samedi 24 juillet 2010

Exposition à Jonzac :
Carnet de voyages !


Ami(e)s blogueurs, je vous invite à découvrir ma nouvelle exposition photographique intitulée "Carnet de voyages", qui se tiendra au Cloître des Carmes de Jonzac, du 30 juillet au 15 août inclus. Au programme de ce rendez-vous qui s'inscrit dans les activités estivales de la ville de Jonzac et l'office de tourisme : Venise, Pékin, Xi'an (et l'armée enterrée), Point à Pitre en Guadeloupe, les Antilles de Jonzac et la nouvelle île de Cordouan, apparue dans l'estuaire de la Gironde.
J'aurai plaisir à vous y accueillir.
Ouvert tous les après-midi de 15 h à 19 h, entrée libre.

Jonzac : Jacques Higelin
sur un plateau !


Pourquoi aller décrocher la Lune quand le soleil Higelin brille au firmament ? Dimanche soir à Jonzac, il a donné un bel aperçu des nombreuses cordes de son arc. La générosité en plus !



Pour faire le portrait de Jacques Higelin, choisir un bon emplacement, la terrasse du Coq d’or par exemple, qui dresse sa façade - l’une des plus belles de la ville - avec une apparente sérénité. À l’intérieur du restaurant, l’équipe d’Alexis Medvedeff s’affaire. Et pour cause, l’affluence est au rendez-vous avec Drôles de Rues, le rendez-vous de l’été que propose la municipalité.
Samedi soir, Thomas Fersen a décoiffé les vacanciers brunis par un soleil qu’ils savourent à pleine goulée ! Le rituel est ancré : en juillet, Jonzac s’éveille et prend une grande respiration. La capitale de la Haute Saintonge fait la fête et dans l’air, flotte alors une odeur de feria. Ici, en plein terroir viticole, on ne lâche pas les taureaux, mais des décibels qui vous envahissent l’oreille avec la ferme volonté de ne pas se faire oublier.


La star de la cuvée 2010 est Jacques Higelin, un physique ténébreux qu’auréole une crinière d’argent. Sur le podium dressé devant le château (sous les fenêtres du sous-préfet), elle se détache dans la nuit, métamorphosée par les lumières qui la sculptent. Par-delà l’apparence, Higelin, c’est d’abord la voix et la ferme conviction de rester vivant, de ne pas quitter la scène et de peupler le “désert“. À quoi servirait toute cette agitation sans messages de fraternité ? Cet artiste a une manière personnelle et touchante de communiquer avec le public. Il est chanteur au milieu de la foule qu’il séduit. Elle le lui rend bien et l’écoute avec bonheur.


Claude Belot, sénateur maire de Jonzac, à l'origine de Site en Scène




Un château rose, comme dans les contes !

Pamela et Coluche for ever

Après avoir vécu la formidable aventure des Francofolies (il fréquente La Rochelle depuis des lustres), que pense Jacques Higelin en arrivant à Jonzac ? Inutile de lui poser la question. Il y répond à la façon d’un poète, s’attachant à l’astre de la nuit qui fait bientôt son arrivée dans la voûte étoilée.
Il a choisi un répertoire varié, des airs qui restent dans la tête et qu’on fredonne instinctivement. « Viens, et surtout ne te retourne pas » est inscrit dans les astres. Avant chaque morceau, il fait part de ses émotions et de ses intimes convictions, n’étant jamais sûr du pied sur lequel il va danser ! Il célèbre le jazz, cette musique venue d’Afrique aux États-Unis : « elle touche le petit Occidental que je suis ». Un clin d’œil à Duke Ellington, Fats Waller, l’atmosphère de la New Orléans, au formidable héritage. Ça swingue devant les pierres séculaires…

Les terrasses sont pleines à craquer

La joie, un café, la paix !

Higelin pratique aussi bien le piano que l’accordéon ou la guitare. Sa venue a attiré un public énorme sur la Place du Château. Un lieu emblématique de Jonzac, illuminé par un magnifique feu d’artifice.


L’un des moments les plus cocasses concerne Pamela Norton, chercheur en biologie, dont le nom l’attire comme un abricot au sirop : « je voulais savoir qui elle était. J’ai fait une recherche sur mon ordi ». La dame, qui vit dans le Massachusetts, lui est apparue en blouse blanche, yeux bleus et cheveux blonds. « Je me vois sonner à sa porte. Elle ouvre. Je suis un cas spécifique. I want you soign me ! » raconte Higelin. Les bifurcations de cette histoire freudienne se finissent dans les bras de Mona Lisa klaxon.
Veni, Vidi, Vinci ! Ils en ont tous rêvé, Higelin l’a fait ! Et c’est parti pour un morceau rock and roll qui reçoit les applaudissements fournis des “militants“. Un mouvement prolifique, sans carte, ni perdition.

Higelin en profite pour faire un clin d’œil à Coluche qui le regarde de la tour, où l’horloge en panne depuis trois siècles persiste à donner l’heure : 5 h 35.
Higelin revoit le vieux pote, candidat à la Présidence de la République, se parer de plumes tricolores aux fins fonds du croupion. Les mauvais esprits pourraient imaginer nos présidents successifs avec le même attribut. Mitterrand se demandant s’il l’a bien planté, Chirac s’il l’a suffisamment arboré et Sarkozy s’il ne va pas s’envoler…

Et l’amour toujours !




À cet aparté politiquement choc, succèdent des notes d’amour qu’Higelin aime à semer. Un sentiment qu’il sublime, histoire de continuer à naviguer sur le grand fleuve de l’existence. Parce qu’aimer, c’est être en scène. « Je chante la vie, la mort. Kyrie Eleison » avoue-t-il, tout en rappelant son goût pour l’espace : « j’aime circuler dans les grandes villes ». Et il s’envole sur les ailes de Gainsbourg, dans les volutes d’une fumée « amoureuse d’une cigarette ».

En alternant morceaux qui cartonnent et passages romantiques, Higelin révèle son jardin secret. Cultivant la complicité, il se souvient d’une directrice d’école qui l’avait présenté à ses élèves en ces termes : « ce monsieur est un très grand chanteur ». Fuyant la vanité, il estime qu’avoir l’impression d’avoir raté sa carrière est une piste à explorer. Pourquoi ? « parce qu’alors, on peut redémarrer » souligne-t-il. Quel que soit l’âge.
Il le montre, fidèle, le cœur battant dans la multitude. Prêt à fouler cette planète pour mieux lui résister, la voix émouvante et déchirée. Comme si elle était tombée du ciel !

La soirée s’achève par un magnifique feu d’artifice, qui embrase le château, assorti de spectacles de rues. La lumière flirte avec l’obscurité ; les ruelles anciennes s’animent ; les galeries noires s’ouvrent tandis que d’étranges géants envahissent la place de la République.
Le rêve est-il une invention de l’esprit ?

Reportage/photos : Nicole Bertin


C’est la première fois qu’on tire un feu d’artifice près du château. Les consignes étaient grandes, au point qu’une vingtaine de pompiers ont été mobilisés. En effet, un incendie est toujours à craindre en ville.




Magie de la nuit, quand les ombres s’animent...



L’info en plus

• Jacques Higelin est né en 1940 d’un père alsacien et d’une mère belge. N’en faites pas une histoire ! Il est le père de Clémence Lhomme, du chanteur Arthur H, du comédien Kên Higelin et de la chanteuse Izïa Higelin. Jacques Higelin est un touche à tout : il a tourné dans plusieurs films, séries télévisées et expérimenté les spectacles de rues dans les années 70. Avec l’album BBH 75, il se tourne vers le rock. Le succès vient avec les albums Champagne pour tout le monde, Caviar pour les autres, Higelin à Mogador. Particularité, il a publié “Lettres d’amour d’un soldat de vingt ans“.

• Fidèle, fidèle, je suis resté fidèle : Musicien blues et rock, Higelin a participé au premier Printemps de Bourges en 1977 avec Charles Trenet. En 2005, il lui a consacré un spectacle “Higelin enchante Trenet“. Ami de Jean-Louis Foulquier, il est présent aux Francofolies de La Rochelle depuis 1984. Il n’a pas manqué l’édition 2010 !



• Après une période assez discrète (dans les années 90), la sortie de son nouvel album (Coup de foudre, en février dernier), a donné un coup de fouet à la carrière de Jacques Higelin.

• Crabouif, qui est le surnom de Jacques Higelin, correspond au titre d‘un album sorti en 1971. Cet album incarne la période appelée “Saravah“. Il mêle des chansons classiques, à l’instrumentation minimale, à des morceaux expérimentaux dont la Musique rituelle du Mont des Abbesses (nom du studio d’enregistrement à Montmartre).

• En décembre 1994, Higelin a été l’un des fondateurs de l’association Droits devant avec Albert Jacquard, Jacques Gaillot et Léon Schwartzenberg. Elle œuvre pour la défense de l’égalité des droits, contre la précarité et les exclusions.

Au Coq d'or, on joint l'utile à l'agréable !

Bel été 2010 !

Chaniers :
Trois Belges sauvées des eaux


• Le courage de Sacha et Eddy

Sacha et Eddy sur le bac de Chaniers

Lundi dernier, vers 15 h 45, une conductrice belge n’a pas compris que pour traverser la Charente, il convenait de s’arrêter sur le bac qui transporte les voitures de Chaniers à Courcoury. Conséquence dramatique : la voiture s’est enfoncée dans sept mètres d’eau. Sans le courage de Sacha, le passeur, et d’Eddy, un témoin de la scène, les trois personnes qui avaient trouvé place dans le véhicule (une Polo) auraient péri noyées…


Lundi dernier, pour une raison difficile à expliquer, une conductrice belge, qui avait pris place sur le bac traversant la Charente à Chaniers et transportant les voyageurs sur la rive de Courcoury, ne s’est pas arrêtée sur la plateforme, comme les automobilistes ont coutume de le faire. Elle a continué à rouler et la voiture, une Polo, s’est enfoncée dans la Charente.
Un événement que Sacha Geoffret, le jeune passeur, n’est pas près d’oublier : «Il y avait deux femmes et une fillette d’une douzaine d‘années dans la voiture immatriculée en Belgique. La conductrice venait de parcourir une longue distance. Flamande, je pense qu’elle n’a pas compris les consignes que je lui ai indiquées quand elle a monté sur le bac». Conséquence inattendue, la femme, qui était sans doute fatiguée, a continué à rouler à vive allure et le véhicule est tombé dans la rivière. Or, à cet endroit, la profondeur de la Charente est d’environ sept mètres.

Une bravoure exemplaire

Sacha réagit aussitôt et plonge dans le fleuve. La voiture n’a pas encore sombré et il fait signe aux passagères. «En ouvrant les portières, pendant qu’il en est encore temps, vous pourrez vous dégager» leur dit-il. Les occupantes sont paniquées et une seule parvient à s’exécuter. Une portière cède. L’eau s’engouffre aussitôt et la Polo s’enfonce. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts. Sacha aide deux personnes à rejoindre la surface.

Et la troisième ? C’est alors qu’intervient Eddy qui se trouve sur l’autre rive. Il réalise très vite qu’un drame se déroule sous ses yeux. «J’avais été cherché des cigarettes pour des copains quand j’ai entendu qu’on me demandait de porter secours».
Par chance, il nage bien. Il prend en charge la dernière femme qu’il a de la peine à maintenir car elle ne sait pas nager. Deux amis lui viennent en aide et ensemble, ils regagnent le bac. Tout le monde est vivant ! Un vrai miracle…

Les secours sont appelés et les rescapées sont conduites à l’hôpital. L’une des femmes souffre d’hypertension et la fillette a perdu ses lunettes. Dans la foulée, une dépanneuse vient tracter la voiture. Elle est bientôt délivrée des flots qui l’avaient ensevelie à plusieurs mètres de profondeur.

Les vacancières belges sont actuellement hébergées dans un gîte rural de la région, où elles se remettent de leurs vives émotions. Sacha reste frappé parce qu’il a vécu : «elles ne parlaient pas bien le français. La conductrice croyait qu’il y avait un gué, une faible épaisseur d’eau».
Sans le courage et le sang-froid de Sacha et d’Eddy, cette malheureuse affaire aurait pu tourner à la tragédie.

Le bac va de Chaniers à Courcoury

Le maire, Xavier de Roux, et son conseil municipal félicitent les deux sauveteurs que la commune honorera prochainement (la médaille de la ville leur sera remise). Ils adressent une pensée émue aux estivantes belges qui devraient garder un souvenir particulier de leur passage en Saintonge…

Sacha a suivi une formation de sauveteur, ce qui lui a permis d’intervenir rapidement. Il remplace le passeur municipal, actuellement en congé de maladie. «Il est évident que Sacha, par sa vivacité de réaction et ses capacités sportives, a évité un véritable drame» soulignent les témoins de la scène.

Paléosite de Saint Césaire :
Ao fait des miracles !


Samedi dernier, Dominique Bussereau, président du Conseil Général, a salué le “renouveau“ du Paléosite de Saint-Césaire, dédié à l’homme de Neandertal. S’insérant dans le cadre des grands projets de Claude Belot, initié par l’ancien député, Xavier de Roux, qui connaissait bien René Boucher, propriétaire des carrières où ont été trouvés les ossements de Pierrette, ce centre d’interprétation a été porté sur les fonts baptismaux par des scientifiques renommés dont Coppens, Vandermeersh, Hublin, Lévêque, Tattersall, Trinkaus, etc.


Après un démarrage sympa qui fût bientôt contrarié par des manœuvres politiciennes, cette structure, qui raconte les origines de l’humanité (et le fait, ô combien troublant, que les Néandertaliens aient cohabité avec les Sapiens), connut une certaine stagnation quant à ses entrées.
Pour dynamiser l’ensemble, il fallait un coup de baguette magique que vient d’apporter le film « Ao, le dernier Néandertalien » tourné par Jacques Malaterre (dans les salles de cinéma à l’automne).

Selon un accord passé entre le réalisateur et Dominique Bussereau, les décors ont été remis au Paléosite qui se retrouve ainsi avec un cimetière de mammouths, des huttes, des outils, voire une tente sanctuaire ! Le public est ravi, d’autant que la scénographie a été refaite. Conséquence : la fréquentation est en hausse et l’équipe de Vincent Armitano Grivel fait des heures supplémentaires.


Un lieu original à découvrir en famille près de Saintes. Ne vous en privez pas !

Samedi matin, élus de droite et de gauche se sont retrouvés autour du berceau des origines humaines. Un sujet totalement neutre en cette période d’été. Le président Bussereau s’apprêtait d’ailleurs à rejoindre Dampierre-sur-Boutonne où gambadent les fameux baudets du Poitou, puis il avait rendez-vous avec les gendarmes. Durant le déjeuner, l’ambiance était à la plaisanterie. Face à « la PME Quéré » (Madame étant député socialiste et son époux conseiller général), il fut brièvement question de la récente venue de Ségolène Royal à Saintes.
Même si la politique reste en filigrane (les élections cantonales se dérouleront en mars prochain), les vacances restent un temps privilégié…



Cumbawoua : Salut en néandertalien (cet ancêtre vivait il y a 35 000 ans) ! Il a disparu sans qu’on sache vraiment pourquoi. Il y a tout lieu de croire que les Sapiens l’ont “liquidé“. De récentes découvertes ont permis de déceler de l’ADN néandertalien chez les hommes modernes. Les deux espèces ont donc eu des liens…

Dur, dur d’être
Président de la République…


En optant pour la fameuse devise « travaillez plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy ignorait qu’il allait l’expérimenter à ses dépens.
En effet, depuis son élection à la présidence de la République, il a retroussé ses manches moult fois, « plusieurs crises » ayant frappé la France de plein fouet. Il l’a rappelé lundi dernier lors de son intervention télévisée. Non pas pour se faire plaindre, car il avait choisi la position « responsable qui vient parler aux siens », mais pour expliquer que les solutions ne tombent pas du ciel.

Bien sûr, il fut question des retraites (il faudra travailler jusqu’à 62 ans, ce qui paraît logique puisque nous vivons plus longtemps) et de l’affaire Bettencourt qui agite l'opinion. Comme ils le valent bien, cette famille puissante a toujours aidé les partis et pas seulement la Droite. Pensez au clan Mitterrand ! Quand les hommes politiques prétendent qu’ils veulent laver plus blanc, des enzymes gloutons peuvent se dissimuler à l’intérieur du linge. Aujourd'hui, la France veut la tête de Liliane Bettencourt et elle s'acharne sur elle pour en extraire la richissime moelle. S'il est normale que la justice fasse son travail, il est pathétique de voir les querelles mère fille étalées sans pudeur dans la presse people. Quelle que soit l'issue de ce déballage estival, ni l'une, ni l'autre ne pourront se réfugier sur l'île mystérieuse qui est désormais localisée sur la carte. D'ailleurs, jouer les Robinson ne correspond pas vraiment à leurs modes de vie respectifs...

D’une manière générale, Nicolas Sarkozy a voulu exprimer son "honnêteté" face au peuple tricolore, s’interrogeant sur la façon dont on dénigre systématiquement l’argent. Les riches sont pourtant utiles pour faire tourner la boutique ! Au pays des droits de l’homme, les gens qui réussissent exhalent souvent des odeurs de soufre et le dernier bastion stalinien d’Europe n’aime pas le patronat. En réalité, cette attitude cache une bonne part de jalousie et d’envie. On appelle ça les défauts de la nature humaine ! Voilà qui mériterait une thérapie collective, mais David Pujadas n’est pas un confesseur, fut-il celui du plus haut personnage de l’État (pas plus qu’Arlette Chabot, dit-on) !

Durant l’entretien, le président a joué la carte de la tolérance, compréhensif face aux mouvements sociaux. Soucieux de clarté, il a expliqué qu’il avait reçu le footballeur Thierry Henry, le jour de la grève, car les syndicalistes n’étaient pas disponibles (et pour cause, ils défilaient !). Fine mouche, il a réservé sa réponse quant à un nouveau mandat présidentiel. Il est évident qu’il aimerait bien se représenter. La Gauche l’attend au portillon.

En privilégiant le ton qui l’a fait élire à l’Élysée et qu’il avait abandonné ces temps derniers, il a renoué avec une complicité tranquille. Sa franchise sur la position (pas terrible) de la France dans le monde était faite pour raviver le dynamisme de ses compatriotes, dont certains sont plus enclins à se plaindre qu’à entreprendre. Reste à savoir s’il a convaincu ses électeurs traditionnels et ceux, plus extrémistes, qui pourraient se choisir une nouvelle égérie en la personne de Marine Le Pen. Le prochain remaniement ministériel, en octobre prochain, nous éclairera sur ses objectifs.

L’heure est donc à la rigueur budgétaire. Nicolas Sarkozy aimerait la voir s’étendre aux Régions « qui recrutent du personnel en grand nombre ». Pourquoi les Régions ? Parce qu’elles sont globalement de gauche. À ses vœux, il aurait pu associer les intercommunalités (CDC, CDA), mais n’a pas osé. Il aurait alors touché aux élus de sa majorité et finalement à un système de démocratie territoriale qui frôle la féodalité et s’accroche comme une moule à son rocher.

Jonzac :
Pourquoi une grève de la faim ?


Une grève de la faim à Jonzac n’est pas un acte ordinaire. C’est pourtant la seule solution qu’ait trouvée Frédéric Blanc, bibliothécaire, pour faire entendre sa voix.


Mardi matin. Voici plusieurs jours que Frédéric Blanc a entrepris une grève de la faim et ses effets commencent à se faire sentir, malgré une apparente vitalité d’esprit. Son médecin, qui vient de le placer en arrêt de maladie, lui a conseillé de s’alimenter. Le corps, en effet, possède ses propres limites. La question qui vient à l’esprit coule de source : Pourquoi cet homme, bibliothécaire de formation, dont la valeur professionnelle est reconnue, en est-il arrivé à cette situation ?

Il raconte son histoire et cet amour qu’il a toujours eu pour la diffusion de la culture en milieu rural. Le bibliobus, il le connaît depuis son plus jeune âge, quand il habitait à Haimps, dans le canton de Matha. Sans ce camion qui apportait aux petits villageois des livres d’aventure et de science fiction, comme la vie aurait été monotone ! Pas étonnant qu’il ait rejoint cet univers, après avoir suivi une formation à Bordeaux.

Il est nommé à Bibliothèque Départementale de prêt de Charente-Maritime en 1999. Son poste est à Jonzac. Dans un premier temps, tout va bien. Le principe est rôdé : Choix des livres et albums, gestion des titres et des abonnés, livraisons aux bibliothèques et dans quelques communes du Sud, isolées. Cette formule accessible pourrait se résumer en une phrase : «si tu ne vas pas à la lecture, elle viendra à toi !».
Quand Gérard Michel, le responsable de la BDP, s’en va en 2006, l‘équipe pense à l’avenir avec l’arrivée de Mme Leclerc. Elle constate néanmoins que la Médiathèque Départementale, qui comprend deux satellites autour de Saintes, les centres de Rochefort et Jonzac, ne délivre plus de DVD et de CD : «Nous nous sommes cantonnés aux livres. Non averties de ce changement, les communes ont été placées devant le fait accompli. Par ailleurs, nous avons été les derniers à changer de camion. Ça peut se comprendre puisque l’investissement est important. Désormais, il n’y a plus que deux passages du camion par an, contre trois autrefois. On veut faire des économies, c’est une évidence» explique F. Blanc.

Une affaire à l’ampleur anormale

Le ton monte bientôt entre Frédéric Blanc et sa direction au sujet d‘une formation. L’intéressé (qui a son franc-parler) reçoit un avertissement de sa direction, qu’il conteste «puisque j’ai été condamné avant d’être jugé». Il contacte le syndicat Sud. «Ma demande de recours gracieux ayant été refusée, j’ai mis l’affaire en justice pour vice de procédure. Le tribunal administratif de Poitiers m’a donné raison». L’avertissement est annulé. Or, le Conseil Général, qui chapeaute la Médiathèque Départementale, fait appel du jugement et lui demande 1500 euros de dommages et intérêts. Le dossier est en cours. «On dit que je suis insolent de manière récurrente» avoue ce salarié qui ne pratique pas la langue de bois.

Choqué par cette nouvelle procédure qui résulte d‘un différend ayant pris une ampleur anormale, Frédéric Blanc a décidé de faire une grève de la faim. En effet, et même s’il a été reçu à la Rochelle par MM. Fradin, DRH, et Gapail, directeur des services, et qu’une délégation de treize personnes de la MD (sur 29) a été entendue par Mme Leclerc, son souhait de rencontrer Jean Louis Frot, bras droit de Dominique Bussereau, est resté lettre morte. «Deux conseillers généraux, M. Roustit et Corinne Imbert, m’ont dit qu’ils faciliteraient ce rendez-vous, mais je suis toujours dans l’attente» remarque-t-il. Le soutien d’élus du Sud Saintonge et de plusieurs bibliothèques l’ont réconforté dans sa «lutte». «Je veux être traité en être humain. C’est tout» conclut-il.

Qu’ajouter sinon que cet employé doit être victime de sa liberté de parole : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, et son côté «militant» n’est sans doute pas fait pour arranger les choses avec ses supérieurs. Ceci dit, une telle affaire ne devrait pas alimenter la presse. Elle aurait dû être traitée en interne.
Nous sommes tous attachés au bibliobus et même s’il doit évoluer avec son époque, il rend de grands services en campagne. Le réduire à sa plus simple expression ne va pas dans le sens de la décentralisation et de l’aménagement des territoires ruraux…

Nous espérons que dans les jours qui viennent, Frédéric Blanc aura cessé sa grève de la faim et qu’une entente aura été trouvée avec la Médiathèque Départementale...

L'Académie de Saintonge
rend hommage
à Bernard Giraudeau


Nous apprenons avec tristesse la disparition de Bernard Giraudeau (63 ans) à qui notre Académie avait décerné le prix Chapsal en 2008. Déjà la maladie l’avait empêché de venir recevoir ce prix et c’est son ami, notre collègue Bernard Mounier, qui avait répondu à sa place au discours de Violaine Massenet, qui dressait de l’acteur écrivain un très beau portrait.

«  Natif de La Rochelle, petit-fils de cap-hornier, Bernard Giraudeau s’engage à quinze ans dans la Marine et il entre à vingt-trois ans au Conservatoire dont il sort avec le 1er prix de comédie. Il a tourné dans plusieurs films à succès dont “Rue barbare“ et, plus récemment, “Les Marins perdus“ d’après le roman Jean-Claude Izzo. Il a réalisé aussi, entre autres, un superbe film historique tourné au Sénégal “Les caprices d’un fleuve“.

La maladie qui l’a obligé à ralentir son rythme de comédien et de cinéaste lui a permis, paradoxalement, d’approfondir son univers le plus secret et d’arpenter, “clochard céleste“, selon l’expression de l’un de ses modèles, Jack Kerouac, les chemins de l’écriture.
Déjà auteur de recueils de nouvelles, il a publié en moins d’un an, une bande dessinée R97 illustrée par Christian Cailleaux et un roman qui a obtenu un grand succès critique et public “Les dames de nage“. Entre récit et poème, ce texte d’une grande richesse sensuelle et lyrique évoque irrésistiblement le charme troublant des poupées russes. Le talent de l’écrivain est à la hauteur de son exigence. Il désire affronter, grâce au langage, “les terres mystérieuses de la peur et de l’imaginaire“. Dans ce vagabondage inspiré, cette invitation au voyage (à toutes les sortes de voyages), il se mesure aux lointains les plus intimes comme les plus distants.

Il navigue de l’Afrique à l’Amérique du Sud, pertes et retrouvailles, initiation et désenchantement, il est cet homme perdu qui éprouve jusqu’au vertige " le tremblement sous les étoiles ". N’est-ce pas ce même sentiment d’émerveillement et de crainte mêlées qu’il ressentait enfant lorsqu’il tentait de déchiffrer les paroles étranges des adultes ? Car l’écrivain ne veut rien délaisser, il désire retenir les instants sans les figer afin de les transformer en parcelles d’éternité.

Sa voix profonde résonne juste et nous rappelle qu’il ne faut pas trop chercher à comprendre, que l’important est d’accepter de “perdre connaissance“, de s’évanouir au monde pour mieux se retrouver en lui et au-delà. Écrit “face à l’infini de la mer, la vraie, et l’indéfini du ciel“, “Les dames de nage“ sont une offrande. L’offrande d’un voyageur devenu veilleur d’un territoire à la portée de chacun où passé et présent se confondent dans une même trame, un même tissu de songe et de silence ».

Que Bernard Giraudeau repose en paix.

Bernard Giraudeau est parti
pour un nouveau voyage...


Un artiste de talent


C’est avec beaucoup d’émotion mais aussi la retenue nécessaire (car il n’aurait pas aimé les épanchements ostentatoires !) que nous avons appris la disparition de Bernard Giraudeau.
La Rochelle et la Charente-Maritime perdent avec lui un enfant de notre pays, un adolescent épris d’aventure et de grand large, un artiste pétri de talent, tour à tour comédien, réalisateur et écrivain, un homme enfin, fidèle dans ses engagements, digne face à l’épreuve.
Tous ceux qui l’ont connu se souviennent de sa soif de connaître, de ses dons mais aussi de l’extrême exigence qu’il avait vis-à-vis de lui-même.
Bernard Giraudeau est parti pour un nouveau voyage. Mais il restera à jamais attaché à notre littoral, et nous resterons à jamais attachés à ce Charentais-Maritime au charme éternel, à la bonté sans frontière, à l’intelligence lumineuse.
Nous gardons en nous son regard et son sourire à la fois lucides, séducteurs et généreux.

Dominique Bussereau
Président du Conseil général de la Charente-Maritime,
Secrétaire d’État chargé des Transports

Fontaines d'Ozillac :
Récital de Mikhail Rudy


Après un an de silence, l’association Val de Seugne organise le 3 août prochain, à 21 h, un récital avec le pianiste Mikhail Rudy. Les voûtes de la jolie petite église de Fontaines d’Ozillac vont de nouveau résonner sous les doigts virtuoses des plus grands artistes.


Dix ans après un récital mémorable, Mikhail Rudy qui a conquis le public du monde entier, revient pour la seconde fois à Fontaines le temps d’enchanter les mélomanes saintongeais.
Pianiste de renommée internationale né en Russie, Mikhail Rudy remporte le Premier Grand Prix Marguerite Long en 1975 à Paris. C’est peu après qu’il demande l’asile politique en France et fait ses débuts en Occident avec Mstislav Rostropovitch et Isaac Stern dans le Triple Concerto de Beethoven. Depuis lors, il est l’invité régulier des plus grands chefs : Lorin Maazel à Cleveland, Herbert von Karajan au festival de Pâques de Salzbourg, Mariss Jansons…

Il collabore avec tous les orchestres français et est devenu l’un des artistes les plus aimés du public grâce à sa personnalité originale et atypique, sa grande créativité et son imagination poétique. Il se produit aussi en duo avec le pianiste de jazz Misha Alperin, dans des compositions improvisées sur le répertoire classique. Il s’entoure de l’acteur Robin Renucci dans un spectacle inspiré du livre de Wladyslaw Szpilman, “le Pianiste“, et sur une musique de Janacek, “Lettres à Miléna“ de Kafka.

Sa très riche discographie a été couronnée de nombreuses récompenses, parmi lesquelles l’intégrale des Concertos de Rachmaninov avec Mariss Jansons et le Philharmonique de Saint-Pétersbourg, les Concertos de Chostakovitch avec le London Philharmonic, une anthologie des œuvres pour piano de Liszt, Scriabine et Szymanowski.

Parmi ses enregistrements marquants, il faut citer son intégrale de Janacek, l’œuvre pour piano seul de Ravel, Schubert, Brahms et des transcriptions inédites de Wagner. Il consacre un disque à Chopin dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance, et un coffret de 5 disques dédié au Piano Romantique.
Il participe à de nombreuses émissions de radio et de télévision comme ce film de la BBC où il enregistre la musique de Tchaïkovski sur le piano du compositeur, il est l’invité régulier d’Alain Duault dans “toute la musique qu’ils aiment“ et de Jean-François Zygel dans son émission “la boîte à musique“.

Mikhail Rudy est aussi passionné par l’écriture et a signé son premier livre “le Roman d’un Pianiste - l’impatience de vivre“, paru aux éditions du Rocher. Il livre son parcours exceptionnel, de sa première expérience avec la musique dans un souterrain en ruine aux plus grandes scènes internationales, entraînant son lecteur dans un tourbillon de sentiments, haletant comme un roman policier.
Bien sûr, Mikhail Rudy dédicacera son ouvrage lors de son récital à Fontaines d’Ozillac le 3 août. Son programme, essentiellement romantique, comportera une partie dédiée à Chopin mais aussi à Scriabine et Moussorgski.

• Un second concert sera proposé le 17 août prochain avec Emmanuel Rossfelder à la guitare et François Salque au violoncelle. Le prix des places est toujours fixé à 20 euros (gratuit pour les moins de 18 ans).
• Pour toute réservation et de plus amples renseignements, contacter Ghislaine Pineau au 05 46.70.67.20.

samedi 3 juillet 2010

Casino de Jonzac :
Jérôme Daran sans foi, ni loi !


Dernièrement, le Casino de Jonzac accueillait Jérôme Daran, un humoriste qui décape la société comme une série de casseroles, en rigolant de ses défauts qu’il transforme en sketches !


« En toute mauvaise foi » est le spectacle que Jérôme Daran a proposé samedi soir au Casino de Jonzac. Oui, vous avez bien entendu Jonzac, pas Cognac. Une petite ville où, sublime qualité, on peut se mettre « les fesses dans l’eau ». Aux Thermes, plus précisément.

Jérôme Daran n’a pas l’habitude des petites salles et pourtant, face à un public venu nombreux malgré la concurrence déloyale de la Coupe du Monde de football, il n’a fait aucune différence entre des gradins pleins à craquer et un public plus modeste. Car seule, et il l’a bien compris, compte la qualité.

Il a une bouille sympa, Daran, genre copain de la famille qui inspire confiance. Cultivant la dérision qu’il pratique avec assiduité, il a déjà écrit pour d‘autres artistes (Foresti, Ruquier, Dubosc). C’est pourquoi il a décidé de sortir de l’ombre. Histoire de tester directement sans intermédiaire, du producteur au consommateur.

Il parle du diktat des femmes qui vous changent un mec en deux temps trois mouvements, des handicapés, des malheurs de Sophie, des profs qui déraillent et de la société qu’il brosse à grands coups de balai. Tout le monde y passe, pour le meilleur et pour le rire. Car le pire est pour demain, c’est connu.

Accompagné de sa guitare, ce nouvel observateur de l’humour qu’est Jérôme Daran a montré qu’il était fin musicien et fine mouche par la même occasion. Son one man show hilarant fait partie des bons moments passés au Casino !

Jonzac : Engins de pêche
en eau douce


Cette exposition, proposée au Moulin de chez Bret, pourrait être qualifiée de contextuelle, tant la Seugne qui traverse Jonzac a marqué la ville de son empreinte. Lors du vernissage, Claude Belot, sénateur maire, a souligné l’intérêt de réunir en un même lieu les objets utilisés pour la pêche en rivière, droit issu de la Révolution comme la chasse. Il félicita les organisateurs de cette rencontre, Pierre-Jean Ravet et Jacques Mailloux qui connaissent leur sujet sur le bout du doigts. Ils savent ce que sont bourriche, carafe ou tramail qui étaient des ustensiles prohibés ! La capture du poisson se faisait donc le plus souvent la nuit et discrètement.

Le vernissage samedi matin

Pierre Jean Ravet découvre un livre de pêche du XIXe siècle !

Nous vous conseillons fortement d’aller visiter cette expo ouverte jusqu’au 31 juillet (Moulin de chez Bret, derrière le casino de Jonzac).



Une visite sympa au Moulin de chez Bret


Montendre : Les baptêmes d’Inès, Damien, Nolan et Romain


Dimanche, l’église de Montendre était en joie. En effet, quatre enfants entraient dans la communauté chrétienne. Ont reçu les eaux du baptême : Inès, fille de Jean-Charles et Cécile Thomas d’Expiremont ; Damien, fils de Cécile et David Didierjean de Montendre ; Nolan, fils de Nicolas et Stéphanie Coignard de Cabanac (en Gironde) et Romain, fils de Pascal et Laurence Fangousse de Maurepas (78).





La messe, célébrée par le père Mallard et l’équipe liturgique, avait réuni de nombreux fidèles qui s’imprégnèrent de ce chant : « Ouvrir les mains, cueillir la lumière, la donner à son voisin pour qu’elle s’étende un peu plus loin ». Que la vie des quatre nouveaux baptisés soit placée sous le signe de la fraternité et de l’unité !



Et bien sûr, que le message d’espoir délivré par les Évangiles apporte de l’apaisement à tous ceux qui traversent une période difficile, dans un monde qui apporte chaque jour son flot d'interrogations…