS se situerait entre 150 € et 200 € par foyer. Il en va de même pour la taxe dite d’intercommunalité intégrée dans la taxe d’habitation de chacun. En 2011, nos voisins de Saint-Sever ont été taxés à hauteur de 7,85 % sur la valeur locative brute de leur habitation tandis qu’à Rouffiac, la taxe était de 5,97 %. S’y ajoute le fonctionnement du syndicat mixte Rouffiac/Saint-Sever qui aura des conséquences sur Rouffiac. Par ailleurs, les charges liées au fonctionnement de notre école intercommunale et de notre centre de loisirs à la charge des finances communales, se sont montées à 60 000 €, pour 2011. En appliquant la procédure financière dictée par Saintes en cas de transfert de compétence, la commune de Rouffiac devra verser environ 63 000 € par an. Actuellement, nous payons notre part réelle dans le fonctionnement de l’école et nous maîtrisons les dépenses selon les possibilités de chaque budget communal. La commune devrait également perdre le bénéfice de la construction sur notre aire de loisirs d’une structure en dur qui viendra, dès 2013, remplacer les constructions temporaires et les locaux de chantier que le gestionnaire installe chaque année. Cet investissement, entièrement pris en charge par la CDC de Haute Saintonge est estimé entre 60 000 € et 70 000 €. Ce n’est pas Saintes qui fera cet effort financier parce qu’elle n’a pas pris cette compétence et que, a priori, une guinguette sur les bords de Charente n’est pas la priorité de ses dirigeants ; pour preuve, la guinguette de Saintes a disparu. Notre crainte, si nous sommes rattachés à Saintes, serait qu’une seule commune ait la majorité compte tenu de sa population. Ainsi, toutes les communes adhérentes subiraient la politique sociale, ou de fonctionnement, voire d’investissement, de cette dernière ».