samedi 20 décembre 2014

Antilles de Jonzac :
Dans le dossier de Véronique Géraud,
Claude Belot, président de la CDCHS,
attaque l’Inspection du travail de Saintes

• Sébastien Lavoie dénonce une certaine hypocrisie 

Après le terrible parcours du combattant de Véronique Géraud, commerciale et représentante du personnel aux Antilles, "délocalisée" à la Communauté de Communes de Haute-Saintonge, les départs de deux directeurs dont celui, grinçant, de Laurent Vigezzi, un nouveau cas de mécontentement dans le personnel du complexe aquatique de Jonzac est à souligner.
En effet, en ce centre directement géré par la collectivité (depuis qu’elle en a retiré la mission à Gesclub, société qui en avait la fonction à son ouverture), on compte davantage de CCD que de CDI. Y aurait-il un turn over ? C’est ce que pressent Sébastien Lavoie, maître-nageur durant plusieurs mois (de janvier à novembre). « Mon travail consistait à surveiller la baignade et à encadrer les activités de remise en forme. Entre les maîtres-nageurs et les surveillants, nous sommes une trentaine. En août dernier, j’ai fait part de mon souhait de rester. Le salaire n’est pas très élevé, 1600 euros bruts soit 1250 nets, mais nous avons un intéressement aux leçons de natation ». 



Sébastien Lavoie pensait avoir trouvé une place stable, c’est pourquoi il alla s’enquérir auprès de ses supérieurs de l’avenir qu’on lui réservait. L’intéressé, locataire à Saint-Simon de Bordes, était optimiste. Tout allait bien quand il déchanta fin novembre, époque où il apprit qu’on ne le garderait pas : « comme argument, ma direction m’a dit que j’étais un maître-nageur trop classique. Personnellement, je ne comprends pas ce qu’elle a voulu dire. Tous les gens qui ont eu affaire à mes services vous diront que j’ai accompli mon travail sérieusement. J’ai réalisé que j’étais déjà banni quand j’ai vu un autre nom que le mien sur le planning ! Lors des deux entretiens que j’ai eus, je n’ai pas obtenu de réponses précises à mes questions ».
Aujourd’hui, Sébastien Lavoie est carrément déçu. Bien sûr, il sait qu’un CDD est à durée limitée et que nul ne peut le contester. Il ne lui reste plus qu’à déménager, Bordeaux, Angoulême ? Il ne dit pas quel souvenir il gardera de Jonzac.

Aux dernières nouvelles, il y aurait bien un CDI de maître-nageur à pourvoir au centre aquatique, « le recrutement n’ayant pas encore eu lieu ». Les responsables du personnel soulignent que Sébastien Lavoie, en tant que plus « ancien », pouvait légitiment briguer ce poste. Et d’ajouter : « lors de la dernière réunion de D.P, nous avons attiré l’attention de la direction sur le malaise actuel qui règne aux Antilles. Certains personnels sont dépités et démotivés ; les primes sont de plus en plus basses et il n’est pas rare que nous recevions des avertissements ». L’ambiance peut s'en ressentir, en effet…

• Découragé, Sébastien a écrit à sa directrice Isabelle Fabre : « On me reproche de ne pas être au niveau concernant les activités sportives. Je suis surpris. La dernière fois qu’elle m’a évalué en aquafitness, le cours s’est terminé avec les félicitations et sous les applaudissements de certaines clientes. J’ai de nombreux témoignages démontrant que ces mois ont été porteurs, constructifs et productifs. Mes collègues trouvent que je me suis bien adapté à leur méthodologie. Les intervenants de l’Education nationale étaient également satisfaits du travail fourni. Je demande de pouvoir consulter le rapport qu'on a écrit sur moi et dont je n’ai pas eu copie lors de notre entretien. Puisque vous ne souhaitez pas que je poursuivre mes activités aux Antilles, la moindre des choses serait de m’expliquer la motivation réelle de mon éviction, un simple exercice de démocratie et transparence ».  

• Les Antilles de Jonzac emploient une quarantaine de personnes en saison basse, plus l’été et pendant les vacances. Ce centre fonctionne comme une PME sauf que ce n’en est pas une puisqu’elle est gérée par une Communauté de communes. Faire appel à des contrats à durée déterminée permet sans doute de faire des économies, mais crée un turn over des salariés…


• Les "malheurs" de Véronique Géraud : 

Véronique Géraud a saisi le tribunal des Prud’hommes de Saintes où elle est défendue par la CGT.
On aura rarement vu une salariée connaître autant de « misères ». Déléguée du personnel CGT, elle n’a jamais eu la langue de bois. La CDCHS a demandé son licenciement en décembre 2013. L’Inspection du travail, soulevant un vice de forme, l’a refusé. Véronique Géraud a repris son emploi le 21 mars 2014, la Médecine du travail l’ayant déclarée apte. La CDCHS a contesté l’avis de la Médecine du travail, ressaisit l’Inspection du travail qui a confirmé son aptitude en mai.
La CDCHS est revenue à la charge, remettant en cause l’avis de l’Inspection et s’adressant cette fois au Ministère du travail. Le Ministère a reconnu l’aptitude de Véronique Géraud qui a conservé son poste, mais il a relevé une erreur de l’Inspection du travail (la procédure n’est pas la même qu’on soit en arrêt de maladie ou en accident du travail).
Claude Belot a fait appel. D’une part, il attaque, via le tribunal administratif, l’Inspection du travail de Saintes à qui il demande un dédommagement de 4000 euros ; d’autre part il a fait une requête gracieuse auprès du Ministère du travail pour qu’il revienne sur la décision qu’il a prise de rejeter le licenciement de Véronique Géraud. A noter que la CDCHS de Haute Saintonge est défendue par la Selarl Redlink, société d’avocats installée dans le XVIe arrondissement de Paris.
Pour sa part, Véronique Géraud a déposé un dossier au tribunal des Prud’hommes de Saintes. Elle accuse entre autres la CDCHS de « harcèlement moral ». La CDCHS l’a déplacée du site des Antilles aux bureaux de la rue Taillefer à Jonzac depuis septembre dernier.

 • Déléguée du personnel, Anne Sophie Baraton (déléguée du personnel CGT) connaît elle aussi des déconvenues. « J’avais fait une demande de formation en fitness et musculation sur mon lieu de travail. Elle a été refusée dans un premier temps. Je l’ai reformulée et elle a finalement été acceptée. Tout était bordé. A dix jours de la commencer, j’ai appris de ma direction que je ne la ferai pas aux Antilles de Jonzac. J’ai alors perdu une partie de mes droits auprès des organismes de financement. J’effectue donc ce stage jusqu’en juillet 2015 à Saintes et à Bordeaux pour les cours théoriques. Comme les accords ne sont pas les mêmes, j’ai perdu les deux tiers de mon salaire. Ce qui me met dans une situation très difficile ».
Le plus étonnant, c’est que le service fitness des Antilles est en manque de personnel parce qu’une démission y a eu lieu. Les séances sont actuellement assurées par les salariés des autres services, ce qui poserait des problèmes de fonctionnement…

5 commentaires:

Philippe Dupuy a dit…

Courage à Sébastien dont j'ai apprécié le professionnalisme et à Véronique qui "déguste" depuis plusieurs mois déjà !

POUPIN BLANC a dit…

Je me demande ce que recherchent réellement certains "patrons" ? Une cohérence sociale, le professionnalisme, le sens de la clientèle ? Ou à jouer à "je regarde mon nombril de petit chef tant que j'ai un peu de pouvoir ? Qu'y gagnent-ils ? Professeur de droit et fille de dirigeant d'entreprise,il me semble qu'on ne gagne rien en "jouant à faire peur" à son personnel... Lequel est la plupart du temps bienveillant, non ?

Sebastien LELIEVRE a dit…

Et oui j'ai aussi connu ces déboires pendant près de 9 ans et heureux d'être parti.
Voilà près de 13 ans que la situation n'a pas évoluée donc je vous conseille de vous armer de courage et de patience et surtout d'aller voir dans le champ d'à côté si l'herbe est plus verte.
Joyeuses fêtes à vous tous.

Sébastien LELIEVRE

Anonyme a dit…

Bonjour . Je suis aussi trés bien placée pour dire que les Antilles est un site trés agréable a travailler mais qu'il profite vraiment des gens ! J'y ai travaillé de février a fin août 2014 et donc pour une période de 6 mois j ai signée 12 contrats ! J ai toujours montrer mon envie de rester au sein de l'établissement mais on m'a dit qu'il n avait pas besoin de personnel supplémentaire alors qu'on m'a remplacé dans les semaines qui on suivis et qu'il ont dû former cette personne . Je suis vraiment outrer de la maniere et des excuses qu'il trouvent pour se débarrasser de leurs personnels et des choses qui vous promettent a la base !

Anonyme a dit…

j'ai participé au cours de Monsieur Lavoie je l'ai trouvé dynamique et compétent