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mercredi 4 mars 2026

L''état de catastrophe naturelle reconnu pour 10 communes au titre d'inondations et coulées de boue

PUBLICATION D’UN ARRÊTÉ INTERMINISTÉRIEL PORTANT RECONNAISSANCE DE L’ÉTAT DE CATASTROPHE NATURELLE


Dans le cadre des inondations qui touchent la Charente-Maritime, une procédure accélérée de reconnaissance de catastrophe naturelle a été lancée. L’arrêté interministériel du 3 mars 2026, publié au Journal Officiel le 4 mars 2026, a reconnu l’état de catastrophe naturelle pour 10 communes au titre du phénomène « Inondations et coulées de boue » sur la période du 09 au 24 février 2026 :

 • Fléac-sur-Seugne, Jonzac, Matha, Migron, Mosnac, Pons, Prignac, Saint-Georges-Antignac, Le Seure et Les Touches-de-Périgny.

Les communes dont les dossiers ont été ajournés feront l’objet d’un nouvel examen, assorti d’une expertise complémentaire, à l’occasion d’une prochaine commission interministérielle.

Les communes concernées par des phénomènes d’inondations et coulées de boue, remontées de nappes phréatiques et débordements de cours d’eau ont toujours la possibilité de déposer une demande de reconnaissance. Leurs dossiers seront examinés lors d’une prochaine commission interministérielle. Des éléments d’information complémentaires pourront, le cas échéant, être sollicités en vue de cette instruction.

Les communes reconnues sont invitées à en informer leurs administrés.

Les sinistrés, ainsi que les mairies pour leurs bâtiments communaux endommagés, disposent d’un délai de 30 jours pour déclarer leur sinistre auprès de leurs assureurs, à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel, s’ils ne l’ont pas déjà fait.

• Vous pouvez consulter l’arrêté du 3 mars 2026 sur le site de Légifrance : urlr.me/uVP9nj

Jonzac/conseil municipal : Compte administratif, usine de production de bitume non pétrolier, eau minérale en bouteilles, chauffage urbain, soutien aux viticulteurs

Lundi, s'est tenu le dernier conseil municipal de cette mandature. Autour de Christophe Cabri, tous les conseillers élus en 2020 étaient présents dont Claude Belot, actuel premier adjoint qui ne se représente pas. L'assistance était nombreuse, preuve que l'échéance du 15 mars mobilise les Jonzacais...


Approbation des comptes administratifs 2025 :

• Dépenses de fonctionnement : 8 109 793,68 euros

• Recettes de fonctionnement : 9 457 147, 30 euros


• Dépenses d'investissement : 4 785 951, 37 euros


• Recettes d'investissement : 5 569 910, 03 euros


Lors du vote du CA, le maire se retire durant le vote. La séance est alors présidée
par l'aîné du groupe, en l'occurrence Claude Belot
Cession de parcelle à la Communauté des Communes de Haute-Saintonge

Claude Belot a présenté le projet porté par la société R-SMO nécessitant que la Communauté des Communes de Haute-Saintonge se porte acquéreur d'un terrain de 25 047 appartenant à la ville de Jonzac (parcelle AR 164). Conformément aux dispositions de la loi Notre, il appartient à la CDCHS de procéder à la vente de ce terrain au bénéfice de l'entreprise et doit donc préalablement s'en porter acquéreur auprès de la Commune de Jonzac. Le prix d'acquisition est fixé à 100 188 €. qui s'explique par la topographie très marquée du terrain qui ne peut accueillir un bâtiment, mais où seront implantées des turbines. Il est aussi question de « petites éoliennes ». Détail qui suscite l'attention de Maïté Auboin Hannoyer : « qu'en sera-t-il de l'environnement ? »...

Une division parcellaire a récemment eu lieu et les nouveaux numéros de parcelles ne sont pas encore connus. Le conseil approuve la vente du terrain à la CDCHS à un prix identique à la société R-SMO (100 188 €).

• Production de bitume non pétrolier à partir des déchets

Claude Belot a apporté des explications sur l'implantation d'une autre entreprise dans ce secteur (vers la nouvelle caserne de pompiers) : « il s'agira d'une unité innovante, dépendant du groupe Vinci, qui devrait employer une cinquantaine de personnes. Son activité consistera à produire, à partir de déchets collectés et réutilisés, du bitume non pétrolier et de l'hydrogène ». A suivre.

Et de souligner les activités du groupe Brangeon à Bussac-Forêt : « Dans un objectif de zéro déchet, elle transforme 100 % des déchets collectés en ressources recyclables et valorisables, en passant par le tri à la source et le développement de processus de valorisation des déchets en ressources. Au-delà du recyclage matière, le Groupe valorise les déchets ultimes en CSR de qualité, comme alternative aux énergies fossiles. L'implantation à Bussac-Forêt comprend l’installation d’une unité de production de CSR d’une capacité de 40.000 tonnes. En complément, a été ouverte une déchèterie professionnelle, espace dédié aux besoins des entreprises pour gérer leurs apports de déchets. Ce site permet à toutes les entreprises, comme les artisans, commerçants, entreprises du paysage ou du BTP, de déposer rapidement et en sécurité leurs déchets. Les horaires sont adaptés aux professionnels. Le vidage se fait à plat et est accessible à tous les véhicules, ce qui apporte confort et facilité des déchargements. Le site accueille tous les déchets, hors radioactifs et hospitaliers ». 

• CSR : Les Combustibles Solides de Récupération (CSR) sont constitués de certains déchets actuellement non recyclables. La fraction non recyclable renferme certains matériaux à haut potentiel énergétique, comme les mélanges de matières et les matériaux complexes tels que certains plastiques. 

Au passage, Claude Belot a rappelé la nécessité d'être indépendant dans le domaine de l'énergie (crise au Moyen-Orient qui risque de durer, pétrole, gaz). En 2030, la part de l'électrique en France passera de 20% à 30%. 

Une nombreuse assistance

• Au sujet de l'eau minérale en bouteilles : 

« En raison du débit prometteur du nouveau forage, la Ville aura des ventes d'eau supplémentaires par cet embouteillage. Il n'y pas d'investissement à faire et la collectivité percevra une taxe. Jonzac est bénie grâce à l'eau, thermes, Antilles, cosmétiques, eau en bouteilles » souligne Claude Belot. Dommage que nous n'ayons pas de source miraculeuse ! 

• Les "problèmes" hivernaux du chauffage urbain : 

Le réseau de chauffage urbain de la commune a changé d'exploitant à la suite d'une procédure de mise en concurrence du marché en 2024. L'hiver a été un peu rude en raison d'une chaudière neuve (1.400.000 euros) « qui devait être opérationnelle en septembre et ne l'a été qu'en février. Le relais par fuel n'a pas donné les résultats escomptés. La cause, c'est qu'ils avaient oublié de commander du fuel. Il vaut mieux en rire deux mois après ! » constate Claude Belot qui préconise à son futur successeur de « revenir en régie publique à la fin du contrat ». Le maire, Christophe Cabri, admet « qu'il faut surveiller de très près les exploitants ».

Annick Thibaud, Madeleine Perrin, Claude Belot

• Motion de soutien à la filière Cognac

Christophe Cabri donne lecture d'une proposition de motion de soutien en faveur de la filière cognac :

« Considérant que la filière Cognac a été ciblée par une enquête antidumping chinoise en réponse à des décisions apportées par l'Union Européenne dans le domaine des véhicules électriques.

Considérant que cette procédure a très profondément déstructuré la présence du cognac sur ce qui était jusqu'alors son deuxième marché en volume et son premier marché en valeur.

Considérant que les engagements de prix minimum et la réouverture du marché duty free négociés par l'interprofession n'ont en rien inversé la tendance sur ce marché.

Considérant que, dons ce contexte difficile pour l'économie de la région, la filière n'a d'autre choix que d'adapter le dimensionnement de son vignoble à la situation actuelle.

Considérant que la filière fait déjà son possible sur ses propres ressources pour amortir l'impact de ces taxes.

Considérant que la Commission Européenne, à la demande de la filière, a acté officiellement de la gravité de la situation, et accepté le principe d'un soutien spécifique à cette dernière.

Considérant que la participation des autorités françaises est nécessaire pour officialiser et faire aboutir cette démarche.

Considérant que depuis six mois, ces mêmes autorités n'ont pas répondu aux demandes explicites et réitérées de l'interprofession d'appui en faveur de la filière.

En conséquence, le conseil municipal de Jonzac se prononce, à l'unanimité de ses membres, en faveur d'un appui à la filière Cognac, et demonde expressément au gouvernement français qu'il accompagne cette dernière activement à Bruxelles pour faire émerger, avec la Commission Européenne, les mesures de soutien qui lui ont été promises ».

Motion votée à l'unanimité. 

mardi 3 mars 2026

Infos : Jonzac/Maïté Auboin Hannoyer apostrophe Christophe Cabri ; Deux jardins médiévaux à Jonzac ; Réunions électorales à Montendre ; Animations

• Jonzac/Maïté Auboin Hannoyer apostrophe le maire, Christophe Cabri : 

A la fin du dernier conseil municipal, lundi dernier, Maïté Auboin Hannoyer, élue de longue date, n'a pas été sollicitée par Christophe Cabri pour figurer sur sa nouvelle liste aux Municipales. Elle a dit ce qu'elle avait sur le cœur : « Après 43 ans de travail effectif auprès de la population où je me suis investie localement dans la vie associative, je voulais simplement te dire que quand on est premier magistrat de la commune, on est censé faire preuve de discernement. Or, la manière dont tu y es pris à mon égard n'est pas digne. Je suis profondément attristée et tu as manqué d'élégance. Je ne suis pas un vieux chiffon usé qu'on jette à la poubelle. Où est la morale ? ».


Maïté Auboin Hannoyer est à l'origine de la saison jazz qu'elle anime à Jonzac chaque année. 

• Deux jardins médiévaux à Jonzac :

Celui des Amis de Jonzac, association co-présidée par Annie Lavaud, Jocelyne Tessonneau et Annie Amaudruz, est situé en face des locaux de la Communauté de Communes (grâce à l'aimable compréhension de Claude Belot). Il prend forme avec le beau temps et les jardinières s'activent pour être opérationnelles en juin prochain. Rendez-vous au futur Jardin de la Sagesse ! Saluons leur courage (et celui des personnes qui les aident) car elles reprennent tout à zéro, ayant été "remerciées" par le propriétaire de leur ancien jardin près du chemin de ronde. En effet, le bail a été rompu entre les deux parties début 2026 au motif que l'association a laissé pousser un arbre encombrant (figuier) allant déstabiliser la murette « alors qu'il avait été spécifié d'écarter tous les végétaux de grande taille dans la parcelle ». 

De son côté, M. Froissard a constitué une autre association. Son objectif ? La création d'un nouveau jardin médiéval en lieu et place de l'ancien cultivé par les Amis de Jonzac. Parmi les membres de cette structure, François et Martine Perrogon. L'aménagement du site a lieu actuellement : « il s'agira d'un jardin médiéval réalisé dans la tradition avec un choix des plantes minutieux et un apport de variétés rapportées d'Orient lors des croisades. La croix de Jérusalem, la rose de Damas par exemple. Des panneaux apporteront des explications aux visiteurs ». Avec le printemps, la nature sera à l'honneur !

Jonzac a donc de la chance, la ville aura bientôt deux jardins médiévaux. Il deviendra alors impossible d'ignorer les vertus médicinales de certaines plantes !

• Montendre/Elections municipales du 15 mars : Réunions électorales

Agir à Montendre Ensemble avec Anita Collier : Mardi 10 mars à la mairie de Chardes à 19 h ; Jeudi 12 mars Salle F. Mitterand à Montendre à 19 h ; Vendredi 13 mars Salle des fêtes de Vallet à 19 h

Montendre Naturellement avec Patrick Giraudeau, maire sortant : Le 11 mars à 19 h 30 Salle Olympe de Gouges à Chardes ; le 12 mars à 19 h 30 Salle des fêtes de Vallet ; le 13 mars à 19 h 30 Centre culturel François Mitterrand.

• A noter sur vos tablettes



• Boutenac-Touvent : Diffision du film Le Créa, réalisé à partir du livre de Jean-Marc Soyez

• Réouverture MaPrimeRénov' 

Le guichet MaPrimeRénov, la principale aide à la rénovation énergétique pour les particuliers, a rouvert lundi 23 février avec un budget de 3,6 milliards d’euros, reprenant les conditions d'attribution antérieures. Pour 2026, la stratégie MaPrimeRénov’ est axée sur l’électrification et la décarbonation des logements. 

• Mardi 10, jeudi 12 et vendredi 13 mars à Talence : 3 jours de répétitions et plus de 100 jeunes attendus pour se préparer à la 10ème édition du Nouveau Festival !

A l’issue des sélections, ce sont 214 projets, issus de 124 établissements, qui ont été retenus pour participer au 10ème opus du Nouveau Festival ! Prochaine étape pour les artistes en devenir : l’encadrement par des professionnels du spectacle vivant afin de renforcer leur travail en leur offrant la possibilité de bénéficier d’une installation professionnelle dans une salle de spectacle dédiée. Ainsi, l’ensemble des projets des domaines musique, danse, théâtre, slam, et match d’improvisation est invité à participer à des temps de rencontres et d’échanges en amont du festival avec le concours de l’OARA et de l’ALCA, les deux agences de la Région en charge de la coordination de ces domaines. 

11 journées d’ateliers préparatoires sont ainsi organisées jusqu’au mois de mai, sur tout le territoire de la Nouvelle-Aquitaine pour permettre aux jeunes de donner le meilleur d’eux-mêmes sur scène !

L’ensemble des projets sera présenté lors d’un grand rassemblement final qui se tiendra mercredi 20 et jeudi 21 mai 2026 au Rocher de Palmer à Cenon. Une saison anniversaire marquée par deux jours de fête et de partage qui réuniront projets artistiques, culturels et citoyens divers et variés !

Plus d’informations sur le site : le-nouveau-festival.fr

Jonzac/ Claude Belot : « 36 ans : je suis le maire qui a duré le plus longtemps ! »

Lundi était une date importante et émouvante pour Claude Belot qui participait à son dernier conseil municipal (il ne brigue pas de nouveau mandat). 36 ans déjà. En effet, il a été maire de Jonzac de 1977 à 2001, puis de 2008 à 2020 avant de devenir premier adjoint de Christophe Cabri. Devant les élus et un nombreux public (des chaises avaient été ajoutées), celui qui est également président de la Communauté de Communes de Haute-Saintonge jusqu’au 15 mars - date des prochaines élections municipales - a évoqué le passé historique de la cité avant de revenir sur sa carrière, sa forte ambition pour Jonzac « une ville particulière, bénie » et son souhait d’avoir des successeurs qui sachent relever le défi. Autrement dit, selon l’expression patoisante, « qui ne mangent pas la beunasse constituée par les aînés ». Christophe Cabri et Jean-François Mougard, chefs de file des deux listes qui s'affrontent pour le poste de maire, ont entendu les propos et conseils du « maître ». En fin de séance, il se murmurait que Claude Belot avait un faible pour son ex DGS, Jean-François Mougard, position confirmée par Barbara Lachamp, l'une de ses colistières. Bref, les voix du Seigneur sont impénétrables, dit-on. Attendre et voir...

A l'ordre du jour du conseil municipal de lundi dernier, l'examen du compte administratif. Au moment du vote, le maire en exercice, Christophe Cabri, se retire et l'aîné préside le vote (CA approuvé à l'unanimité). En retrouvant son ancien siège sur cette estrade, Claude Belot a vécu là un moment "historique" en ce sens où il se retire de la vie politique
après 36 ans à la tête de la mairie de Jonzac

Le discours de clôture de Claude Belot : « Jonzac est une ville particulière. Quand vous en aurez la responsabilité, il faudra intégrer la dimension historique dans vos réflexions »

« Depuis des siècles, le château représente l’exercice du pouvoir. Il ne faudra jamais traiter Jonzac comme une ville ordinaire. Son patrimoine est en bon état, l’Architecte des Bâtiments de France le reconnaît. Au lendemain de la guerre 14-18, le territoire avait perdu la moitié de sa population. Des bâtiments scolaires, en pierre de taille, ont été construits à côté de la Caisse d’Epargne et l’adduction d’eau est arrivée en 1934. Après la Seconde guerre mondiale, il y avait beaucoup de travaux à faire, le patrimoine avait vieilli et il fallait le remettre en état. L’ensemble du cloître des Carmes devait être détruit pour y installer la caserne de pompiers. Le magnifique château des fossés, à Saint-Martial de Vitaterne, avait été démoli pour y installer l’hôpital psychiatrique. Le patrimoine que nous possédons est une chance, il fait notre richesse. S’y ajoute la culture que j’ai toujours soutenue. La programmation est variée, cinéma, théâtre du château, centre des congrès. Récemment, le centre des congrès a reçu des artistes renommés que peuvent nous envier Royan, Saintes ou Angoulême. A l’avenir, il faudra continuer. Une des raisons pour laquelle j’ai été élu depuis longtemps, c’est parce que j’ai respecté cette dimension dans l’action. 

Patrimoine : plus jamais ça ! Le majestueux château des fossés, situé sur la commune de Saint-Martial de Vitaterne, a été rasé dans les années 1960 pour faire place
aux pavillons de l'hôpital psychiatrique
« En 33 ans, depuis 1993,  date de création de la CDCHS, 70.000 m2 de bâtiments et 200 millions d’investissements ont été réalisés »

Je suis le maire de Jonzac qui a duré le plus longtemps, 36 ans ! J’ai privilégié le secteur économique en proposant aux habitants de créer des studios thermaux pour accueillir les curistes. Je tenais à ce que les Jonzacais bénéficient des retombées de la station thermale. Le patron de la Chaîne thermale du soleil, Adrien Barthélémy, voulait construire un hôtel. J’ai lancé un appel auprès des habitants qui ont répondu présent et investi ! Aujourd’hui, il faut se pencher sur tous les domaines susceptibles de créer de l’emploi, être à l’affût de ce qui existe. Quand j’ai été élu conseiller général en 1970, la Région n’existait pas, ni les intercommunalités. Jusqu’en 1985, le préfet assurait l’exécutif du Conseil général. Si une commune voulait réaliser des projets, elle demandait les autorisations légales. En conséquence, il était préférable que le maire soit également conseiller général pour défendre ses dossiers ! Depuis, des changements sont intervenus. On a retiré complètement l'action économique au Conseil départemental. Malgré leur ampleur et leurs responsabilités, les régions n’ont pas un sou et les conseils départementaux fonctionnent avec les dotations de l’Etat, lequel Etat leur donne des ordres pour dépenser ces dotations.

Dans les années 90, j’ai mené un combat ici et à Paris pour que naissent les Communautés de Communes en relation avec le saintais Philippe Marchand, alors ministre de l’Intérieur. Nous nous rencontrions souvent et j’ai facilité l’examen du texte quand il est arrivé en première lecture au Sénat. Auparavant, chaque commune menait sa vie comme elle le pouvait entre le Contrat de pays et les Sivom. Outre le prélèvement direct de l’impôt, la loi a permis un transfert de compétences. Dès lors, les CDC ont le devoir de piloter l’action économique que n’ont plus le Département et les communes. Ça veut dire qu’il faut le faire ! Or, je m’aperçois que de nombreux élus reculent un peu ; ils ne veulent pas se transformer en chef d’entreprise parce que ça leur fait peur. La CDC de Haute-Saintonge perçoit aujourd’hui 3 millions d'euros de loyers sur 71 bâtiments, et d’autres sont en construction. En 33 ans, depuis 1993, date de création de la CDCHS, 70.000 m2 de bâtiments et 200 millions d’investissements ont été réalisés. Je laisse une situation dans laquelle il y a zéro emprunt. Mon objectif a été de rassembler les maires de droite comme de gauche sur un projet et ensuite entendre ce qu’ils avaient à dire sur ce projet. 

Conseils de Claude Belot à ses successeurs (©NB)

Au passage, je regrette que l’élection municipale de Jonzac en 2020 n’ait comporté qu’une seule liste. Un tiers de votants, nous avons été élus, moi le premier, dans des conditions qui n’étaient pas satisfaisantes. Aujourd’hui, deux listes sont en lice. Je vous observe attentivement et me pose des questions : compte-tenu du poids de la CDCHS, il faudra entre cette collectivité et la Ville un partenariat de grande qualité. La CDCHS est puissante financièrement. Parmi ses réalisations, le centre des congrès, les Antilles, la médiathèque. Faites en sorte que cet outil communautaire soit utilisé de juste façon. Qu’ajouter de plus ? Que le meilleur gagne ! Ayez des adjoints qui soient à la hauteur - ce n’est pas toujours facile - ainsi qu’un ou une DGS qui le soit également. Je remercie les Jonzacais et Jonzacaises qui m’ont fait confiance aussi longtemps ».  

« Conservez cette salle du conseil telle qu'elle est aujourd'hui »

Et Claude Belot de conclure en recommandant à ceux qui lui succéderont de garder la salle de conseil municipal dans son état actuel. Elle possède le même décor qu’en 1970 avec sa cheminée néo-gothique, une œuvre de Pierre-Paul Prud'hon et le fameux drapeau du 57e régiment d'infanterie dont l'origine est jonzacaise. En effet, ce régiment y a été créé en 1627 par le comte de Sainte-Maure. Durant l’Ancien Régime, il a été présent sur tous les lieux de bataille, en Europe comme dans les colonies, en Guadeloupe en particulier. Sa devise était « Le Terrible que rien n’arrête ». Une tapisserie de l'artiste Colette Enard complète le tableau. « Ainsi, en conservant cet endroit tel qu’il est aujourd'hui, vous perpétuerez l’esprit et la mémoire de ceux et celles qui y ont travaillé » conclut-il. Les mânes des Sainte Maure, des Bouchard d'Esparbès de Lussan d'Aubeterre et des édiles républicains qui se sont succédé en ce lieu ont applaudi à cette proposition... 

Au nom de la municipalité, des livres sur Saint-Exupéry ont été remis à Claude Belot
par Christophe Cabri et Christel Brière (©NB)

Proximité entre Claude Belot et Christophe Cabri, ils se connaissent depuis longtemps !
Les applaudissements des conseillers municipaux et du public (©NB)

Claude Belot a totalisé 56 ans d'engagement politique si l'on compte tous ses mandats (maire, conseiller général, sénateur,
président de la Communauté de Communes de Haute Saintonge)

Vous avez un projet de restauration ? Connaissez-vous le Label de la Fondation du Patrimoine ?

La Charente-Maritime abrite un patrimoine exceptionnel qui raconte à l’oreille des touristes, nombreux chaque année, les riches heures de cette région qui conjugue la terre aux effluves de la mer. En calcaire, les façades des maisons saintongeaises attirent le regard, de même que les témoignages du temps d’avant. Lors des restaurations, la Fondation du Patrimoine peut accompagner les propriétaires ou les collectivités. Patrick Ferrère, délégué régional Poitou-Charentes et Marie-Laure Rouger, déléguée territoriale de Haute-Saintonge et Saintonge, expliquent quand intervient cet organisme et quelles aides peuvent être obtenues

Marie-Laure Rouger et Patrick Ferrère devant la Porte de Ville de Jonzac (XVème siècle)
En visite à Jonzac, Marie-Laure Rouger et Patrick Ferrère s’attardent devant le châtelet, fleuron de la ville. S’ils sont sensibles à l’ambiance que dégagent les lieux, ils sont moins enthousiasmés par les volets roulants et le PCV "ornant" certaines ouvertures du secteur protégé. Non loin, deux maisons de la place du château, récemment rénovées dans les règles de l’art, montrent l’exemple d’un ensemble cohérent. Marche à suivre…

• Le rôle de la Fondation du Patrimoine 

Créée en 1996 au niveau national par des grands chefs d’entreprises, la Fondation du Patrimoine (organisme indépendant à but non lucratif) agit en Nouvelle-Aquitaine à travers une délégation régionale et des bénévoles locaux (une quarantaine). Son objectif est clair : aider les propriétaires publics et privés à restaurer des bâtiments présentant un intérêt patrimonial, notamment lorsqu’ils ne sont pas protégés au titre des Monuments Historiques.

« Son action repose sur plusieurs leviers dont le label de la Fondation du Patrimoine qui permet aux propriétaires privés de bénéficier d’avantages fiscaux pour la restauration de biens visibles depuis la voie publique (maisons, parcs et jardins). S’y ajoutent l’organisation de collectes de dons, mobilisant habitants, entreprises et mécènes autour de projets (ex : châtelet de Jonzac, château de Pons et de Montguyon entre autres), le soutien aux communes rurales, souvent confrontées à des moyens financiers limités pour restaurer leurs églises ou bâtiments communaux anciens ».

En Saintonge, de nombreuses restaurations ont vu le jour grâce à l’appui de la Fondation : réfection de toitures d’églises romanes, consolidation de moulins, restauration de façades ou remise en état de patrimoines agricoles traditionnels. Ces projets ne se limitent pas à la sauvegarde architecturale. Ils participent également à la transmission de savoir-faire artisanaux (taille de pierre, charpente traditionnelle, maçonnerie à la chaux), à l’économie locale, à l’attractivité touristique du territoire.

• Les avantages du Label pour un particulier dans une commune de moins de 20.000 habitants 

Il permet de bénéficier de subventions, de déductions fiscales, de la moitié du montant des travaux à leur totalité. Le dossier de demande d'attribution du label est instruit par les chargés de mission, puis validé par le délégué régional de la Fondation. Il doit également recevoir l'aval de l'Unité départementale de l’architecture et du patrimoine dirigée par l'architecte des bâtiments de France (ABF). « Ce label incite les propriétaires à respecter les matériaux et le style du bâti ». 

• Un exemple concret à Jonzac au 9 de la place du château. Propriétaire de l'immeuble, Céline Alleaume avait expliqué sa démarche à la fin des travaux lors d'une "inauguration" en octobre 2023 :

Céline Alleaume : « Merci aux partenaires de cette opération, Isabelle Perrin, délégué Charente-Maritime de la Fondation du Patrimoine, Valérie Meyer qui l’a précédée, Marie-Laure Rouger, déléguée Saintonge, Patricia et Anne pour les démarches administratives, Olivier Foltran de l’Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Lionel Mottin, architecte des Bâtiments de France, au maire de Jonzac Christophe Cabri qui a dû supporter mes humeurs et a tenu bon, au service de l’urbanisme et bien sûr les artisans ». Franchir toutes les étapes nécessaires à une restauration dans un secteur sauvegardé, écosystème vaste et complexe, lui a demandé « une très haute détermination pour aboutir ». Quant à la participation de la Fondation du Patrimoine, « dans mon cas, ce mécanisme de défiscalisation a équivalu à 10% du montant total de l’opération. C’est une incitation. Il ne faut pas chercher une rentabilité, mais une inscription dans un espace patrimonial non loin du château de Jonzac, bijou de la Saintonge ». Son souhait ?  Que cette dynamique puisse créer un effet boule de neige en encourageant les uns et les autres à contribuer à l’embellissement du cœur de ville : « C’est un honneur de participer à la sauvegarde du patrimoine. Jonzac mérite d’être mieux connue historiquement. Dans le cadre de mon dossier, la Fondation de France m’a d'ailleurs incitée à faire des recherches. A nous de cultiver le beau ! ».

Exemple de belle restauration de façade place du château

• Cette rencontre avait été l’occasion de rappeler les matériaux à éviter dans le périmètre de 500 mètres autour d’un monument classé (château, porte de ville, église), en zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager 

Les élus doivent être attentifs aux travaux effectués en ville dans les secteurs sauvegardés. Certains particuliers se permettent d’installer des baies vitrées, de changer des huisseries (PVC) sans attendre le feu vert nécessaire. Si l’examen du dossier est négatif, les travaux ne doivent pas être engagés. 

• La Fondation du Patrimoine initie également des collectes 

Le marché de Royan a bénéficié d’un soutien de AG2R La Mondiale pour sa restauration (30.000 euros) ; la maison Pierre Loti à Rochefort a mobilisé plusieurs leviers dont le loto du patrimoine ; les cloches de l’église Saint-Sauveur à La Rochelle ont obtenu une dotation du Fonds Métiers d’art. La Fondation du Patrimoine accompagne la restauration de Fort Boyard via une collecte nationale, avec un objectif de 1,4 MF auprès du grand public. Elle soutient également le patrimoine des transports (Train des Mouettes, avions, bateaux, véhicules). 17 collectes sont actuellement ouvertes sur la Charente Maritime pour 544000 euros de dons collectés l'an dernier. 8 projets ont été sélectionnés dans le cadre de financements nationaux pour un engagement total de 490.000 euros en 2025.

• L’une des forces de la Fondation du Patrimoine réside en sa mobilisation

Depuis sa création, la Fondation du Patrimoine a soutenu 43000 projets. Chaque année, près de 16000 emplois sont créés ou maintenus dans le bâtiment et on compte 900 bénéficiaires en insertion. Plus de 380 projets de préservation du patrimoine naturel ont été financés depuis 2009.

• Les programmes spécifiques de la Fondation du Patrimoine 

Le patrimoine naturel, le patrimoine emploi (la fondation contribue à la formation aux métiers du patrimoine et à l'insertion socioprofessionnelle de personnes en difficulté), le patrimoine des Juifs de France (rénovation de la Grande Synagogue Consistoriale de Metz).

• La Mission Patrimoine en quelques mots

Depuis sa première édition en 2018, la Mission Patrimoine, portée par Stéphane Bern, a donné un coup d'accélérateur à la mission fondamentale de la Fondation du Patrimoine de sauvegarde du patrimoine en péril. 4000 sites ont ainsi été signalés par le grand public et les acteurs du patrimoine, en partenariat avec le Ministère de la culture. Les jeux Mission Patrimoine sont organisés chaque année par la Française des jeux (FDJ), dont une part des recettes est reversée à la Fondation du Patrimoine.

La ville de Jonzac a été soutenue par la Fondation du Patrimoine
pour la restauration de son châtelet
• En résumé : 

Le Label de la Fondation du Patrimoine est destiné aux propriétaires privés et aide à financer les travaux de restauration pour une durée de 3 ans. Il reconnaît l'intérêt patrimonial d'un immeuble bâti ou non bâti (parcs et jardins), non protégé au titre des Monuments Historiques, et situé dans certaines zones (SPR site patrimonial remarquable, site classé au titre du Code de l'Environnement, zone rurale, bourg ou petite ville de moins de 20.000 habitants).

• Contacts : 

marie-laure.rouger@fondation-patrimoine.org

patrick.ferrere@fondation-patrimoine.org

lundi 2 mars 2026

Jonzac/Paul Rahé : A 18 ans, il est le plus jeune candidat aux élections municipales !

En licence « Administration économique et sociale »  (AES), Paul Rahé est candidat pour la première fois à une élection municipale à Jonzac. Il est le benjamin de l’équipe conduite par Christophe Cabri, maire sortant.

Présentation de la liste conduite par Christophe Cabri.
Paul Rahé se trouve derrière le maire sortant, au second rang à droite

Février 2026, présentation de la liste de Christophe Cabri, maire sortant. Le public réuni dans la salle des fêtes est nombreux, à la fois curieux et intéressé. Et pour cause, tel un événement cosmique, la désignation des responsables appelés à gérer la cité n'a lieu que tous les six ans. Autant ne pas la manquer dans le ciel jonzacais aujourd’hui bouleversé ! En effet, la planète majeure, Claude Belot, se retire de la mairie (il avait conservé le poste de premier adjoint en 2020) et de la présidence de la Communauté de Communes de Haute-Saintonge. La voie est ouverte. 

L’élection à la proportionnelle se déroulera le 15 mars. Parmi les colistiers de Christophe Cabri, maire sortant, se trouve Paul Rahé dont l’âge, 18 ans, rappelle la fameuse citation de Corneille dans le Cid « La valeur n'attend pas le nombre des années ». Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas un novice en politique ! Tandis que certains jeunes se détournent de la scène publique au motif que ses représentants, nationaux en particulier, ne les enthousiasment guère, il a adopté une autre attitude : s’engager et participer. Autrement dit être dans l’action pour devenir acteur de la situation.

Paul Rahé a grandi en Haute-Saintonge où il a fréquenté le collège, puis le lycée de Jonzac. Il est élu vice-président du Conseil de la Vie Lycéenne de cet établissement, fonction qui lui permet de candidater au CRJ, le Conseil Régional des Jeunes : « Nous étions une dizaine à représenter la Charente et la Charente-Maritime à Bordeaux ». Durant deux ans (classes de seconde et première), il planche sur différents sujets dont les transports et la mobilité ainsi que la santé et l’environnement. Ainsi voit le jour le Pass Ter + Car 17, abonnement combiné qui permet d’utiliser deux modes de transport : les trains et les cars régionaux sur la ligne Poitiers-Bordeaux par exemple. Dans un autre domaine, féminin celui-là, le CRJ contribue à l’installation de distributeurs de protections hygiéniques dans les lycées. 

« Siéger à Bordeaux où nous étions 108 pour la Nouvelle-Aquitaine m’a offert une véritable ouverture sur la politique régionale. J’ai eu la chance de présenter un dossier en séance publique. Ce fut un moment important que de m’exprimer devant l'assemblée plénière. C’est impressionnant la première fois. On s’aperçoit également que la mise en place des projets prend du temps ». 

Paul Rahé interroge le président Alain Rousset au Conseil régional à Bordeaux
Cette expérience lui donne envie d’aller plus loin et d’apporter sa pierre à l’édifice d’un parti. Il devient responsable régional adjoint au Pôle Étudiant pour les Jeunes Horizons avec, pour mission, « d’aider les responsables des comités universitaires de toute la région Nouvelle Aquitaine et d’étendre le nombre de ces comités ».  

Paul Rahé annonce les objectifs du Pôle Étudiant aux élus Horizons de Gironde en vue de l’année électorale, lors des vœux Horizons Gironde organisés à Pessac le 14 janvier dernier. Il était invité par Franck Raynal, maire de Pessac et responsable départemental. 

Elections Municipales à Jonzac

Nouvel engagement, il est candidat aux Municipales de mars prochain à Jonzac. « Je suis entré en contact avec Christophe Cabri. J’adhère à sa démarche de travailler avec l’ensemble de ses colistiers dans un esprit constructif. Jonzac est une ville qui avance ; elle a une histoire et un avenir ». S’il ne connaît pas Claude Belot pour ne pas l’avoir rencontré, il le devine à travers les actions qu’il a conduites. Cette première campagne sur le terrain sera pour Paul Rahé une sorte de baptême du feu : « Les électeurs jugeront sur la qualité des programmes proposés. Je me doute bien que certains échanges entre les chefs de file seront vifs, mais c’est la démocratie ! Pour moi, il est important d’avoir une vision politique et de l’exposer dans le respect des idées ». Il est des endroits, en effet, où la violence s’invite et conduit à des drames. Fort heureusement, la "charmante" ville de Jonzac n’est pas atteinte par ces excès où la nécessité absolue d’imposer son point de vue l’emporte sur le simple bon sens…

Rendez-vous dimanche 15 mars, jour où les électeurs déposeront leurs bulletins dans l'urne !

• Les objectifs de Paul Rahé : « Mettre la jeunesse au coeur des projets municipaux et favoriser leur implication, servir de relais entre les jeunes et la commune, apporter un regard neuf et engagé face aux enjeux de la ville »

Groupe écologiste, solidaire et citoyen de Nouvelle-Aquitaine : « Tempêtes et inondations : mieux anticiper et adapter nos politiques face au dérèglement climatique »


Communiqué du groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine :

« À la suite des tempêtes Nils et Pedro et des crues qui ont durement frappé le Sud-Ouest, plusieurs territoires de Nouvelle-Aquitaine ont été sous les eaux, de la Réole à Saintes, de Marmande à Cognac. Le groupe écologiste, solidaire et citoyen tient d’abord à exprimer sa pleine solidarité avec l’ensemble des sinistrés, agriculteurs, forestiers, commerçants et collectivités touchés. Le groupe renouvelle son appel à mettre en œuvre l’anticipation et l’adaptation au dérèglement climatique. 

Ces dernières semaines, la Nouvelle-Aquitaine a connu une succession d’épisodes climatiques d’une intensité exceptionnelle : crues majeures dans les bassins versants de la Garonne et de la Charente, submersions locales, érosion des côtes, réseaux ferroviaires interrompus, milliers d’habitations sinistrées, parcelles forestières dévastées, problème de potabilité de l’eau dans plusieurs communes. Ces catastrophes ne sont plus des exceptions. Elles traduisent un dérèglement climatique durable, aggravé par des choix d’aménagement inadaptés, comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous alerte depuis de nombreuses années : artificialisation des sols, destruction des zones humides, urbanisation en zones inondables, modèles agricoles intensifs. 

« Dans les Landes, certaines parcelles comptent jusqu’à 50 % des pins couchés par les vents et des sols engorgés. Les dégâts étaient prévisibles. Il est urgent d’accompagner agriculteurs et forestiers vers des modèles plus résilients :  agroécologie, restauration des sols vivants capables d’absorber l’eau, préservation des zones humides et lutte contre l’artificialisation doivent devenir des priorités régionales » souligne Laurence Motoman, conseillère régionale dans les Landes et membre de la commission forêts, agriculture et alimentation.

Aménagement du territoire : sortir des choix qui aggravent les risques

Pour le groupe, ces événements imposent un changement de cap en matière d’aménagement du territoire, et un renforcement de la prévention.

« On ne peut plus continuer comme si de rien n’était et à autoriser des projets qui aggravent l’artificialisation ou détruisent des zones humides comme les lignes LGV vers Toulouse et Dax, les projets Flying Whales et EMME. Il faut repenser nos choix d’aménagement à l’aune des risques climatiques » alerte Christine Graval, conseillère régionale dans la Vienne et coprésidente du groupe.  

Augmenter le fonds Barnier

Le groupe pointe également la question des inégalités territoriales et sociales face aux risques climatiques. Le système d’assurance montre déjà ses limites : dans certaines zones, les compagnies rechignent à couvrir les biens exposés. Tandis que le fonds Barnier, dédié à la prévention des risques naturels majeurs, reste inchangé alors que les risques et donc les dégâts augmentent. 

« Sur le bassin versant de la Charente, plusieurs milliers d’habitations ont été touchées. Là aussi, nous constatons que le dérèglement climatique frappe surtout les plus vulnérables et aggrave les inégalités. À cause du changement climatique, l’intensité des précipitations dans le Sud-Ouest augmente, les crues sont plus intenses et plus longues, et le ruissellement est amplifié par l’imperméabilisation des sols et la brutalisation des zones tampons telles les zones humides. Nous devons adapter nos politiques publiques et renforcer la prévention. Et l’État doit prendre ses responsabilités financières et renforcer le fonds Barnier » affirme Stéphane Trifiletti, conseiller régional en Charente-Maritime. Face à l’accélération du changement climatique, la Région et l’État doivent prioriser la prévention des inondations, la résilience des territoires, la transformation des modèles agricoles et forestiers et l’accompagnement des collectivités vers la désimperméabilisation et la renaturation. 

Le groupe appelle l’État à renforcer les moyens dédiés à la prévention des risques et à mettre les financements à la hauteur des enjeux climatiques ». 

Dispositif expérimental d’intervention foncière pour restructurer le vignoble en Gironde : les banques s'engagent

Depuis le mois d’octobre, sur une proposition de la Confédération paysanne suscitant l’intérêt de l’ensemble des acteurs de la filière vitivinicole et du monde agricole, des travaux visant à créer un dispositif d’intervention foncière en Gironde sont menés sous l'égide de l'Etat et de la Région, afin de redonner des perspectives aux viticulteurs girondins, en développant notamment la diversification. Véritable projet de territoire, ce dispositif passerait par la création d'un outil foncier dédié notamment au rachat, à la restructuration et la revente des parcelles de vignes arrachées dans un objectif de valorisation 

Le préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde et le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ont présidé ensemble lundi 23 février une réunion sur le financement d'un dispositif associant l'Etat, la Région, le Département,  l’Etablissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine (EPF NA), la Safer Nouvelle-Aquitaine, les établissements bancaires volontaires, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux-Gironde, la Chambre d’agriculture de la Gironde, la Banque des Territoires, l'Association des maires de Gironde, l’Association des maires ruraux, et la Banque de France.

 • Une stratégie en deux étapes a été actée :

 - une phase d’amorçage portée par l’EPF NA, à hauteur de 10 millions d’euros, avec la mise en place d’une garantie de bonne fin par les banques. Cette phase, qui permettrait à l'EPFNA de commencer à racheter des terres viticoles arrachées, doit faire l’objet d’une délibération lors de son prochain conseil d’administration le jeudi 5 mars.

 - une phase de montée en puissance du dispositif porté par un outil foncier à créer, animé par la Safer (négociation des achats, restructuration, gestion du foncier en stock, redistribution).

Cet outil foncier associerait des actionnaires privés et publics sur la base sur la base d’une clé de répartition 70 % fonds privés – 30 % fonds publics.

 • S'agissant d'une expérimentation totalement innovante, l'outil foncier serait doté dans un premier temps d'un capital initial de 20 millions d’euros :

 - 14 millions d’euros apportés par 4 banques partenaires : Crédit Agricole d’Aquitaine, Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, Crédit Mutuel du Sud-Ouest et Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes.

 - 6 millions d’euros apportés par la Région Nouvelle-Aquitaine, l’État et ses établissements publics (CCI de Bordeaux-Gironde, la Chambre d’agriculture de la Gironde).

 • Ce dispositif viendrait ainsi compléter l’engagement financier de :

 - L’État depuis 3 ans (environ 115 millions d’euros) au soutien de la filière viticole girondine via les dispositifs d’arrachage, les fonds d’urgence, et l’aide à la distillation de crise.

 - La Région qui soutient la filière à travers ses dispositifs communs (investissements sur les exploitations, installation, portage et stockage foncier avec la Safer, performance des entreprises de l’aval, salons, promotion, export individuel pour les entreprises de l’aval, actions collectives et soutien à l’écosystème, expérimentation, innovation, programme VitiRev…).

 La Région Nouvelle-Aquitaine apporte également un soutien particulier à la filière viticole en crise depuis son engagement en 2023 aux côtés de l’Etat et de la profession. Notamment, elle accompagne la réorientation des exploitations viticoles avec 45 projets déjà soutenus et un accompagnement collectif pour massifier les opportunités de diversification autour de filières d’avenir, le soutien au plan de restructuration des caves coopératives ainsi que l’ouverture d’un dispositif spécifique à la promotion.

 Sous réserve des délibérations et engagements formels des organismes concernés, les travaux vont se poursuivre avec l’ensemble des partenaires afin de préparer :

- un appel à manifestation d’intérêt (AMI) à destination des agriculteurs girondins qui souhaitent vendre ou échanger des parcelles agricoles. Cet AMI, dont le cahier des charges est en cours d'élaboration pour définir les contours d'intervention, devrait être lancé au cours du premier semestre 2026. La Banque des Territoires accompagnera le dispositif en finançant l’ingénierie de cet AMI et les études préalables à la constitution de la foncière.

- la réunion au préalable d'un Comité de pilotage comprenant, outre les partenaires précités, les représentants de la profession vitivinicole pour présenter l'ensemble du dispositif.

Salon de l’Agriculture à Paris : quatre médailles pour mettre à l’honneur la viticulture et l’élevage en Nouvelle-Aquitaine

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, et Jean-Pierre Raynaud, vice-président en charge de l’agriculture et de la transition agroécologique, ont remis la médaille de la Région Nouvelle-Aquitaine à quatre Néo-Aquitains hier, mercredi 25 février, au Salon International de l’Agriculture à Paris. Le choix de la Région permet de mettre en valeur quatre acteurs de la viticulture et de l’élevage, les deux filières majeures que la Région a souhaité mettre en valeur cette année au SIA

Les 4 médailles ont été remises à :

• Sophie et Yorick Lavaud, de la Scea les Carmels (Langoiran)

Face à la crise structurelle, Sophie et Yorick Lavaud, viticulteurs, ont décidé de se réorienter partiellement en implantant des oliviers et du raisin de table. La Région Nouvelle-Aquitaine a accompagné la Scea Les Carmels à hauteur de 40 580 euros. Cet accompagnement prend la forme d'une aide à l'investissement afin de développer de nouvelles productions au sein des exploitations viticoles engagées dans une démarche d'arrachage de tout ou partie de leur vignoble (3 ha minimum) et s'engageant à ne pas replanter de vigne.

Yorick Lavaud est passionné de l’agronomie en général et spécialiste de la vigne en particulier. Il ne conçoit pas la vigne indépendamment de l’environnement dans lequel elle s’inscrit (traitements réfléchis et enrichis par des tisanes et purins). Il a également installé un verger d’une cinquantaine d’arbres de variétés différentes. Sophie Lavaud est en charge de la commercialisation des vins et de l’administration du domaine.

A noter : à ce jour, la Région a accompagné 45 projets de réorientation portés par des viticulteurs qui ont arraché une partie de leur vignoble pour un montant total d’1,4 million d’euros d’aides régionales.

• Alexandre Humeau, éleveur d’Oupette (Dienné)

Alexandre Humeau est l’éleveur d’Oupette, vache Limousine égérie du Salon de l’agriculture 2025.

Alexandre Humeau, après des études en lycée agricole (Venours, Les Vaseix et Aveyron), rejoint l’exploitation familiale en 2010. Il s’installe 10 ans plus tard dans la Vienne et se concentre sur l’élevage et la sélection de vaches Limousines. Aujourd’hui, son exploitation s’étend sur 430 hectares avec une centaine de vaches Limousines. Également à la tête d’une production céréalière, Alexandre est indépendant et en auto-suffisance quasi-complète pour l’alimentation de ses bovins, dont il commercialise la viande en vente directe sur l’exploitation, dans un magasin de producteurs, auprès des comités d’entreprise et EPHAD locaux, ainsi qu’au sein de la filière Label Rouge Limousine. Depuis 2017, il applique les techniques de conservation des sols.

• Christophe Véral, vice-président du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) au titre de l’ensemble de l'AOC Cognac (Charente)

L’AOC Cognac, comme 5 autres AOC, fête cette année ses 90 ans. Elle couvre 80 000 hectares et rassemble plus de 4 000 viticulteurs et distillateurs. Elle constitue un pilier économique structurant, avec des relais industriels complets (viticulture, distillation, tonnellerie, logistique, négoce). Sa dimension internationale est remarquable : 97,5 % des volumes sont exportés vers plus de 139 pays.

• Laurence Rival, présidente de la Fédération des vins de Bergerac Duras, au titre de l’ensemble de l'AOC Monbazillac (Dordogne)

L’AOC Monbazillac, comme 5 autres AOC, fête cette année ses 90 ans. Le vignoble de Monbazillac couvre 2300 hectares dédiés aux liquoreux, pour environ 7 millions de bouteilles annuelles (50 000 hl). Il rassemble 120 producteurs et deux caves coopératives, dont l’une (Cave du Château de Monbazillac) constitue un pilier du programme régional VitiREV, menant des innovations telles que la robotique viticole (Naïo), l’agroforesterie ou encore la protection des chauves-souris comme auxiliaires de culture. L’ensemble du bassin Bergerac-Duras bénéficie par ailleurs du soutien de la Région, notamment à travers la création et la diffusion de la marque « Périgord Attitude ». Monbazillac porte ainsi une forte identité qualitative et un ancrage territorial contribuant au dynamisme œnotouristique du Bergeracois.

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, rappelle que « ces deux appellations incarnent à la fois l’excellence des terroirs de Nouvelle-Aquitaine et l’influence mondiale des produits viticoles et spiritueux français. À l’heure des défis climatiques et des mutations des marchés internationaux, leur 90ème anniversaire souligne la nécessité de poursuivre les efforts en matière de durabilité, de transmission des savoir-faire et d’innovation ».