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samedi 28 février 2015

Bleu Banquise :
une société qui brise la glace !
Pourquoi François Leroy a choisi Jonzac

En installant son société de communication visuelle à Jonzac, François Leroy, responsable de la société Bleu Banquise, démontre qu’il est possible de travailler hors la capitale ou les grands centres à condition de disposer d’outils performants, la fibre optique et le haut débit en particulier. 

Il fut un temps où le 58 de la rue Sadi Carnot abritait la Poste. Tôt le matin, quand les propriétaires de boîtes postales venaient chercher leur courrier, la rue étroite était fort encombrée ! Voitures à cheval sur les trottoirs par manque de stationnement, brin de causette avant d’aller au boulot. A cette époque, cette artère incontournable de la ville - en raison de son sens unique - était grouillante d’animation ! L’administration quitta le lieux pour des locaux et un parking plus spacieux. Suivirent d’autres occupants (dont le Centre d’Aide par le Travail) jusqu’au jour où ce vaste immeuble, dont l'arrière donne sur la pittoresque rue de Champagnac, fut mis en vente. Personne ne se précipita.
C’est alors qu’entre en scène François Leroy, directeur d’une société de communication visuelle à Paris. Afin d’être plus proche de sa clientèle, il cherche à s’implanter en province, entre Cognac et Bordeaux. Il pose ses valises dans la capitale de la Haute Saintonge… au fameux 58.

François Leroy (au centre) et son équipe
Il a aménagé cet immeuble en privilégiant espace et esthétique. A Jonzac, il y a sans doute peu de salariés à travailler dans un cadre aussi élégant. Avec un clin d’œil au passé, sa façon à lui de rendre hommage à un univers qu’il connaît bien, l‘imprimerie. Le rez-de-chaussée abrite une ancienne presse à bras, des casses avec des lettres en plomb et divers accessoires, sans oublier le saint des saints, le premier Mac made by Steves Job. Vous savez, la petite boîte avec mini-écran et pomme assortie ! Une bible pour les puristes de la cause Apple.
Le visiteur n’est pas au bout de ses surprises. « Vous n’avez pas vu tous les pingouins que nous avons cachés dans la décoration » plaisante François Leroy. Il explique pourquoi il appelé sa société Bleu Banquise : banquise parce que le travail doit être impeccable et bleu parce que c’est une couleur qu’il aime bien. Quant au pingouin, il porte une affection particulière à cette adorable bestiole du grand Nord qu’immortalisa Luc Jacquet dans la Marche de l’Empereur.
« Bleu Banquise est une société de prestations de services dans l’environnement graphique, spécialiste dans le packaging et performante en édition comme en événementiel » souligne le responsable. Autrement dit, elle réalise des maquettes de documents publicitaires, plaquettes d’entreprises et autres brochures. Soucieuse de diversité, elle se charge également d’agencer les lieux pour accueillir des manifestations comme une pièce du Louvre, par exemple.

Au rez de chaussée, des matériels d'imprimerie

Elle a vu le jour en 1999 dans le XIIIe arrondissement de Paris. « Mon père travaillait dans une imprimerie. Très jeune, j’ai découvert ce métier. Je me souviens des typographes, monteurs, dessinateurs, chromistes. J’ai beaucoup appris auprès de ces professionnels ».
Après mûre réflexion, François Leroy, qui voulait se destiner à l’enseignement d’une activité sportive - il a été moniteur de voile - suit la filière paternelle. Tout le secteur est en mouvement : l’informatique triomphe et relègue à l’histoire un monde dont les bases remontaient à Gutenberg. « Et ce n’est pas fini ! » dit-il en faisant un clin œil aux ordinateurs : « pourquoi j’ai choisi des Mac plutôt que des PC ? Parce que, dès leur arrivée sur le marché, ils étaient faits pour la créativité ; les PC étaient davantage réservés aux informaticiens ». 
C’est précisément grâce à l’informatique et aux réseaux qui l’accompagnent - fibre optique, haut débit - que les entreprises peuvent se délocaliser. « Tout a changé. On envoie les bons à tirer par internet. Les corrections arrivent par le même biais. Autrefois, on utilisait des chronoposts. Je me revois faisant le déplacement de Paris à Cognac, prenant la Micheline rouge, pour que le client puisse avoir ses documents rapidement. Aujourd’hui, quand on envoie une épreuve en Chine, c’est immédiat. Quel gain de temps ! ».

« A Jonzac, on ne m’a pas regardé comme un Parisien » 

« Pourquoi avez-vous choisi Jonzac ? Vous auriez pu vous laisser séduire par une ville plus importante ? » A cette question, François Leroy avoue qu’il a pris son temps avant de se décider. « Je cherchais sur un territoire assez vaste, Charente, Charente-Maritime, Gironde. J’ai regardé sur une carte et retenu Libourne, Montendre, Jonzac, Saintes. Pour moi, tout était lié à la rapidité des connexions numériques et à la fibre optique. Je suis arrivé à Jonzac un jeudi. Le lendemain, je suis allé à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Elle était fermée en raison d’un pont. J’ai écrit au directeur pour m’en émouvoir. Il m’a aussitôt répondu et s’est dit intéressé par mon projet. Je me souviens qu’il m’a invité à déjeuner aux Antilles. En sortant, il y avait de la neige, un signe ! J’ai pensé à Bleu Banquise ! ».
Par la suite, François Leroy revient pour étudier le dynamisme ambiant : « j’ai regardé quels étaient les établissements scolaires car je faisais venir de Paris deux familles avec enfants, la vie associative et le soir, j’ai fait un tour dans les bars. Il y avait de l’animation contrairement à Blaye où la ville, dont le patrimoine est pourtant exceptionnel, se vide en fin de journée ».

François Leroy se décide en 2010 et trouve son bonheur dans la fameuse rue Sadi Carnot. « J’ai acheté cet immeuble malgré son peu d’attrait, ce qui explique pourquoi personne n’en voulait. Nous avons mis l’accent sur la disposition et la décoration ». Parmi les innovations, des portes sur pivot sortent de l’ordinaire !
Le premier salarié arrive en avril 2011, suivi de ses collègues en juin. « Ce que j’ai apprécié chez les décideurs jonzacais, c’est leur réactivité. J’ai obtenu la fibre optique 48 heures après ma demande. C’est l’un des points forts du secteur, la collectivité donne les moyens de s’implanter ».

Depuis Bleu Banquise poursuit sur sa lancée. Chaque année, la société investit entre 35000 et 50000 euros dans du matériel de production et réunit plus de 2000 dossiers.
François Leroy ne regrette pas son choix. Jonzac est à la fois proche de la mer, de la montagne, de la nature est surtout de la Dordogne où il possède des attaches familiales. « J’ai apprécié de ne pas être traité en Parisien. L’accueil a été très cordial ».
Il a conservé un atelier à Paris ainsi que des activités à La Courneuve où il anime le club de football américain. « Je me bats actuellement pour préserver ce club qui a été neuf fois champion de France. On parle beaucoup des cités. Personnellement, j’y suis attaché. Il y existe un potentiel énorme et les jeunes n’y sont pas seuls, contrairement à ceux du monde rural ».

Bureau nostalgie avec les premiers Mac !
Les casses d'imprimerie et lettres en plomb ont été reléguées aux oubliettes par l'informatique
« La Charente-Maritime va de l’avant en développant le très haut débit. Pour être attractifs, les territoires ruraux doivent proposer des services efficaces pour attirer ceux qui veulent quitter les villes pour rejoindre la campagne » observe François Leroy. Bleu Banquise est l’exemple même d’une implantation qui brise la glace ! Employant huit salariés et des intervenants extérieurs, elle contribue à la vie économique de la région. Elle a d’ailleurs reçu le trophée de la Haute-Saintonge, des mains de Claude Belot, lors de la cérémonie organisée en décembre dernier aux Antilles par la CDCHS. Ce jour-là, François Leroy portait des chaussures bleues, une teinte en accord avec celle de sa société !
Si vous souhaitez en savoir plus, un film sur YouTube vous donnera un idée de cette équipe sur un air jazzy (ce qui ne gâte rien) et bien sûr, il y a le site internet ! La banquise tranquille et lumineuse dissimule le dur labeur du pingouin (proverbe Inuit)...

• Si vous souhaitez faire appel à cette société, le message du directeur de Bleu Banquise est révélateur : « Au commencement était l’envie, quelques mots échangés autour d’une idée à concrétiser, d’un projet à définir, d’une solution à apporter. Quelles que soient l’ampleur, l’ambition et l’attente, le processus s’applique avec le même soin et la même attention. Il s’agit de cerner l’objectif, la mission, pour mieux évaluer les possibilités, suggérer la démarche à suivre et les outils à mettre en place ».

• En entrant dans les locaux de Bleu Banquise, c’est la surprise : les anciennes machines utilisées dans l’imprimerie y sont à l’honneur ainsi que les premiers ordinateurs. Que de chemin parcouru jusqu’à l‘étage où se trouvent les dernières technologies !

Des pingouins cachés dans la déco !

• Les reconnaissez-vous ? La carte de vœux 2015 de la société Bleu Banquise

De l’Algérie à la Charente-Maritime,
de Tizi-Ouzou à Jonzac :
Les vies de Belkadi Belkacem

Il ne fait pas de bruit. Depuis belle lurette, Belkadi Belkacem a endossé les habits de la modestie. C’est avec recul et discernement qu’il parle des problèmes que rencontre la France confrontée à des intégristes se revendiquant de l’Islam. « Ce sont des ignorants, sûrement pas des Musulmans » dit-il. Cet homme, qui fêtera cette année ses 80 ans, a vécu non pas une existence, mais plusieurs avec une volonté constante, celle de s’instruire. 

Belkadi Belkacem arrive au rendez-vous. Ponctuel comme à son habitude. Petites lunettes sur le nez, manteau bleu marine et cette façon qu’il a toujours eue de se fondre dans le décor. A l’évocation de sa vie, on comprend pourquoi il observe la prudence, lui que la guerre a placé au cœur d’événements dramatiques.
Il est né en Kabylie, dans un petit village non loin de Tizi-Ouzou. Un hameau isolé, accroché à la montagne, où ses parents cultivent des terres en fermage. « La vallée était réservée aux Français, les terres du haut à des Algériens aisés. On y récoltait des olives, des céréales, des figues ». Il est le troisième d’une fratrie de huit enfants. Six garçons et deux filles. A cette époque, la seule école qui existe dans les environs n’est pas réservée aux petits paysans qui doivent se débrouiller dès leur plus jeune âge. « Je n’avais pas accès à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. J’ai donc grandi illettré. J’avais faim et froid. Nous n’avions pas de chaussures parce que nous ne pouvions pas nous le permettre. Nos parents avaient juste de quoi nous nourrir ». 

Belkadi Belkacem apprend à s’endurcir, à résister. Très jeune, il travaille aux champs. Vers l‘âge de 14, 15 ans, il cherche un travail. « Nous nous rendions à la ville à pied parce que nous ne pouvions pas prendre le bus ». Face à la pauvreté, la communauté est solidaire et s’entraide.

Cartes anciennes d'Alger et sa région


Rattraper le temps perdu 

Il devient manœuvre. « J’ai vite compris qu’il y avait mieux que la vie d’illettré. Je voulais sortir de ma condition. J’ai commencé à faire des calculs, à apprendre le français ». Plus tard, c’est à l’Armée, où il reste 27 mois, qu’un Frère accepte de l’instruire. « J’avais alors 20 ans et j’étais décidé. Il m’a fourni un cahier, un stylo, des livres. Je savais qu’avec des connaissances, ma vie serait meilleure ».
De la guerre d’Algérie déclarée en 1954 pour se terminer en 1962, Belkadi Belkacem garde un souvenir douloureux. « C’était en 1958. Un attentat avait eu lieu en ville. Au moment où je quittais mon travail, j’ai été arrêté alors que j’y étais pour rien. Je suis resté dix jours dans un commissariat où je ne suis pas parvenu à prouver mon innocence ». Loin d’être relâché, il est transféré dans un camp : « Nous étions entassés les uns sur les autres. Le jour, nous étions de corvées. On essayait d’aider les plus âgés d’entre nous, les conditions de détention étaient terribles ». Il est dirigé vers un autre site où les locaux, autrefois destinés à la formation professionnelle, sont plus spacieux. « Notre travail était rémunéré. Très peu, mais c’était toujours ça ». Il reste près d’un an emprisonné.
A sa libération, il veut en connaître les raisons : « Le chef de centre a dit à mon beau-père qu’il n’y avait rien dans mon dossier, mais qu’il me retenait au cas où on viendrait me dénoncer. Cette épreuve a développé mon esprit. Dans le dernier centre, se trouvaient des personnes instruites avec lesquelles j’avais des conversations. Quand j’ai eu la chance de sortir de ce bourbier, j’ai vraiment tout fait pour retrouver une vie normale ».

Malheureusement, l’Algérie traverse un période délicate et Belkadi Belkacem est sans emploi durant plusieurs mois. Le plan de Constantine, appliqué après l’arrivée au pouvoir du Général de Gaulle, relance la construction. Il est ambitieux et prévoit 200.000 logements permettant d'héberger un million de personnes. S’y ajoutent la redistribution de terres agricoles, le développement de l'irrigation, la création d’emplois industriels, la scolarisation de tous les enfants en âge d’aller à l’école, l’emploi d'une proportion accrue de Français Musulmans d'Algérie dans la fonction publique et l'alignement des salaires sur la métropole. Les événements ne permettent que des réalisations limitées et précipitées du plan initial.
Il retrouve donc du travail et c’est un Père blanc qui l’encourage à poursuivre ses apprentissages. « Je me suis inscrit aux cours du soir. Nous étions une quinzaine. J’ai étudié pendant deux ans et obtenu mon examen. Tout devenait clair peu à peu. Quelquefois, j’étais sur mes cours bien après minuit. Je voulais réussir ». Il rejoint l’usine Michelin et grâce à la formation professionnelle, il obtient son BEP de chaudronnier. Ensuite, il entre chez Bosch, groupe spécialisé dans l’électro-ménager et apprend l’allemand. « J’ai mis beaucoup de volonté à avancer car je voulais rattraper le temps perdu ! ».

L'usine Michelin à Alger
Marié, père de quatre garçons et deux filles, il a veillé à ce que ses enfants aient de l’instruction : « J’ai tiré des enseignements de ma jeunesse dans la montagne. Mes fils ont fréquenté l’université et c’est pour moi un bonheur. Ce sont des hommes qui peuvent se débrouiller ». Cette blessure infligée par la dureté de son enfance, Belkadi Belkacem l’a exorcisée. On peut même dire qu’elle a renforcé son caractère : « je souhaite toujours approfondir mes connaissances. Je crois qu’il en sera ainsi jusqu’à la fin de ma vie !».

« Les intégristes ne sont pas des Musulmans, mais des ignorants » 

Au moment de prendre sa retraite, Belkadi Belkacem a choisi de s'installer en France, l’Algérie traversant des périodes agitées. « Il y avait du terrorisme et j’avais peur pour mes enfants ». Nadia, sa femme, arrive à Jonzac en 1999 où il la rejoint en 2001.
Il ouvre une parenthèse pour expliquer pourquoi son pays n’a pas encore trouvé l’apaisement, le gouvernement algérien étant opposé à des extrémistes. Les consignes restent d’ailleurs à la prudence pour les ressortissants étrangers. Les déplacements sont en particulier déconseillés au Sud et à l’Est de l’Algérie. C’est le cas notamment dans la région de Tizi-Ouzou, où l’enlèvement d’Hervé Gourdel s’est produit le 21 septembre dernier et où onze militaires algériens ont été tués en avril lors d’une attaque terroriste près de la commune d’Iboudrarene.

Tizi-Ouzou et la mairie
Pourquoi a-t-il choisi la Charente-Maritime ? « Autrefois, les Algériens qui quittaient leur pays étaient encadrés par l’Assistance publique. Les formalités ont changé et ils doivent trouver une famille d‘accueil. Ce qui a été mon cas. Ma femme et moi-même avons la double nationalité. J’apprécie la France et la ville de Jonzac où je n’ai jamais eu de problèmes. J’applique un principe simple : je ne fais pas aux autres ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse ». 
Musulman pratiquant, il accepte de parler des récents attentats qui ont endeuillé la France. « Ces événements nous ont consternés et nous avons participé à l’élan de fraternité qui a suivi. Les gens qui ont commis ces actes horribles ne sont pas des musulmans, mais des ignorants. Dans le Coran, il y a de la liberté, de la démocratie. Les hommes qui ont commis ces gestes barbares ne connaissent pas le Livre. S’ils l’avaient lu, ils n’auraient jamais fait ça ».
 Au sujet des caricatures du prophète Mahomet, il estime que chaque individu a sa propre sensibilité. « Sans remettre en cause la liberté des dessinateurs, il faut comprendre que cela puisse nous choquer et que d‘une certaine manière, nous puissions nous sentir salis. Pour nous, Mahomet est la meilleure créature de Dieu ; ce qu’il nous a légués en héritage est une ligne de conduite. La liberté d’expression ne veut pas dire être irrespectueux par rapport aux croyances ».
- « Que pensez-vous des jeunes qui vont faire le Djihad ?» « Là encore, c’est de l’ignorance. Le djihad, ce n’est pas combattre l’autre, mais chasser le mal qu’on a en soi pour s'améliorer et améliorer la société » remarque Belkadi Belkacem. Et de déplorer les amalgames faits actuellement : « dans les commentaires, on entend tout et n’importe quoi. C’est pourquoi les personnes, qui ne prennent pas le temps d‘analyser correctement les situations, ont peur. Si un jeune savait ce qu’est exactement le Djihad, il comprendrait que cela n’a rien à voir avec ce que certains lui proposent. En instaurant la haine, il est facile de convaincre des esprits peu avertis. Et j’en reviens à l’éducation. C’est par elle que nous pouvons évoluer et faire progresser la société pour vivre en paix ».

Belkadi Belkacem sait de quoi il parle. Il a connu la misère, les conflits, l’intolérance, le déracinement. Loin d’en porter les stigmates, ces épreuves l’ont fait grandir au contraire. « Si vous aviez un message à délivrer, quel serait-il ? » : « Qu’il faut toujours réfléchir avant d’agir ». Simple et efficace en effet, surtout quand cette réflexion est le fruit de l’expérience…

• Au sujet de Daech : « Ils veulent nous replacer quatorze siècles en arrière. Rien n’est aujourd’hui comparable, à commencer par le nombre d’habitants. Par ailleurs, tant que Palestiniens et Israéliens ne trouveront pas un terrain d’entente, il y a malheureusement à craindre des problèmes persistants ».

• Et le voile ? « Ce n’est pas un sujet de discussion dans le Coran. Lorsqu’elles sont à l’extérieur, les femmes doivent avoir une tenue correcte et ne pas faire de provocation. Quand elles sont chez elles, elles sont libres d’agir à leur guise. Le Coran a fait avancer la condition féminine ».

Elections départementales :
Dominique Bussereau gardera-t-il
son siège de président ?

Selon les estimations et la carte établie par les Echos, la Charente-Maritime devrait rester sous la responsabilité de l’actuelle majorité départementale que préside Dominique Bussereau (UMP). Mais rien n’est joué, deux facteurs étant à prendre en compte : la montée du Front National qui grignote du terrain à chaque élection sans que les candidats ne fassent campagne (alors que les autres mouillent leurs chemises !) et l’abstention qui pourrait être record, les citoyens ne comprenant rien aux nouvelles règles de vote et surtout se détachant de plus en plus du monde politique qu’ils fustigent volontiers (il suffit de lire leurs réflexions sur les réseaux sociaux). 



Sur la Haute Saintonge, le « match » le plus serré sera sur le canton des Trois Monts (Montguyon, Montlieu, Montendre). Francis Savin, un des lieutenants de Dominique Bussereau a face à lui non pas un adversaire mais deux, le PS et le FN. Il est évident que Bernard Lalande, maire de Montendre et sénateur socialiste élu de fraîche date, pèsera de tout son poids pour favoriser l’élection d’Elisabeth Diez Richer et Michel Ollivier. Au second tour, le FN, dont deux représentants habitent Neuvicq et Montlieu, pourrait-il faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre ? Notons également que Claude Belot, président de la Communauté de Communes, conserve de l’influence dans ce secteur. La logique voudrait qu’il apporte son aide à Francis Savin…

Les cantons de Jonzac/Archiac et de Pons devraient être moins disputés. Les candidats de la majorité départementale y sont sortants (donc « installés ») face à des listes d’opposition, certes déterminées et valeureuses, mais moins influentes. Idem pour Royan où le président en personne Dominique Bussereau est candidat aux côtés de l’épouse du député Didier Quentin.
Notons au passage que le PS n’a pas été capable d’aligner un candidat sur Pons : c’est Katia Puaud Noyer (PRG) qui relève courageusement le défi (pacte de non agression entre les deux sénateurs Daniel Laurent et Bernard Lalande ?).

Jonzac/Archiac : la liste de Jack Ros et Annie Claude Giet
La liste conduite par Jacky Quesson et Marie-Christine Bureau (Pons)
Sur Saintes, la campagne sera rude car les socialistes n’ont guère apprécié l’élection à la mairie de Jean-Philippe Machon. La gauche aligne trois listes et celle que conduit Jean-Philippe Ardouin, ex compagnon de route de Jean Rouger (maire PS) aux municipales, n’est sûrement pas là par hasard ; elle peut être une riposte à Régis Sainte-Marie Pricot, mais aussi handicaper Christophe Dourthe…
La liste conduite par Régis Sainte-Marie Pricot et Mélissa Trouvé se trouve malgré elle plongée au cœur de l’affaire des centres sociaux (Jean-Philippe Machon souhaite un seul directeur pour les trois structures). Compte-tenu qu’il n’a pas encore signé l’accord cadre qui permettra de débloquer les fonds pour ces centres, la gauche s’est emparée du sujet. La présence d’un duo PRG/Verts comptera dans le scrutin. Une campagne animée à suivre…

Liste majorité départementale conduite par Régis Sainte-Marie Pricot et Mélissa Trouvé
La liste PRG et Verts, Renée Lauribe et Stéphane Trifiletti (Saintes)
Saintonge Estuaire : La présence de la liste conduite par Stéphane Loth, maire de Talmont, change la donne. Loïc Girard a de l’influence sur Gémozac, mais qu’en sera-t-il sur la côte ?
Election également serrée sur le nouveau canton de Thénac où la liste du maire de Rétaud, Michel Pelletier, située entre les candidats UMP et PS, déterminera sans doute les résultats.
Quant au canton de Chaniers, Fabrice Barusseau semble conserver toutes ses chances face à une liste de droite moins implantée, malgré la présence du nouveau maire de Chaniers, Eric Pannaud.

Pour y voir plus clair :




• Canton de Saintonge Estuaire 24 communes : il regroupe les communes de l’ancien canton de Cozes sauf Semussac, le canton de Gémozac sauf les communes de Rétaud, Rioux, Tesson et Berneuil et Saint-Quantin de Rançannes.
- Liste majorité départementale (UMP et apparentés) Loïc Girard (conseiller général sortant de Gémozac), Françoise de Roffignac, remplaçants : Véronique lapée et Daniel Hillairet (conseiller général sortant de Cozes)
- Liste de gauche (PS et apparentés) : Alexandre Poupart et Françoise Fribourg, remplaçants Roland Gilberto et Anne Clavel
- Liste indépendante : Stéphane Lhot (maire de Talmont ) et Patricia Chaigneault, remplaçants Claude Delille et Francine Vrignaud
- Front National : Josiane Moussit et Didier Rosberg, remplaçants Chrsitiane Lecuyer et Gilles Asseo 

• Le canton de Pons : Bois, Champagnolles, Givrezac, Mosnac, Lorignac, Plassac, Saint-Dizant du Gua, Saint-Fort sur Gironde, Saint-Genis de Saintonge, Saint-Grégoire d’Ardennes, Saint-Palais de Phiolin, Saint-Germain du Seudre, Coulonges, Pérignac, Salignac-sur- Charente, Brive-sur-Charente, Montils, Rouffiac, et Saint-Sever de Saintonge et l’ancien canton de Mirambeau (sauf Consac, St Dizant du Bois, Neuil le Virouil, Saint-Hilaire du Bois et Allas Bocage).
- Liste soutenue par la majorité départementale (UMP et apparentés) : Jacky Quesson, conseiller général sortant de Saint Genis et Marie Christine Bureau (conseillère générale sortante de Pons), remplaçants Bernard Louis Joseph, conseiller sortant de Mirambeau et Béatrice Daurie
- Liste indépendante : Katia Puaud Noyer et Karouk Dermoch, remplaçants Audrey Laure Ravet et Alix Herriberry
- Front National : Yannick Gammelin et Anne Chomel, remplaçants Patrcik Violeau et Odile de Froment

Canton de Jonzac/Archiac 46 communes : Allas-Champagne, Archiac, Arthenac, Brie-sous-Archiac, Celles, Cierzac, Germignac, Jarnac Champagne, Lonzac, Neuillac, Neulles, Saint-Ciers- Champagne, Saint-Eugène, Saint-Germain de Vibrac, Saint-Maigrin, Saint-Martial-sur-Né, Sainte-Lheurine, Agudelle, Champagnac, Chaunac, Fontaines d’Ozillac, Guitinières, Jonzac, Léoville, Lussac, Meux, Moings, Mortiers, Ozillac, Réaux, Saint-Germain de Lusignan, Saint-Martial de Vitaterne, Saint-Maurice de Tavernole, Saint-Médard, Saint- Simon-de-Bordes, Vibrac, Villexavier, Clam, Clion, Saint Georges Antignac, Saint-Sigismond de Clermont, Consac, Saint Dizant du bois, Nieul-le-Virouil, Saint-Hilaire du Bois, Allas-bocage, Guitinières.

- Liste soutenue par le parti socialiste : Jack Ros, conseiller municipal de l’opposition à Jonzac, Annie-Claude Giet, remplaçants Dominique Guignard et Olivier Bricaud
- Liste soutenue par la majorité départementale (UMP et apparentés) Jean-Claude Beaulieu, conseiller général sortant de Jonzac, Chantal Guimberteau, conseillère générale sortante d’Archiac, remplaçants Christophe Cabri et Marie-Catherine Prévot
- Front National Bernard Roy et Claudine Lambert, remplaçants Romain Brossard et Renée Interrante 

Canton des Trois Monts 42 communes : il regroupe l’intégralité des cantons de Montguyon, Montlieu-la-Garde et Montendre
- Liste soutenue par la majorité départementale (UMP et apparentés) : Francis Savin, conseiller général sortant de Monguyon, Brigitte Rockvam (Montlieu), remplaçants Bernard Seguin, maire de Messac et Brigitte Quantin (Saint-Aigulin)
 - Liste soutenue par le parti socialiste : Elisabeth Diez Richer (conseillère municipale de Montendre) et Michel Ollivier, maire de Boresse et Martron, remplaçants Jeanne Blanc, maire de Cercoux, et Pierre Dardillac
 - Front National Xavier Cappelaere et Pascale Ceyrat, remplaçants André Delage et Candice Markowsky

 • Canton de Saintes (ville de Saintes) :
-  Liste soutenue par le PS : Christophe Dourthe, Brigitte Favreau, remplaçants : Aurélien Sion et Isabelle Blesson
 - Majorité départementale (UMP et apparentés) : Régis Sainte Marie Pricot, Mélissa Trouvé, remplaçants : Wolfgang Autexier, Liliane Arnaud
  - Radicaux de gauche/Verts : Renée Benchimol Lauribe, Stéphane Trifiletti, remplaçants : Dominique Delaware, Bernard Pinson
 - Parti communiste : Michelle Carmousse, Guy Rambeau, remplaçants : Florence Bétizeau-Donertas, Emilio Ferreira
  - Centre : Jean Philippe Ardouin, Lucie Harvoire, remplaçants Boucha Dalil, Marielle Gaboreau
 - Front National : Nicolas Le Dain, Sévérine Sanchez, remplaçants Hervé Dalvy, Sandie Rieu.

 • Le  nouveau canton de Thénac compte 25 communes : Coulonges, Pérignac, Salignac sur Charente, Brives sur Charente, Rouffiac, Montils, Saint-Sever de Saintonge, Colombiers, La Jarre, Courcoury, les Gonds, Préguillac, Thénac, Chermignac, Pessines, Varzay, Berneuil, Tesson, Rioux, Rétaud, Thézac, Pisany, Luchat, La Clisse et Corme Royal.
 - Liste soutenue par le parti socialiste (PS et apparentés) : Bernard Chateaugiron et Margarita Sola, remplaçants Jean Noël Parola et Sandrine Sinou
 - Liste de la majorité départementale (UMP et apparentés) : Alexandre Grenot et Sylvie Mercier, remplaçants Jean Michel Marchais et Francis Lutaud
 - Liste centriste (soutenue par les Radicaux de gauche et les Verts) : Isabelle Mayard et Michel Pelletier, remplaçants Carmen Marc et Christian Dugué
Debout la France : Cécile Biron et Alain Georgeon, Amélie Cavillac et Alain Bonneau.

La liste de Bernard Chateaugiron et Margarita Sola (PS)
La liste de Michel Pelletier et Isabelle Mayard (centre gauche)
Canton de Chaniers 27 communes : Aujac, Aumagne, Authon Ebéon, Bercloux, Brizambourg, Nantillé, Juicq, La Frédière, Saint-Hilaire de Villefranche, Sainte-Même, Burie, Chérac, Dompierre-sur-Charente, Ecoyeux, Le Seure, Migron, Saint-Bris-des-Bois, Saint-Césaire, Saint-Sauvant, Villars-les-Bois, Chaniers, La Chapelle des pots, Bussac-sur-Charente, Fontcouverte, Le Douhet ; Saint- Vaize, Vénérand.
- Liste soutenue par le PS : Fabrice Barusseau, conseiller général sortent de Burie, Corinne Grégoire, remplaçants Jean Luc Marchias et Lucette Gervier
- Liste soutenue par la majorité départementale : René Escloupier et Sylvie Bouletreau, remplaçants Claudine Bruneteau et Eric Pannaud
- Parti communiste : Bernard Toussaint et marie France Mouet, remplaçants Sylvie Fernane Barba et Patrick Maurice
- Front National : Sylviane Buiison et Claude Davy, remplaçants Jean Jacques Pellé et Claudine Bruneteau

Le canton de Royan regroupe 3 communes (Royan, Saint-Georges et Vaux-sur-Mer)
- Liste Majorité départementale (UMP et apparentés) : Dominique Bussereau, Marie PierreQunetin, remplaçants Chrsitian Begot et Véronique Pugens
- Parti socialiste : Régine Joly, Denis Moallic, remplaçants Jeanine Mackowiak et Gilles Clabaut
- Front National : Thierry Rogister, Marie Garnier, remplaçants Patricia Holl et Gérard Jouy
- Parti communiste : Jacques Guiard, Christelle Mairie, remplaçants Jean Marc Langlais et Christiane Foucher

Rédécoupage des cantons
de Charente-Maritime : Mode d'emploi

De 51, le nombre de cantons n'est plus que 27 en Charente-Maritime et c'est le mois prochain, en mars 2015, que seront élus les futurs conseillers départementaux (et non plus généraux). Le mode de scrutin majoritaire à deux tours binominal (binôme homme-femme) y est institué afin de favoriser la parité dans les assemblées. 



Voici la nouvelle donne : 

■ Le nouveau canton de Jonzac regroupe 46 communes, 20 276 habitants, soit une variation négative de –12,03%. Les communes rattachées appartiennent à la même intercommunalité. Ce nouveau canton regroupe les communes : • Ancien canton de d’Archiac : Allas-Champagne, Archiac, Arthenac, Brie-sous-Archiac, Celles, Cierzac, Germignac, Jarnac Champagne, Lonzac, Neuillac, Neulles, Saint-Ciers- Champagne, Saint-Eugène, Saint-Germain de Vibrac, Saint-Maigrin, Saint-Martial-sur-Né, Sainte-Lheurine, • Ancien canton de Jonzac : Agudelle, Champagnac, Chaunac, Fontaines d’Ozillac, Guitinières, Jonzac, Léoville, Lussac, Meux, Moings, Mortiers, Ozillac, Réaux, Saint-Germain de Lusignan, Saint-Martial de Vitaterne, Saint-Maurice de Tavernole, Saint-Médard, Saint- Simon-de-Bordes, Vibrac, Villexavier.
• Une partie de l’ancien canton de Saint Genis de Saintonge : Clam, Clion, Saint Georges Antignac, Saint-Sigismond de Clermont
• Ce Canton regroupe également une partie de l’ancien canton de Mirambeau : Consac, Saint Dizant du bois, Nieul-le-Virouil, Saint-Hilaire du Bois, Allas-bocage, Guitinières.

■ Le nouveau canton de Montendre regroupe 42 communes – 23 282 habitants soit un écart de +1,01% Il regroupe l’intégralité des cantons de Montguyon, Montlieu-la-Garde et Montendre. L’intercommunalité a été respectée. Distance La Barde – Rouffignac : 50 km plus d’une heure de trajet

■ Le nouveau canton de Pons compte 39 communes – 21 190 habitants, soit un écart de –8,07% Il comprend : • une grande partie de l’ancien canton de Saint-Genis de Saintonge : Bois, Champagnolles, Givrezac, Mosnac, Lorignac, Plassac, Saint-Dizant du Gua, Saint-Fort sur Gironde, Saint-Genis de Saintonge, Saint-Grégoire d’Ardennes, Saint-Palais de Phiolin, Saint-Germain du Seudre. • le canton de Pons sauf les communes de : Coulonges, Pérignac, Salignac-sur- Charente, Brive-sur-Charente, Montils, Rouffiac, et Saint-Sever de Saintonge.

■ Le canton de Mirambeau sauf Consac, St Dizant du Bois, Neuil le Virouil, Saint-Hilaire du Bois et Allas Bocage. Toutes les communes concernées appartiennent à la communauté de communes de la Haute Saintonge. Distance entre Saint-Seurin de Palenne et Saint-Bonnet sur Gironde : 50 minutes 38 km. ■ Le nouveau canton de Royan regroupe 3 communes (Royan, Saint-Georges et Vaux-sur-Mer) pour 26 893 habitants, soit un écart de +16,68%. Il regroupe l’ancien canton de Royan-est et une partie de Royan-ouest. L’intercommunalité est respectée.

■ Le nouveau canton de Meschers sur Gironde compte 24 communes, 19 103 habitants, soit un écart négatif de –17,12 % Le nouveau canton regroupe :
• les communes de l’ancien canton de Cozes sauf Semussac
• le canton de Gémozac sauf les communes de Rétaud, Rioux, Tesson et Berneuil et Saint-Quantin de Rançannes. Certaines communes appartiennent à la CARA et d’autres sont rattachées à la communauté de Communes de Gémozac et de la Saintonge viticole.

■ Le nouveau canton de Saintes ville comprend une commune de 26 011 habitants avec un écart de +12,85%

■ Le nouveau canton de Saint-Georges des Coteaux compte 20 communes – 19 019 habitants soit un écart de -17,48%. Il regroupe :
• L’intégralité du canton de Saint-Porchaire : Beurlay, Crazannes, Geay, La Vallée, Les Essards, Plassay, Pont l’Abbé d’Arnoult, Port-d’Envaux, Romegoux, Saint-Porchaire, Saint- Sulpice d’Arnoult, Sainte-Gemme, Sainte-Radegonde, Soulignonnes, Trizay.
• Nancras et Balanzac (ex-canton de Saujon)
• Ecurat, Saint-Georges des Coteaux et Nieul les Saintes (ex-canton de Saintes ouest). Deux intercommunalités sont concernées : la CDA de Saintes et la communauté de Communes Charente-Arnoult-Terre de Saintonge. Distance entre Trizay et Neuil les Saintes : 22 km soit 25 minutes de trajet

■ Le nouveau canton de Thénac compte 25 communes, pour 19 282 habitants, avec un écart de –16,34%. Il comprend :
• les communes de l’ancien canton de Pons : Coulonges, Pérignac, Salignac sur Charente, Brives sur Charente, Rouffiac, Montils, et Saint-Sever de Saintonge ;
• les communes de l’ancien Canton de Saintes-est : Colombiers, La Jarre, Courcoury, les Gonds ;
• des communes de l’ancien Canton de Saintes-ouest : Préguillac, Thénac, Chermignac, Pessines, Varzay ;
• des communes de l’ancien canton de Gémozac : Berneuil, Tesson, Rioux, Rétaud,
• des communes de l’ancien canton de Saujon : Thézac, Pisany, Luchat, La Clisse et Corme Royal. Ces communes appartiennent, soit à la CDA de Saintes, soit à la communauté de communes de Gémozac et de Saintonge viticole, soit à la Communauté de communes de la Haute Saintonge. Il n’y a donc aucune cohérence territoriale. Distance : 45 km pour 50 minutes de trajet Ce canton est la variable d’ajustement pour créer d’autres cantons.

■ Le nouveau canton de Chaniers comprend 27 communes – 21 826 habitants avec un écart de –5,31%. Ce canton regroupe les anciens cantons de Saint Hilaire de Villefranche, Burie et une partie de Saintes-nord et de Saintes-est. Distance entre Chaniers et Aumagne : 26 km Communes rattachées : • Ancien canton de Saint-Hilaire : Aujac, Aumagne, Authon Ebéon, Bercloux, Brizambourg, Nantillé, Juicq, La Frédière, Saint-Hilaire de Villefranche, Sainte-Même, • Ancien canton de Burie : Burie, Chérac, Dompierre-sur-Charente, Ecoyeux, Le Seure, Migron, Saint-Bris-des-Bois, Saint-Césaire, Saint-Sauvant, Villars-les-Bois, • Ancien canton de Saintes–est : Chaniers, La Chapelle des pots, • Ancien canton de Saintes-nord : Bussac-sur-Charente, Fontcouverte, Le Douhet ; Saint- Vaize, Vénérand. L’intercommunalité n’a pas été prise en compte dans ce redécoupage. Des communes sont en effet rattachées à l’Agglomération de Saintes et d’autres communes appartiennent à l’intercommunalité Vals de Saintonge.

• Liste des chefs-lieux de canton qui perdent leur dotation : COURCON D’AUNIS, LA JARRIE, ARS EN RE, AIGREFEUILLE, SURGERES, LOULAY, AULNAY DE SAINTONGE, TONNAY BOUTONNE, ROCHEFORT NORD et SUD, LE CHATEAU D’OLERON, SAINT-AGNANT, SAINT-PORCHAIRE, SAINT-HILAIRE DE VILLEFRANCHE, SAINT-SAVINIEN, ROYAN-EST, SAINTES-EST-OUEST et NORD, SAINT-MARTIN DE RE, BURIE, ARCHIAC, SAINT- GENIS DE SAINTONGE, GEMOZAC, COZES, MIRAMBEAU, MONTGUYON et MONTLIEU-LA GARDE

Réaux, Moings
et St-Maurice de Tavernole s’unissent
Nom de mariage Réaux sur Trèfle
Les craintes d’une habitante de Moings :
« j’espère que nous n’allez pas
nous enterrer »

Elles sont comme les trois Mousquetaires, tenues par le même serment. En choisissant de s’unir à partir du 1er janvier 2016, Saint-Maurice de Tavernole, Moings et Réaux montrent l’exemple qui est de réduire le nombre de communes. Cette nouvelle commune s’appellera Réaux sur Trèfle. Moment historique le 7 février de l’an de grâce 2015, une réunion d’information s’est tenue à la salle municipale de Réaux à laquelle était conviée la population. 


Samuel Mariau au micro aux côtés de Guy Brotteau et Patrick Berthelot

Depuis un temps certain, les gouvernements successifs tentent de réduire le nombre de communes. 36000 calquées sur les anciennes paroisses, ce chiffre se passe de commentaires. On pensait y arriver en créant les communautés de communes, mais le résultat a été bien décevant. Non seulement la fiscalité locale s’est envolée, mais les communes, très attachées à leur clocher, ont résisté. Des regroupements oui… à condition que les territoires des uns et des autres soient conservés ! On peut comprendre ce souci d’identité qui s’appuie sur l’héritage du passé. Et puis le maire est l’élu de proximité préféré des Français !

La situation s’est dégradée et certaines petites communes ont rencontré des difficultés à présenter une liste complète aux élections municipales. La raison est en partie liée à la parité hommes/femmes. Cette situation, Moings l’a connue, puis Saint-Maurice de Tavernole en mars 2014. « Ce n’est pas évident de travailler dans ces conditions. En conséquence, les trois communes ont décidé de se rapprocher fin 2012 » explique Patrick Berthelot, maire de Moings. Des exemples de fusion existent déjà dans la région, Saint-Georges de Cubillac et Antignac qui ont formé Saint-Georges Antignac, les communes de Vallet et Chardes associées à Montendre ou Tugéras et Saint-Maurice de Laurançanne.
Lorsque les partenaires ont été convaincus du bien-fondé de leur démarche, début 2014, ils se sont adressés aux services fiscaux pour examiner la marche à suivre. « En février, nous avons organisé des réunions pour expliquer ce que nous voulions faire. Le scrutin municipal ayant lieu quelques semaines après, nous allions rapidement savoir si les habitants cautionnaient notre choix ou pas » explique Guy Brotteau. Manifestement, les urnes furent stables : l’idée d’un regroupement ne gênait pas les électeurs.


Lors du congrès des maires à Paris, les élus en profitèrent pour se renseigner sur les modalités d’une telle union : « qu’ils soient de droite ou de gauche, tous nous ont dit que le nombre de communes devait obligatoirement être moins important dans les années à venir. 36000 en France sur un total européen de 72000 ! Notre volonté s’inscrivait dans l’air du temps ! ».
Fin 2014, les trois conseils municipaux ont opté pour la préparation d’une charte. Des documents ont été remis à la population à titre de consultation. « Nous en avons envoyé 400. 50 nous sont revenus, seuls trois avis étaient négatifs ». Parmi les questions posées, « quel nom donneriez-vous à la nouvelle commune ? ».
Sur ce chapitre, les habitants ont fait preuve d’imagination. Il fut alors décidé d’organiser une réunion publique où serait dévoilé le nom de baptême de la nouvelle commune… en ménageant un suspense digne des Césars !

Une seule mairie à Réaux

Samuel Mariau, l’un des plus jeunes maires de la Haute-Saintonge, est satisfait de ce « mariage » : Saint Maurice travaille avec Moings depuis 1959 par le biais d’un syndicat. « Désormais, les trois communes, qui possèdent une continuité géographique, œuvreront ensemble. Nous pourrons améliorer les services et renforcer la représentation ».


La grande question que se posent les habitants est simple : quels sont les changements qui interviendront dans leur quotidien ? En ce qui concerne le RPI, rien ne bouge. Le personnel employé par les syndicats sera transféré vers la commune nouvelle, de même qu’elle chapeautera les bâtiments communaux, les équipes sportives, l’action sociale. Les associations continuent à vivre leur vie… sauf que leur siège social sera situé dans la commune nouvelle qui poursuivra les actions engagées (carte communale, PLU), la politique d’aménagement du territoire et la voirie.
La nouvelle mairie, dont les locaux seront aménagés, sera située à Réaux au 7 de la rue de Haute Saintonge. Elle sera ouverte du lundi au vendredi. « Resteront Maryline à temps plein et Virginie à mi-temps, notre secrétaire de mairie devant prendre sa retraite le 31 décembre » explique P. Berthelot.


Le rapprochement deviendra effectif le 1er janvier 2016. De 2016 à 2020, le conseil municipal comptera un maire et 29 membres (issus des trois communes) afin de ne pas diminuer la représentation brutalement. De 2020 à 2026, ce chiffre sera ramené à 15. Il fut ensuite question des ressources financières. Les communes sont prévenues : elles devront faire preuve d’imagination et gérer au plus près. C’est la nouvelle commune qui fixera les taux des principales taxes. A noter qu’aucune des trois communes n’a souscrit d’emprunt « toxique » ! 



Et le nom de baptême est…

Après avoir apporté des détails sur la fiscalité et autres modifications liées à l’avènement de cette nouvelle commune, vint l’heure d’annoncer son nom de baptême (dont le nombre de lettres ne pouvait excéder 23). Auparavant, les trois conseils avaient voté à bulletins secrets pour le désigner parmi 50 propositions. Nombreuses sont originales : Réaux Val de Trèfle, Réaux les trois clochers, Les trois clochers sur Trèfle, Saint Vincent sur Trèfle, Tréflac, Trifiola, La Trinité en Saintonge, Reosaintmoings. Les édiles ont tranché sagement : ce sera Réaux sur Trèfle parce que ce cours d’eau traverse les trois communes. « Ça coulait de source » plaisante P. Berthelot !
Quant à Guy Brotteau, il était opposé à Réaux les trois clochers : « on aurait rapidement plaisanté à notre sujet si nous avions fait ce choix. Clocher, cloche, il n’y a qu’un pas » souligne-t-il avec humour !


Dans la salle, les gens saluent la naissance « d’une grande et belle famille ». D’autres, par contre, sont inquiets quant à l’avenir des manifestations et plus généralement des associations dans chaque ancienne commune : « vous n’allez pas nous enterrer tout de même ! ».
« Pourquoi voulez-vous que les associations disparaissent ? Elles continueront à proposer des activités, y compris la sardinade de Moings en juin ! » rétorquent les maires qui se veulent rassurants. Des interrogations fusent.
Les ACCA pourront-elles composer un plus large périmètre ? « Ce sujet est indépendant de la commune, il est du ressort de la préfecture ». Et les cartes grises pour la vente des véhicules, l’adresse ne sera plus valable ? « On collera une pastille ».
Un participant monte au créneau : « pourquoi dresser un tableau idyllique puisque que vous allez perdre des ressources ? Il faut se battre pour conserver les dotations ». Le maire de Moings rappelle que sa commune et celle de Saint-Maurice ont eu du mal à composer des listes aux municipales : en conséquence, ce choix va dans le sens de l’histoire.
Son voisin aurait souhaité un referendum et craint que « les deux plus petites communes ne deviennent des cités dortoirs commandées par celle d’à côté ». Entendez Réaux la souveraine !
Et puis pourquoi, dans le choix du nouveau nom, avoir conservé Réaux plutôt que Moings ou Saint-Maurice ? La réponse est claire : « La renommée de Réaux est plus importante que celle des deux autres ». Dont acte. Disons qu’elle est située sur l’axe Jonzac/Archiac/Cognac.


Bref, les bans sont publiés et même si une partie de la parenté a soulevé des remarques - ce qui est naturel - Réaux sur Trèfle verra le jour l’an prochain. « Nous ne sommes pas loin de Jonzac. Après tout, on pourrait continuer à se regrouper ! » propose un habitant. Et pourquoi pas ?

• Le Gouvernement aide aux rapprochements : jusqu’en 2018, les dotations resteront les mêmes alors qu’elles auraient dû être inférieures. Cela permettra d’équilibrer la fiscalité locale sur la nouvelle commune (Moings devrait subir une petite augmentation ; Réaux et Saint-Maurice une légère baisse). La nouvelle commune n’a pas choisi le « lissage » sur douze ans qui aurait pu être envisagé.

Les trois communes réunies
• En ce qui concerne les adresses postales, à partir du 1er janvier 2016, on pourra laisser le nom de l’ancienne commune, mais le 17500 devra être accompagné de Réaux sur Trèfle. Une seule rue, celles des Moulins, existe en commun sur Saint-Maurice et Réaux ; l’un des noms sera changé. • L’actuelle mairie de Moings pourrait accueillir des logements locatifs.

• Le premier achat réalisé par les trois communes a été un corbillard. Cette fois-ci, pas question de mettre les pieds devant !!!

• Référendum : un participant aurait souhaité une large consultation des habitants. Les trois maires estiment qu’elle a eu lieu par via la distribution de documents dans les boites à lettres. Et d’ajouter « pourquoi ne pas avoir abordé le sujet au moment des Municipales ?». L'intéressé pense qu'un référendum aurait permis de s'exprimer librement et aurait touché tous les habitants.

Les participants expriment soit leur satisfaction, soit leurs craintes...

Jean-Claude Renaud, la mémoire de Réaux !
• Evidemment, il y a des habitants qui ne sont pas très heureux de voir disparaître le nom de leurs communes respectives. Ils ont du vague à l’âme. Cette attitude est compréhensible parce qu’elle est liée à des souvenirs et finalement à leurs racines.

• La nouvelle commune fera plus de 800 habitants (Moings 176, Réaux 520, Saint-Maurice 132).

• Grande rencontre de joueurs de palets dimanche 21 février dans la salle municipale de Moings. Communes participantes : Saint-Pardon en Gironde, Cercoux, Saint-Georges de Coteaux et bien sur Moings. St Georges des Coteaux a remporté cet inter-clubs. Nouvelle rencontre en septembre.

Audrey Sarradin : La valeur n’attend pas
le nombre des années !

Audrey Sarradin a installé sa nouvelle société dans la pépinière d’entreprises de Montendre. Une sorte de « nurserie » qui permet aux jeunes pousses de disposer d’un bureau et de voler par la suite de leurs propres ailes. 


Responsable de plusieurs sites d’informations (la Nouvelle Une, Azikmut, Lady Lunatique), Audrey appartient à l’ère numérique, cette info diffusée sur le net qui concurrence une presse papier moins réactive.
Une fois n’est pas coutume, Audrey ne tient pas le rôle de l’intervieweuse mais de l’interviewée. Comment es-tu arrivée en Saintonge ? « Je suis originaire de la région parisienne mais chaque été, je passais mes vacances à Chevanceaux dans la maison familiale. Je me suis installée ici en 2009. J’ai craqué pour la région ». Elle fait de la radio, écrit dans la presse locale et s’émancipe.
En 2011, elle crée Mademoiselle et Lady Lunatique... ou comment décrocher la une qu'elle dédie à son astre préféré, la lune ! C’est à Jonzac qu’elle a trouvé les contacts les plus encourageants : « à Bordeaux, j’ai tout de suite senti que j’étais un dossier parmi d’autres. En Haute Saintonge, j’ai été bien accueillie, conseillée. Constituer sa propre société, ce n’est pas évident ! ».
Imaginative, Audrey ne se contente pas d’écrire, elle invente des calepins et des coffrets de beauté. Elle a déniché un très bon produit, plusieurs fois primé, que valorise une habitante de Saint Simon de Bordes (eh oui). « La CCI de Jonzac m’a beaucoup aidée, je tiens à l’en remercier ».


En décembre dernier, elle a été reçue à la mairie de Jonzac où des chefs entrepreneurs féminins étaient invités à conter leur parcours sous le regard attentif du nouveau sous-préfet Frédéric Poisot. En effet, le fonds de garantie pour la création, la reprise ou le développement d'entreprises à l'initiative des femmes (FGIF) permet de les aider à concrétiser leurs projets. Les caractéristiques techniques de cet outil financier ainsi que les modalités pratiques de sa mobilisation ont été présentées à des représentants de banques et d'associations d'accompagnement à la création d'entreprises en présence de la direction départementale de la cohésion sociale et, notamment, de la chargée de mission départementale aux droits des femmes, à l'égalité et d'Insertion du Poitou-Charentes.
Audrey était tout émue devant ce jury qui a apprécié ses capacités et son dynamisme. « Etre entourée et conseillée dans ses démarches est essentiel pour éviter les ornières. Le numérique est l’avenir ; je propose des nombreuses rubriques, culture, cours de cuisine, sports. La Nouvelle Une paraît tous les matins matin (nouvelleune.fr), l’info est gratuite ». 

Audrey ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle fourmille d’idées et de vitalité. Une jeune journaliste à suivre !


• A savoir : Les femmes qui déclarent vouloir créer leur entreprise sont aussi nombreuses que les hommes. Mais aujourd’hui, seuls 30 % des créateurs d’entreprises sont des créatrices. C’est pour réduire cet écart et accroître la surface financière des projets de création d’entreprise portés par les femmes que l’État a créé en 1989 le Fonds de garantie pour la création, la reprise ou le développement d’entreprises à l’initiative des femmes (FGIF). Ce fonds permet de favoriser l’accès des créatrices d’entreprises au crédit bancaire en apportant une garantie à hauteur de 70 % du montant du prêt accordé par la banque. Le FGIF est le seul outil d’aide à la création d’entreprise dédié aux femmes.

• En 2013, le FGIF a permis à 1 724 femmes de créer leur entreprise en mobilisant près de 46 millions d’euros de crédit bancaire. Plus de 2 400 emplois ont été ainsi créés, majoritairement pour des femmes exclues ou éloignées du monde du travail. Le FGIF est également un outil déterminant pour la pérennité des entreprises. Ainsi, alors qu’en France seules 66 % des entreprises passent la barrière des 3 ans, elles sont 80 % à franchir ce cap lorsque la créatrice a bénéficié du fonds. En Charente-Maritime, depuis sa création, 95 garanties ont été mises en place pour un montant de près d'1,4 million d'euros et créant 104 emplois.

Statistiques : les audiences des sites d'Audrey Sarradin sont en constante évolution depuis le lancement en octobre. « En janvier, nous avons dépassé les 80 000 visites sur les trois sites confondus » souligne Audrey.

• Des formations au printemps : Nouveauté, un centre de formation va ouvrir ses portes au printemps dans les bureaux d’Audrey Sarradin. Au programme, initiation au numérique, techniques journalistiques, photographie, etc. Nous en reparlerons plus en détail.

Inner Wheel : De la Réunion à la Suisse
en passant par Réaux… via Skype

Le monde est connecté : le club Inner Wheel de Haute Saintonge l’a démontré dernièrement ! 

Le club avait la joie d’accueillir à Réaux, chez Simonne Bertrand, Marie-Claude Iglicki qui appartient au club Saint-Denis de la Réunion. La présidente Françoise Beaulieu, se trouvant en Suisse, avait eu l’ingénieuse idée d’organiser une rencontre par Skype, permettant ainsi à l’ensemble des participantes de profiter des échanges.
Ordinateur allumé, connection établie, le groupe a longuement bavardé et ce fut un vrai plasir de découvrir, pour celles qui ne la connaissent pas, cette île de l’Océan Indien. La durée de vol est longue « (11 heures d’avion), mais le détour en vaut la chandelle.
Marie-Claude y habite avec sa famille depuis plusieurs décennies, après avoir passé quinze ans au Cameroun durant son enfance. La Réunion réunit de nombreuses cultures et toutes les religions y sont représentées, catholicisme, hindouisme, islam, bouddhisme.

Françoise en Suisse, Marie-Claude à Réaux, la conversation par Skipe !
Mimose, qui fera bientôt partie du club de Haute Saintonge, y a grandi. De ses grands-parents nés à Madras, en Inde, à la Charente-Maritime, que de chemin parcouru !
Les deux « ambassadrices », usant d’arguments prometteurs, ont convaincu leurs collègues de faire un séjour dans cette île où le soleil est un atout. Les questions ont été nombreuses : coutumes, ethnies, cohabitation, temps qu’il fait, sites à visiter, cuisine, vêtements, artisanat, économie… en prenant bien sûr des nouvelles des amies Inner Wheel de la Réunion.

Les échanges de fanions, Marie-Claude, Mimose et Simonne Bertrand
Le fanion de Saint-Denis Ile de la Réunion
Grâce au satellite, Françoise Beaulieu a partagé cette conservation digne « d’une connaissance du monde » qui s’est achevée par la remise des fanions et une petite collation. Cadeau sympathique remis par Marie-Claude, du miel aux litchies récolté à la Réunion. Lequel a été utilisé lors d’une autre réunion pour accompagner des crêpes. Délicieux !

La Réunion, superbe terre (source wikipedia) 



La Réunion (La Rényon en créole) est une île du sud-ouest de l'océan Indien, devenue un département et une région d'outre-mer français (DROM). Elle est située dans l'archipel des Mascareignes à environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar et à 170 kilomètres au sud-ouest de l'île Maurice, terre la plus proche.
Bénéficiant d'un climat tropical et située sur la route des cyclones, elle présente un relief escarpé travaillé par une érosion très marquée. Elle culmineau sommet du piton des Neiges et abrite par ailleurs l'un des volcans les plus actifs du monde : le piton de la Fournaise. Ce dernier accroît épisodiquement la superficie de ce territoire d'environ 200 kilomètres de circonférence et qui jouit sur ses 2 512 kilomètres carrés actuels d'un endémisme exceptionnel.
Vraisemblablement repérée par les Arabes dès le Moyen Âge, La Réunion n'a été habitée qu'à compter du milieu du xviie siècle, soit environ 150 ans après son apparition sur les portulans des navigateurs portugais.
Jusqu'alors connue sous le nom de Mascareigne, elle devient sous celui de Bourbon une escale de la Compagnie française des Indes orientales sur la route des Indes puis, à partir des années 1710, une véritable colonie pratiquant la culture du café. Devenue une société de plantation, elle passe ensuite sous le contrôle direct du roi de France dans les années 1760 avant d'être réaffectée à l'industrie de la canne à sucre au terme des Guerres napoléoniennes. 
Elle est définitivement rebaptisée de son nom actuel et l'esclavage y est aboli en 1848. Malgré l'engagisme, qui se pratique jusque dans les années 1930, il s'ensuit une crise économique rampante à laquelle un terme ne sera mis qu'à la suite de sa transformation en département français en 1946.
La Réunion est depuis lors un département d'outre-mer (code postal 974) qui est devenu également une région ultrapériphérique de l'Union européenne.
Néanmoins, et en dépit de son appartenance à la zone euro, son tissu productif reste structurellement fragile et fortement dépendant de la France métropolitaine. On y relève un taux de chômage particulièrement élevé, de l'ordre de 29 %, dont 60 % chez les jeunes.
Au 1er janvier 2015 (date de référence statistique 1er janvier 2012), la population est de 843 617 habitants. Les Réunionnais se concentrent sur les côtes, où l'espace et le logement viennent à manquer et où se trouve Saint-Denis, le chef-lieu. Le PIB est estimé à 14,5 milliards €.
La démographie locale se caractérise par la jeunesse des habitants et leurs origines variées, à la fois européennes, ouest-africaines, est-africaines, malgaches, indiennes, annamites, malaises et chinoises. La cohabitation dans un espace restreint a donné lieu à des mélanges inédits, leurs langues formant le créole réunionnais, leurs religions se rencontrant autour d'un syncrétisme original, leurs gastronomies nourrissant ensemble la cuisine réunionnaise et leurs musiques fusionnant pour donner le séga et le maloya.
Ce métissage original est considéré comme un atout essentiel pour le premier secteur économique de l'île : l'industrie touristique locale, à qui elle doit son surnom d'Île intense.


Un grand bonjour des membres du club Inner Wheel de Haute Saintonge 
à leurs amies de La Réunion !

Jonzac : Un château peut en cacher un autre !

Le château de Jonzac, qui trône fièrement sur son roc, ne serait pas le premier édifice de la ville. Marc Seguin, en véritable commissaire historique, a mené une enquête sur le sujet. Un château-fort, qui a appartenu à Arnaud de Sainte Maure, s’élevait non loin de la Seugne. Il a été ruiné par la Guerre de Cent Ans. 

L'actuel château de Jonzac date du XVe siècle (photo Nicole Bertin)
C’est aux Archives que Marc Seguin, spécialiste du XVIe siècle, a fait une découverte qui bouleverse les historiques habituels de la ville de Jonzac. En effet, dans tout livre qui se respecte, à commencer par Rainguet, on peut y lire que le château actuel est planté sur son rocher depuis des temps immémoriaux. Cette certitude est en train de vaciller puisqu’il avait un prédécesseur situé en contrebas ! Une faible distance sépare les deux emplacements.
Vers ce que l’on appelle le chemin de ronde, une étude des lieux conforte cette hypothèse. Dans un acte établi entre les frères Pineau en février 1559, une mention a suscité l’intérêt de Marc Seguin. Une maison, sise dans le bourg de Jonzac, près de la halle (là où se trouvent les tilleuls d’Italie), aurait été proche du « vieux château de Jonzac », autrement dit d’un édifice médiéval qui devait être en piteux état.
Qu’un ancien château ait existé aux XIVe et XVe siècles est une évidence ! Il en reste des témoignages dans la pierre (base de tour, meurtrières, archères dans les galeries noires) et que dire des corbeaux qui soutenaient le chemin de ronde situé face à la Seugne. Rivière d’où pouvaient surgir des assaillants. A cette époque, les maisons compactes devaient constituer une sorte de muraille.

Le chemin de ronde actuel était à proximité de l'ancien château-fort
Quant au « promontoire » où se trouve le château actuel, peut-être y avait-on installé une tour de guet pour observer la plaine ? L’acte des frères Pineau, dont l’un est « un notaire royal dans le bourg de Jonzac » et l’autre « bourgeois et marchand de Bordeaux » est révélateur. Jean cède à Guillaume une habitation sise dans le bourg, « confrontant d’un côté la maison de Sébastien Grollon, marchand, de l’autre la maison de Françoise de la Couture, veuve de feu Jehan Le Blanc, et d’un bout à la grande halle, le chemin d’entre deux, et de l’autre bout aux douves du vieux château de Jonzac ». Une partie du castel correspond à l’actuel immeuble de la famille Dufour. Le vieux château se trouvait probablement vers la maison de la famille Dufour, dont l'habitation possède les bases d’un tour, des caves et des souterrains.
Sur les façades des maisons environnantes, on remarque la présence de corbeaux qui devaient soutenir l’ancien chemin de ronde. Situé au sol, l’actuel chemin de ronde n’aurait pas eu un rôle défensif. Dans tout ce périmètre, les caves laissent apparaître de nombreux témoignages du passé, ouvertures, portes cloutées. « Au XVIe siècle, si l’on éprouve le besoin d’évoquer le vieux château, c’est par opposition à un nouveau, celui que nous avons sous les yeux » souligne Marc Seguin. « La maison dont il est question, comme ses voisines, était vraisemblablement construites sur les fondations et les caves de vieux château. Il devait occuper l’espace aujourd’hui couvert par les immeubles du n° 26 au n° 37 ». 
On peut en conclure que dans la seconde moitié du XVIe, les habitants apercevaient encore les vestiges d’une forteresse qui devait leur servir de carrière.

Des vestiges révélateurs d'un édifice important
Dans quel état se trouvait Jonzac un siècle plus tôt ? Dans « ses études historiques sur l’arrondissement de Jonzac » parues en 1864, Pierre Damien Rainguet prétend qu’au XVe, Jonzac était « un poste militaire rendu fameux par la nature et par l’art ». Marc Seguin ne partage cette analyse : « au contraire, démoli et ruiné, le village ne présentait aucun intérêt stratégique ». D’ailleurs, le lieu aurait été à peu près désert à la fin de la Guerre de Cent Ans…


Le seigneur de Jonzac, prisonnier des Anglais

Pour arriver à cette conclusion, l’orateur se base sur des documents. Dans la première moitié du XVe siècle, l’ancien château dont il est question appartient à Arnaud de Sainte Maure, seigneur de Jonzac, Montauzier et Chaux. Courageux, il combat l’Anglais qu’il faut bouter hors de France.
Mal lui en prend : les soldats d’Henri Plantagenêt (le second mari d’Aliénor d’Aquitaine) le capturent et lui confisquent ses biens. Fait deux fois prisonnier, il passe plus de dix ans en captivité.
Enfin libre, il préfère se réfugier derrière les solides murailles de la ville de Pons ! Dans ces conditions, privé de propriétaire, le château-fort de Jonzac est abandonné. Interrogés en 1460, lors d’un procès qui oppose le puissant seigneur d’Archiac à celui de Jonzac, des paysans reconnaissent, comme le laboureur Penot Seguin de Neulles ou Marion Delagarde de Réaux, que la châtellenie de Jonzac est déserte et inhabitée. « Si l’on récapitule, le château-fort a donc été détruit une première fois, réparé, repris et occupé par une garnison anglaise, puis démoli par ces derniers » explique M. Seguin.
Autre épreuve pour Arnaud de Sainte Maure, le seigneur d’Archiac a profité de son absence pour s’approprier ses terres, à Neulles notamment. Les habitants, qui n’apprécient guère, demandent l’intervention de leur protecteur. Malheureusement, il est mal placé pour leur porter secours…
Plus on descend vers le Sud Saintonge, plus les paroisses sont vides. Ainsi, à Mérignac, « il n’y a aucun labourage, seulement des bois et des buissons ». En remontant vers le Nord, par contre, l’activité est plus dense. Toutefois, il ne faut pas être défaitiste. « Une ou deux générations ont su d’adapter, les laboureurs disposent de nombreuses terres à cultiver, moyennant redevance » déclare le conférencier. L’élevage se porte bien, cochons, vaches dans les landes. Les hommes, arbalète à la main, passent leur temps à chasser. Le seigneur fait alors valoir son droit de quartier, c’est-à-dire qu’on lui remet un quartier arrière du cerf qui a été abattu.

Marc Seguin, passionné par l'histoire de la région !
Le château que nous connaissons, qui abrite mairie et sous-préfecture, a été construit vers 1470 par Renaud de Sainte-Maure, fils du malheureux Arnaud. « Le nouveau château de Jonzac est le résultat d’une véritable résurrection » estime Marc Seguin. En effet, après la guerre interminable qui opposa les Français aux Anglais (1337-1453), les territoires reprennent de la vigueur. A Jonzac, les Sainte Maure et leurs officiers réussissent un exploit, celui d’attirer du sang neuf entre leurs murs. Au XVIe siècle en effet, Jonzac est devenu « un bourg populeux »

L'actuel château abrite sous-préfecture et mairie

• La Seugne ne s’est jamais appelée Sévigne ! Marc Seguin fustige Rainguet qui a baptisé la Seugne « Sévigne ». Question de lecture des documents anciens que Rainguet, malgré ses qualités, ne maîtrisait pas, semble-t-il.

• Texte de la conférence publié dans la revue de l’Aunis et de la Saintonge, tome XXXVII